« AYAM » de Luc Tartar Espace culturel Alain Poher, 6 novembre 2020-6 novembre 2020, Ablon-sur-Seine.

« AYAM » de Luc Tartar
le vendredi 6 novembre à Espace culturel Alain Poher
**Présentation**

Le jour de la fête des morts constitue un moment important pour tous, et plus particulièrement pour Dulce qui a quinze ans aujourd’hui, pour Saïd-Emmanuel, dit Ayam, son frère et pour Enrique, son fiancé.
Tous les trois sont des descendants des Mayas. Ayam et Dulce gagnent leur vie en dansant dans la rue pour les touristes. Ils tentent d’échapper à leur quotidien en se réfugiant régulièrement dans la forêt, au bord d’un «cénote», un puits naturel très profond.
Ce soir, en ville, la fête bat son plein. Mais Dulce a disparu et Ayam cherche désespérément sa sœur. Ayam, Dulce et Enrique racontent le fil de cette journée en incarnant tous les personnages, spectateurs et acteurs du drame.
AYAM, c’est le récit d’une vengeance, d’un face à face avec le père…

**Mayas d’hier, adolescents d’aujourd’hui**

Cécile Tournesol et L’art mobile s’emparent de ma pièce AYAM.
Cette perspective me réjouit. J’ai beaucoup aimé écrire cette pièce. Je l’ai écrite dans le cadre d’un dispositif mis en place par le Théâtre de la Tête Noire à Saran : Partir en écriture.
Je suis parti au Mexique le 18 octobre 2012, sur les traces des Mayas.
Ce qui m’intéresse, au-delà du mystère de cette civilisation disparue, c’est son rapport à la mort et ce qu’en retiennent les hommes d’aujourd’hui : souvenons-nous du fantasme entretenu en 2012, aux États-Unis et en Europe, autour de la fin du calendrier Maya…
A Mérida, capitale du Yucatán, l’actualité mexicaine m’a rattrapé. J’ai découvert une société mexicaine bouleversée par l’inquiétante progression du taux de suicide adolescent, l’un des plus élevés d’Amérique. Que se passe-t-il chez les adolescents du Yucatán ? Quel mal-être, quel rejet, quel cri de révolte, de désespoir ou quelle fascination pour la mort ?
Ces questions ne sont pas taboues au Mexique. Je les ai moi-même posées à des amis, à des personnes rencontrées, à des inconnus croisés au hasard dans la rue, et notamment des adolescents. Tous m’ont répondu, sans gêne. Les causes du suicide des adolescents sont malheureusement multiples et ces mêmes causes produisent les mêmes effets dans d’autres régions du monde : problèmes socio-économiques et grande pauvreté, manque de relations entre les parents et les enfants, manque de perspectives d’avenir, mal-être, inceste, alcoolisme, drogue, harcèlement scolaire…
Ma présence à Mérida a coïncidé avec la fête des morts, qui convoque le profane et le sacré, dans un mélange incroyablement festif. J’ai croisé dans les rues de la ville des individus qui ont directement inspiré les personnages de cette pièce, qu’il faut lire en dépassant les réalités sociales, économiques et culturelles du Mexique d’aujourd’hui.
Etre adolescent au XXIème siècle, au Mexique, comme ailleurs dans ce monde multiculturel et en proie à bien des violences, c’est « marcher sur la queue du jaguar ». L’expression est mexicaine. Elle dit bien comment le tragique de l’existence nous rattrape vite. Heureusement, il y a l’amour, l’amitié, la musique, la danse… et le soleil, qui peuvent redonner foi en l’homme et du sens à la vie. Saïd-Emmanuel (Ayam), Dulce, Enrique, les trois adolescents de cette pièce, se confrontent à la mort mais l’histoire se termine bien.
AYAM est avant tout un hymne à la vie.

**Luc Tartar**

**Intentions**

Creuser le sillon et continuer de « compagnonner» avec Luc Tartar.
Après Les Yeux d’Anna, voici AYAM, une histoire d’adolescence encore, au Mexique cette fois.
Une histoire comme toujours singulière soulevant des questions politiques qui nous concernent tous. Quelles perspectives pour les jeunes ? Quels rêves ? Quels enracinements ?
Mettre en scène l’ambivalence de l’adolescence entre gravité et légèreté.
Mettre en scène ce « dancing » quelque part au Mexique où les adolescents s’exhibent pour des touristes en mal d’exotisme.
Mettre en scène ce « dancing » où les pères, oripeaux d’une autorité déchue, ne savent plus protéger leurs enfants.
Mettre en scène ce petit monde comme la métaphore d’une génération oscillant entre tradition et modernité.
Mettre en scène le grand saut dans le vide… avant le renouveau.

**Cécile Tournesol**
Sur inscription à : prodif@lartmobile.com
Compagnie L’art mobile – Directrice artistique : Cécile Tournesol

Espace culturel Alain Poher 7 Avenue Auguste Duru 94480 Ablon-sur-Seine Ablon-sur-Seine Val-de-Marne


Dates et horaires de début et de fin (année – mois – jour – heure) :
2020-11-06T14:00:00 2020-11-06T15:00:00;2020-11-06T19:00:00 2020-11-06T20:00:00