Icônes de la scène contemporaine, les créateurs et designers industriels bretons Ronan et Erwan Bouroullec poursuivent leurs aventures dans la capitale bretonne ! L’installation permanente de trois kiosques mobiles plantés dans la Vilaine mais en prise avec la berge est prévue au printemps 2019.

Après l’ouverture du couvent des Jacobins en janvier 2018, quelle nouveauté se dessine dans le paysage rennais ? À la suite de l’exposition Rêveries Urbaines, l’histoire entre la ville de Rennes et les deux frères Bouroullec se poursuit. « On attend d’une exposition, d’une rétrospective, qu’elle nous fasse avancer. L’exposition à Rennes a été l’un des moments importants de notre carrière », rappelle Ronan Bouroullec au sujet du parcours couronné de succès qui a illuminé les Champs Libres, le Frac Bretagne et le Parlement à l’été 2016.

Paris, Bordeaux, Milan, Singapour… De plus en plus recherchés en France et à l’étranger, Ronan et Erwan Bouroullec ont répondu à la commande publique de la Ville de Rennes : la capitale bretonne qui leur est chère accueillera bien une de leurs réalisations de design urbain. « C’était une étape et un retour nécessaires que de faire ce projet à Rennes », précise le designer durant la conférence de presse.

Coup de cœur esthétique pour une ville en transformation et véritable signe de leur attachement à la Bretagne, ce nouveau chapitre de l’histoire commune prendra la forme d’un projet d’aménagement urbain. L’installation a pour vocation de contribuer une redéfinition et un redéploiement de l’espace de la ville. Les designers ont sillonné la ville de long en large à la recherche de la bonne idée et d’un site en adéquation. L’idée s’est incarnée dans « un endroit romantique accroché à la jetée, aux abords de la Vilaine ».

Kiosque Bourroullec

Leur lieu de création est ainsi l’espace public au bord de l’eau. Ce qui répond à deux objectifs. D’une part, mettre le sens esthétique à la portée de tous ; d’autre part, répondre à une volonté des Rennais. En effet, « en 2016, les Rennais.es ont été nombreux à nous exprimer leur envie d’une ville qui renoue avec l’eau et qui fasse une part plus belle à l’architecture et au design – explique Nathalie Appéré – très vite, la Vilaine s’est définie comme l’endroit parfait, pour que la ville ne tourne plus le dos à son fleuve. L’objectif est de redécouvrir la Vilaine et ses paysages. »

« Je suis un grand romantique – confie Ronan Bourroullec – c’est donc l’idée de ramener ces balades pour sortir de la ville et prendre l’air… ». L’usage et la symbolique se concentrent en une folie architecturale signée Bouroullec.

Kiosque Bouroullec rennes

Le projet d’aménagement urbain des frères Bouroullec prendra la forme de trois kiosques. Trois utopies urbaines accessibles via une passerelle. Des ovnis architecturaux inspirés des phares, des jetées, des kiosques des villes hanséatiques et du romantisme viennois, le tout réduit et transfiguré à travers une structure en acier émaillé d’accents futuristes aussi bien que steampunk.

Ces trois kiosques flotteront aux abords des quais Saint-Cyr et de la Prévalaye, entre la place de Bretagne et le pont Malakoff dès le printemps 2019. L’exigence aiguë dans la précision des détails des frères Bourroullec promet une future promenade singulière le long du fleuve : déambulation, discussion, musique, flirt… Plus encore : étant mobiles, ces trois kiosques pourront être déplacés en différents points de l’Ille, de la Vilaine et de l’Ille-et-Vilaine. Et qui sait s’ils ne deviendront pas 6 ou 9 dans les années à venir…

rennes kiosque vilaine

À noter, un coût global plutôt modéré du projet eu égard à la notoriété des frères Bouroullec et de la qualité de ce mobilier urbain : 800 000 euros. Son financement est assuré à hauteur d’environ 70% par le mécénat privé et 30% par la Ville.

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom