Les Ateliers de Rennes biennale d’art contemporain préparent leur 6e édition pour l’automne 2018. Céline Kopp, directrice de Triangle France à Marseille, et Etienne Bernard, directeur de Passerelle Centre d’art contemporain à Brest, ont été désignés commissaires de la manifestation par le comité de suivi.

Fondé et dirigé par Bruno Caron, le groupe Norac a mis en place fin 2005 une politique de mécénat dans le domaine de l’art contemporain. Art Norac, association loi 1901 reconnue d’intérêt général, a été créée pour mener des actions de mécénat dans le cadre de la loi d’août 2003.

INTERROGER LES RELATIONS ENTRE L’ART ET L’ENTREPRISE

L’économie conditionne plus que jamais nos existences: elle régit chacun des secteurs de l’activité humaine, s’infiltre dans les sphères les plus intimes, valorise même ce qui n’a pas de valeur d’échange, quantifie l’inquantifiable. Il est donc naturel que les artistes nourrissent leurs créations avec une réalité aussi omniprésente, soit qu’ils en dénoncent abruptement les dysfonctionnements, soit qu’ils utilisent ses dynamiques pour les détourner, soit encore qu’ils ouvrent des pistes inexplorées qui font entrevoir d’autres possibles. Les Ateliers de Rennes sont la première biennale à traiter des relations entre l’art et l’économie. Champ d’exploration riche de questionnements et de possibilités de création, cette manifestation offre l’opportunité d’aborder des sujets cruciaux aujourd’hui – le travail, la valeur, la pensée de l’avenir – dont les artistes s’emparent de multiples manières. Elle est aussi l’occasion d’une importante réflexion par des chercheurs et des intellectuels, en écho aux œuvres, sur les enjeux abordés.Une des spécificités des Ateliers de Rennes est de permettre la rencontre entre des pratiques artistiques et des pratiques économiques et entrepreneuriales, une rencontre qui se fait parfois sous forme de confrontation, voire d’opposition – tant les objectifs sont différents –, parfois sous forme d’une hybridation des savoirs et des procédures – tant les modes de production peuvent se révéler proches dans certains cas. Il est d’ailleurs courant que les artistes, dans le développement d’une œuvre, mènent des collaborations avec le monde de l’entreprise, ou soient parfois eux-mêmes à la tête d’une petite entreprise.Dans le débat sur la relation art/entreprise, la question reste celle du rapport de force qui pose implicitement celle du besoin ou du désir mutuel. Le désir de l’artiste pour l’entreprise lui permet-il de rester affranchi de prescriptions qui ne seraient pas conformes à sa démarche ? Le désir de l’entreprise pour l’artiste permet-il à celle-ci d’intégrer le doute et l’espace critique de l’art sans tenter de les transformer en valeur marchande ?

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