Rennes All Stars sortait sur Human Disease Network le 18 septembre 2020. Le nouveau label lancé par le producteur A-Sim y réunit onze producteurs de musique électronique parmi les plus talentueux de la région. Cette compilation illustre une fois de plus la capacité de la scène rennaise à rassembler sa variété dans des projets communs.

 

A-Sim
Simon Hamelin, alias A-Sim, producteur, DJ et désormais patron de label.

Rennes All Stars, une compilation dédiée à la scène électronique rennaise, sortaitle 18 septembre sur Human Disease Network. Lancé en juin dernier par Simon Hamelin, alias A-Sim, ce nouveau label digital en est déjà à sa sixième parution. « J’avais juste envie de sortir du son, je savais qu’il y a plein de gens à faire de la musique extraordinaire, et qu’ils n’arrivent pas à la faire paraître, ou qu’ils n’ont pas suffisamment confiance en eux pour démarcher des labels », explique le producteur et DJ originaire du Mans et installé à Rennes depuis deux ans.

Pour lancer son label, A-Sim reprend le titre d’un morceau qu’il sortait en 2018 chez Rawax.

Un décollage fulgurant

Il pensait pourtant ne jamais monter de label, redoutant les lourdeurs de fonctionnement et les galères inhérentes à cette aventure discographique. Mais ces difficultés, il y a tout de même été confronté en tant qu’artiste pendant le confinement. Et encore aujourd’hui, à l’heure où le contexte sanitaire induit une crise sans précédent dans la culture, et tout particulièrement dans l’industrie musicale : les gros labels ne prennent pas de risque et sortent moins de disques.

Fort de dix ans de production derrière lui, de jolies signatures sur différents labels, dont le très réputé R&S Records, et de l’aide de Théo Banz, patron d’Eddy Larkin chez qui il a signé plusieurs EP, A-Sim se lance. Le 19 juin dernier, le nouveau patron de label diffusait un EP à son nom, symboliquement intitulé The Puppet Master, le marionnettiste, celui qui tient les fils. « Je me suis rendu compte qu’en fait c’était très intéressant d’être aux commandes de ses sorties, comme ça tu sais exactement qui tu touches », précise-t-il. Depuis, les parutions s’enchaînent, à raison d’une ou deux par mois.

Une formule simple et efficace

S’il est si prolifique, c’est que le label Human Disease Network mise sur la simplicité des sorties digitales et le talent des bedroom producers, ces musiciens qui créent tapis dans leur chambre. A-Sim revendique un modèle Do It Yourself. Il assure lui-même le mastering des démos qu’il reçoit avec plaisir, ou se fait aider par Théo Banz. Il s’occupe aussi de la diffusion des morceaux, limitant les intermédiaires. 

Ces économies permettent au label de reverser aux artistes la majorité des royalties et de rester complètement libre dans sa direction artistique, sans souci de rentabilité financière. « Vu qu’il n’y a pas de risque, il n’y a pas de limites, je peux signer dès que la musique me parle, sans avoir à peser le pour et le contre ». Et la formule semble séduire les artistes en développement : une vingtaine d’entre eux ont déjà signé sur Human Disease Network, dont une dizaine sur la sortie Rennes All Stars.

Une compilation rennaise

La recette n’est pas nouvelle, mais elle marche à tous les coups. Pendant le confinement paraissait déjà une compilation réunissant les représentants rennais de la house en faveur d’Utopia 56. Elle a réuni depuis 800 €, qui financent les maraudes de cette association de soutien aux migrants. « Rennes présente une scène unie, que ce soit pour l’organisation d’événements en commun, ou pour des sorties collectives », explique A-Sim. « Tout le monde se connaît ou a entendu parler des autres, même quand ils ont des univers musicaux différents, il y a une complémentarité. Et quand tu fais des concerts, les salles sont pleines ! », continue-t-il, enthousiaste.

Après un appel à participation lancé sur les réseaux sociaux, il a fallu une quinzaine de jours pour réunir les 11 morceaux de cette compilation. On y retrouve des valeurs sûres et des figures montantes d’une scène effervescente. L’opus s’ouvre avec le vent solaire de Ringard, une house lente et profonde, un morceau magnifique qui illustre une fois de plus le talent de ce producteur précieux. Il se poursuit avec les delays acidulés de DJ Psychiatre, digne successeur du premier. Puis le virage electro est consommé avec Evenn, A-Sim et Capon, tandis que Blutch propose un morceau breakbeat electronica dont les textures ciselées rappellent le sound design de la scène anglaise. La compilation prend une tournure plus sombre avec l’acid décadent de DJ Padset (alias Vanadis), la techno mentale de Lemon Schaden (alias Eendracht) ou celle, brute et percussive du duo de machinistes Klass Sirius. Le mystérieux producteur Awz propose quant à lui un morceau détonnant au nom évocateur, “Rennes Side Booty”. Il y rend un hommage local à la ghetto tech, ce style de Detroit surnommé “la basse du cul” (booty bass). La compilation s’achève sur un morceau de bravoure de FEM et Optim, une track progressive, mentale et puissante, à faire vibrer Laurent Garnier, les yeux fermés et les mains tremblantes sur ses potentiomètres.

Pour résumer, c’est toute la complexité et la richesse de la scène électronique rennaise, ainsi que sa capacité à se rassembler sur des projets communs, qui s’illustrent dans cette nouvelle sortie collective. 

Après ce succès, le label Human Disease Network continue sur sa lancée. Un nouvel EP signé Slowlife sortait le 2 octobre. Un autre de Batenko est prévu le 23 octobre et quelques autres sont en préparation. Cette abondance a d’ailleurs déjà convaincu Rinse France, première webradio musique électronique d’Europe, qui a confié au label une résidence mensuelle. Affaire à suivre de près donc…

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