Asleep on the raft, 15 mai 2021-15 mai 2021, Saint-Maurice-lès-Châteauneuf.

Asleep on the raft 2021-05-15 – 2021-07-11 La gare 71740 Saint-Maurice-lès-Châteauneuf Esox Lucius le quai (294M9)
Saint-Maurice-lès-Châteauneuf Saône-et-Loire Saint-Maurice-lès-Châteauneuf

EUR   Asleep on the Raft
Éloge de la douceur.

Carte blanche à Julie MOREL : Roxane JEAN & Guillaume CONSTANTIN

Du 15 mai au 11 juillet
Vernissage le 15 mai de 14h à 19h
Performance des lectures électriques à 16h et 17h
Les jeudis, vendredis, samedis et dimanches sur rendez-vous de 14h30 à 18h30.

Pour l’exposition Asleep on the Raft, Esox Lucius convie deux artistes adeptes de matériaux détournés et
de displays, coutumiers de typologies et combinaisons formelles audacieuses. Roxane Jean y déploie des
territoires sensibles ayant traits au jardin et Guillaume Constantin a choisi d’explorer des matériaux peut-être plus techniques mais cependant malléables. La sophistication de ces deux points de vue s’additionne et joue avec humour du challenge que constitue l’espace de l’ancienne gare (re)créé par le designer Phillipe Million.
En assumant cet espace éminemment non neutre, les deux artistes font bugger la binarité d’une exposition à quatre mains dans deux espaces contigus.

Dessins, papiers peints sérigraphiés, sweat-shirts, matériaux trouvés, impressions 3D et céramiques se
glissent parmi les nombreux interstices de la galerie. La stratification, l’agencement des travaux et des
références évoquent le passage d’un état à l’autre, un « entre deux eaux » mental / curieux. Le guichet
s’ouvre sur un objet insolite. L’ancienne salle d’attente redevient un lieu de départ vers de multiples
destinations. La gare se peuple d’objets et productions virtuels et matériels, fabriqués et trouvés, où le corps se trouve convoqué quasi continuellement : incarné littéralement par les fragments de mains et visages polychromes imprimés numériquement, suggéré par la présence de sweat-shirts drapés de motifs marins ou coquillages combinés par Guillaume Constantin. Ceux-ci tantôt se télescopent, tantôt dialoguent au plus près du corpus coloré et des empreintes gestuelles de Roxane Jean qui prend en charge le monde terrestre : aplats chlorophyllés, motifs floraux, jungles de traits. En bordure de champs, quelques carottes sauvages, infra-ordinaire botanique, nuages de pétales sur lesquelles se pose une toute petite fleur colorée, trompe l’oeil d’un insecte imaginaire venant les butiner…
Corps et corpus jouent ici à cache-cache. Matérialisations, typologies et détournements via fichiers open
source* se superposent à un répertoire végétal proliférant et rythmé, tracé sur les supports plans. Roxane Jean propose une herborisation sentimentale ou ironique : ses plantes pratiquent des stratégies de
séduction, prennent plus ou moins de place, s’affirment ou restent en retrait. Et les mains en impression 3D de Guillaume Constantin de cueillir ou recueillir, de se tendre vers le vide et de ponctuer l’espace comme des virgules anatomiques.

L’impression générale dégage une (inquiétante) étrangeté qui trouve écho dans le titre de l’exposition. Entête de chapitre d’un roman de Mark Twain*, cette phrase énigmatique évoque une personne assoupie sur
un radeau, dérivant dans la brume. Mais qui dort – ou bien est-ce un rêve éveillé ? Quel est ce radeau sans pilote conscient ? Ce vaisseau qui nous transporte, n’est-ce pas notre corps même ?
Morbide ? Oui, mais de cette morbidité à l’italienne qui signifie harmonieuse et délicate, et que l’on emploie pour parler d’un biscuit, l’Amaretti morbidi … Morbide ? Non pas, quand on se réfère à la racine latine de ce mot pour qualifier ce qui est moelleux. Tendre. Doux.

Julie Morel, commissaire

esoxlucius.art@gmail.com +33 3 85 84 35 97 https://esoxlucius-art.blogspot.com/

Asleep on the Raft
Éloge de la douceur.

Carte blanche à Julie MOREL : Roxane JEAN & Guillaume CONSTANTIN

Du 15 mai au 11 juillet
Vernissage le 15 mai de 14h à 19h
Performance des lectures électriques à 16h et 17h
Les jeudis, vendredis, samedis et dimanches sur rendez-vous de 14h30 à 18h30.

Pour l’exposition Asleep on the Raft, Esox Lucius convie deux artistes adeptes de matériaux détournés et
de displays, coutumiers de typologies et combinaisons formelles audacieuses. Roxane Jean y déploie des
territoires sensibles ayant traits au jardin et Guillaume Constantin a choisi d’explorer des matériaux peut-être plus techniques mais cependant malléables. La sophistication de ces deux points de vue s’additionne et joue avec humour du challenge que constitue l’espace de l’ancienne gare (re)créé par le designer Phillipe Million.
En assumant cet espace éminemment non neutre, les deux artistes font bugger la binarité d’une exposition à quatre mains dans deux espaces contigus.

Dessins, papiers peints sérigraphiés, sweat-shirts, matériaux trouvés, impressions 3D et céramiques se
glissent parmi les nombreux interstices de la galerie. La stratification, l’agencement des travaux et des
références évoquent le passage d’un état à l’autre, un « entre deux eaux » mental / curieux. Le guichet
s’ouvre sur un objet insolite. L’ancienne salle d’attente redevient un lieu de départ vers de multiples
destinations. La gare se peuple d’objets et productions virtuels et matériels, fabriqués et trouvés, où le corps se trouve convoqué quasi continuellement : incarné littéralement par les fragments de mains et visages polychromes imprimés numériquement, suggéré par la présence de sweat-shirts drapés de motifs marins ou coquillages combinés par Guillaume Constantin. Ceux-ci tantôt se télescopent, tantôt dialoguent au plus près du corpus coloré et des empreintes gestuelles de Roxane Jean qui prend en charge le monde terrestre : aplats chlorophyllés, motifs floraux, jungles de traits. En bordure de champs, quelques carottes sauvages, infra-ordinaire botanique, nuages de pétales sur lesquelles se pose une toute petite fleur colorée, trompe l’oeil d’un insecte imaginaire venant les butiner…
Corps et corpus jouent ici à cache-cache. Matérialisations, typologies et détournements via fichiers open
source* se superposent à un répertoire végétal proliférant et rythmé, tracé sur les supports plans. Roxane Jean propose une herborisation sentimentale ou ironique : ses plantes pratiquent des stratégies de
séduction, prennent plus ou moins de place, s’affirment ou restent en retrait. Et les mains en impression 3D de Guillaume Constantin de cueillir ou recueillir, de se tendre vers le vide et de ponctuer l’espace comme des virgules anatomiques.

L’impression générale dégage une (inquiétante) étrangeté qui trouve écho dans le titre de l’exposition. Entête de chapitre d’un roman de Mark Twain*, cette phrase énigmatique évoque une personne assoupie sur
un radeau, dérivant dans la brume. Mais qui dort – ou bien est-ce un rêve éveillé ? Quel est ce radeau sans pilote conscient ? Ce vaisseau qui nous transporte, n’est-ce pas notre corps même ?
Morbide ? Oui, mais de cette morbidité à l’italienne qui signifie harmonieuse et délicate, et que l’on emploie pour parler d’un biscuit, l’Amaretti morbidi … Morbide ? Non pas, quand on se réfère à la racine latine de ce mot pour qualifier ce qui est moelleux. Tendre. Doux.

Julie Morel, commissaire