Colloque 6ème Conversations sciences éthique et société, 13 mai 2019-14 mai 2019, .

Institut Imagine le lundi 13 mai à 09:30 Colloque 6ème Conversations sciences éthique et société La connaissance un enjeu de reconnaissance – Enjeux éthiques sur les nouvelles productions de savoirs ## Objectif : Cette journée vise à faire connaitre différentes perspectives relatives à la justice épistémique comme enjeu de reconnaissance. L’enjeu est de démontrer que notre rapport au savoir peut produire de la non-existence et véhiculer des logiques d’exclusion. À l’heure d’une redistribution des légitimités et des responsabilités la reconnaissance de capacités à penser analyser comparer nommer et connaître le monde devient un enjeu éthique et politique tout autant qu’épistémologique. ## _*_ ## Une série de 4 grandes conférences ### → Université justice cognitive et développement social et humain Florence Piron Professeure titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval (Quebec) Association science et bien commun LIRAJ (Laboratoire international de recherche-action sur la justice cognitive la science ouverte et les communs) ### → La peur d’être dupe. Disqualifications et injustice épistémique dans les pratiques médicales Katrin Solhdju Chercheur qualifié du Fonds National de la Recherche (FNRS) et professeur de philosophie à l’ESHS de l’université de Mons en Belgique auteur de L’épreuve du savoir. Pour une écologie du diagnostic (Editions Ding Ding Dong 2015) ### → Connaitre est agir. Epistémologie située pour agir dans la complexité Miguel Benasayag philosophe psychanalyste chercheur en épistémologie membre du collectif Malgré tout auteur d’un vingtaine d’ouvrages dont Connaitre est agir (La Découverte 2006) et La singularité du vivant (Le Pommier 2017) ### → Sous quelles conditions une science peut-elle émancipatrice ? Léo Coutellec Maitre de conférence en épistémologie et éthique des sciences contemporaines Université Paris Sud Espace de réflexion éthique Ile-de-France Conseil de l’Ethique de la recherche et de l’Intégrité scientifique de l’Université Paris-Saclay auteur de La démocratie dans les sciences (Editions Matériologiques 2013) et La science au pluriel (Editions QUAE 2015) ## Présentation du thème Disqualifier le témoignage de femmes victimes d’agressions sexuelles invisibiliser la parole de la personne concernée par une maladie neuro-évolutive ne pas reconnaitre le savoir pratique des soignants ou des proches mépriser les connaissances paysannes locales … sont des formes d’injustices épistémiques (Fricker 2009) en cela qu’elles ne permettent pas la reconnaissance de certaines capacités à penser analyser comparer nommer et connaître le monde. La manque de reconnaissance sociale passe ainsi par une forme de mépris vis à vis de savoirs considérés comme subalternes. La logique d’exclusion alors en oeuvre peut être expliquée selon plusieurs perspectives. Jacques Rancière par exemple oeuvre pour déconstruire la prétention inégalitaire des explicateurs : … il faut renverser la logique du système explicateur. L’explication n’est pas nécessaire pour remédier à une incapacité à comprendre. C’est au contraire cette incapacité qui est la fiction structurante de la conception explicatrice du monde. C’est l’explicateur qui a besoin de l’incapable et non l’inverse c’est lui qui constitue l’incapable comme tel. Expliquer quelque chose à quelqu’un c’est d’abord lui démontrer qu’il ne peut pas le comprendre par lui-même (Rancière 2004). B. de Sousa Santos affirme qu’il ne peut y avoir de justice sociale globale sans justice cognitive globale et en conséquence afin de bien saisir l’extrême diversité des discours et des pratiques critiques et de valoriser et maximiser leur potentiel transformateur une reconstruction épistémologique est indispensable une reconstruction qui passe selon lui par la conceptualisation d’une écologie des savoirs : L’écologie des savoirs porte en son cœur l’idée que les différentes formes de savoirs sont incomplètes de différentes manières et que faire prendre conscience de cette imperfection réciproque (plutôt que de chercher la perfection) est une condition préalable à l’obtention de la justice cognitive (Sousa Santos 2016). Selon cet auteur les épistémologies dominantes ont organisé un gaspillage massif des expériences sociales une destruction massive des façons de connaître qui n’entrent pas dans les canons de l’épistémologie dominante. L’enjeu ici est de démontrer que notre rapport au savoir peut produire de la non-existence. Un travail qui a largement été initié par les épistémologues féministes et les études post-coloniales (Godrie B. Dos Santos M. 2017). Un tel constat a déjà été fait dans le contexte des maladies neuro-évolutives et s’est traduit par la proposition d’une écologie du diagnostic (Solhdju 2015). Il a aussi donné lieu à des travaux sur le pluralisme épistémologique et notamment un questionnement sur les critères d’évaluation des connaissances au carrefour de la robustesse (méthodologique) de la pertinence (sociale) et de la légitimité (politique) (Coutellec 2015). Cette journée aura pour objectif de faire connaitre différentes perspectives sur cette question de la justice épistémique comme enjeu de reconnaissance. Fricker M. (2009). Epistemic Injustice: Power and the Ethics of Knowing Oxford : Oxford University Press Sousa Santos B.D. (2016). Epistémologie du sud. Mouvements citoyens et polémique sur les sciences Desclée de Brouwer Rancière J. (2004). Le maître ignorant. Cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle Editions 10×18 Solhdju K (2015). L’épreuve du savoir – Propositions pour une écologie du diagnostic Editions Ding Ding Dong Godrie B. Dos Santos M. (2017). Inégalités sociales production des savoirs et de l’ignorance Sociologie et sociétés vol.49 n°1 Coutellec L. (2015). La science au pluriel. Essai d’épistémologie pour des sciences impliquées Editions QUAE Coutellec L. (2015). Pour une philosophie politique des sciences impliquées Revue Ecologie Politique n°51 Coutellec L. (2018). Le droit de participer au progrès scientifique un enjeu de justice épistémique Intervention à l’Assemblée Nationale sciences Desclée de Brouwer Rancière J. (2004). Le maître ignorant. Cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle Editions 10×18 Solhdju K (2015). L’épreuve du savoir – Propositions pour une écologie du diagnostic Editions Ding Ding Dong Godrie B. Dos Santos M. (2017). Inégalités sociales production des savoirs et de l’ignorance Sociologie et sociétés vol.49 n°1 Coutellec L. (2015). La science au pluriel. Essai d’épistémologie pour des sciences impliquées Editions QUAE Coutellec L. (2015). Pour une philosophie politique des sciences impliquées Revue Ecologie Politique n°51 Coutellec L. (2018). Le droit de participer au progrès scientifique un enjeu de justice épistémique Intervention à l’Assemblée Nationale **Pour plus de détails et inscription : [http://j169bxqa.evenium.net](http://j169bxqa.evenium.net)** Institut Imagine Paris 24 boulevard du Montparnasse 75015 Paris Sur inscription dans la limite des places disponibles