Derniers articles

RENNES. LE STREET-ART S’INVITE AU LYCÉE CHATEAUBRIAND

0

Deux nouvelles fresques vont être réalisées en live sur les murs du lycée Chateaubriand à Rennes les 16, 17 et 18 juin 2021 lors d’une collaboration entre le street-artiste ADOR et les membres du club Art du lycée, afin de valoriser les murs de l’enceinte.

Dans le cadre des politiques artistiques de la ville de Rennes, et plus précisément du dispositif « URBAINES », un partenariat s’est noué entre la MJC du Grand Cordel et le lycée Chateaubriand. C’est ainsi que l’établissement a apporté son concours à l’accueil en résidence des artistes ADOR et WAR, entre mars et avril 2020, et a proposé ses murs rue Poumier et rue Mirabeau pour servir de supports artistiques.

Pour s’inscrire dans la continuité de ce projet, le club d’arts plastiques de l’AS3E (Association Socio-Éducative des Élèves et des Étudiants) au sein du lycée a saisi l’aubaine de ce partenariat. C’est ainsi que le pignon ouest du CDI du lycée accueillera une troisième fresque et qu’un panneau sous le préau, à son tour, sera un support d’expression artistique.

street art lycée chateaubriand rennes

Une douzaine d’élèves du lycée ont conçu et élaboré les maquettes des futures fresques. Ils participeront à la réalisation avec ADOR de ces deux nouvelles créations. Cela donne l’occasion à ces jeunes à la fois d’enrichir leur parcours de vie au sein de l’établissement, de travailler de concert avec un artiste reconnu, et aussi de développer leurs compétences techniques et leur créativité. Ainsi, leur investissement bénéficiera d’une visibilité et d’une reconnaissance, tant à l’intérieur du lycée qu’au niveau du quartier et de la ville, ce qui était l’objectif initial du lycée et de la MJC du Grand Cordel.

street art rennes
Fresque réalisée par Heol Art à la MJC du Grand Cordel, dans le cadre du festival URBAINES

L’artiste ADOR s’invite au lycée Chateaubriand

L’artiste ADOR revient pour de nouveaux projets. Cette-ci fois en collaboration avec les élèves du club Art. Ensemble, ils vont réaliser 2 nouvelles fresques, l’une sur le mur du CDI et l’autre sous le préau, juste en face de l’entrée. Le 16 juin, l’artiste peindra seul et les 17 et 18 juin, les élèves se joindront à lui pour réaliser les compositions à la bombe de peinture, aux feutres Posca et aux pinceaux. La créativité est de mise dans un cadre fixé d’accueil et de tolérance. Les élèves ont eux-même choisi ces thématiques lors d’ateliers de réflexion avec l’artiste.

ador graffiti rennes
« L’Horizon », fresque réalisée par ADOR au lycée Chateaubriand, Rennes.

Le projet de fresques a commencé l’année dernière, en 2020 dans le cadre du festival URBAINES. Ce projet proposé par l’AS3E (Association Socio-Éducative des Élèves et des Étudiants) afin de développer la créativité des élèves a été prolongé cette année pour la réalisation d’autres fresques. Le thème à suivre était celui du recueil de poème Atala, publié annuellement par le lycée et ne devait être réalisé que sur un mur. Le thème de 2020 était « Frontières, cheminements, itinéraires ». Cette année, les élèves ont décidé de suivre le thème qu’ils ont choisi la tolérance.

Le club Art et l’artiste ADOR ont sélectionné la composition des fresques après quelques heures de concertation. Elles seront réalisées en live sur les espaces choisis à partir du 16 juin. Ces deux nouvelles réalisations viendront compléter la fresque d’ADOR « L’horizon » côté rue Mirabeau, et le fruit d’une collaboration d’ADOR avec l’artiste WAR côté Poumier.

ador graffiti rennes
Fresque réalisée par ADOR et WAR au lycée Chateaubriand, dans le cadre du festival URBAINES

Qui est le graffeur ADOR ?

ADOR est un artiste qui a grandi à Nantes dans les années 90. Enfant créatif, il griffonnait dans les coins de ses cahiers au stylo, exerçant déjà son coup de crayon. Il a vu son intérêt pour le street-art et le graffiti grandir au fur et à mesure de son adolescence. Il a alors eu envie de continuer dans une carrière artistique après le lycée.

Il a donc intégré l’école des Beaux-Arts. Malheureusement pour lui, l’institution ne portait aucun intérêt aux arts non conventionnels. L’artiste a donc continué à s’y intéresser de son côté. Il a commencé à peindre ses fresques en 2005, directement dans la rue. L’artiste signait ses œuvres par son pseudo ADOR. Lorsqu’on lui demande ce que signifie cet homonyme, l’artiste répond « Il ressemble à un prénom, et pourrait paraître coloré et enfantin. Un mot connu de tous qui incarne une pratique qui parle de goût ? Plus tard est venue une image avec une cage, un socle de globe, un réveil sans aiguilles et un robinet sans eau qui peut faire « Attrapé, Délaissé, Oublié, Rejeté », qui est bien tombé. » (Interview d’ADOR sur Artist UP)

ADOR est partout. Il peint en France, au Royaume-Unis, aux États-Unis, en Chine… Souvent seul, parfois accompagné d’autres street-artists tels que Korsé, Sémor, Rigol ou encore WAR. Il a son style bien à lui, et un glossaire de personnages qui ne cesse de grandir. On retrouve par exemple souvent un magicien à trois yeux, de petits hommes habillés de peaux de bêtes ou encore des abeilles au long nez.

Tous ces personnages l’accompagnent dans ses différentes fresques autour du monde. L’artiste peut compter de nombreux établissements d’enseignement public parmi ses projets, allant de l’école primaire à l’université. Il lui arrive même souvent de mettre à contribution les élèves, créant alors des œuvres participatives où chacun ajoute sa touche.

Aujourd’hui, ADOR produit des toiles acryliques en plus de ses fresques, ainsi que des sculptures qu’il expose en galerie.

JUST DO PAINT 4 : 25 GRAFFEURS COLORENT LA VILLE DE SAINT-BRIEUC

La 4e édition du festival Just Do Paint, à Saint-Brieuc, se déroulera du 1 au 4 juillet 2021. Cette année, seize murs et façades seront réalisés en live par 25 graffeurs locaux, français et internationaux.

L’association Event Maker’Z, créée en 2014 en pays de Saint-Brieuc, travaille en collaboration avec le collectif Artimes, le collectif d’artistes « TSF Crew » et l’association A’typik.

just do paint st brieuc

Ensemble et fort de leurs 25 années d’expérience dans le milieu du Graffiti et du Street Art, tant à l’échelle locale qu’internationale, c’est au travers de leurs rencontres et de leurs voyages dans le monde entier qu’ils ont trouvé l’envie et l’énergie d’autoproduire le festival international de Graffiti et de Street Art : Le « Just Do Paint ».

Soutenue par une équipe de professionnels et de 85 bénévoles impliqués et dynamiques, l’association EMZ participe au dynamisme local et régional, tout en démocratisant l’accès à l’art et à la culture pour tous, grâce aux actions qu’elle organise tout au long de l’année.

  • just do paint st brieuc
  • just do paint st brieuc
  • just do paint st brieuc
  • just do paint st brieuc
  • just do paint st brieuc
  • just do paint st brieuc
  • just do paint st brieuc

16 façades et murs seront réalisés en live cette année, avec une nouveauté : une ouverture sur Saint-Brieuc Armor Agglomération, avec une façade réalisée au Légué en partenariat avec la ville de Plérin.

Des artistes locaux, régionaux, nationaux seront présents (25 Artistes), afin de laisser couler la couleur et leurs créativités. Des animations seront proposées tout le long du festival sur la Central Place (Place de la Grille) : JusTUB / Balade de Murs en Murs / Projet participatif / Construction mécanique / Boutique Just Do Paint / Exposition artistique à la Maison de l’Agglo et Au Cap de Plérin.

just do paint st brieuc

Le programme sera disponible bientôt. La crise sanitaire repousse beaucoup de choses, mais l’association compte bien fêter, avec son public, l’arrivée des vacances en couleur sur le territoire.

Pour cette nouvelle édition, le visuel de l’affiche, intitulé « Phoenix », a été réalisé par l’artiste SNAKE, originaire de Toulouse et présent l’année dernière sur l’édition 3.

just do paint st brieuc

Site Just Do Paint

Trouvez les murs facilement en téléchargeant l’application

BINIC MACHINE : UNE PLONGÉE VERTIGINEUSE DANS L’UNIVERS DU BINIC FOLKS BLUES FESTIVAL

Justin Dutilh, dans la BD Binic Machine, met en scène de manière loufoque et originale la vie autour du festival Folks Blues local. L’œuvre, auto-conçue, cherche aujourd’hui des financements pour être publiée.

« Un conte de fêtard surréaliste et absurde« . Dès les premiers mots, Justin Dutilh, auteur de Binic Machine, annonce la couleur. De la couleur, il y en a : du cuivre, de la rouille, du jaune, dans cette bande-dessinée mélangeant photos, collages, gravures et dessins. D’un genre nouveau, ce « roman-photo mais en bande-dessinée » nous plonge dans une œuvre psychédélique hallucinée. L’artiste Justin Dutilh, photographe, dessinateur, graphiste, auteur, s’est donné pour objectif de mettre en scène la vie du Binic Folks Blues festival 2019. Un projet qui apparaît d’autant plus intéressant qu’il a vu le jour pendant la pandémie de Covid-19. Mais elle a été pensée bien avant.

binic machine justin dutilh
Affiche de campagne du livre.

La BD mélange des photos qui semblent d’un autre temps, des dessins tout droit sortis de rêves les plus fous et une écriture rebelle et musicale. Cette plume presque sonore s’entend avec les nombreux recours aux onomatopées, qui donne à ce roman-photo un aspect plus brut, vivant. Mais on entend aussi le son tonitruant des concerts par le biais d’images prises dans l’action, de flous étudiés qui en disent long sur l’énergie du festival.

Amateur de punk et de rock, Justin Dutilh explique sa volonté de creuser l’analogie entre ces milieux et le sien. Le côté fanzine, propre au recueil, est pleinement recherché. Entre fiction et réalité, le livre raconte le quotidien des musiciens et des visiteurs, festivaliers de longue date ou nouveaux curieux, dans cette fête où presque tout est possible. Battre le record de la patate de forain, jubiler et pratiquer le pogo devant Slift, groupe de heavy rock progressif ou King Khan Louder than Death, collectif punk rock composé notamment du chanteur indo-canadien Arish Ahmad Khan. Tout cela dans un environnement empreint d’une liberté folle – le festival est gratuit -, liberté qui transpire des pages de ce bouquin atypique.

Originaire de Bordeaux, l’auteur-photographe-dessinateur découvre la Bretagne il y a quelques années, et par là-même le Binic Folks Blues Festival. C’est en égrenant les programmations au fil des ans que vient à Dutilh l’idée de créer cet ouvrage. « Sans le contexte de liberté, ce projet n’aurait pas eu lieu » affirme-t-il. Selon lui, cette forme émancipée ne se retrouve quasiment qu’à Binic : les autres festivals sont pour la plupart payants donc clos. Ici, on a accès à une sorte de fête de village avec une programmation rock pointue. S’y intègrent les commerçants du coin, pour la plupart forains. Cet intérêt pour les événements mélangeant musique et activités ludiques explique le titre de la BD : la « Machine« , faisant référence au jeu de la patate du forain, sur lequel le participant doit taper le plus fort pour battre le record.

Scénariste à l’origine de cet ouvrage singulier, Justin Dutilh n’a pourtant pas travaillé seul sur l’initiative. Binic Machine est aussi et peut-être avant tout une œuvre collective. Sont citées à la fin toutes les personnes ayant « contribué au projet d’une manière ou d’une autre » : Vincent « Taj Ninny » Sanjivy, Antoine Baduel, Baptiste et Florent du collectif « Meta« , et tous les autres… Cette création commune met en avant la vocation du festival de rassembler. Rassembler des individus de tous horizons. D’où l’immense « MERCI » à la fin, par-dessus les images des participants de l’édition 2019.

binic machine

Pour retranscrire la frénésie de l’événement, Justin Dutilh et ses contributeurs se servent d’outils de création particuliers. Habitué de la photographie, l’auteur espère, par celle-ci, faire transparaître un aspect plus documentaire aux moments passés. Avec les photos prises par son appareil argentique, Dutilh met en place des collages sur Photoshop, renforçant l’aspect irréel du livre. Il teste également d’autres moyens, comme la peinture ou la gravure sur négatif, qu’il expérimentait pour la première fois. Les collaborateurs l’ont aidé à prendre les photos, notamment le protagoniste principal qui a immortalisé des instants, soulignant un regard à la première personne. Le but de l’expérience, toujours, est d’exacerber la fiction et les aspects surréalistes de l’événement, en déformant les photos, en ajoutant des couleurs plus fortes ou au contraire plus sombres.

Le choix de l’auto-édition est dû à la fois à la limitation du calendrier de parution des maisons d’édition et à un choix d’engagement et d’émancipation. Justin nous avoue d’ailleurs que le prix de l’ouvrage renvoie au 22 des Côtes d’Armor, comme un petit clin d’œil à l’attachement à la région. L’objectif est d’atteindre, pour permettre au livre d’exister à plus grande échelle, 3 500 euros, sur une plateforme de dons spécialisée. À ce jour – le 10 juin 2021 -, la campagne a déjà conquis un peu plus de 60 personnes et atteint plus de 2 200 euros d’aide. Binic Machine, c’est donc à la fois un roman photo et une BD-documentaire, mais on est loin de l’univers aseptisé des romans-photos à l’eau de rose que lisait mamie. Ici, c’est trash, sombre et lumineux, rock ‘n’ roll. A réserver à un public averti, mais on en redemande.

INFOS PRATIQUES

Pour faire un don et contribuer à la parution du livre sur le site Kiss Kiss Bank Bank. (jusqu’au 28 juin)

Site du festival Binic Folks Blues

22520 Binic-Étables-sur-Mer

Festival les 22, 23, 24 et 25 juillet 2021 : place de la Cloche, place Pommelec, dans les rues avec une jauge réduite.

Pour découvrir le travail de Justin Dutilh

MURS D’EXPRESSION EN GARE. 15 GARES DONNENT LA PAROLE AUX FRANÇAIS

0

Sur tout le territoire français, quinze gares donnent la parole aux Français.es. et les invitent à partager leurs espoirs et leurs envies. « Demain, j’aimerais… » : à chacun de s’exprimer !

Un tableau noir, des craies, pour imaginer « la suite » après un an et demi de crise sanitaire. SNCF Gares & Connexions lance jusqu’à l’été des murs d’expression implantés dans toutes les régions françaises afin de recueillir les attentes des voyageurs pour les mois et les années à venir. Les écrits recueillis, témoignages d’une époque si particulière, nourriront une analyse sémantique et sociologique qui sera rendue publique.

demain j'aimerais gare

Et si demain s’exprimait dès maintenant ? Après de longs mois d’attente, chacun souhaite désormais à reprendre sa vie, se remettre en lien et en mouvement. Avant la trêve estivale, SNCF Gares & Connexions propose à chaque voyageur, visiteur, riverain, des gares d’écrire à la craie leurs aspirations pour les mois à venir, leurs souhaits, leurs sentiments, leurs espoirs… « Demain, j’aimerais… » : à chacun de compléter.

Pour Marlène Dolveck, Directrice Générale de SNCF Gares & Connexions : « Les gares, véritables lieux de vie à part entière qui accueillent chaque jour des millions de personnes, sont le reflet de la diversité des français. Avec l’installation de ces 15 murs d’expression, elles deviennent des passerelles contribuant à faire résonner. »

Ces murs d’expression renforcent la fonction d’agora citoyenne des gares, capables de capter le souffle nouveau d’un monde bientôt en pleine renaissance. « De plus en plus identifiées comme des acteurs culturels à part entière, les gares ont également renforcé leur implication dans le champ sociétal au sens large, précise Christophe Rioux, sociologue et enseignant-chercheur à la Sorbonne, Sciences Po et dans plusieurs grandes écoles. Depuis 75 ans, l’INSEE a par exemple eu l’habitude de prendre le pouls de la société française. Les gares le font à leur tour. »

demain j'aimerais gare

« DEMAIN, J’AIMERAIS… » : À CHACUN DE S’EXPRIMER

Paris (Gares de l’Est, de Lyon, du Nord et d’Austerlitz),Lyon, Marseille, Lille, Mulhouse, Rennes, Nantes, Tours, Dijon, Limoges, Rouen, Toulouse : 15 gares partout en France, 12 villes et autant de régions vont recueillir les réponses à la vaste formule
« Demain, j’aimerais… ». Cette compilation de mots constituera une photographie inédite à l’instant T de la société française au sortir de la crise sanitaire et révèlera ses aspirations profondes pour l’avenir. À ce titre, elle constituera un témoignage précieux sur l’état d’esprit actuel de la population, à travers un prisme visuel et lexical.

UN PROJET LUDIQUE, UNE RESTITUTION SCIENTIFIQUE

Les verbatims ainsi consignés feront l’objet d’une analyse sémantique scientifique menée par Christophe Rioux et ses équipes. Bien au-delà d’une enquête, d’un sondage ou d’une étude traditionnels, ce projet choisit une forme d’emblée ludique pour atteindre le plus grand nombre. Les gisements de mots constitueront une matière première inédite, de par leur nature et leur richesse : issus d’un processus délibérément non-directif et complètement anonyme, ces mots spontanés reflèteront l’âme et le ressenti d’une époque si particulière.

CARTE BLANCHE À LA JEUNESSE, UN PROLONGEMENT DE L’OPÉRATION

La gare de Cannes accueillera dès mi-juillet une exposition autour des écrits des jeunes lauréats du Prix Moteurs 2021 qui partageront de manière artistique leur propre vision de « Demain, j’aimerais… »

mur expression gare

À PROPOS DE SNCF GARES & CONNEXIONS

Avec 3 000 gares françaises et 4 700 collaborateurs, SNCF Gares & Connexions est le spécialiste de la gare, de la conception à l’exploitation en passant par la commercialisation. « Donner envie de gare pour donner envie de train » aux 10 millions de voyageurs et visiteurs quotidiens, c’est améliorer constamment la qualité de l’exploitation, inventer de nouveaux services et moderniser le patrimoine. Chaque année, plus de 100 expositions, interventions et manifestations artistiques sont ainsi conçues sur mesure pour les gares sur l’ensemble du territoire français, en partenariat avec les plus grandes institutions culturelles, nationales ou locales.

Depuis le 1er janvier 2020, SNCF Gares & Connexions est une société anonyme à capitaux publics, filiale de SNCF Réseau. Avec SNCF Retail & Connexions, SNCF Hubs & Connexions et Lagardère & Connexions, SNCF Gares & Connexions élabore des savoir-faire spécifiques au service d’un développement équilibré des territoires.

EXPORAMA 2021 : L’ORANGERIE DE RENNES AUX COULEURS DE L’ART CONTEMPORAIN

0

Chaque été, les Rennais et visiteurs du Thabor ont le plaisir de découvrir ces nouvelles acquisitions dans l’Orangerie du parc. Du 3 juillet au 29 août 2021, l’exposition Collection 9 présente les œuvres acquises par la Ville de Rennes en 2020, une année particulière qui a fortement impacté les artistes plasticiens. Parallèlement à l’exposition du Thabor, se tiendra cette année l’exposition Empreintes | Emprunts à l’Hôtel Pasteur, une autre occasion de découvrir les œuvres du Fonds communal d’art contemporain de la Ville de Rennes.

Pour soutenir les artistes plasticiens, la Ville de Rennes propose chaque année plusieurs dispositifs : mise à disposition d’une quarantaine d’ateliers à des tarifs avantageux, bourses d’aide à la recherche et à la création, commandes d’art public et acquisition d’œuvres.

Ces acquisitions rejoignent notre Fonds communal d’art contemporain riche de plus de 500 œuvres (peinture, dessin, sculpture, photographie, objets de design, street-art, etc.). Constitué depuis 1978, il reflète la vitalité et la diversité de la création contemporaine rennaise.

Ces œuvres sont ensuite diffusées dans les bâtiments de la ville, lors d’expositions, grâce à des emprunts par diverses structures, par des actions de médiation dans des équipements scolaires ou des institutions du secteur médico-social. Le Fonds communal
d’art contemporain contribue ainsi à la diffusion et à la valorisation du travail des artistes rennais en France et à l’international.

collection 9 thabor rennes

Chaque été, les Rennais et visiteurs du Thabor ont le plaisir de découvrir ces nouvelles acquisitions dans l’Orangerie du parc. Avec Collection 9 présentera des œuvres acquises par la Ville de Rennes en 2020, une année particulière qui a fortement impacté les artistes plasticiens. Cette exposition prend dès lors tout son sens, à la fois parce qu’elle est l’expression de notre soutien aux artistes (nous avons cette année doublé nos acquisitions), mais aussi parce qu’elle permet de retrouver le chemin
des lieux d’expositions. Parallèlement à l’exposition du Thabor, se tiendra cette année l’exposition Empreintes | Emprunts à l’Hôtel Pasteur, une autre occasion de découvrir les œuvres du Fonds communal.

Ces deux rendez-vous font partie intégrante de l’évènement EXPORAMA, le grand rendez-vous estival de l’art contemporain rennais qui, autour des expositions Au-delà de la couleur, le noir et le blanc dans la Collection Pinault au Couvent des Jacobins
et La couleur crue au Musée des Beaux-Arts, rassemble plus d’une trentaine de propositions autour de l’art contemporain.

PRÉSENTATION DES ARTISTES

THOMAS AURIOL

Les tableaux de Thomas Auriol présentent des métamorphoses qui donnent l’impression d’être créées par une intelligence artificielle. […] Des reflets de paysages, des fragments d’objets, la mer, l’air, souvent montrés de façon zénithale, se mêlent et se juxtaposent, comme dans un montage vidéo, jusqu’à créer un nouveau monde de correspondances.

collection 9 thabor rennes
Thomas Auriol, Cyprine, 2018, Acrylique et aérographe sur toile (130 x 160 cm)

JULIE BONNAUD & FABIEN LEPLAE

[…] La caméra s’engouffre dans ces espaces nocturnes, fend cette sombreur profonde que le graphite et le fusain solidifient et fige les objets liminaux : portes, barrières végétales, clôtures. Le regard franchit la nuit impénétrable et aboutit à un espace autre, où tout est mouvant, informe, indéterminé […]. Le seuil, la limite, l’entre-deux sont autant de motifs qui ponctuent l’iconographie du duo et dessinent une esthétique de l’interstice.

ALICE BOSSUT

Dessiné au crayon noir, un homme se savonne sous la douche. Au gré des images, son corps est effacé par le savon, cube blanc
qui opère comme une gomme, nous rappelant qu’il n’est qu’une représentation. La séquence narrative, silencieuse et épurée à l’extrême, propose divers angles de lecture. Est-ce une apparition, une disparition, une inversion ?

collection 9 thabor rennes
Alice Bossut, Savon, 2020. Pierre noire sur papier (77 x 78 cm)

CLAIRE CHASSOT

La pratique de Claire Chassot interroge les relations du corps à l’architecture et au mouvement. Filer en plein midi est une
sculpture qui se porte : peau, carapace, parure, elle accompagne les déplacements de qui la revêt. Les gestes de tressage et de nouage dessinent une armature légère qui laisse percevoir la relation tactile au végétal. Claire Chassot déplace ainsi l’usage traditionnel de la vannerie, se questionnant sur la place accordée à ce qui contient et recueille.

collection 9 thabor rennes
Claire Chassot, Filer en plein midi, 2020. Osier, fil ciré (96 x 33 x 30 cm)

JOHN CORNU

Les photographies de la série « La Pluie qui tombe » présentent une kyrielle de petits points blancs dessinant des constellations sur de grands aplats noirs. L’ensemble crée un effet de sidération quasi hypnotique. Pourtant, contre toute attente, la cosmologie qui nous est donnée à voir n’est rien d’autre qu’une somme de simples gouttes de pluie tombant la nuit et photographiées au flash.

collection 9 thabor rennes
John Cornu, La Pluie qui tombe, 2009.

GABRIELLE DECAZES

Anthropos Mineralis – Chalconatronite est issu d’une série de dessins qui rejouent l’esthétique des planches naturalistes pour présenter des nouveaux minéraux dit « anthropogéniques ». Leur apparition est la conséquence des activités humaines : l’exploitation d’une mine, d’une carrière ou bien l’alliage de matériaux dans des décharges, etc. Ils peinent pour certains à être reconnus scientifiquement, car leurs propriétés requestionnent la définition même d’un minéral. Ils sont redessinés ici en diptyque avec le lieu où ils ont été trouvés.

collection 9 thabor rennes
Gabrielle Decazes,, Anthropos Mineralis – Chalconatronite, 2020. Dessin au crayon sur papier (70 x 100 cm)

ETIOU

« Ces aquarelles font partie d’une série explorant les mutations de l’espace urbain. Les chantiers sont souvent perçus comme un
désagrément. Il m’a semblé intéressant d’y chercher la beauté. Ils sont aussi l’indice du développement et de la vitalité de la cité. Demain, ces bâtiments feront partie du paysage et on ne les remarquera plus, mais pour l’instant ils nous imposent les cris de leur mise au monde, comme semblent crier les grues et leurs couleurs vives tranchant la grisaille du monde déjà connu. »

FABIEN GILLES

Cette toile représente le quotidien de Fabien Gilles avec le blaireau gravé du logo, le savon et le rasoir. La représentation des
personnages politiques en peinture est souvent faite à travers des événements particuliers et symboliquement très forts (Le sacre de Napoléon, Jacques-Louis David). « Mais c’est aux gestes banals du quotidien que je veux donner de l’importance ». Le fait que ces objets appartiennent à Fabien Gilles leur donne un caractère sacré.

collection 9 thabor rennes
Fabien Gilles, La toilette, 2020. Production L’aparté, lieu d’art contemporain

KEVIN HOARAU

La collection de Monsieur Robot est un ensemble d’artefacts imitant librement les herbiers botaniques. Fabriqué à partir de matières transformées et glanées, chaque objet est numéroté formant un ensemble pittoresque et cohérent, affirmant un goût pour la pratique d’une chorégraphie quotidienne et l’épuisement d’un protocole. Le titre de la série « Simulations » évoque ici la science-fiction et la reproduction d’une image par un ensemble d’artifice.

  • collection 9 thabor rennes
  • collection 9 thabor rennes
  • collection 9 thabor rennes
  • collection 9 thabor rennes

LUCIE LE GUEN

Comment rendre le verre conducteur? C’est la question que Lucie Le Guen a posée à l’École Nationale du Verre. Après de nombreux tests et essais l’équipe composée de souffleurs de verre et de spécialistes de l’éclairage LED a réussi à inclure des câbles électriques dans le verre soufflé. Les techniques sans précédent mise en œuvre ont redéfini l’esthétique générale des lampes, inspirée des cténophores (organismes marins bioluminescents). Dû au procédé aléatoire, chaque pièce de la série est unique.

collection 9 thabor rennes
Lucie Le Guen, Cell, série Ctenophora, 2018

KAHINA LOUMI

Les œuvres de Kahina Loumi respirent le bonheur ou le plaisir pris par leur auteure à conjuguer les formes avec les couleurs dans
l’espace tendu de la toile. Malicieusement qualifiée de « peinture optimiste », sa pratique picturale apparait motivée par une sensibilité rare à la beauté de la nature. Partout où le regard se pose, le temps semble tout à la fois suspendu et pleinement savouré, entre aube lumineuse et solstice rayonnant.

collection 9 thabor rennes
Kahina Loumi, Phénix, 2019

JILDAZ MIGOT

Cette peinture reprend le motif du jardin privé. La diagonale du sentier mène à une porte à peine visible au milieu de la verdure. Dans la partie gauche apparaît un OPNI (objet pictural non identifié) en écho au TMDT (titre mystérieux du tableau). La réalité est vue à travers un filtre vert, qui s’étire dans une forme arrondie, et un filtre rouge. Le jardin est un trajet vers la maison, un rêve.

collection 9 thabor rennes
Jildaz Migot, Librairie l’escalier 1, 2014

PASCAL PELLAN

Cette œuvre fait partie d’un ensemble de peintures réalisé lors d’une résidence (coproduction Le Village, site d’expérimentation
artistique; Les Ateliers du Vent ; Bourse d’Aide à la Création de le Ville de Rennes). La série rend compte des perceptions temporelles, visuelles et sensorielles que l’artiste a éprouvées lors de ces traversées paysagères entre Rennes et Bazouges-la-Pérouse. L’aboutissement de ce cheminement oscille entre réalisme et abstraction, documentaire et fiction.

collection 9 thabor rennes
Pascal Pellan, Cheminement N°28, 2019

PATRICE POCH

Cette toile a été réalisée pour l’exposition Rennes 1981 qui a eu lieu à la galerie DMA à Rennes en 2011. Elle représente le groupe P.38, qui a existé de 1979 à 1983 à Rennes. Le titre de la toile évoque leur titre phare : Young Wolf. Le groupe P.38 s’est reformé en 2011 pour le projet Rennes 1981 lors d’un concert à l’UBU avec les groupes Frakture, Trotskids, Wart et Kalashnikov.

collection 9 thabor rennes
Patrice Poch, Young Wolf, 2011

FRÉDÉRIC SAULOU

« D’origine angevine, je m’interroge sur l’héritage post-industriel de la matière minérale locale et ouvre un champ de possibles à la création de pièces fonctionnelles questionnant l’histoire, le minéral et l’impact usuel entre l’art et le design. En s’immisçant dans l’espace domestique, le miroir Fantasque, véritable paysage lunaire reflet de l’histoire, met en abîme la matière ardoise de bâtit qui associé à la finesse et à l’éclat du laiton devient un objet précieux de contemplation. »

collection 9 thabor rennes
Frederic Saulou, Fantasque, 2020

RIKA TANAKA

Le projet même de cette peinture vient du cadre : celui d’une horloge de type « œil de bœuf ». Tracées au pinceau, les lignes de laque en suivent les bords, générant l’image d’un œil. L’ensemble convoque plusieurs références, depuis les fameuses montres molles de Dali (La Persistance de la mémoire, 1931), des dessins surréalistes ou psychédéliques, certaines parures de l’Égypte antique, jusqu’au mouvement des ondes ou de quelques phénomènes météorologiques.

collection 9 thabor rennes
Rika Tanaka, L’œil de bœuf (gauche), 2020

DINO VOODOO

Dino Voodoo joue à transformer, déplacer et à recomposer les quatre lettres de son pseudonyme par un assemblage de formes géométriques et figuratives simples dans une surface définie afin de compléter ses différents puzzles appelés DinoGram. Son travail est une sorte de Tangram, une combinaison de quatre pièces élémentaires.

collection 9 thabor rennes
Dino Voodoo, DinoGram – 02, 2019

Prolongez l’expérience avec Empreintes, emprunts des nouveaux commissaires

Les « Nouveaux Commissaires » est un dispositif accompagnant des habitants dans un commissariat d’exposition à partir du Fonds Communal d’Art Contemporain de la Ville de Rennes. Durant l’été 2021, sept Rennais présenteront Empreintes|Emprunts à l’Hôtel Pasteur. Cette exposition explore la relation entre les emprunts artistiques et les empreintes qui en résultent. Elle permettra
aussi au public d’y laisser la trace de son propre ressenti.

Empreintes |Emprunts est une exposition où chaque œuvre est vue comme une empreinte propre à un artiste, empruntant diverses techniques, matériaux et langages. L’exposition propose une balade entre ces différentes empreintes. Elles évoquent pour la plupart un ressenti du quotidien, qui emprunte à l’intime et à l’extime, au réel et au rêve.

Chaque œuvre laisse une empreinte dans l’esprit. Elle résulte d’une émotion instantanée pour certains, d’une réflexion intellectuelle pour d’autres. Choisir un ensemble d’œuvres à exposer, y attacher un discours, c’est emprunter la voie de la subjectivité. L’exposition permet donc aussi au public de laisser sa propre empreinte

Du 3 juillet au 29 août 2021, exposition Collection 9, Orangerie du Thabor / Empreintes/Emprunts, Hôtel Pasteur.

OLIVIER ESNAULT DU ZÉRO À L’INFINI

Jonglant une fois de plus avec Idoles & icônes II, Olivier Esnault, historien nomade que son sacerdoce a conduit de par le globe, de Guyane à Mayotte et d’Afrique en Asie, connaît bien le monde et sait en capter les croyances, exposer leurs secrets, révéler leurs langages, s’arrêter à quelque fait divers historique pour s’élever, en philosophe, à quelque vérité universelle.

idoles et icones esnault

Son ouvrage, succédant au 1er volume (cf. Unidivers, L’après-vie, au cœur des croyances, 8 octobre 2020), pourrait dans sa brièveté se réclamer de L’Ecclésiaste, de Pascal ou Fénelon, n’était sa mécréance ou son doute systématique. Livre de démystification et de sagesse, quoique sans avoir l’air d’y toucher, tant l’auteur se veut modeste, retranché derrière sa toile ou son texte, dans l’attentive posture d’un Socrate.

Et le voilà justement, Socrate, aux prises avec Xanthippe, son épouse, qui sait lui remonter les bretelles et les idées : pour un peu on croirait que ce fut elle qui dicta à Platon ses fameux Dialogues et inspira, peut-être, à son mari son fameux apophtegme : « science et sagesse sont la même chose » (Théétète), tout en lui reprochant : « Tu n’es même pas capable d’écrire une seule ligne ». Il est vrai que l’histoire a fait de cette Xanthippe le type même de la mégère, tandis que le verbe socratique fut immortalisé par Platon ou Aristophane, dont Olivier Esnault égrène les lauriers. Cette exploration diversifiée des mythes, croyances et idoles de toutes sortes, nous transporte en Afrique, en Asie et aux Amériques où l’explorateur rivalise avec l’auteur des Tristes tropiques. En ethnologue, certes, et en historien, qui a compris une fois pour toutes que les mythes, les icônes, les idoles cachent toujours des intérêts secrets qui se ramènent à la seule volonté de puissance et au désir de possession.

Montaillou village occitan

À cet égard, Emmanuel Le Roy Ladurie avec son Montaillou, village occitan est un modèle et un maître. Penchons-nous, donc, sur l’histoire et d’entrée de jeu, le Vatican dépêche l’instructeur en dossier de canonisation du pape Alexandre VI, alias Rodrigo de Borgia, le fameux Borgia riche de « ses quatre maîtresses et ses huit enfants », tout en respectant l’injonction au célibat des prêtres : mais ayant à son actif la bénédiction des entreprises coloniales en Amérique latine, sauvant de « l’enfer les âmes de millions d’Indiens » : tout cela, « Ad majorem Dei gloriam », vous fait bien un saint ! Songeons, ajoute perfidement l’auteur, que la chapelle Sixtine fut édifiée, par le pape Sixte IV qui lui donna son nom, avec les revenus des « maisons de tolérance appartenant au Saint Siège » !

On aura compris que cet ouvrage est aussi un livre de désacralisation, voire de blasphème ─ ce qui, chez nous et en milieu chrétien, n’est pas condamnable ─, sans risque d’être brûlé, comme Savonarole, justement sous le pape Borgia. En s’abritant, il est vrai, derrière le personnage authentique de Jean de Meslier, le curé d’Étrépigny dont Voltaire fit connaître l’athéisme, à qui il fait dire, en s’appuyant sur ses Mémoires : Quarante années de messes, de processions et de bénédictions… Alors que, disons-le tout net, Dieu n’existe pas ! Toutes les religions du monde ne sont que des inventions humaines… Non ! Dieu n’existe pas ! Et quand il dit toutes les religions, l’auteur, reprenant à son compte la confession du célèbre prêtre des Lumières, n’en épargne aucune, en particulier dans le chapitre éclairant sur le Shiisme, ramené à la rivalité séculaire entre l’empire turc et le monde arabe ─ très précisément le conflit entre l’Iran et l’Irak de Saddam Hussein ─ pour la séculaire possession du Détroit et des routes commerciales ; ou plus loin dans l’Asie, brossant sur la toile d’un peintre l’échec de Qubilai Qayan (ainsi qu’il orthographie le grand Khan) à envahir et dominer le Japon, faisant référence aux vents providentiels et au typhon qui sauvèrent le pays du Soleil levant d’une flotte d’invasion mongole au XIIIe siècle, et cela grâce, dit l’hagiographie, à la protection des Kamis, ces statuettes divines qu’on voit dans les jardins et les temples nippons : le Kami Kazé avait sauvé le Japon d’une défaire inéluctable, rappelant aux paysans, aux pêcheurs et même aux samouraïs la voie juste du Sutra du Lotus.

Sans épargner non plus l’athéisme militant, alias le soviétisme, en évoquant l’exécution par la GPU du moine Anatoli qui déclare tout rondement : « Les icônes ne signifient rien pour moi » ─ une sorte de leitmotiv de ce livre ─, et renvoyant dos à dos Jésus et Lénine, le Christ et Karl Marx (« et son bréviaire, Le Capital ») en affirmant croire « encore moins au communisme qu’à la virginité de Marie » ! En manière de feu d’artifice, l’ultime chapitre, « Zefiro » constitue une éblouissante démonstration sur le zéro et l’infini, chers à Koestler. Car zefiro est ce mot italien, dérivé de l’indien sunya, devenu sifr en arabe, qui a donné « zéro », ainsi que « chiffre ». Or, si les chiffres nomment ou numérotent le réel, le un, le deux, etc…, le zéro « nie la réalité et renvoie à … rien », et Olivier Esnault nous sert sa magistrale pensée : le langage mathématique, dénué de fonction métalinguistique, ne peut s’expliquer lui-même ; c’est ce qui rend le concept du zéro aussi hermétique que celui de Dieu… À la rigueur, zéro et Dieu ne sont que des mots.

Et voilà comment l’auteur, prenant le ton grave du savant, nous assène la vérité de son livre : balayant allégrement ─ car l’humour ici n’est jamais absent ─ icônes et idoles, et constatant que face au monde et à ses multiples modalités « on a recouru au mythe pour trouver un ordre sous son chaos apparent », alors que seules, aujourd’hui, « les mathématiques donnent forme à une représentation incontestable du monde », eh bien, voilà ! « le monde est plein de matière, mais vide de sens ». Et finalement c’est le zéro qui lui fera sens, seul capable de normer cette absurdité : il suffit pour cela de le précéder d’un chiffre quelconque de un à neuf, et le monde s’amplifie, s’agrandit, nous contient et nous comble, ou nous submerge.

L’actualité douloureuse du XXe siècle n’est pas épargnée dans ce désabusement. Ainsi le chapitre « Jérusalem » renvoie-t-il là encore dos à dos les deux peuples palestiniens, le juif et l’arabe, au temps de la déclaration Balfour, à travers l’apologue d’un champ portant un citronnier que les deux comparses se partagent et dont ils seront l’un et l’autre dépossédés : « le lion anglais avait mis d’accord les deux adversaires en les croquant également ». Et aujourd’hui encore, semble dire Esnault, qu’en est-il du partage, et qui parle de victoire ou de défaite ? Aaron et Harun ne sont-ils pas toujours sur la même ligne de départ ? « La mésentente entre les deux hommes remontait à de nombreuses années. Combien en faudrait-il d’autres pour que la discorde et la rancœur ne s’effacent ? ».

Et voilà aussi, in fine, le destin de cette Nouvelle Calédonie qui revient ces jours-ci dans l’actualité, où l’auteur ─ ou son personnage ─ semble avoir joué un rôle personnel, en historien sur le terrain, comme il aime à dire et se définir : j’avais vingt-six ans et me trouvais à Lifou au moment où se déroulait à Ouvéa… la tragique prise d’otages de 1988. J’étais censé rapporter des renseignements au Haut-commissariat, mais n’en faisais rien ; je n’étais mû par aucune conviction révolutionnaire, mais… un chef indépendantiste local était mon ami. Attitude qui n’est pas sans rappeler celle d’un autre de ses personnages Kanak qui épargne un colon pendant l’attaque d’une ferme et qui, accusé de laxisme ou de lâcheté par ses camarades, justifie ainsi son indulgence : « il m’avait donné une chique de tabac juste avant l’attaque. Après ça, je ne pouvais plus le tuer. » Ainsi balance-t-on toujours entre le bien et le mal, entre la haine et l’indulgence, entre la barbarie et l’humanisme, sous l’éclairage de l’Ecclésiaste dont l’auteur rappelle, à juste titre, qu’il est un temps pour toutes les actions humaines et tous les avatars de l’histoire. Alors oui, nous avons là une œuvre foisonnante privilégiant, en vingt-six courts récits, comme autant d’apologues, ce qu’Unamuno, le grand penseur espagnol, appelait l’intrahistoire, et qui donne à ce brillant essai, à cette séduisante fiction, à cette lumineuse leçon d’histoire un relief tout particulier à l’heure des nouvelles guerres de religions, du débat sur les croyances et les libertés, l’affleurement des haines et l’ivresse des censures, et puis l’effondrement des utopies. Certes pas des espoirs.

Idoles et icônes, Livre II de Olivier Esnault. Édition Maïa. Parution 4 mai 2021. 18€.

Idoles et Icônes, Livre I.

RENNES. NUIT DÉCOUVERTE MÉLI’UP, FESTIVAL SOLIDAIRE AUX GAYEULLES

Le printemps se clôt. Alors que la rime qui lie estival et festival semblait oubliée , des petites pousses s’apprêtent à souffler un vent libérateur sur nos vieilles carcasses atrophiées. Samedi 12 juin, Méli’up nous invite à investir les Gayeulles pour un évènement 100% Made in Rennes. Au programme : danse, musique, graffiti, et rencontres en tout genre autour du thème de l’éco-responsabilité. Membre de l’organisation, Kilian Quémener nous en dit plus sur cette après-midi ainsi que sur le travail de la pléiade de petites associations à l’initiative du projet.

Ces derniers mois moribonds ne sont pas parvenus à freiner l’élan des volontaires d’Unis-Cité, association qui, depuis 25 ans, accompagne des jeunes en service civique dans la réalisation de leurs projets solidaires. Bien au contraire, la promotion rennaise de cette année semble même avoir produit quelques futurs grands crus. Parmi eux, pourrait-on citer trois équipes participant au programme « Rêve et Réalise« , qui ont décidé de s’associer pour inviter Rennais et Rennaises à renouer avec la solidarité en humant les saveurs des festivals qui berçaient nos soirées d’antan.

À l’initiative de ce projet, Amélie Chammougon et Manon Laforge, deux aficionados de fêtes et de rencontres en tout genre, ont fondé cette année Méli’up, une association révélatrice de talents qui entend accompagner des artistes du territoire rennais dans le montage de projet. Souhaitant organiser un évènement éco-responsable dans un quartier populaire de Rennes, les deux volontaires ont invité Caroline (Demalle), Fanny (Dayot) et Adèle (Gérard), responsables de La Fourmilière Reine’zh, une toute jeune association qui anime des ateliers autour des pratiques éco-resonsables, et Kilian (Quémeneur), fondateur du SAS, un studio associatif et solidaire destiné aux artistes rap de la ville de Rennes, à se joindre à leur projet.

Forte du soutien de la ND4J, le dispositif de la ville de Rennes finançant des évènements festifs organisés par des jeunes, l’équipe de volontaires civiques s’est lancée dans la mise en place de l’évènement avec une ambition : promouvoir de jeunes artistes amateurs dans le cadre d’une manifestation qui met à l’honneur des initiatives éco-responsables et solidaires, le tout à travers une programmation aussi riche et variée que possible !

C’est donc une après-midi aussi festive qu’engagée à laquelle il faut s’attendre ce samedi, avec en premier lieu une programmation musicale des plus alléchantes. À découvrir : de la danse avec la compagnie du MAD FAMILY CREW, du chant avec les artistes Kaleigh et Majeen, mais aussi du Jazz avec TO3, ainsi que du rap avec un concert des membres du SAS ! Cette Nuit Découverte Méli’up sera également l’occasion pour le public de s’immerger dans un village petit village associatif. Les visiteurs pourront notamment s’essayer au palet breton aux côté de l’association La P’tite Planche, ou encore aller faire un tour du côté du stand des étudiants d’Ar Vuhez, qui présenteront leurs travaux autour de l’écologie. Un troisième stand d’information sera quant à lui occupé par Unis-Cité, qui a bien évidemment pris une part active dans l’organisation de cet évènement. Enfin, après-midi ensoleillée oblige, un incontournable Foodtruck, l’Hippocrate, sera présent sur site.

Festival Nuit Découverte Méli'up Rennes

Méli’up, le SAS et la Fourmilière Reine’zh vous attendent donc samedi 12 juin à partir de 15h au parc des Gayeulles, à l’endroit où a lieu chaque année le Festival Quartiers d’étés ! Les places sont gratuites et se limiteront à une jauge totale de 300 personnes (dont 150 places assises).

Contact :

Mélip’uP
SAS
La Fourmilière Reine’zh

EXPO PHOTO. LE COLLECTIF CONTREFEUX SE DÉPLACE À L’HOTEL DIEU

Le collectif Contrefeux s’est installé dans une des salles de l’Hôtel Dieu pour une exposition en co-organisation avec l’association Ad-hoc et The Roof / Origines, autour de la thématique du déplacement. Jusqu’au 23 juin 2021, l’exposition collective Déplacements présente différentes subjectivités et observe le rapport au monde et/ou aux autres ainsi qu’à l’espace de six photographes locales.

« Se déplacer, c’est se mouvoir dans l’espace, tandis que déplacer quelque chose équivaut à en modifier la position. Celui ou celle qui se déplace est ainsi mobile, mais iel est peut-être aussi, par conséquent, déplacé·e ; c’est-à-dire pas là où on l’attend, faisant autre part acte de présence intrusive ou simplement inattendue. »

À l’instar de nombreuses expositions reportées en raison de la situation sanitaire, Déplacements était initialement prévue en 2020. « Lucie Smith du Roof nous avait proposé, à Louise Quignon et moi, d’exposer nos photographies à l’Hôtel Dieu », déclare Clémence Lesné. Toutes deux photographes et membres du collectif Contrefeux, ce sont également elles qui sont en charge du nouvel l’espace dédié à la création photographique La Chambrée, avec Laurence Perron, doctorante québécoise en lettres et en sémiologie de l’image.

L’exposition a été co-organisée par The Roof / Origines et l’association Ad hod, association de doctorant·e·s et jeunes chercheur.e.s en littérature française, étrangère et comparée rattachés au CELLAM (Centre d’études des langues et littératures anciennes et modernes de l’Université Rennes 2).

expo photo déplacements rennes

Ne souhaitant pas exposer seulement leur pratique respective, les deux jeunes femmes ont pensé une exposition collective, un moyen de « se faire plaisir et s’éclater ». Pour ce faire, elles ont invité des photographes dont elles connaissaient le travail à participer au projet. « On a choisi des pratiques auxquelles nous sommes sensibles. En plus de Louise et moi, toutes sont de la région et ont une pratique photographique développée. » Seules des femmes photographes sont exposées, un élément primordial à leurs yeux, en adéquation avec les valeurs du collectif dont la sensibilité est résolument queer et féministe.

expo photo hotel dieu rennes
© Clémence Lesné

« Femmes photographes et photographiées, devant et derrière l’objectif »

Ainsi, les photos de Louise Almar, Adèle Ensior, Paulin.e Goasmat, Clémence Lesné, Louise Quignon et Eva Zimmer s’affichent dans une des salles de l’Hôtel Dieu et révèlent différentes esthétiques et subjectivités autour de la notion de déplacement. L’exposition fait suite à une journée d’étude autour de la subversion, initialement prévue à l’université Rennes 2 en 2020, mais réalisée en ligne en raison de la pandémie. « Dès les premières réunions de travail qui ont mené à la tenue de la journée d’étude Subversion, l’idée de tenir l’évènement hors des murs de l’université s’est imposée aux organisatrices », souligne Laurence Perron. « L’idée était de s’extraire en partie du cadre académique, et une exposition telle que Déplacements, qui pensait aussi la manière de bousculer les cadres (politiques et spatiaux), s’est imposée comme un choix évident de prolongement et de dialogue. »

En regardant les créations respectives, le déplacement est naturellement apparu comme le fil rouge de l’exposition. Il peut être physique ou symbolique. Tantôt photographes, tantôt photographiées, l’exposition interroge aussi la place des photographes dans la photo.

expo photo déplacements rennes

« Comment l’occupation d’un lieu peut-elle être problématique ou soulever la question d’un découpage préalable de l’espace? Comment le déplacement – de quelqu’un, de quelque chose – peut-il être productif et investi d’une charge critique ? » Le public se meut dans l’espace aux murs blancs, son regard se déplace de photographie en photographie. Il suit les errances photographiques d’Eva Zimmer, Louise Quignon et Clémence Lesné. Il observe leur traversée dans l’espace urbain, parfois vide de toute présence humaine. Puis, il s’abandonne aux corps meurtris de la série « Faits divers » d’Adèle Ensior et à ceux absorbés par l’espace privé de Louise Almar. La sobriété photographique de la série « Ipséité », de Paulin.e Goasmat, s’étale sur la totalité du mur du fond. Un mur blanc pour des portraits sur fond noir qui questionnent « le traitement du corps en tant qu’espace politique mais surtout politisé (volontairement ou non). »

L’idée de narration se profile dans chaque cliché. Chacune, avec leur sensibilité et leur subjectivité, raconte quelque chose. Chaque image possède un sens, visible ou non, interroge ou délivre un message, politique ou social. La diversité des travaux proposés, et leur engagement, se fait le reflet d’une dynamique artistique et militante bien présente à Rennes.

photo paulin.e goasmat rennes
Série « Ipséité », Paulin.e Goasmat

Laurence Philomene et Marie Rouge prochainement à la Chambrée

Le collectif Contrefeux n’a pas fini de renouveler l’offre photographique dans la capitale bretonne. Avec innovation et militantisme. Un vent estival soufflera prochainement sur le désert mauve de La Chambrée afin de laisser la place à la nouvelle exposition, à partir de juillet 2021. Cette fois, l’espace accueillera les autoportraits aux couleurs pop de la Montréalaise Laurence Philomene et les portraits de la Parisienne Marie Rouge, autour de la thématique de la transidentité. Laurence Philomene est une personne qui a commencé sa transition il y a plusieurs mois maintenant et iel a décidé de documenter son parcours trans en photo. » Depuis janvier 2019, le projet d’autoportraits autographiques « Puberty » « examine le processus intime et vital de prendre soin de soi en tant que personne transgenre non binaire subissant un traitement hormonal substitutif (THS) », comme nous pouvons le lire sur son site Internet. L’artiste célèbre ainsi la transition comme un espace d’exploration sans objectif final fixe. « On avait toutes les trois flashé sur sa pratique, notamment cette série qui était encore à ses débuts. On s’est un peu faites rêver en se disant pourquoi pas ? On l’a contacté et iel a accepté », déclare Clémence, totalement enthousiaste à l’idée de la prochaine exposition.

Cherchant à mettre deux pratiques photographiques en regard l’une de l’autre, la pratique de Laurence Philomene rencontrera celle de Marie Rouge « C’est une photographe engagée et féministe. Elle réalise des portraits studio de personnalités plus ou moins publiques qui font partie de la communauté LGBTQIA+. »

Le collectif poursuit son chemin et s’ouvre à l’international avec cette nouvelle exposition, une volonté qui avait émergé dès la création de l’espace. À n’en pas douter que le lieu, et son équipe, réserve de belles surprises photographiques aux Rennais.e.s dans les mois qui viennent.

Jusqu’au 23 juin 2021, exposition Déplacements, The Roof – Maison d’escalade (Hôtel Dieu)

INFOS PRATIQUES

2 rue de l’Hôtel Dieu, 35000 Rennes

Tous les jours de 11H à 23H
Accessibilité
Accès PMR
Métro Bus / Sainte Anne

The Roof – Maison d’escalade Rennes

La Chambrée

À lire également sur Unidivers.fr :

RENNES. LUMIÈRE SUR LA PHOTOGRAPHIE DE CLÉMENCE LESNÉ

COVID BRETAGNE COURBES EN FORTE BAISSE : 46 CAS POUR 100 000 HABITANTS

Coronavirus en Bretagne 15 06 2021 : point de situation sanitaire et mesures destinées à freiner la propagation du virus.

  • La Bretagne enregistre 1369 cas positifs supplémentaires depuis le 4 juin.

    Le taux d’incidence2 s’élève désormais à 46,7 cas pour 100 000 habitants (-22,1 points1) au niveau régional avec un taux de positivité3 de 1,9 %.

    L’amélioration des indicateurs sanitaires se poursuit. Il est néanmoins essentiel de maintenir le respect des gestes barrières 

    Prise en charge des patients Covid-19 à l’hôpital en Bretagne

    ·       429 hospitalisations en cours (-441), dont 43 (-61) en service de réanimation

    ·       depuis le début de l’épidémie :
    7 840 patients hospitalisés ont regagné leur domicile (+861) ;

    1 635 patients sont décédés (+81).

    Point de situation EHPAD (données cumulées depuis le 1er mars 2020) :

    ·       837 épisodes COVID-19 ont été déclarés en EHPAD (+31);

    ·       334 résidents y sont décédés (sans évolution1).

    Dynamique de dépistage

    Les tests sont au cœur de la stratégie gouvernementale de lutte contre le virus, afin d’isoler rapidement les personnes testées positives et contacts, pour casser au plus vite les chaînes de contamination. Depuis le 4 mai 2020, 2 994 140 tests PCR ont été réalisés en Bretagne, dont 78 525 du 2 au 8 juin, soit une baisse de -7,8 % par rapport à la semaine précédente.

    La Bretagne compte actuellement 39 (-291) clusters en cours d’investigation par l’ARS Bretagne :

    ·       6 dans les Côtes d’Armor (1 en milieu professionnel, 1 en établissement de santé, 1 en EHPAD et 3 en sphère privée) ;

    ·       11 dans le Finistère (2 en milieu professionnel, 5 en milieu scolaire et universitaire, 1 en EHPAD et 3 en sphère privée) ;

    ·       14 en Ille-et-Vilaine (1 en milieu professionnel, 9 en milieu scolaire et universitaire, 1 en établissement de santé, 3 en sphère privée) ;

    ·       8 dans le Morbihan (1 en milieu professionnel, 4 en milieu scolaire et universitaire et 3 en sphère privée).

    Dynamique de vaccination

    La couverture vaccinale de la population bretonne est de 47,4 % (au moins une dose tous âges confondus) Au 10/06, 2 357 812 injections ont été effectuées

    ·       481 153 dans les Côtes d’Armor

    ·       660 648 dans le Finistère

    ·       663 101 en Ille-et-Vilaine

    ·       552 910 dans le Morbihan

 

 

 

 

 

 

UNE RÉPUBLIQUE, UNE LANGUE ? LES DROITS LINGUISTIQUES EN FRANCE ET EN BRETAGNE SELON PHILIPPE BLANCHET

Enseignant en sociolinguistique à l’université de Rennes 2, Philippe Blanchet était l’invité du Cercle Celtique de Rennes mercredi 26 mai pour une conférence virtuelle intitulée « Les Droits linguistiques en Europe et la question des langues dites régionales ou minoritaires en Bretagne ». Un débat que la bataille juridique autour de la loi Molac, censée protéger les langues régionales, place de nouveau au cœur de l’actualité.

français breton école
Manuel de 1933 de Victor Le Bozec (1885-1951), qui fut recteur et enseignant en centre-Bretagne, dans la région de Corlay. Son paratexte introductif, à destination des enfants, est beaucoup plus court et sibyllin : « A-raok lenn galleg lennomp brezoneg. Evit deski galleg, n’eo ket ret ankounac’haat ar brezoneg. (…)» « Avant de lire du français lisons du breton. Pour apprendre le français, il n’est pas nécessaire d’oublier le breton. Par le breton nous apprendrons mieux le français. Apprenons le français et le breton en même temps.»

Le 21 mai dernier, le Conseil constitutionnel, juridiction suprême française chargée de veiller à la conformité des lois à la Constitution, examinait la proposition de loi « relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion », dite loi Molac du nom de son auteur, Paul Molac, député de la quatrième circonscription du Morbihan. Cette loi ambitionne de « protéger et de promouvoir le patrimoine immatériel et la diversité culturelle dont les langues régionales constituent l’une des expressions ». Tout d’abord, elle consacre la valeur patrimoniale des langues régionales (qui forment un « patrimoine linguistique » avec la langue française et doivent donc être préservées). Ensuite, elle vise à garantir l’enseignement de ces langues dans le système éducatif, à travers l’obligation des communes ne disposant pas d’écoles bilingues de financer les frais de scolarité des écoles privées sous contrat proposant un tel enseignement ou le renforcement de l’enseignement immersif (effectué dans une langue autre que le français pendant une partie importante du temps scolaire). Enfin, elle prévoit de faciliter l’usage des langues régionales dans les services publics, en autorisant la signalétique bilingue dans les lieux publics et l’usage des signes diacritiques à l’état-civil, comme le tilde breton (1). Saisi par soixante-et-un députés de la majorité, le juge constitutionnel a rendu une décision dans laquelle il censure notamment les dispositions sur les écoles immersives et sur l’usage des signes diacritiques, à chaque fois au nom de l’article 2 de la Constitution qui dispose que « la langue de la République est le français ».

Photo Ana Sohier (Facebook) Conseillère municipale déléguée au patrimoine et à la politique linguistique à Rennes.

Le droit de chacun à parler sa langue

Cette décision témoigne d’un décalage entre la proclamation juridique de droits linguistiques et la réalité de la société française, que Philippe Blanchet s’emploie à démontrer. Il commence par rappeler l’existence de droits linguistiques protégés par de grands textes juridiques à l’échelle internationale (Pacte international pour les droits civils et politiques adopté par l’ONU en 1966, Convention des Nations-Unies pour les droits des enfants de 1968), européenne (Charte européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales, Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne) mais aussi nationale (Code pénal, Code du travail, Code de l’entrée et du séjour des étrangers). Tous ces textes ont force de loi en France et sont donc applicables, y compris les textes internationaux et européens car la France les a ratifiés. La notion de langue y apparaît comme un prétexte sur lequel une discrimination ne peut pas se fonder, au même titre que l’origine, le sexe ou la religion. À titre d’exemple, l’article 225-1 du Code pénal français dispose que « constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille […], de la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français ». En théorie donc, ces textes reconnaissent à chacun le droit de s’exprimer dans la langue qu’il souhaite, sans être privé de certains droits.

langue bretonne
Manuel de Victor Le Bozec de 1933. À droite, leçon du jour, année scolaire 1960-1961, école primaire à Rennes (Directrice Madame Jan)

Discriminations linguistiques et glottophobie

En théorie seulement, car il existe en réalité des discriminations linguistiques. Une discrimination, rappelle Philippe Blanchet, se caractérise par son illégalité (critère juridique : ce qui est répréhensible par la loi) ou par son illégitimité (critère éthique : ce qui est moralement acceptable ou non dans une société), sans que les deux critères soient nécessairement superposés, ce qui aboutit à cette interrogation : si la discrimination linguistique est bien illégale, car elle est interdite par la loi, pourquoi serait-elle illégitime ? À cela, Philippe Blanchet apporte plusieurs réponses. La langue est un élément constitutif de notre identité, elle nous construit, nous caractérise. Elle est aussi un attribut caractéristique d’un groupe social. Le fait que nous vivons dans des sociétés marquées par le plurilinguisme et la pluralité linguistique apparaît comme normal et universel. Les langues sont des ressources culturelles, elles sont le support d’œuvres de l’esprit (littérature, chants, poèmes…). Pouvoir s’exprimer dans la langue que l’on souhaite est une composante fondamentale de la liberté d’expression et de son corollaire, la vie démocratique : il est difficile de parler de liberté d’expression si ceux qui ne parlent pas la langue hégémonique sont réduits au silence et de fait exclus du débat public sur lequel se fonde pourtant la démocratie.

jean michel aphatie michel feltin palas

Pour rendre compte de ces discriminations linguistiques, Philippe Blanchet évoque la notion de « glottophobie », concept qu’il a contribué à forger et qui s’impose à mesure qu’il devient de plus en plus visible, fondé tant sur la langue parlée que sur la façon de la parler. Un sondage réalisé par Altice Media en 2020 pour le livre de Jean-Michel Aphatie et Michel Feltin-Palas, J’ai un accent et alors ?, montre à ce titre que, parmi la moitié de la population française qui déclare avoir un accent, 59% des interrogés disent avoir été stigmatisés pour leur accent et 16% disent avoir été discriminés en raison de leur accent lors d’un examen, d’un concours ou d’un entretien d’embauche.

Abbé Grégoire
L’Abbé Grégoire (Henri Grégoire) (1750-1831), ecclésiastique et homme politique français, fervent défenseur de l’unité linguistique. Portrait par Pierre Joseph Célestin François (1800), Musée lorrain de Nancy, France. (Photo by Leemage/Corbis via Getty Images)

Hégémonie linguistique et sacralisation

Il est vrai qu’en France, l’idée du pluralisme linguistique s’accorde bien mal avec la conception unitaire de la République. Philippe Blanchet cite Jean Viard, invité des Matins de France Culture le 22 décembre dernier, qualifiant la France de « pays où l’autorité a été construite à coups de cravache », où « l’unité politique [est] construite par l’autorité de l’État central ». La création d’une « République une et indivisible » dès la fin du XVIIIe siècle est en effet passée par l’éradication, ou plus certainement la tentative d’éradication de tous les particularismes locaux, y compris linguistiques, d’où la croisade pour « anéantir les patois » selon la formule de l’une des principales figures de la Révolution, l’abbé Grégoire (2). L’hégémonie linguistique du français est mise en œuvre par l’Éducation Nationale, façon d’inculquer l’unité linguistique dès le plus jeune âge en lieu et place des langues étrangères et régionales, et non pas avec elles. Le français devient sacralisé et s’impose comme une véritable « religion d’État » selon le mot du professeur Bernard Cerquiglini : « La République laïque a une religion d’État, c’est la langue. Et elle a un livre, c’est le dictionnaire. Et elle a l’Académie française avec ses cardinaux et ses desservants. C’est en fait une relation religieuse, d’où la faute [d’orthographe, de grammaire…], d’où le fait de l’exclusion [de ceux qui ne parlent pas la langue hégémonique] » (3). Philippe Blanchet souligne le fond colonialiste de cette idéologie : une classe supérieure se donne pour mission d’éduquer une classe inférieure, de lui enseigner la « bonne » façon de parler, de lui permettre de s’élever, et s’arroge des droits supérieurs à ceux qui ne parlent pas la langue hégémonique, les obligeant à abandonner leur propre langue.

Le pluralisme linguistique, un communautarisme ?

Cette identification entre unité politique et unité linguistique, entre langue et État, est un amalgame, car si l’unité linguistique avait été un impératif vital pour la République, cette dernière n’aurait probablement pas survécu. Mais il est repris en permanence par les discours politiques, quitte à réécrire l’histoire et jongler avec les approximations historiques, et Philippe Blanchet d’en citer quelques-unes, comme ce propos d’Emmanuel Macron dans Le Point du 17 décembre 2020 : « Notre pays a ceci de singulier qu’il a été comme « engendré par sa langue ». Nous sommes une terre où c’est l’État qui a construit la nation. Et où l’État s’est lui-même façonné autour de la langue : c’est l’ordonnance de Villers-Cotterêts », oubliant que c’est l’État qui a façonné la langue et non la langue qui s’est imposée à l’État ; ou encore, expliquant cette même ordonnance de 1539 à des écoliers, le 16 septembre 2017 : « Ce jour-là, dans son château, le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans le royaume devaient parler français », sans préciser que ladite ordonnance ne concernait que les actes de justice, et qu’elle imposait que ceux-ci soient rendus non pas en français mais « en langage maternel françois », donc dans une langue comprise par le peuple du royaume, ce qui était loin d’être le cas du français à l’époque. 

Philippe Blanchet souligne que l’on en est arrivé à un point où donner des droits linguistiques à des groupes reviendrait à leur donner des droits particuliers, et donc à verser dans le communautarisme, grand ennemi de notre président actuel. Et de citer Jean-Luc Mélenchon interviewé au Sénat le 16 février 2008 : « Le fait de parler une langue différente ne suffit pas à instituer des droits particuliers en faveur de leurs locuteurs ». Or, c’est entretenir l’illusion que la Nation ne serait pas une communauté, certes spécifique puisqu’elle se considère comme supérieure aux autres. « Le français ne poserait pas de problème s’il avait été offert en partage à tout le monde. Mais ce n’est pas le cas : c’est la langue d’une minorité imposée aux autres », affirme Philippe Blanchet.

carte Gallo breton
Source : Enquête sociolinguistique sur le breton et le gallo réalisée par l’institut TMO Régions pour le Conseil régional de Bretagne, octobre 2018.

La situation en Bretagne : promotion et résistances

Et la Bretagne dans tout cela ? Selon une étude sociolinguistique commandée par le Conseil régional et publiée en octobre 2018, environ 400 000 Bretons parlent breton ou gallo, soit 10% de la population de la région. Là encore, les tentatives de promotion et de protection de ces langues régionales se heurtent à des résistances étatiques. Ainsi, le recteur de l’académie de Rennes s’est opposé en 2013 à l’inscription de la devise de la République en breton dans les écoles de la région, toujours au motif du « principe d’indivisibilité de la République » (4). Ici comme ailleurs, les exemples de discriminations linguistiques ne manquent pas, comme le montrent les témoignages recueillis personnellement par Philippe Blanchet, de ce petit Breton dans les années 60 obligé de s’uriner dessus en raison de son incapacité à demander les toilettes en français et d’un instituteur feignant de ne pas comprendre le breton, ou de cette étudiante en master à Rennes 2 issue d’une famille d’agriculteurs du Morbihan, dont le père parle gallo tous les jours, mais obligée elle-même d’abandonner cette langue en raison des discriminations qu’elle subissait. Si des progrès ont été faits pour valoriser les langues régionales dans l’enseignement, ils demeurent marginaux et limités. L’échange qui a suivi la conférence a d’ailleurs permis de mettre en lumière l’incertitude qui plane autour des écoles Diwan, dont la censure par le Conseil constitutionnel de l’article de la loi Molac consacrant l’enseignement immersif rend l’avenir incertain.

Conférence à retrouver en intégralité sur la page Facebook du Cercle Celtique de Rennes.

Notes :

(1) https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac

(2) Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française, 1794.

(3) « Pourquoi tant de passion autour de la langue française ? », émission « Le téléphone sonne », France Inter, 7 mai 2021.

(4) Lettre du 3 octobre 2013 adressée au président du Conseil régional de Bretagne.

À lire également sur Unidivers, le glossaire du gallo de Chubri et le curieux manuscrit de Leyde.

BEETHOVEN : LE PRIX DE LA LIBERTÉ. UNE BD SYMPHONIQUE

0

Ce n’est pas une nouvelle biographie dessinée que nous propose Penet, mais la vision d’un génie tourmenté par la musique comme par la vie. Un être entier sans compromission.

BD BEETHOVEN

C’est une symphonie en noir et blanc. Le blanc d’une partition. Le noir de notes de musique placées sur une portée. Cela semble comme une évidence à lire cette BD qui se tend comme la corde d’un violon pour transmettre les états d’âme tumultueuses de Beethoven.

BD BEETHOVEN

Pour le musicien, le monde est bon ou mauvais, la musique est tout ou rien. Il n’est pas homme de compromis et le scénario de Régis Penet, par ellipses, nous renvoie l’image d’un génie intransigeant. Les cases nombreuses des portraits torturés et sombres du musicien sont les moments forts de cette BD et nous plongent dans une lecture d’un indicible silence. Comme Beethoven nous devenons sourds au monde extérieur. Le fond blanc, uni, est cette zone sans bruits, sans sons. La musique sinon rien. Et le génie, sinon rien, pourrait-on ajouter.

BD BEETHOVEN

C’est Eduard le jeune fils du prince Alois von Lichnowsky, protecteur et mécène du musicien, qui assure les transitions entre les différentes séquences de l’évocation de l’existence du compositeur autrichien. En choisissant ce parti pris, le dessinateur évite de donner une image d’Épinal du créateur devenu sourd et ajoute une dimension politique à ses engagements de vie. Eduard se souvient du jour où son père demande au musicien, qui a alors 36 ans, de jouer dans son château pour les occupants français, après leur victoire à Austerlitz. Intransigeant musicalement, Ludwig ne veut créer que des chefs d’oeuvre, pour lui-même d’abord.

BD BEETHOVEN

Il refuse de se plier à l’injonction de son protecteur et à s’abaisser à se mettre au piano devant les représentants d’un Napoléon qu’il avait adulé comme Premier Consul, mais déteste comme Empereur. « Dites aux Français qu’il reste un homme en Autriche qui ne leur est pas soumis et qu’il ne porte aucun titre ». C’est Ludwig. Ce refus se mêle habilement, comme une parabole, à l’intransigeance musicale. Il déteste les puissants en politique, il méprise les besogneux en musique. Travailleur infatigable, il semble n’exister qu’au clavier de son piano.

BD BEETHOVEN

Beethoven est d’un bloc, un roc, peu soucieux des personnes qui l’entourent, et on ne sent chez lui un peu de douceur et de bonheur que lorsqu’il se promène seul dans la forêt, guettant le bruit du vent dans les frondaisons ou le sifflement des oiseaux dont il ne perçoit plus que des pépiements. Alors, et seulement alors, dans des portraits serrés, Penet donne de Beethoven des traits apaisés, rayonnants. Ce n’est pas rien de nous faire entendre par le dessin ces bruits de la nature ou la composition d’une oeuvre magistrale en gestation, assis derrière une porte car le maître ne supporte pas la présence d’un autre. Et pourtant Penet par de magnifiques cases silencieuses parvient à réussir cette gageure. On entend d’abord, on écoute ensuite et enfin on fredonne. Le Maestro est aux crayons. Avec talent, Penet brise la statue officielle d’un génie pour donner vie, sous la grâce de son dessin, à un génie avec ses forces et ses faiblesses. Celles d’un être hors normes, mais terriblement humain.

Beethoven : le prix de la liberté de Régis Penet. Éditions La Boîte à Bulles. Collection : Hors-champ. 144 pages. 22€. Parution 19 mai 2021. À noter l’heureuse initiative de l’éditeur qui permet grâce à un flashcode de disposer de sa propre bande-son en partenariat avec l’association Beethoven France.

Lire un extrait.

RENNES. DES PROMENADES SOUS LES BALCONS LA PLACE ET LES BAS SONS DE BAUD AVEC ARS NOMADIS

0

Le collectif Ars Nomadis de Rennes crée des fictions sonores urbaines qui prennent la forme de parcours dans la ville. Les Promenades Sonores de Baud-Chardonnet invitent à découvrir un quartier en pleine mutation au travers de deux circuits : Sous les Balcons la Plage et Les Bas Sons de Baud.

ars nomadis

Ces deux créations sonores d’Ars Nomadis, réalisées avec le soutien de Territoires Publics, ont impliqué une soixantaine de participants, amateurs et professionnels.

Avec Les Bas Sons de Baud, Ars Nomadis nous embarque dans une enquête sonore dans les sous-sols de Baud-Chardonnet. Révélant le passé industriel du quartier, cette promenade joue de la porosité entre réel et fiction pour porter un autre regard sur les mondes souterrains et interroger les conséquences de l’activité humaine.

Dans un tout autre registre, Sous les Balcons la Plage est une invitation à la rêverie, avec pour point de départ le passé balnéaire des « Plages de Baud » un lieu de baignade autrefois très prisé des Rennais. La promenade nous amène à rencontrer différents habitants du quartier, qui nous dévoilent leurs secrets et rêves de plages.

2 promenades d’1 heure à réaliser au casque audio, avec son smartphone ou lecteur MP3, seul ou à plusieurs, à tout moment

LANCEMENT PUBLIC DES PROMENADES SONORES

Samedi 12 juin de 10h à 19h

sur Les Plages de Baud (en bas de la cale)

En guise d’inauguration, toute l’équipe d’Ars Nomadis et Territoires Publics accueillent tout au long de la journée le public au départ de la promenade et à son arrivée.
Se munir d’un smartphone ou lecteur MP3 avec une batterie bien chargée et de son casque audio ou oreillettes.
Des casques et MP3 seront mis à disposition si besoin.

12 juin Lancement des deux promenades sonores en présence de l’équipe Ars Nomadis – Plages de Baud – en partenariat avec Territoires Publics

26-27 juin L’ïle FLottante – Présentation et accueil par l’équipe Ars Nomadis (avec la Garden Partie, la Mie Mobile, le Village d’Alfonse et l’Elaboratoire)

20 juillet Transat en Ville / Le 48e parallèle – présentation et accueil par l’équipe Ars Nomadis – (avec Comptoir du Doc et Danse à tous les étages)

20 août Quartiers d’été – présentation et accueil par l’équipe Ars Nomadis (avec Point Barre)

Les Bas Sons de Baud invite les marcheurs à une enquête sonore dans les mondes souterrains de Baud-Chardonnet. Equipée d’un géophone – une sonde utilisée par les géologues – notre équipe est partie à la découverte des profondeurs du quartier, révélant un passé historique réel ou fantasmé.

Point de départ : Angle de la rue Georges Charpak et Raymonde Foreville (Rennes)

Point d’arrivée : devant La Mie Mobile, Café-restaurant situé au 34 boulevard Villebois Mareuil

Durée : 1h

Accès : rejoignez Le 2 rue Georges Charpak en voiture parking en face ou à pied/vélo ou bus n° C4 / C6 arrêt Plaine de Baud / n°32 arrêt Chardonne

ars nomadis

Sous les Balcons la Plage est une invitation à la rêverie, avec pour point de départ le passé balnéaire des « Plages de Baud » un lieu de baignade autrefois très prisé par les rennais. Aux détours des chemins et venelles du quartier, plusieurs personnages nous font entendre leurs récits emprunts de poésie et d’imaginaire.

Point de départ : Au milieu du pont Vaclav Havel (Rennes)

Point d’arrivée : jardin les plages de Baud, la Cale

Durée : 50 min

Accès : rejoignez le pont Vaclav Havel en voiture parking en face de La Cale – maison du projet Baud Chardonnet 2 rue Charpak ou à pied/vélo ou bus n°C4 / C6 arrêt Plaine de Baud / n°32 arrêt Chardonnet

INFORMATIONS PRATIQUES

Les promenades sonores de Baud-Chardonnet sont à réaliser au casque, avec un smartphone ou lecteur MP3. Elles peuvent être téléchargées en amont ou directement lus en streaming avec un simple lien Internet ou QR code.

D’une durée d’1 heure chacune, ces 2 promenades peuvent être réalisées à tout moment. Un point de départ est indiqué pour chaque promenade, puis les auditeurs sont guidés tout au long de leur promenade par une voix off.

Tout public (+10 ans pour Les Bas Sons de Baud)
Il est recommandé de venir équipé de son smartphone (batterie rechargée) et de son casque.

Le cas échéant vous pouvez emprunter un casque et un lecteur MP3 à l’association :

Ars Nomadis – 32 Bd Villebois Mareuil / Réservation : 09 81 11 71 16

Les fichiers de chaque balade sont à télécharger ou streamer* sur : 
www.arsnomadis.eu/lesbassonsdebaud
www.arsnomadis.eu/souslesbalconslaplage

Direction artistique : Antoine Beaufort
Scénario et textes : Antoine Beaufort, Laure Chatrefou, Anne Lalaire, Antoine Pinçon, Alexandre Rubin 
Composition et direction musicale : Alexandre Rubin 
Montage : Laure Chatrefou et Antoine Pinçon 
Mixage : Antoine Pinçon
Coordination : Anne Lalaire

ars nomadis
L’équipe de Ars nomadis

RENNES ORANGERIE DU THABOR. THE RIPPLE EFFECT : KOKIN SLENDRO

0

A l’Orangerie du Thabor de Rennes, du 8 au 30 juillet, l’installation sonore Kokin (…) Slendro concentre les thèmes majeurs qui parcourent le travail de Julien Grossmann nourri par l’ethnomusicologie et les relations entre musique, pouvoir et identité.

L’oeuvre composée de six dioramas sonores rotatifs nous propose de parcourir le monde au travers de six échelles musicales représentées chacune par une petite île posée au centre d’un disque vinyle. Sur les six disques, six compositions musicales différentes de l’artiste jouées au synthétiseur reprenant une des six gammes musicales et le timbre d’un instrument traditionnel. Se jouant de notre perception et de nos représentations, l’artiste utilise la musique comme marqueur géographique, sans qu’il n’y ait de concordance réelle entre le paysage insulaire et la musique qui l’accompagne. Au travers cet exotisme sonore et visuel du diorama, c’est notre relation à l’imaginaire des lointains, lui-même colonisé par l’héritage colonial, que nous propose d’explorer Julien Grossmann.

The sound installation “Kokin (…) Slendro gahter” the main issues that run through Julien Grossmann’s works feed by ethnomusicology and the relationships between music, power and identity.

Site web Julien Grossmann 

The Ripple Effect :
Kokin (…) Slendro

Julien Grossmann

ORANGERIE EST DU THABOR – RENNES
EXPOSITION DU 8 AU 30 JUILLET 2021
OUVERT DE 14H00 À 19H00
GRATUIT

ART DANS LES CHAPELLES 2021. LE MORBIHAN CONTEMPORAIN (PROGRAMME)

L’art dans les chapelles revient du 2 juillet au 19 septembre 2021. Cette manifestation entend valoriser le patrimoine architectural breton en le faisant dialoguer avec le travail d’artistes contemporains. Depuis 30 ans, ce festival invite une quinzaine d’artistes par an, dans des chapelles sur le territoire du Pays de Pontivy et de la vallée du Blavet (Morbihan).

Tout au long de l’année, L’art dans les chapelles mène un travail de sensibilisation au patrimoine et à l’art contemporain à travers des actions de médiation à destination du public scolaire, des individuels ou des entreprises. Sont aussi proposées des résidences d’artistes ainsi que des visites d’expositions. Avec 70 000 entrées enregistrées chaque année, la manifestation estivale de L’art dans les chapelles est aujourd’hui reconnue comme un événement touristique et médiatique majeur en région Bretagne.

art dans les chapelles

14 communes fédérées autour de cet événement de renommée

L’art dans les chapelles est le fruit de l’association des communes de Pluméliau-Bieuzy (commune fondatrice), Cléguérec, Guern, Le Sourn, Malguénac, Melrand, Evellys (Moustoir-Remungol), Neulliac, Noyal-Pontivy, Pontivy, Quistinic, Saint-Barthélémy, Saint-Gérand, Saint-Thuriau.

Propriétés des communes depuis la loi de 1905, les chapelles sont très nombreuses en Bretagne. On dit même que c’est la plus importante concentration de patrimoine religieux au monde !

Le département du Morbihan ne compte pas moins de 1000 édifices religieux dont plus d’une dizaine dans certaines communes. La plupart des chapelles de la manifestation estivale sont toujours affectées au culte.

Une fois par an on y célèbre le Pardon, une messe donnée en l’honneur du saint patron de la chapelle. L’entretien et l’animation des chapelles sont en grande partie gérés par des Comités de chapelles, ces associations travaillent activement à la valorisation des édifices et récoltent les fonds nécessaires aux travaux de restauration.

Indépendamment de toute conviction ou pratique religieuse, les chapelles restent le cœur identitaire des quartiers ruraux qui constituent les communes.

18 sites patrimoniaux remarquables

Cette année, 14 sites patrimoniaux sont investis par des artistes. Découvrez également le long des circuits, 4 chapelles et églises remarquables : la chapelle Notre-Dame de Quelven (Guern), la chapelle Notre-Dame de la Houssaye, l’église Saint-Mériadec à Stival (Pontivy) et la chapelle Notre-Dame de Carmès (Neulliac).

La renommée de cet événement s’est établie grâce à une solide programmation ainsi qu’à la qualité des propositions artistiques formulées par les artistes.

14 communes fédérées autour d’un projet ambitieux, 18 sites patrimoniaux et religieux, 14 artistes invités, 14 œuvres présentées, 489 artistes invités depuis le début sa création, 3 circuits fléchés, pour près de 150 kilomètres d’itinéraires, 70 particuliers mécènes de la manifestation, 1500 élèves de tous niveaux sensibilisés à l’art contemporain et au patrimoine chaque année.

Programmation de l’Art dans les chapelles 2021 :

LÉA BARBAZANGES Chapelle de la Trinité, Castennec, Pluméliau-Bieuzy
JESÚS ALBERTO BENITEZ Chapelle Saint-Meldéoc, Locmeltro, Guern
CHARLIE BOISSON Chapelle du château des Rohan, Pontivy
MARINA GADONNEIX et lisa li-lund Chapelle Notre-Dame du Moustoir, Malguénac
LAURENCE DE LEERSNYDER Chapelle Notre-Dame-de-Joie, le Gohazé, Saint-Thuriau
ANAÏS LELIÈVRE Chapelle Saint-Adrien, Saint-Barthélémy
DOMINIQUE PETITGAND Chapelle Sainte-Noyale, Noyal-Pontivy
AURÉLIE PÉTREL Chapelle Saint-Fiacre, Melrand
PASCALE PIRON Chapelle de La Trinité, Cléguérec
JONATHAN PORNIN Chapelle Saint-Tugdual, Quistinic
ARMELLE DE SAINTE MARIE Chapelle Saint-Jean, Le Sourn
STÉPHANE THIDET Chapelle de la Trinité, Domaine de Kerguéhennec, Bignan
GABRIELLE WAMBAUGH Chapelle Saint-Drédeno, Saint-Gérand
EDOUARD WOLTON Chapelle Notre-Dame des Fleurs, Moric, Evellys

Egalement au Domaine de Kerguéhennec, expositions d’été du 1er juillet au 19 septembre 2021 – entrée libre et gratuite
Du 1er juillet au 5 septembre et les 18 et 19 septembre, tous les jours, de 11h à 19h
Christine Crozat. Mémoires de formes – Bergerie, petit salon du château
Bernard Moninot. Le dessin élargi – Ecuries
Stéphane Thidet. D’un soleil à l’autre, dans le cadre de L’art dans les chapelles (chapelle du domaine)
Julien Laforge. Les aires d’adhérence – Bergerie
Domaine de Kerguéhennec 02 97 60 31 84 www.kerguehennec.fr

Les rendez-vous de l’été

Week-end d’ouverture :

2,3 et 4 juillet en présence des artistes.

L’inattendue:

Nouveau cycle de visites commentées permettant de partir à la découverte des cha- pelles et des œuvres de la 30° édition, de chapelles inédites et des producteurs locaux du territoire.

Jeudi 22 juillet : 14h30-17h – Visite couplée des chapelles Notre-Dame du Moustoir et Saint-Patern de Malguénac, suivie d’une rencontre avec la biscuiterie « Ty Biscuit ».

Mercredi 28 juillet : 10h-12h – Visite de la chapelle de Saint Mériadec de Stival (Pontivy) et rencontre avec l’apiculteur de « L’abeille de Napoléonville ».

Mercredi 11 août : 16h00-18h00 – Découverte de la chapelle Notre-Dame de Quelven à Guern, et rencontre avec les brasseurs de la micro-brasserie Saint-Georges.

Jeudi 26 août :14h30-19h00 – Visite des chapelles de Saint-Tugdual et Notre-Dame du Cloître et de sa fontaine à Quistinic, animée par Jean-Claude Le Sausse. Présence d’une formation musicale bretonne pour clore l’après-midi.

Samedi 11 septembre :10h00-12h00 Visite couplée des chapelles de la Trinité et de la Madeleine à Cléguérec. Découverte de l’allée couverte de Bod-Er-Mohed en présence d’André Le Denmat.

Dimanche 19 septembre : Visite décalée – clôture de la 30° édition – gratuit.

Tarif plein : 5 € / Tarif réduit : 3 € / Gratuit pour les moins de 12 ans
Réservation impérative avant la veille 16 h par mail ou par téléphone : 02 97 27 97 31 – mediation@artchapelles.com
Faute d’un nombre suffisant de participants, ces prestations pourront être annulées.

Visites de groupes avec la chargée des publics de l’art dans les chapelles, contacter par mail ou par téléphone : 02 97 27 97 31 – mediation@artchapelles.com

Stéphane Thidet, artiste invité de la 30e édition de L’art dans les chapelles, investit la chapelle du Domaine de Kerguéhennec, Bignan

Visite couplée dans le cadre de ce partenariat :
Jeudi 5 août 10h – 17h
Visite de la chapelle de la Trinité et des expositions du domaine, puis de la cha- pelle Notre-Dame-des-Fleurs à Moustoir-Remungol, de la chapelle La Trinité Castennec à Bieuzy, et de la chapelle Saint-Adrien à Saint-Barthélémy. Prévoir un pique-nique pour le déjeuner.
Tarif : 10 €

Expositions d’été du 1er juillet au 19 septembre
Du 1er juillet au 5 septembre et les 18 et 19 septembre, tous les jours, de 11h à 19h.
kerguehennec.fr
Entrée libre et gratuite

Jeudi 8 juillet : 14h00-17h00 – Atelier main dans la main – Atelier pour les en- fants et les parents. Visite de la chapelle du château des Rohan et découverte de l’œuvre de Charlie Boisson, suivi d’un atelier de pratique artistique à la média- thèque. En partenariat avec l’espace Kénére de Pontivy.

Vendredi 6 août : 19h30 – 01h00 – Soirée étoilée.
Projection du film 2001, Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick à la média- thèque de Remungol, découverte de l’œuvre d’Edward Wolton à la chapelle Notre-Dame-des-Fleurs, Moric (Evellys), pour terminer la soirée par l’observation des étoiles en présence de Patrice Sajkiewicz.
Tarif : participation libre.

Vendredi 20 août : 14h00-18h00 – Découverte des chapelles Notre-Dame du Moustoir et Saint-Bédic à Malguénac, suivi d’un concert jazz.
En partenariat avec le Festival Arts des Villes/Arts des Champs de Malguénac.

Tarif : participation libre.

art dans les chapelles

OPÉRA SUR ÉCRAN. UNE CHAUVE-SOURIS À RENNES ET EN BRETAGNE LE 9 JUIN (PRÉSENTATION ET DIFFUSION)

Succès populaire depuis sa création en 2009, Opéra sur écran(s) revient le 9 juin à 20h avec l’opéra la chauve-souris. Champagne pour tout le monde !

Chauve-Souris
La Chauve-Souris de Johann Strauss II.

De l’aveu même de ses dirigeants cela faisait près de 20 ans que cette œuvre majeure du maître de la valse avait été donnée à l’Opéra de Rennes. Depuis quelques jours cette faille dans le temps est comblée et de quelle manière ! Cette coproduction réunissant Angers-Nantes-Opéra, l’Opéra Grand Avignon, l’Opéra de Toulon et bien entendu l’Opéra de Rennes est tout simplement éblouissante, pétillante, pétulante, étincelante … Que dire encore, les mots nous manquent.

Le livret de Karl Haffner et Richard Genée puise à différentes sources, d’un côté « Le réveillon », vaudeville à succès de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, facétieux et fréquents complices de Jacques Offenbach, mais également d’une pièce de théâtre allemande de Julius Roderich Benedix intitulée « Das Gefängnis », la prison. 

L’écueil représenté par le côté souvent touffu des livrets, la multiplicité des personnages et l’interprétation en langue allemande est évité avec brio par l’ajout d’un narrateur en français, en l’occurrence une narratrice et quelle narratrice ! Anne Girouard, connue du grand public pour son rôle de souveraine nunuche dans une fameuse série télévisée d’Alexandre Astier, montre avec autorité l’étendue de ses qualités de comédienne. Omniprésente, elle est un véritable fil rouge tout au long de l’œuvre et fait montre d’une énergie et d’un talent qui nous laissent pantois. Changeant de voix à l’envi, elle fait les dialogues, les soliloques, intervient à tout propos et ne laisse à aucun moment l’attention du public retomber. Au troisième acte, dans le rôle du geôlier ivrogne Frosch, elle sort totalement du cadre en entamant un curieux échange avec un percussionniste puis avec Claude Schnitzler lui-même, tout cela sans se priver de coups d’œil appuyés adressés à l’assistance.

L’argument de l’œuvre est simple ; deux fêtards incorrigibles s’enivrent au-delà du raisonnable, le premier Gabriel von Eisenstein, le second le notaire Falke. Celui-ci, après avoir totalement perdu ses moyens, est abandonné par son compagnon sous un arbre dans un parc et se voit, le matin suivant, obligé de traverser la ville, affublé d’un ridicule costume de chauve-souris, ce qui lui vaut moqueries et quolibets de la part de la populace.

L’humiliation est cuisante, pire sera la vengeance qu’il détermine alors d’en tirer. Une fête des plus galantes organisée par le prince Orlofski va lui fournir le cadre idéal pour atteindre son objectif. 

Sous la baguette familière de Claude Schnitzler, fort apprécié du public rennais, l’Orchestre National de Bretagne, quoiqu’en effectif réduit, va donner de cette œuvre une interprétation joyeuse, vivifiante et musicalement irréprochable. 

Le rideau s’ouvre sur ce qui pourrait être le mur d’une riche maison bourgeoise du second empire, couvert de cadres en bois doré, de toutes les formes, à l’intérieur desquels les personnages de la farce, après une sobre présentation, dialoguent, s’interpellent, à l’occasion marivaudent, et souvent complotent. L’effet est des plus plaisants et démontre dès l’ouverture des hostilités que la complicité entre le metteur en scène, Jean Lacornerie, et le scénographe et costumier Bruno de Lavenère, a fonctionné de façon optimale. Tout est là, et sans perdre un instant le public est plongé dans un ravissement pailleté où flotte sans modération la douce odeur du champagne.

Chauve-Souris opéra

Du côté des voix, pas d’erreur de casting, tout y est solide, professionnel et exempt de reproches. Stephan Genz dans le rôle Gabriel von Eisenstein fait merveille et démontre de belles qualités vocales, on y sent une solide expérience et son personnage est parfaitement crédible. Face à lui, son épouse, Rosalinde, trouve avec Eleonore Marguerre une interprète qui démontre des qualités équivalentes, une belle présence scénique, tout cela est cohérent et concourt à notre plaisir. Alfred, maître de musique et amant de Rosalinde trouvera avec l’excellent Milos Bulajic un représentant de choix.

Dans la tradition du vaudeville, il y a souvent une servante, indisciplinée et insolente et dans la Chauve-souris elle ne manque pas à l’appel, c’est Adèle ! Ce rôle dévolu à la soprano colorature canadienne Claire de Sévigné sera, sans doute aucun, notre petit coup de cœur tant elle domine son instrument, se promenant avec aisance au milieu d’aigus vertigineux, usant des ornements permis par son rôle avec désinvolture mais sans erreur, elle est un pur plaisir à elle seule.

Le second acte nous permet de participer à la fête chez le prince Orlofsky, personnage fort bien campé par Stéphanie Houtzeel, qui sera le complice narquois de la farce qui va se dérouler. Une véritable ambiance de cabaret laisse les corps s’abandonner à la danse, les convives aux chants, les gorges au champagne. C’est pour nous l’occasion attendue d’entendre s’exprimer les chœurs de l’Opéra de Rennes et, comme il fallait s’y attendre, ils s’en donnent à cœur joie et nous entraînent avec jubilation dans une bacchanale où paillettes, bulles de champagne et une féroce envie de s’amuser nous laissent abasourdis et ravis, nous en redemandons sans aucune mesure. Nous ne serons pas déçus. 

Mais revenons à notre affaire. Gabriel von Eisenstein, condamné à quelques jours de cachot pour avoir malmené un argousin, va faire la rencontre de Franck, directeur de la prison, interprété de façon magistrale par Horst Lamnek. L’un et l’autre ayant choisi l’anonymat pour se rendre à la fête, se présentent sous l’identité du chevalier Chagrin et du marquis Renard. De son côté, Rosalinde a décidé de devenir une mystérieuse « comtesse hongroise », on voit sous nos yeux s’imbriquer tous les éléments de la vengeance.

C’est au troisième acte que tout va se découvrir et que cet imbroglio digne des jeux de l’amour et du hasard va trouver son heureuse conclusion. On s’y pardonne, on s’y congratule, on s’y embrasse à bouche que veux-tu, même si subsiste quelque-chose d’inachevé, allusion à fleuret moucheté à une société viennoise s’enfonçant voluptueusement dans une déliquescence très « fin de siècle ».

Les presque deux heures et demie du spectacle sont passées comme une soirée de fête. La remarquable mise en scène de Jean Lacornerie, la splendeur des décors et particulièrement des costumes, véritables réussites, sans oublier les lumières raffinées distillées subtilement ou avec éclat par un Kévin Briard facétieux et inspiré, tout concourt à l’époustouflante réussite de cette nouvelle production.

Si les contraintes sanitaires du moment empêchent le grand public d’assister à ce spectacle de façon classique, il sera possible cependant d’en profiter lors de la traditionnelle retransmission sur écrans, à l’extérieur, comme cela fut le cas les années antérieures pour la Traviata ou Carmen. La date à retenir est le mercredi 9 juin. La nécessaire distanciation rend impossible cette retransmission sur la place de la mairie de Rennes, mais d’autres lieux, en Bretagne et Pays de la Loire, vous attendent pour ce rendez-vous pétillant !

Agenda de la Chauve-souris :

Le 9 juin à 20h dans les différentes communes des régions Bretagne et Pays de la Loire :

Halle du Triangle
Vélodrome
Théâtre de Verdure du parc du Thabor
Maison des Associations
Le Tambour, Université Rennes 2
…et des terrasses des cafés

Autres communes de Rennes Métropole :

Bécherel
Betton
Cesson-Sévigné
Corps-Nuds
Cintré
La Chapelle-Thouarault
Noyal-Chatillon-sur-Seiche (en partenariat avec Chartres de Bretagne)
Orgères
Pacé
Parthenay-de-Bretagne
Thorigné-Fouillard
Romillé
Vern-sur-Seiche

Autres communes de la région Bretagne :

Arradon
La Bouexière
Loudéac
Lannion
Lamballe

Communes de la région Pays de la Loire :

Nantes :
Nef des Machines de l’Île
Hippodrome
Angers : Cloître Toussaint
Bouchemaine
Le Croisic
Saint-Nazaire
Et dans d’autres villes de la Région

le 9 juin à 20h30 sur les TV régionales :

La Chaîne Normande
LMtv Sarthe
Tebeo
Tebesud
Télénantes
TVR – Rennes
TV Tours
TV Vendée
France 3 Bretagne – site Internet
France 3 Pays de la Loire – site Internet

le 5 juin à 20h sur France Musique

Chauve-Souris

Distribution :
Claude Schnitzler : Direction musicale
Jean Lacornerie : Mise en scène
Bruno de Lavenère : Scénographie, Costumes
Kevin Briard : Lumières
Raphaël Cottin : Chorégraphe, Collaborateur artistique
Katja Krüger : Dramaturge, metteuse en scène assistante
Orchestre National de Bretagne – Grant Llewellyn : Direction musicale
Chœur de Chambre Mélisme(s) – Gildas Pungier Direction
Avec :
Stephan Genz
Eleonore Marguerre
Claire de Sévigné
Veronika Seghers
Milos Bulajic
Thomas Tatzl
Horst Lamnek
Stephanie Houtzeel
François Piolino
Anne Girouard

LE REFUGEE FOOD FESTIVAL A RENNES DU 29 JUIN AU 4 JUILLET 2021

Le Refugee Food Festival revient à Rennes pour une troisième édition ! Du 29 juin au 4 juillet 2021, 6 restaurants engagés partageront leurs fourneaux avec 6 cuisiniers réfugiés pour faire découvrir des saveurs venues d’ailleurs, sensibiliser à la situation des réfugiés en France, et leur offrir un tremplin professionnel pour réussir leur intégration en France. A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés (le 20 juin), 10 villes accueilleront le festival en France : Marseille, Strasbourg, Paris, Lille, Lyon, Rennes, Nantes et Dijon, Bordeaux et Montpellier. Faire évoluer les mentalités, permettre l’insertion professionnelle des réfugiés dans un secteur en tension et rassembler autour de la table, telles sont les missions de ce festival gourmand et solidaire.

refugee food festival
Le Refugee Food Festival revient à Rennes du 16 au 19 octobre 2020

Quand les restaurants confient leurs cuisines à des chefs réfugiés, le temps d’un festival gourmand et solidaire, cela donne le Refugee Food Festival. Initiative citoyenne, le Refugee Food Festival est un projet itinérant développé par l’association Food Sweet Food avec le soutien de l’agence des nations unies pour les réfugiés. Il propose de confier les cuisines de restaurants à des chefs réfugiés, le temps d’un festival gourmand et solidaire. Au-delà du festival, l’association développe des activités qui permettent d’accompagner l’insertion professionnelle des personnes réfugiées à travers la cuisine.

L’événement a lieu dans plusieurs villes dans le monde. Le festival est organisé par des équipes de citoyens bénévoles qui se portent candidats chaque année pour développer le projet dans leur ville. Au menu urbains : Rennes, Bologne, Bordeaux, Bruxelles, Cape Town, Copenhague, Dijon, Genève, Lille, Londres, Lyon, Madrid, Nantes, Marseille, New York, Paris, Strasbourg…

La mécanique reste simple : des restos partagent leurs fourneaux avec des cuisiniers réfugiés et créent ensemble des menus inédits. Le temps d’un service, la carte de ces restaurants s’enrichira de plats syriens et soudanais : cartes blanches ou menus à quatre mains avec des chefs emblématiques, chaque collaboration sera l’occasion de découvrir de nouvelles saveurs et adresses engagées, où il fait bon manger.

PROGRAMME DU REFUGEE FOOD FESTIVAL A RENNES DU 29 JUIN AU 4 JUILLET 2021

▪️ DU MARDI 29 JUIN AU MERCREDI 30 JUIN▪️
PENATES • Dîner afghan par Jahan Karimi
17, rue Paul Bert, Rennes
Réservations : 02 99 36 97 55

▪️ MERCREDI 30 JUIN▪️
LA MAISON DES FAMILLES • Atelier de cuisine syrienne avec Danya Yaseen
2, allée Joseph Gemain, Rennes,
Réservations : billetterie à venir

▪️ JEUDI 1ER JUILLET▪️
LA GRENOUILLE A GRANDE BOUCHE • Déjeuner érythréen par Zersenay Yosef
8, place de Torigne, Rennes
Réservations : 03 2 30 21 02 49

▪️ JEUDI 1ER JUILLET▪️
ORIGINES • Dîner syrien mezze & projections par Hiyam Jallouk & projections avec SOS MEDITERRANNEE
2, rue de l’Hôtel Dieu, Rennes
Réservations : 06 69 01 15 84

▪️ VENDREDI 2 JUILLET▪️
LES INVISIBLES • Déjeuner soudanais par Mustapha Osman
2, rue Jules Simon, Rennes
Réservations : 09 81 72 76 60

▪️ DIMANCHE 4 JUILLET▪️
HÔTEL PASTEUR • Atelier de cuisine syrienne avec Hadil Jlilati
2, place Pasteur, Rennes
Réservations : billetterie à venir

Les intéressés peuvent s’adresser directement au Festival ici rennes@refugeefoodfestival.com  

site : refugeefoodfestival.com

refugee food festival

L’IMPACT DU PROJET

5 ans après sa première édition dans la capitale alsacienne, le Refugee Food Festival peut être fière d’avoir ravi les papilles des Rennais tout en ayant accompagné les cuisiniers dans leur insertion professionnelle.

Ainsi, les anciens participants du festival ont pu mettre à profit l’expérience acquise pour poursuivre leur projet d’avenir. Bon nombre d’entre eux ont pu développer leurs compétences mais aussi intégrer des restaurants ou des programmes visant à favoriser l’accès à l’emploi, notamment « Des Étoiles et des Femmes » soutenu par des chefs étoilés, ou bien encore ouvrir leur établissement.

Depuis 2016, près de 300 cuisiniers réfugiés (de 49 nationalités) ont participé au projet et 45 000 citoyens ont pu découvrir leurs talents au cours du Refugee Food Festival. Selon une étude d’impact (disponible ici) menée en 2018, 59% des cuisiniers participants* ont eu accès à au moins une opportunité professionnelle grâce au festival, et 91% des citoyens* qui n’étaient pas déjà « engagés » avant le Refugee Food Festival déclarent que le festival a provoqué chez eux un désir d’engagement pour la cause des personnes réfugiées. *Chiffres issus de la mesure d’impact réalisée par le cabinet (IM)PROVE en janvier 2019, et financée par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, disponible ici dans son intégralité.

Au-delà du festival, le projet a permis à de nombreux cuisiniers de lancer leur propre restaurant ou activité traiteur, à l’image de Magda Gegenava (Chez Magda) à Paris, de Fadi Mahmoud (Ananda Délice) à Lomme, de Hussam Khodary (Restaurant Damasquino) à Strasbourg, Bassem Ataya (Attaya Traiteur) à Lille, et Nabil Attard (Närenj) à Orléans, distingué par la critique et membre du Collège Culinaire de France.

rennes réfugiés festival

RENNES FESTIVAL TOUT A COUP 2021 : RESTER ENSEMBLE GRACE A L’IMAGINAIRE

Le temps d’un soir d’été, restons ensemble, frottons les épidermes de nos âmes contre la peau tendue de nos rêves emmêlés. Restons un peu dans la chaleur du NOUS, laissons le jeu se déliter, absorbons les parfums des autres jusqu’à plus soif et couchons nous dans leur énergie revigorante. Parcourons ensemble un bout de chemin, apprenons ensemble, découvrons ensemble… Penser un moment que le beau peut nous sauver du rien, que l’espace nous rassemble , que la nuit s’incline devant nous tous rassemblés. Festival tout-à-coup à Rennes dans le quartier du Blosne du 23 au 26 juin 2021.

FESTIVAL TOUT A COUP RENNES

PROGRAMME du 23 au 26 juin 2021

  • Expositions :
    • Des photos portraits du studio photo Ô LOV ETC mêlées aux collages des atelier projet SWEET PAPER sur les panneaux publics de la ville /quartier Le Blosne / ilôt Serbie​
    • Commande graphique réalisée par l’artiste designer Ofo Obuobi (France/Ghana), 21 place de Serbie, Le Blosne
  • Mercredi 23 juin : OUVERTURE, COUP DE SIFFLET
    • 12h/12h30 : IMPROVISATION au jardin Ehpad Gaëtan Hervé
    • 12h30/13h30 : LECTURES Morgane Rey invite Anne Le Naour. Rdv à la bouquinerie « Histoire de mots », rue Saint Thomas, Rennes. Tarif : participation libre
    • 18h/18h50 : atelier danse ragga avec Emmanuelle Fergé 
    • 19h15/19h45 : pot offert / scène amateur danse, Mouvances, invités et sous réserve.
    • PARCOURS SPECTACLES (20h15/21h15)
      • 20h15/20h45 : SOLO de danse « FEMMES SOURIANT A L’INVISIBLE », interprète : Anne-Sophie Guillaume, écriture : Morgane Rey, Cie Erébé Kouliballets (France/Mali)
      • 20h45/21h15 : SOLO de danse « MOi, Ma Chambre, Ma Rue », Tidiani N’ Diaye, Cie Copier Coller (Mali/France)
    • 21h30/22h30 : pot festif
  • Jeudi 24 juin : MI TEMPS
    • 12h30/13h30 : atelier danse Morgane Rey. Rdv au 21 place de Serbie, Le Blosne
    • 18h/18h50 : atelier danse Morgane Rey
    • 19h/19h45 : Pot offert / scène amateur danse
    • 20h/20h15 : LECTURES projet « tête corps cœur », les voisin-e-s écrivent des poèmes, les lisent et les publient
    • PARCOURS SPECTACLES (20h00/21h30)
      • 20h/20h45 : LECTURES poètes invités : C. Le Tixerant, L. Dugas, J. Crespel et M. Rey
      • 21h/ 21h30 : SOLO de danse « LOU », interprète : Cécile Colin, écriture : Morgane Rey, Cie Erébé Kouliballets (France/Mali)
    • 21h30/ 22h30 : pot festif
  • Vendredi 25 juin : FIN DE MATCH
    • 12h30/13h30 : LECTURES, Morgane Rey invite Céline Le Tixerant. Rdv à la librairie Planète IO, rue Saint Louis, Rennes Centre. Tarif : participation libre
    • 14h30/15h30 : STUDIO PHOTO « Ô LOV ETC » au P’tit Blosneur, nous vous prenons en photo et nous vous offrons votre portrait, en lien avec les expositions
    • 18h00/18h50 : atelier danse Fanny Brancourt
    • 19h/19h45 : pot offert / scène amateur danse, groupe des Acchantes de Pacé
    • PARCOURS SPECTACLES (20h00/21h30)
      • 20h/20h30 : « DANSES AU BALCON », interprètes : Cécile Colin et Anne-Sophie Guillaume sur une proposition de Morgane Rey, Cie Erébé Kouliballets, chez Caroline, 22 place de Serbie 
      • 20h30/21h : « PERFORMANCE DANSÉE », Florence Loison, Cie Zutano Bazar (France)
    • 21h/22h30 : pot festif 
  • Samedi 26 juin : LES PROLONGATIONS
    • 11h/13h30 : KAMISHIBAÏ de et avec Philippe Robert, chez Emilie et Clément, Le Blosne
    • ​STAGES​
      • 11h/13h : stage danse pro / Florence Loison
      • 13h/14h30 : auberge espagnole, réservée aux stagiaires
      • 14h30/16h30 : stage danse tout public / Florence Loison
      • 17h : pot

*************

FONCTIONNEMENT

Rendez-vous tous les soirs, au local, 21 place de Serbie, 35200. Rennes/Le Blosne.

Pour les PARCOURS SPECTACLES, arrivée souhaitée à 19H45 au plus tard.

Réservations par e-mail : association.kouliballets[@]orange.fr

Pour la fluidité de la manifestation, nous respectons les mesures gouvernementales et nous sommes sûrs que vous en ferez autant.

Parcours spectacles/Ateliers : tout se déroule sur inscription préalable par e-mail, les groupes n’excèdent pas le nombre autorisé, réserver dès maintenant si possible.

  • PARCOURS SPECTACLES : ils se déroulent sur chaque soirée, sous forme de modules et déambulation; des groupes de six sont formés (selon les mesures nous pourrons aller jusque dix) et restent composés ainsi toute la soirée. Pas de possibilité de choisir un spectacle en dehors du parcours, tout le module est compris dans la formule. Les groupes sont formés au départ et restent constitués ainsi jusque la fin du parcours, merci à vous.
    • Les déambulations se déroulent en extérieur
    • Les ateliers ne font pas partie du parcours
    • Chaque soirée PARCOURS SPECTACLE accessible en tarif libre à partir de 5€
    • Pas de toilettes accessibles sur place
    • Pour vous asseoir, prenez un siège si besoin, merci à vous
    • Nous comptons sur vous pour respecter les distanciations et le port du masque 
  • KAMISHIBAÏ DU MATIN : vous nous demandez et on vous renseigne avec plaisir.
  • ATELIERS DU SOIR (18H/18H50) et du JEUDI MIDI (12h30/13h30)
    • Tarif réduit : 2€ / Tarif plein : 5€
    • Les ateliers se déroulent en extérieur (repli possible)

  • STAGES
    • Stage danse pro, avec Florence Loison. Tarif : 30€ adh ou cotisant (cotisation 5€), possibilité carte sortir
    • Stage danse tout public, avec Florence Loison. Tarif : 30€ adh, possibilité carte sortir
    • 50€ la journée, possibilité carte sortir
    • Les stages se déroulent en extérieur (repli possible)

Merci aux artistes de la Cie EK qui font que TOUT À COUP existe, à tous les artistes, les poètes et danseurs pédagogues invités, à la ville de Rennes, à la direction de quartier sud-est, à la MJC de Pacé et Salle Escapade, à l’Ehpad Gaëtan Hervé, à l’Apras, au Phakt, à nos partenaires, à la Terre et au Ciel.

(Affiche: Léa Bachelard)

Cie Erébé Kouliballets

Rennes Bamako

association.kouliballets[@]orange.fr

06 88 74 81 12

Site du festival.

LES MORTS NE NOUS AIMENT PLUS DE PHILIPPE GRIMBERT OU COMMENT VIVRE AVEC LES MORTS ?

Faire revivre les morts, est-ce de la science-fiction ? Il y a quelques années, une société japonaise a mis au point un logiciel informatique capable de faire réapparaître et revivre virtuellement les chers disparus et alléger, peut-être, l’épreuve du deuil. Microsoft s’intéresse aussi à un logiciel de ce type. Philippe Grimbert a réfléchi à la puissance de ces technologies qui donnent le vertige, et le frisson, dans un roman singulier, inquiétant et touchant à la fois, inspiré du mythe d’Orphée et de la toute récente série cinématographique « Black Mirror ».

PHILIPPE GRIMBERT

 « Au fil des années mes écrits avaient fait de moi le spécialiste du deuil, réputation qui me valait invitations dans les congrès et interviews dans les médias. Mes romans et mes essais ne cessaient d’explorer ce thème, un choix qui n’était pas dû au hasard : Irène et moi avions passé notre vie en compagnie d’une armée de fantômes. »

Tels sont les premiers mots du livre, prononcés par Paul, écrivain et psychanalyste, frappé du deuil de ses deux parents, disparus ensemble, d’un accord et geste suicidaire communs « pour se faire sourds aux tambourinements de leurs disparus. » Irène, son épouse, a elle aussi perdu ses parents dans un accident automobile qui avait tout l’air d’une disparition volontaire. Le couple, enfin, est accablé de la mort d’un enfant « dont Irène a porté la promesse, jusqu’au jour où son enveloppe est devenue linceul. »

De ces malheurs sont nés des livres. Paul a écrit essais sur essais, comme « une jouissance de la plainte à laquelle nous avons su résister. » Irène, elle, écrivait des poèmes qui disaient « les infimes détails du quotidien » comme une résistance et un bouclier au malheur. Le couple écrivait et composait « à quatre mains » des pages qui avaient le pouvoir, illusoire, de tenir douleurs et menaces « à distance ». Mais peu à peu, le sentiment tragique de leurs vies reviendra, chez l’un et chez l’autre. Les poèmes d’Irène se nourriront peu à peu des fantômes du passé et ne seront plus qu’écriture du désastre. Quant à Paul, il ne trouvera bientôt plus ni énergie ni matière à se lancer dans de nouveaux essais. L’écriture qui le fuit serait-elle l’antichambre de sa propre disparition ?

MYTHE ORPHEE
Orphée et Eurydice (1820) Michel Martin Drolling.

La mort le frôle, en effet, en ce jour où une crise cardiaque le met à terre, sauvé de justesse par Irène qui l’entend tomber dans son bureau, à l’étage. Les secours promptement arrivés le ramènent à la vie. « Combien de temps suis-je mort ? » demande-t-il, étrangement, au médecin de l’hôpital : le cœur a flanché, « il s’est arrêté un moment » s’entend-il répondre. « Votre cœur ne peut plus se débrouiller seul, il va falloir l’aider avec ce petit appareil qui va réguler ses battements. Vous serez un homme bionique, un homme augmenté, en somme. […] Augmenté ? Moi qui me croyais diminué ! » Humour et politesse d’un désespoir annonciateur de la tragédie toute proche : son épouse Irène, reprise par le vertige de la douleur et de la mort de son père et de sa mère plusieurs années en arrière, « petite fille au regard triste et à l’enfance solitaire », inconsolée d’être orpheline et « tentée par l’abîme », va disparaître, elle aussi, volontairement, se tuant au volant, là même où ses parents avait précipité leur voiture dans un virage de la route des vacances. « L’amour qu’elle éprouvait pour son mari, pour sa fille (…) ne suffisait pas à lui donner la force de continuer

Après son accident cardiaque et « sourd à la détresse d’Irène », Paul n’avait rien vu du désespoir de sa femme, repris par son obstination d’écrivain et de conférencier. Et la mort de son épouse fera de lui le veuf, l’inconsolé. Le temps ne fera rien à l’affaire, tout lui rappellera Irène dans cette maison où plane l’ombre de la femme à jamais perdue, où il entend encore l’écho de la voix qui s’est tue : « Nous savons tous que les fantômes existent. Les morts qui nous hantent ne portent pas de suaires, ni de chaînes aux tintements lugubres, ils n’en réclament pas moins leur dû, nos chers disparus, ces spectres exigeants. […] La moindre de mes actions se ferait dorénavant dans son ombre et la femme de ma vie se pencherait toujours sur mon front pour y déposer un baiser, sa tête se poserait encore sur mon épaule lorsque nous écouterions l’une de nos œuvres préférées et son sourire perdu accompagnerait chacun de mes gestes. »

Lucian, un violoncelliste rencontré au concert et devenu son ami, veuf comme lui et « frère de douleur », survit à la perte de sa femme par la force de la musique et la beauté plaintive et grave des sonorités de son instrument. « S’il existait une consolation, elle vibrait au bout de ses doigts et accompagnait le mouvement de son archet. » Rien de tel chez Paul, qui s’enfonce alors « dans ce que Freud aurait appelé un deuil pathologique » et refuse que le deuil cicatrise une plaie que le temps achèverait de fermer. Tel Orphée veuf de son Eurydice, il voudra retrouver Irène, l’extraire des Enfers de la mort et du chagrin et « remplacer l’insupportable plus jamais par l’espoir de [la] retrouver dans l’au-delà. »

Un apprenti sorcier de l’informatique va lui en offrir l’occasion et lui proposera « le projet fou d’entrer en communication » et de dialoguer avec celle qui l’a quitté. À la condition, lui explique l’informaticien, que Paul lui parle d’Irène dans les moindres détails de sa personnalité : « Je crus entendre la consigne d’un psychanalyste me proposant un exercice d’association libre : Ne censurez rien, laissez venir ce qui s’impose à vous, sans écarter aucune pensée.» Paul, dans sa détresse, est prêt à tout, y compris céder aux artifices – et maléfices – du monde virtuel et de leurs nouveaux démiurges. « Et Irène serait dotée, m’avait-il affirmé, d’une intelligence artificielle alimentée par ses souvenirs, ses goûts, sa culture, pilotée par des algorithmes superpuissants qui feraient d’elle une créature vivante à part entière, libre de ses choix. Cette nouvelle donne avait quelque chose de vertigineux : mon cœur artificiel allait désormais battre pour une femme virtuelle. »

Irène, ou plutôt son avatar, apparaîtra, chaque soir, à heure fixe, sur l’ordinateur de Paul et tous les deux dialogueront, le virtuel suppléant alors complètement le réel…

Paul se laissera faire jusqu’à l’aveuglement et jusqu’à faire pleurer, un soir, la femme aimée, ou plutôt animée, à la simple écoute du Concerto en sol de Ravel, une de leur musique préférée : « Incapable de faire appel à la raison, je ne parvenais pas à me convaincre du caractère artificiel de la scène : ce n’était pas ma femme qui pleurait, il ne s’agissait que d’une image de synthèse dont les manifestations de chagrin obéissaient simplement aux paramètres d’un programme informatique.[…] Et lorsque mon ordinateur était éteint, mon téléphone portable prenait le relais. »

La folie guette alors le malheureux Paul, entraîné sur la pente fantasmatique et fatale de l’homme assujetti à la technique et aux « forces occultes qu’il a invoquées », sous la baguette de l’apprenti sorcier d’une technologie invasive et ravageuse près de lui faire perdre équilibre et raison. Au point qu’il songera même à user d’une forme de suicide « technologique » quand il apprendra que son cœur, aidé de l’artifice d’un pacemaker, peut être réglé à distance par le médecin à même d’agir sur la fréquence des battements cardiaques du patient et même… de les arrêter. Son médecin repoussera évidemment la demande suicidaire de Paul ! Mais il aura le bon réflexe de suggérer à l’écrivain le sujet d’un roman : « S’il est interdit au praticien de répondre à un tel souhait, aussi pathétique soit-il, rien ne s’y oppose au contraire pour le romancier ! Pas de limites à son imaginaire, aucune crainte de sanctions de l’Ordre des médecins ! Ne seriez-vous pas tenté de vous emparer d’un tel thème ? »

L’idée germera et préservera Paul : «  Encore une fois j’avais frôlé une mort qui décidément ne voulait pas de moi. En choisissant de poursuivre mon chemin, ce ne serait qu’en renouant avec ce qui a toujours été ma raison de vivre : le bonheur d’écrire. »

Paul fera donc par l’écriture le pari et le choix de la vie. Par la grâce et le pouvoir des mots, la littérature se fera consolatrice et salvatrice. C’est la leçon de ce livre vibrant de détresse et de tendresse qui aurait pu s’intituler, comme Delphine Horvilleur l’a si bien dit : Comment vivre avec nos morts ?

Les morts ne nous aiment plus : roman, par Philippe Grimbert, Grasset, 5 mai 2021, 193 pages, ISBN 978-2-246-82864-8, prix : 18 euros.

Philippe Grimbert, né à Paris en 1948, est un écrivain et psychologue français.

Après des études de psychologie en 1968, Philippe Grimbert réalise une analyse d’orientation lacanienne, avant d’ouvrir son propre cabinet à Paris. Il travaille aussi dans deux instituts médico-éducatifs, à Asnières et à Colombes, auprès d’adolescents autistes ou psychotiques.
Passionné de musique, de danse et d’informatique, il publie plusieurs essais, dont Psychanalyse de la chanson (1996) et Pas de fumée sans Freud (1999). La Petite Robe de Paul, publié en 2001, le fait connaître en littérature générale. Il est en tout l’auteur de six romans, notamment d’Un secret (2004), vendu aujourd’hui à plus d’ 1 500 000 exemplaires, et récompensé par le prix Goncourt des lycéens en 2004, le prix des Lectrices de Elle et le prix Wizo en 2005. En 2007, ce roman est adapté au cinéma par Claude Miller, avec Patrick Bruel et Cécile de France dans les rôles principaux.

Plus récemment, il a publié La Mauvaise rencontre (2009), Un garçon singulier (2011), Nom de Dieu ! (2014) et Rudik, l’autre Noureev (2015).

À lire cet article sur les projets de Microsoft.

Feuilletez le livre.

RENNES. PROGRAMME DES TOMBÉES DE LA NUIT 2021 DU 1ER AU 4 JUILLET

1

Le covid est un crépuscule. Or, la chouette de Minerve prend son envol à la tombée de la nuit. L’équipe de Claude Guinard est sur le pont afin de concocter aux Rennais.es un court, mais intense festival des Tombées de la Nuit du 1er au 4 juillet 2021. Que le spectacle, la ville et la joie demeurent !

« C’est avec une grande joie, beaucoup d’espoir et une bonne dose de prudence que nous préparons l’été. Le festival Les Tombées de la Nuit fera son retour du 1er au 4 juillet. Puis, en écho à ce premier coup d’envoi, quelques rendez-vous seront parsemés le long du mois de juillet.

tombées de la nuit 2016
P. Kauffmann et Cl. Guinard (photo Richard Volante)

Le cadre précis de ces événements reste incertain et nous avons bien sûr conscience des difficultés que rencontreront encore cet été les artistes, les techniciens, les diffuseurs de spectacles. Il ne s’agit pas tout à fait d’un retour à la normale mais l’espoir est là et nous sommes impatients de vous revoir, heureux de retrouver l’espace public et d’y voir ces artistes à l’œuvre :

Happy City Lab / Dan Acher, Compagnie Jeanne Simone, Benjamin Vandewalle, Compagnie Dyptik, Collectif A/R, Atelier Lefeuvre & André, les Compagnies La Tête Ailleurs et Le Grand Appétit, Les Filles du Renard Pâle, L’Amicale de production, 1 Montreur d’Ours, La Fausse Compagnie, Gwenn Mérel, Compagnie Canicule, Le Corridor, La Soi-Disante Compagnie, Compagnie N’Soleh, L’Âge de la Tortue, la Ko-Compagnie, TeKeMaT 6Tem, L’Octuor Oxymore, Lagencevoid, Johann Le Guillerm, Captain Boomer, Collectif 49 701, Wooshing Machine, Jean-Baptiste André & Dimitri Jourde, Engrenage[s]… »

Installation Borealis Dan Acher (Suisse) Du jeudi 01 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
installation Borealis Dan Acher (Suisse) Du jeudi 01 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

Installation Studio Cité Benjamin Vandewalle (Belgique) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

tombées nuit rennes
Installation Studio Cité, Benjamin Vandewalle (Belgique) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

Danse Sensibles Quartiers Compagnie Jeanne Simone (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Danse Sensibles Quartiers, Compagnie Jeanne Simone (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

danse Mirage (Un jour de fête) Compagnie Dyptik (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Danse Mirage (Un jour de fête), Compagnie Dyptik (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

performance Parbleu ! Atelier Lefeuvre & André (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Performance Parbleu !, Atelier Lefeuvre & André (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

danse Danse avec ta mère La Tête Ailleurs / Le Grand Appétit (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Danse Danse avec ta mère, La Tête Ailleurs / Le Grand Appétit (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

cirque Résiste Les filles du renard pâle (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Cirque Résiste, Les filles du renard pâle (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

théâtre Métagore Majeure Compagnie Canicule (Belgique) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Théâtre Métagore Majeure, Compagnie Canicule (Belgique) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

performance Moshi Moshi Lagencevoid (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au dimanche 26 septembre 2021  

tombées nuit rennes
Performance Moshi Moshi, Lagencevoid (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au dimanche 26 septembre 2021

danse Placement Libre Collectif A/R (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Danse Placement Libre, Collectif A/R (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

installation Patua Nou Le Corridor (Belgique) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Installation Patua Nou, Le Corridor (Belgique) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

danse Faro Faro Compagnie N’Soleh (Côte d’Ivoire) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Danse Faro Faro, Compagnie N’Soleh (Côte d’Ivoire) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

performance Fusée de détresse #7 L’âge de la tortue (France) samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Performance Fusée de détresse #7, L’âge de la tortue (France) samedi 03 juillet 2021

installation Portraits Nichés – La Sonothèque Nomade La Fausse Compagnie (France) samedi 03 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Installation Portraits Nichés – La Sonothèque Nomade, La Fausse Compagnie (France) samedi 03 juillet 2021

théâtre Big Data Yoyo Sébastien Vial & Arnaud Boulogne / L’Amicale (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

tombées nuit rennes
Théâtre Big Data Yoyo, Sébastien Vial & Arnaud Boulogne / L’Amicale (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

théâtre Canevas, point de croix et tralala La Soi-Disante Cie / Valérie Véril (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Théâtre Canevas, point de croix et tralala, La Soi-Disante Cie / Valérie Véril (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

musique Les Classiques du GRAMI 1 Montreur d’Ours (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Musique Les Classiques du GRAMI, 1 Montreur d’Ours (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

musique Carte Blanche au Festival Autres Mesures Marion Cousin & Kaumwald (France) samedi 03 juillet 2021  

performance Ces nuages qui courent là-bas Gwenn Mérel (France) dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Performance Ces nuages qui courent là-bas, Gwenn Mérel (France) dimanche 04 juillet 2021

installation L’Aplanatarium Cirque ici / Johann Le Guillerm (France) Du dimanche 04 juillet 2021 au mardi 13 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Installation L’Aplanatarium Cirque ici / Johann Le Guillerm (France) Du dimanche 04 juillet 2021 au mardi 13 juillet 2021 musique Mirrors Octuor Oxymore (France) dimanche 04 juillet 2021

musique Mirrors Octuor Oxymore (France) dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Musique Mirrors, Octuor Oxymore (France) dimanche 04 juillet 2021

musique Carte Blanche au Festival Autres Mesures Yellow Magic Harpsichord Antoine Souchav’ (France) dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Musique Carte Blanche au Festival Autres Mesures : Yellow Magic Harpsichord, Antoine Souchav’ (France) dimanche 04 juillet 2021

musique TeKeMat 6Tem TeKeMaT (France) dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Musique TeKeMat 6Tem, TeKeMaT (France) dimanche 04 juillet 2021

musique Programmation Amie / Transat en ville Masques et Tubas Nid de Coucou (France) dimanche 04 juillet 2021  

tombées nuit rennes
Musique Programmation Amie / Transat en ville Masques et Tubas Nid de Coucou (France) dimanche 04 juillet 2021

musique ¡ Colectiva ! La Ko-Compagnie (France) dimanche 04 juillet 2021

tombées nuit rennes
Musique ¡ Colectiva !, La Ko-Compagnie (France) dimanche 04 juillet 2021

Site des Tombées de la Nuit

RENNES. LE MARCHÉ PAS PAREIL REVIENT POUR L’ÉTÉ

0

Avis aux amateurs de consommation éthique : Le marché pas pareil est de retour ! Ce marché d’été, local et responsable, aura lieu le 2 juillet 2021, de 15h à 19h, sur l’esplanade du Quadri – sis 47 avenue des Pays Bas. Associations, coopératives, commerçants et entreprises engagées seront réunis afin de proposer une vente sur la thématique « Dans ma valise, j’ai… ». Ouvert à tous et gratuit, il a pour but de mettre en valeur les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) du territoire.

Un marché éthique, local et responsable

Pour cette première expérimentation en physique, le marché sera composé d’une vingtaine d’exposants qui proposeront à la vente différents produits : bijoux, créations textiles, livres, boissons, vêtements et accessoires, cosmétiques, etc. Un vide dressing solidaire est également prévu, en partenariat avec Utopia56, ainsi que la présence bénévole d’un DJ. D’autres animations sont en préparation, comme des visites du Quadri. Associations, coopératives, commerçants, artisans… Tous sont implantés sur le pays de Rennes et sont des structures de l’économie sociale et solidaire ou des commerces indépendants adhérant aux valeurs de l’ESS. Le marché est donc une belle occasion pour remplir ses valises, découvrir des pépites éthiques et responsables et soutenir les associations, artisans et commerçants locaux.

QUADRI ESS PROJET RÉNOVATION BLOSNE
Situé entre le Triangle et la station de métro du même nom, le Quadri accueillera des commerces, des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Le Quadri, au coeur de l’ESS à Rennes

Le marché se situera à l’extérieur, devant l’immeuble du Quadri, à proximité de la station de métro Triangle. Le Quadri est un lieu
d’innovation sociale et solidaire situé dans le quartier du Blosne à Rennes. Il regroupe des acteurs de l’ESS, de la formation, de
l’entrepreneuriat, de l’innovation sociale et de la transition énergétique dans un même lieu, aux côtés de porteurs de projets et d’entrepreneurs (incubateur, pépinières, espaces de co-working). Son but est également d’animer un espace ouvert en interface avec les habitants et acteurs du territoire.

Après un marché de Noël, un marché d’été

Ce marché d’été fait suite au Marché pas pareil virtuel organisé en décembre 2020 par RÉSO Solidaire. Son but était d’inciter à faire des achats de Noël locaux et responsables plutôt que sur les plateformes géantes de e-commerce. Il semblait primordial de soutenir les créateurs, structures de l’économie sociale et solidaire et entreprises locales du Pays de Rennes fortement impactés par la situation sanitaire. Avec 99 exposants virtuels, plus de 1200 abonnés Facebook, et 40 800 utilisateurs a visité le site en le 23
novembre et le 31 janvier, le marché a rempli son objectif de visibilité.

marché noel rennes

Des chiffres prometteurs donnant de belles perspectives pour un marché physique. RÉSO solidaire est une association œuvrant pour le développement de l’économie sociale et solidaire en Pays de Rennes. En tant que pôle de l’ESS, elle a pour mission la diffusion d’une culture de l’ESS, l’orientation des publics et la mise en œuvre de projets coopératifs.

Le 2 juillet 2021, Le Marché pas pareilLe Quadri de 15h à 19h

Facebook Le Marché pas pareil

Instagram Le Marché pas pareil

INFOS PRATIQUES
Esplanade du Quadri,
47 avenue des Pays Bas, Rennes
Métro et arrêt de bus Triangle

Masque obligatoire
Gel hydroalcoolique à disposition

RENNES. LES ACTUS DE JUIN DU TRIANGLE CITÉ DE LA DANSE

0

Le Triangle, cité de la danse, est à nouveau ouvert. Des ateliers et des stages à foison !

ateliers triangle rennes

Un temps pour découvrir, applaudir, s’essayer aux ateliers hebdomadaires du Triangle ! Petites formes, cours ouverts, invitations à participer, profitez de ce temps fort pour découvrir des disciplines inconnues et, pourquoi pas, vous y mettre vous aussi…

— gratuit, sans réservation, dans la limite du nombre de places disponibles.

— les consignes sanitaires seront bien évidemment de rigueur. Merci de votre compréhension.

Chaque année, plus de 800 participant·es fréquentent les ateliers du Triangle. Ils ou elles pratiquent la danse, les arts visuels, le théâtre, le clown ou encore la musique. Tout au long de la saison, sous la houlette de leurs enseignant·e·s, ils réalisent des travaux, répètent textes ou enchaînements, travaillent leur technique. La qualité de leurs réalisations, leur enthousiasme et leur envie de partager nous amènent à vous ouvrir grand les portes à l’occasion des présentations de fin d’année. Petites formes, cours ouverts, invitations à danser, profitez de ce temps fort pour découvrir des disciplines inconnues et, pourquoi pas, vous y mettre vous aussi !

Le programme des ateliers du Triangle.

Vendredi 11 juin. « Boulevard de Yougoslavie », séance dédicaces + soirée.

Pendant 4 années, des écrivains, en résidence au Triangle, ont arpenté le quartier du Blosne. Le projet était de créer une œuvre littéraire à plusieurs mains pour raconter le Blosne, ses habitants, sa transformation, son architecture, son histoire. C’est ainsi que Mathieu Larnaudie, Oliver Rohe et Arno Bertina ont écrit le roman « Boulevard de Yougoslavie » en s’inspirant de leurs rencontres avec le quartier du Blosne. En suivant Youcef, Nicole et tou·te·s les autres, nous glissons peu à peu dans la vie du personnage central du roman : le quartier lui-même. C’est intense, c’est surprenant.

À l’occasion de la sortie du livre, 2 temps pour se rencontrer vendredi 11 juin :

16h – 18h :
séance de dédicaces de Mathieu Larnaudie et Arno Bertina à L’établi des mots (51 avenue des Pays-Bas).

19h :

soirée de rencontres, échanges avec les auteurs, au Triangle.
— gratuit – réservation fortement conseillée auprès de l’accueil, jauge limitée.

La Tablée Fantastique. Samedi 12 juin 14h-18h.

Juin 2021 : Place à la Tablée Fantastique
Le contexte ne nous permet pas la Tablée ! Soit… Nous gardons tout de même le côté Fantastique ! Un après-midi festif, gratuit et en famille. Prévoyez vos casquettes ou vos chapeaux de paille, armez-vous de votre plus beau sourire (sous votre masque) et en route pour un après-midi joyeux sur la rambla ! Au programme : ateliers de danse, espace contes et musique, chorales, atelier danse à vélo, spectacles de danse, ateliers créatifs, atelier masque, maquillage, soul train bike (défilé danse à vélos)…

— Les consignes sanitaires seront bien évidemment de rigueur. Sans réservation, nombre de places limité. Merci de votre compréhension.

2 spectacles ! (et des surprises…). 16:30 Tsef Zon(e) compagnie C’hoari De rondes en spirales, à deux ou à cent, tourbillonnant… Les deux danseuses explorent les codes du Fest Noz, fête traditionnelle populaire… 17:00 Mieux vaut partir d’un cliché que d’y arriver version Tablée Fantastique. Sylvain Riejou. Qui a dit que vous deviez choisir entre one man show et spectacle de danse ? Humour & danse pour une proposition adaptée rien que pour l’événement !

Ça ne nous empêchera pas de danser !

4 mercredis, une formule : 1 atelier à 16h puis 1 spectacle, gratuit & en famille. À vos agendas !

MERCREDI 16 JUIN

16:00 atelier Breakdance avec Hamidou Haboubakar Sidiki aka Yaya (45 min). durée 45 min + 30 min – pas de réservation, jauge limitée.

19:00 spectacle danse FINIR, à n’en plus finir… de Nadine Brulat – Cie Hors Mots.
Un rythme effréné, un tourbillon de danse, l’espoir d’être le dernier sur la piste… Quinze interprètes sont en lice pour ce marathon de la danse. Une compétition, un combat contre le temps, une lutte contre les autres et soi-même. De la joie à la désillusion, du collectif à la solitude, de l’enthousiasme à l’abandon… (30 min)

MERCREDI 23 JUIN

16:00 atelier Lindy Hop avec Anna Stevens (45 min). durée 45 min + 35 min – pas de réservation, jauge limitée

17:00 spectacle danse La lumière vient du noir (extraits) de Claudie Gatineau – Cie Gap The Mind. Une danse acrobatique et aérienne, tantôt dramatique, tantôt burlesque… Place à un corps à corps avec la matière noire, comme un tableau mouvant. (35 min)

MERCREDI 30 JUIN

16h atelier danse théâtrale avec Eva Le Saux.

17h spectacle danse swing « C’est tout de même malheureux » de Anna Stevens — cie Swingsationnals.

MERCREDI 7 JUILLET

16h atelier danse avec Claudie Gatineau.

17h spectacle danse théâtrale « De deux choses l’une » (extrait) de Eva Le Saux — cie Laps.

Chauve-Souris opéra

Le Triangle accueille l’Opéra de Rennes le mercredi 9 juin à 20 heures.

L’Opéra de Rennes avec : La Chauve-Souris sur écran(s). Incroyable succès populaire depuis sa création en 2009, « Opéra sur écran(s) » a conforté l’intuition de faire sortir l’Opéra de ses murs. Place à « La Chauve Souris » de Johann Strauss II, diffusée sur écran au Triangle. Une occasion exceptionnelle de découvrir l’Opéra et de vivre différemment une expérience lyrique !

Site du Triangle et programme des ateliers

Le Triangle, cité de la danse
Boulevard de Yougoslavie
Rennes
02 99 22 27 27

SPLANN ! L’ONG QUI VEUT FAIRE BOUGER LE JOURNALISME EN BRETAGNE

Produire des enquêtes approfondies sur des enjeux de premier plan en région Bretagne, mais qui concernent la société dans son ensemble : voilà l’ambition de l’ONG Splann ! En réponse aux pressions économico-politiques et autres clientélismes locaux et régionaux qui pèsent sur l’accès à l’information, elle entend mener un journalisme d’investigation indépendant grâce à un financement citoyen. Longue vie à Splann !

Depuis quelques mois, un petit nouveau a fait son apparition dans le vaste paysage médiatique breton, microscopique face aux mastodontes de la presse quotidienne régionale, mais à l’ambition solidement affirmée. Née en février 2021, Splann !, qui se présente comme « la première ONG entièrement dédiée à l’investigation journalistique en Bretagne », s’est donnée pour mission d’éclairer (son nom signifie « clair » en breton) les citoyens à travers « des enquêtes au long cours en donnant le temps et les moyens à nos journalistes d’aller au bout de leurs investigations ». Splann ! entend promouvoir l’information comme bien public. « L’objectif est de produire des enquêtes qui fassent du bruit et qui amènent à des prises de positions politiques dans la société », affirme l’un de ses fondateurs, Gwenvaël Delanoë, sur Radio France le 17 mars.

Un besoin croissant d’information

L’idée est venue de ce constat assez simple : « En Bretagne, sur des enjeux cruciaux, l’information manque. Prolifération des algues vertes, puissance de l’industrie agro-alimentaire, nouvelles infrastructures énergétiques, présence militaire, connivences politiques, radicalisation des luttes sociales et environnementales… À l’heure des remises en question de notre modèle de société, la Bretagne regorge de sujets qui nous interrogent. » « On répond à un besoin, une attente croissante d’information sur des sujets comme l’agro-alimentaire ou l’environnement », affirme Gwenvaël Delanoë. « La presse quotidienne régionale peut faire des enquêtes de qualité, mais ce n’est pas sa raison d’être : quand on travaille en locale, on n’a pas forcément le temps, cela signifie faire des heures supplémentaires ». L’objectif est donc de travailler en complémentarité avec les médias locaux, grâce à un modèle dégagé de toute pression financière. « L’idée, c’est de sortir du modèle de rentabilité imposé par l’industrialisation de la presse : on n’a pas les contraintes des structures traditionnelles, on se laisse le temps qu’il faut pour mener de vraies enquêtes journalistiques », déclare une autre fondatrice, Juliette Cabaço-Roger, journaliste à Lannion, dans une interview à Radio Parleur le 20 avril.

Interview de Juliette Cabaço-Roger, cofondatrice de Splann !, dans l’émission « Penser les luttes », Radio Parleur, 20 avril 2021

Défendre le travail des journalistes

Le projet se veut également une réponse aux difficultés croissantes rencontrées par les journalistes pour exercer leur droit à l’information. « L’accès à l’information se complique quand les entreprises comme les élu·es se replient derrière une armée de communicants. Travailler devient une bataille, lorsque les procédures-bâillons et des dispositions liberticides se multiplient », dénonce l’association dans son manifeste. Pressions financières, lobby politico-régional-agricole, intimidations, menaces… la liste est longue. Et ce n’est pas Morgan Large, elle aussi à l’initiative de Splann !, qui dira le contraire. Journaliste pour la radio associative Radio Kreiz Breizh depuis une vingtaine d’années, cette fille de paysans bretons s’est spécialisée dans un secteur hautement stratégique en Bretagne du fait de sa place dans l’économie régionale, l’agro-industrie. En novembre 2020, elle sort le documentaire Bretagne, une terre sacrifiée, diffusé sur France 5, avec pour intention de dévoiler les dessous de la « carte postale » bretonne.

Résultat : harcèlement, menaces de mort et sabotage de sa voiture. Les pressions sont aussi politiques, avec des refus de subventions entraînant la disparition de médias comme L’Avenir agricole, hebdomadaire « libre et indépendant » consacré à l’agriculture, qui a dû fermer en janvier. « Désormais, les seuls canaux d’information sont contrôlés par la FNSEA (le syndicat agricole majoritaire en France, favorable au modèle productiviste). Les coopératives produisent la communication des petits exploitants, leur inculquent la peur des journalistes », dénonce Morgan Large dans l’émission 28 Minutes d’Arte le 1er juin. Splann ! se veut une protection collective contre la répression. « Le fait de partager la vision du métier, la façon de travailler et les centres d’intérêt permet un partage d’expérience, le collectif est très important », abonde Juliette Cabaço-Roger. « Le métier de journaliste est souvent un métier assez individuel, qui ne se mobilise pas forcément tout le temps, donc le fait de faire bloc et de pouvoir en parler avec d’autres est très rassurant. »

Un financement citoyen

Concrètement, Splann ! fonctionne sur le modèle de son parrain Disclose, « lanceur d’enquête » national fondé en 2018 et notamment connu pour avoir révélé l’utilisation d’armes françaises contre des civils durant la guerre au Yémen ou les conséquences néfastes des essais nucléaires français en Polynésie. Comme Disclose, Splann ! entend se financer uniquement grâce à des dons de particuliers, d’associations (on compte parmi les donateurs BDZH ou encore Les Amis de la Terre) fondations philanthropiques, sans actionnaire ni publicité, « parce que nous ne croyons pas à la course à l’information et que celle-ci représente un bien public » précise le manifeste de l’association, qui ajoute que « le conseil de surveillance est chargé de veiller à ce que les dons perçus ne contreviennent ni aux statuts, ni à la charte éditoriale de Splann ! ». Autre garde-fou destiné à assurer l’indépendance du média, un seul don ne peut pas représenter plus de 10% de son budget. Les sujets d’enquête sont sélectionnés par le comité éditorial, composé de cinq journalistes bénévoles, qui missionne et rémunère des journalistes pour mener des enquêtes sur un temps long. Celles-ci seront proposées gratuitement aux médias partenaires, qui s’engageront à les diffuser en libre accès, et seront également mises en ligne sur le site de l’association, en français comme en breton. Splann ! est donc à la fois une ONG, un média et une agence de presse.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’initiative séduit. Si l’objectif de départ était de 30 000€, le montant total de dons s’élevait le 4 juin à près de 60 000€. « Nous avons reçu énormément de mails de confrères et consœurs journalistes qui nous exposaient leurs terrains de recherche, qui étaient prêts à collaborer avec nous, à nous mettre à jour sur des dossiers. Et aussi beaucoup de citoyens, de collectifs de luttes qui nous ont transmis des alertes sur des sujets très divers, avec parfois des documents », se réjouit Juliette Cabaço-Roger. Comme un symbole, la première enquête, qui sera bientôt publiée, est consacrée à l’agro-industrie. On a hâte de la découvrir.

En savoir plus et faire un don : https://splann.org/

L’AFFAIRE DREYFUS : SYMBOLE DE L’ERREUR JUDICIAIRE

Jugé et condamné en 1894 pour haute trahison, l’affaire du capitaine Alfred Dreyfus demeure à ce jour le symbole de l’erreur judiciaire. Que révèle-t-elle de la France de la fin du XIXe siècle ? Quel rôle la presse a-t-elle joué dans cette histoire ? Riche d’une collection de 7000 pièces, le Musée de Bretagne publie pour la première fois, aux éditions Locus Solus, un catalogue des collections dédié au fonds lié à l’affaire. Dreyfus… ! : Une affaire d’État, un conflit social et politique.

19 décembre 1894, Paris. Alfred Dreyfus (1859-1935), polytechnicien et artilleur de confession juive, passe en Conseil de Guerre pour haute trahison. Arrêté le 15 octobre, il est accusé d’avoir livré à l’Allemagne des documents relatifs à la Défense Nationale… Chargée du procès, la Cour de cassation prononce le verdict trois jours plus tard : « au vue d’un « dossier secret » que ni lui, ni son avocat [Edgar Demange] n’ont pu consulter », le capitaine est condamné, à l’unanimité, à la déportation perpétuelle, à la destitution de son grade et à la dégradation.

Dégradé publiquement dans la cour de l’École militaire de Paris le 5 janvier 1895, il est déporté à l’île au Diable, au large de la Guyane, en février. Peu de Français.es doutent alors de sa culpabilité…

7 août 1899, Rennes. Le procès en révision du capitaine Alfred Dreyfus s’ouvre dans la salle des fêtes du lycée de Rennes, l’actuel lycée Émile Zola.

Depuis les révélations du lieutenant-colonel Picquart sur l’identité du véritable traître, Ferdinand Walsin Esterhazy, en 1896, et surtout, son acquittement en 1898, l’affaire a pris une toute autre dimension. Les antidreyfusards, en majorité, font alors face aux Dreyfusards, défenseurs de l’officier. Les intellectuels s’apparentent de l’affaire, Émile Zola en tête, et dénoncent l’erreur judiciaire. Le mouvement Dreyfusard se développe, les débats et révélations se multiplient dans la presse.

Le capitaine est gracié par le Président de la République, Émile Loubet, le 19 septembre 1899, mais il faudra attendre le 12 juillet 1906 avant qu’il ne soit définitivement innocenté par la Cour de cassation, soit plus 10 ans après le premier jugement. Au delà du rôle considérable qu’a joué la presse dans cette histoire – et ce dés les révélations parues dans le journal nationaliste « La Libre Parole », à propos de l’accusation du capitaine en 1894, que révèle l’Affaire Dreyfus de la France de la fin du XIXe siècle ?

affaire alfred dreyfus
Cour de l’école militaire, réhabilitation d’Alfred Dreyfus. Paris, 1906 © Musée de Bretagne

« L’Affaire », révélatrice de l’antisémitisme en France

Dans un milieu fortement marqué par l’antisémitisme, « notamment depuis la publication, en 1886, de La France juive d’Édouard Drumont », l’accusation d’espionnage dégénéra rapidement en conflit politique et social, défrayant la chronique et déchaînant l’opinion publique. L’affaire Dreyfus porte désormais le nom de « L’Affaire » et se meut en une des crises majeures de la IIIe République, matérialisation de la haine antisémite en France.

D’envergure internationale, elle s’inscrit dans un contexte sociétal trouble. Vingt plus tôt, la France perd l’Alsace et la Lorraine (traité de Francfort) à la fin de la guerre de 1870, qui opposait la Prusse à la France. Profondément marqué et affaibli, le pays connaît une montée du nationalisme et de l’antisémitisme. Le « Musée des horreurs » de Victor Lenepveu (18.. – 19..), les dessins d’Alfred Le Petit (1841-1909) et autres images populaires s’impriment sur les pages du catalogue et replongent les lecteur.rice.s, abasourdis, dans la discrimination et l’hostilité ambiantes de l’époque. Les antidreyfusards, portés notamment par les plumes des journalistes Charles Maurras et Édouard Drumont, se refusèrent de reconnaître la faute du corps militaire.

Tout comme l’Etat-major, soucieux de sauver l’honneur de l’armée française. Après les révélations du lieutenant-colonel Picquart, il préféra étouffer l’affaire et muta ce dernier avant de créer un document accablant Dreyfus, le « faux Henry » du nom de l’auteur, le commandant Henry. Ce dernier se suicida après son arrestation. Avant d’être gracié le 9 septembre 1899, le jury reconnut Dreyfus coupable, de nouveau, et le condamne à 10 ans d’emprisonnement… En faisant de l’officier français le coupable qu’il n’était pas, la décision de l’État-major remit en cause la partialité des tribunaux militaires ainsi que la justice même. Des questionnements qui ont bouleversé profondément la société française et ont fait de cette affaire un symbole.

affaire dreyfus rennes
Dreyfus est innocent, affiche, imprimerie E. Charaire. Paris, entre 1898 et 1898 © Musée de bretagne

Comme le souligne à juste titre Céline Chanas, directrice du Musée de Bretagne, « le patrimoine continue d’alimenter notre réflexion autour des grands enjeux contemporains : l’antisémitisme le rôle des médias dans la fabrique de l’opinion, l’implication des intellectuels dans les crises ou encore la place de la justice ». Dans le communiqué du Service de la Protection de la Communauté juive, nous apprenons en effet que le nombre total d’actes antisémites recensés en 2020 est de 339 et le nombre d’agressions, quasi identique à celui de l’an dernier (44 en 2020 contre 45 en 2019), malgré les trois mois de confinements.

Concentré de l’Affaire et guide complet de , Dreyfus… ! se lit comme une plongée historique et passionnante au travers une centaine de documents les plus caractéristiques. À la fermeture du catalogue, les interrogations sur les injustices de l’époque rejoignent celles d’aujourd’hui tandis que l’envie de s’aventurer dans l’ambiance carcérale de l’exposition L’Affaire Dreyfus afin de (re)découvrir cette enquête aux multiples rebondissements se fait plus forte que jamais.

alfred dreyfus

Dreyfus… ! Affaire d’État et erreur judiciaire dans les collections du Musée de Bretagne, éditions Locus Solus. 96 pages. Parution : 14 mai 2021 Prix : 11€90.

Visitez les collections en ligne du musée de Bretagne

Découvrir l’exposition L’Affaire Dreyfus

LOIRE-ATLANTIQUE. ESTUAIRE NANTES SAINT NAZAIRE : LE MUSÉE À CIEL OUVERT

Depuis 2007, le parcours Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire propose une découverte artistique de l’estuaire de la Loire. D’avril à octobre, 33 œuvres d’art contemporain, signées par des artistes aux inspirations diverses et reconnus à l’international, se découvrent en bateau. Elles invitent le spectateur, amateur d’art ou simple curieux, à questionner son environnement autant qu’à porter un regard historique sur le fleuve et sa région.

Pour comprendre la genèse du projet, il faut remonter en 2005. À l’époque, Joël Batteux, maire de Saint-Nazaire, et Jean-Marc Ayrault, son homologue nantais, posent les bases de l’alliance économique entre leurs deux villes, qui aboutira dix ans plus tard à la création de la métropole de Nantes-Saint-Nazaire par la fusion entre l’Agence internationale Nantes Saint-Nazaire et Nantes Métropole Développement. Mais ils souhaitent consolider cette union par un rapprochement culturel. Ils confient alors à Jean Blaise, directeur de l’atelier Le Lieu Unique, et à son équipe le soin d’imaginer « un évènement susceptible de marquer l’alliance culturelle » entre les deux villes. « Plutôt que d’imaginer un évènement commun aux deux villes, susceptible de revenir chaque année, nous nous sommes attachés à essayer de comprendre ce qu’était ce territoire entre fleuve et océan et, tout naturellement, la carte déployée nous montrait que ce qui reliait les deux villes était l’estuaire de la Loire, long de soixante kilomètres et navigable », explique Jean Blaise dans la préface du guide officiel de la collection.

anneaux burin
Les Anneaux de Daniel Buren et Patrick Bouchain (source : Pictify)

La biennale Estuaire était née. Son but : « inviter des artistes du monde entier à venir, par leurs créations, interpréter un territoire extraordinairement changeant, alternant paysages urbains, industriels ou naturels ». Des créations éphémères, le temps d’un été, mais aussi pérennes, afin d’inviter le spectateur à poser un nouveau regard sur ce territoire au patrimoine naturel riche. La philosophie d’Estuaire est résumée par son sous-titre : mettre en relation « le paysage, l’art et le fleuve ».

Ce concept de « musée à ciel ouvert » permet d’intégrer pleinement l’œuvre artistique à l’espace et à l’histoire singulière de celui-ci. Les œuvres d’Estuaire mettent en lumière l’histoire des lieux où elles prennent place, témoignant des profondes mutations qui ont affecté la région : ainsi, les célèbres Anneaux de Daniel Buren et Patrick Bouchain, évoquant les chaînes des esclaves, rappellent que durant l’apogée du commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Antilles (XVIIe – XIXe siècle), près de la moitié des exportations négrières françaises partaient du port de Nantes, ce qui constituait l’une des principales sources de richesse pour la ville ; Le Pendule de Roman Signer, installé sur une centrale à béton désaffectée sur la commune de Trentemoult, rappelle le passé industriel du village et l’érosion provoquée par le temps qui passe, aussi bien physiquement (la rouille sur le bâtiment) que symboliquement (la désindustrialisation de la région).

estuaire nantes saint nazaire
Le Pendule de Roman Signer

Tout au long de son voyage, le spectateur est invité à laisser libre cours à son imagination : Résolution des forces en présence de Vincent Mauger représente-t-elle un instrument de guerre médiéval, un vestige des chantiers navals, le squelette d’un animal inconnu ou bien une machine oubliée par un savant fou ? La lueur bleuâtre qui se dégage la nuit de Lunar Tree, de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, témoigne-t-elle de la présence d’habitants ou d’une substance potentiellement nocive ? En bouleversant notre représentation du réel, ces œuvres laissent à chacun le soin de construire ses propres légendes et mythes, et invitent de fait le spectateur à se réapproprier l’espace. L’observateur devient acteur, ce que symbolise de manière paroxystique Did I miss Something ? de Jeppe Hein : un jet d’eau installé dans l’étang du château du Pé, sur l’actuelle commune de Saint-Jean-de-Boiseau, se déclenche lorsque quelqu’un s’assoit en face de lui. De manière ludique et performative, l’artiste soulève ainsi la question de l’art dans l’espace public : existe-t-il sans spectateur ?

Lunar Tree de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau (source : rightwhereitbelongs.net)

Le caractère surprenant, voire déroutant, de la plupart des œuvres de la collection est un moyen d’interroger le spectateur sur son rapport au paysage et au fleuve et, ce faisant, de l’amener à une réflexion sur la désindustrialisation ou l’impact humain sur les écosystèmes, illustré notamment par le Serpent d’Océan de Huang Yong Ping, gigantesque serpent de 120 mètres de long et jusqu’à 3 mètres de hauteur dont la carcasse argentée émergée à l’embouchure de la Loire semble signifier la mort. Une collection où la fantaisie donne une signification particulière à la réalité, donc, et que le guide officiel édité aux Editions 303 permet de mieux comprendre, en français comme en anglais.

estuaire nantes saint nazaire
Le Serpent d’Océan de Huang Yong Ping (source : flickr.com)

Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire. Le paysage, l’art et le fleuve, édition bilingue français / anglais, textes de Pascaline Vallée, Éditions 303, collection « Carnets du voyage à Nantes », 144 pages, 14 €. Parution : avril 2021.

Site officiel de l’Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire