Clémentine Mélois, Stéphane Trapier, Cent titres, Tarzan contre la vie chère, Monte-en-l’air 31 octobre 2014 19:30-31 octobre 2014 23:30 Rencontres Tarif : Gratuit

Au Monte-en-l’air, Vernissage de l’exposition de Clémentine Mélois à l’occasion de la publication de Cent titres aux éditions Grasset + dédicace de Stéphane Trapier à l’occasion de la publication de Tarzan contre la vie chère aux éditions Matière.

Cent titres, Clémentine Mélois

Voici une étonnante bibliothèque. Clémentine Mélois y pastiche par l’image les classiques de la littérature. Lirons-nous aujourd’hui Maudit Bic, d’Herman Melville, ou Père et Gay, de Léon Tolstoï ? Au fait, quel philosophe a-t-il écrit le Crépuscule des idoles des jeunes ? Pour décrypter les anagrammes, contrepèteries, homophonies, permutations et autres astuces de ces cent titres, on passera de la culture classique à la culture populaire, puisant dans des souvenirs de lectures, de chansons, de publicités ou de films.
Ce jeu est aussi une façon de s’interroger sur l’esthétique d’une couverture, qui porte une double histoire, celle de l’œuvre et de son destin, et aussi celle de l’édition.

Clémentine Mélois est née en 1980 (le 15 juin, comme Jean-Philippe Smet). Elle a grandi à La Ferté-Milon (ville natale de Jean-Racine), est allée au collège à Villers-Cotterêts (où est né Alexandre Dumas), et a fait ses études aux beaux-arts de Paris (comme Nicolas Poussin). Son travail d’artiste s’articule autour des notions de multiple et de «chose imprimée». Il se compose de détournements d’images, de références décalées, d’appropriations visuelles, de clins d’œil et de glissements sémantiques.

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Tarzan contre la vie chère, Stépahne Trapier

Avec Tarzan contre la vie chère, Stéphane Trapier rejoue les cow-boys et les Indiens, il refait l’attaque de la diligence, les duels au soleil, les règlements de compte, les capes et les épées, les ors et les perruques, la flibuste et les mystères de la jungle. Ouvrir Tarzan contre la vie chère, c’est retrouver à chaque page les scènes initiatiques du cinéma du dimanche soir : les baisers, la sauvagerie, les corps à corps, l’héroïsme, la trahison, le crime… Mais les retrouver comme suspendues par le dessin, comme figées hors de leur temps, irrémédiablement arrachées à notre enfance.

Car ni les cow-boys, ni les belles marquises, ni les centurions ne parlent plus la langue, si niaise, si sentencieuse et si profonde, que nous leur connaissions jadis. Que leur est-il arrivé ? Ont-ils regardé la télé à leur tour ? Ont-ils fréquenté en cachette la machine à café du bureau ? Ont-ils lu 20 Minutes avant d’enfiler leur costume ? Comment expliquer sinon leur soudaine préoccupation pour les RTT, la dette souveraine, le mariage pour tous ou le bilan carbone ?

Il faut se rendre à l’évidence, Stéphane Trapier a tenté ici le reboot ultime : faire parler aux héros d’autrefois le langage de notre époque — les petits dialectes politiques, économiques, publicitaires et managériaux que Trapier excelle à capter et à restituer. D’ailleurs, chez Trapier les héros ne sont jamais fatigués de bavarder. À preuve Tarzan lui-même, singeant l’élu écoresponsable pour épater sa fidèle compagne : « Tu verras, Cheetah, un jour nos pagnes seront fabriqués dans des pays où le coût du travail est dérisoire, et nous les achèterons dans des enseignes aux prix alléchants… J’appellerai ça la mondialisation positive ! »

Et puis de toutes façons, l’ouvrage est précédé d’un « Almanach 2007 des trucs sympas » qui justifie à lui seul sa présence en tête de gondole.