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signature : Irina Teodorescu, La Malédiction du bandit moustachu Librairie Le Forum du Livre Rennes

malédiction du moustachu

Rennes signature : Irina Teodorescu, La Malédiction du bandit moustachu 11 octobre 2014 16:00 Rencontres Librairie Le Forum du Livre Rennes Librairie Le Forum du Livre Rennes

Dans le cadre des rencontres de son Café Littéraire, la librairie le Forum du Livre reçoit Irina Teodorescu le samedi 11 octobre à 16h. Elle viendra présenter aux Rennes son livre La Malédiction du bandit moustachu.

Irina Teodorescu
Irina Teodorescu

Irina Teodorescu, est née Roumanie, à Bucarest, mais elle vit en France. Après avoir publiée un recueil de nouvelles remarqué intitulé Treize, son premier roman, la malédiction du bandit moustachu, a vu le jour aux éditions Gaia.

Ce roman tragique et loufoque, écrit sur un ton enlevé et un rythme trépidant, se déroule au cébut du XXe siècle en Europe de l’Est. Gheorge Marinescu fait la rencontre, chez le barbier, d’un homme à longue moustache. Les deux se lient d’amitié. A tel point que celui qui se révèle être un bandit de grand chemin au grand coeur (il amasse des trésors afin de les redistribuer à ceux qui en ont réellement besoin) révèle sa planque à Gheorge, lequel s’empresse de commettre l’irréparable. La malédiction s’abat alors sur lui et toute sa famille ; et ce, jusqu’en l’an 2000. Au fil des chapitres, c’est toute la descendance de Gheorges, celle de ses fils et filles, et à leur tours de leurs enfants et petits-enfants qu’Irina Teodorescu nous conte. Truculent.

Irina Teodorescu La Malédiction du bandit moustachu, Editions, Gaïa, août 2014, 160 pages, 17 €

“Bien après la tombée de la nuit, alors que Gheorghe commence à perdre espoir, le moustachu revient enfin à la taverne, et ce malgré les avis de recherche collés ici et là sur les murs du village. Gheorghe et ses pistolets répondent présents. En échange d’une dizaine de pièces d’or, l’homme acquiert la marchandise puis, mû par un étrange besoin, confie son chagrin : il est pourchassé jour et nuit par les forces de l’ordre, il est fatigué et seul au monde, il veut du confort comme il n’en a jamais eu, il donnerait n’importe quoi pour une nuit dans un bon lit. Gheorghe se gratte la nuque, se frotte le front puis propose une solution pour le mardi en huit, lorsque son père partira en voyage et laissera la maison pour lui seul. D’ici là, l’homme à la longue moustache doit tenir bon. Tant qu’à faire, encore quelques gorges bien soignées sont déchiquetées et des bourgeois bien gras se réveillent en pleine nuit avec le canon d’un des deux pistolets Marinescu dans la bouche.

Ainsi le mardi suivant les deux protagonistes se retrouvent à la taverne et s’en vont ensemble vers la maison Marinescu. L’homme à la longue moustache a déjà distribué une grande partie de sa nouvelle fortune aux paysans démunis, mais il lui reste une ou deux caisses toutes pleines d’or et de bijoux de grande valeur, Gheorghe le sait, car il a tout de même bien fait ses calculs. À dos du seul cheval que son père lui a laissé avant de partir, il conduit l’homme dans sa maison, puis dans la cuisine, puis dans la cave, à travers une trappe, en l’assurant que personne ne saura qu’il est caché là et qu’il peut ainsi se reposer autant qu’il lui plaît. Il lui promet aussi de revenir dans moins d’une heure avec de la nourriture. Seulement Gheorghe n’est pas un homme de parole ! Certes le bandit moustachu peut se reposer, mais ni eau ni victuailles n’arrivent ! Au fil des longues heures qui s’ensuivent, il mange d’abord les miettes de haricots stockées dans ses moustaches, puis carrément ses poils, puis contre un unique bol d’eau il livre à Gheorghe le secret de l’emplacement de ses coffres d’or. Mais tandis que le jeune Marinescu part à la recherche du trésor, la soif le terrasse encore et rien d’autre ne vient, personne n’entend ses cris et ses prières, alors, dans sa grande souffrance, il lèche le bol, il mange le bol, suce sa sueur, boit ses larmes et avale sa pisse. Trois jours plus tard il meurt enfin, en maudissant Gheorghe Marinescu et toute sa descendance jusqu’en l’an deux mille. Gheorghe Marinescu en rit, car il est maintenant riche. Quelques mois plus tard, à la mort de son père, il se rase le visage, décide de porter un monocle et entreprend d’agrandir sa maison. Il en fait un joli manoir, puis il prend femme dans la bourgeoisie moyenne de la contrée, une certaine Lila. Avec elle, il a deux enfants, un garçon et une fille. Ensuite, comme tout premier maudit de sa lignée, Gheorghe Marinescu meurt d’une blessure par balle bêtement perdue lors d’une partie de chasse. Il a vingt-sept ans le jour de son trépas.”