Réunie sur le groupe Facebook Tek à Rennes, la communauté rennaise d’amateurs de musique électronique ne se laisse pas abattre par le confinement. Bien au contraire, elle participe à son échelle à l’immense diffusion de contenus musicaux qui jaillit depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux un peu partout dans le monde. Devenu plus que jamais une plateforme interactive d’échanges culturels, le groupe témoigne à la fois de la résilience globale de l’expression artistique en même temps que de la vitalité de la scène locale.

À Rennes comme ailleurs en France et en Europe, la population se retrouve confinée, respectant ainsi les mesures visant à endiguer la propagation du virus Covid-19 mises en place entre le jeudi 12 et le mardi 17 dernier. Ce blocage des activités, inédit pour beaucoup, a pourtant eu pour effet paradoxal de provoquer un regain de créativité chez nombre de musiciens et d’acteurs des musiques électroniques. Confinés, mais toujours connectés, ces derniers s’emparent à un degré inégalé des réseaux sociaux, des plateformes de diffusion et de la technologie du livestream pour partager du contenu musical.

tek à rennes

Dès la fin du mois de février, en Chine sous quarantaine les initiatives de ce genre ont pullulé, venues de musiciens individuels ou de structures professionnelles comme les clubs contraints d’annuler leurs événements. Elle est bien vite suivie par l’Italie, puis par le reste de la communauté électronique mondiale. Festivals en ligne, vidéos Boiler Room live-streamées depuis le salon des artistes, ou encore mégamix comme ceux partagés par Laurent Garnier ou Manu le Malin, ces cris jetés sur la Toile prennent de nombreuses formes. Mais tous attestent de la volonté de continuer à faire vivre la musique, aujourd’hui plus que jamais. Car privée de concerts, festivals, ou clubbing, en plus de la fermeture des disquaires, l’industrie musicale se trouve particulièrement impactée par les restrictions du confinement. Et notamment le champ des musiques électroniques, pour qui ce bras événementiel est le principal nerf financier.

Observé à la loupe, ce mouvement global de partage de contenus musicaux s’exprime tout autant à un niveau plus local. C’est le cas sur la page du groupe Facebook Tek à Rennes, dont l’activité bouillonne depuis le début du confinement. Créé en 2015 par Hadrien Cosnard, membre de l’Organisme Texture, également DJ et producteur sous l’alias H. Mess, le groupe avait au départ vocation à répertorier les événements de musique électronique se déroulant à Rennes et dans ses alentours. Avec plus de 8 000 membres, il est devenu un moteur de la communauté électronique rennaise et une plateforme de communication privilégiée des acteurs de sa scène locale. Combien de soirées improvisées y ont trouvé leur destination rêvée avec pour tout sésame un simple « du son ce soir ? » posté sur le groupeFacebook TEK à Rennes.

En temps de crise, les liens communautaires, même virtuels, se resserrent. En témoigne l’activité foisonnante qui anime le groupe Tek à Rennes depuis plus d’une semaine déjà. Tous les jours, pour pallier l’annulation des événements musicaux, ce sont des dizaines de contenus musicaux qui sont partagés sur la page du groupe : mix enregistrés, morceaux de producteurs indépendants, DJ sets ou lives streamés en direct. S’ils peuvent venir d’acteurs culturels déjà connus (citons le calendrier et les Confinement Party du collectif ÖND les vendredis soirs), ces contributions sont aussi très souvent le fait d’artistes en herbe, DJs amateurs et bedroom producers, qui, encouragés par le mouvement global de partage, joignent leurs voix au chœur électronique mondial.

tek à rennes

Peut-on vraiment parler de visibilité supplémentaire quand la moindre contribution est plongée dans un océan de publications ? Pas certain. Cela dit, face au calme laissé dans nos rues par les restrictions de déplacement, la clameur numérique qui s’exprime sur la page Facebook du groupe Tek à Rennes laisse voir et entendre toute l’énergie vitale d’une communauté avide de musique.

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