Le Grand Logis organise du 18 au 25 janvier 2020 à Bruz sa 12e édition de rencontres et de projections autour du film britannique. Dans cette riche programmation, Unidivers vous invite à découvrir la réalisatrice irlandaise Mary McGuckian qui sera présente lundi 20 et mardi 21 janvier pour présenter son film au public.

Déjà primé dans de nombreux festivals aux États-Unis et unanimement salué sur le continent africain lors d’avant-premières remarquées, notamment sous l’égide des Nations Unies à Nairobi le 11 novembre, « A girl from Mogadishu » retrace le parcours d’une jeune réfugiée somalienne, Ifrah Ahmed, incarnée à l’écran par l’actrice américaine Aja Naomi King, époustouflante dans ce rôle de composition.

« En 2017, six mois avant le tournage, j’appréhendais de trouver l’actrice capable de jouer le personnage principal, de ressentir les émotions profondes qui accompagnent sa complète métamorphose de jeune fille analphabète, soumise et farouche, en militante internationale pour les droits des femmes, écoutée et respectée par des dirigeants en différents points du globe. Aja Naomi King était la seule à pouvoir porter le récit et le rendre crédible. Elle a appris le somali en un temps record, s’est confrontée à la gestuelle des somaliennes pour qui le voile est une partie d’elles-mêmes. Essayez, vous verrez à quel point c’est un exercice compliqué. Aja a dû gommer chaque trait de sa culture américaine pour épouser la sensibilité d’une adolescente africaine perdue dans une société dont elle a tout à apprendre. Elle a travaillé dur pour habiter avec sincérité l’expression du courage, du charisme, de la fierté, de la naïveté qui définit l’attitude naturelle d’Ifrah Ahmed. Je n’ai jamais vu une actrice réaliser une telle performance. » Mary McGuckian

Mary McGuckian
Mary McGuckian

Mary McGuckian est née à Belfast dans une famille catholique nationaliste, mais c’est en Irlande du Sud qu’elle étudie d’abord les sciences de l’ingénieur avant de se tourner vers le théâtre et l’écriture. Un producteur l’encourage rapidement à réaliser pour le cinéma l’adaptation d’une de ses pièces. Elle a alors 26 ans et seulement quelques années de pratiques du théâtre, en tant que comédienne et auteure. Elle voyage depuis dans le monde entier grâce à la dizaine de films qu’elle a à son actif, sans s’être pourtant véritablement formée au métier vers lequel Mary McGuckian a évolué non par choix, mais par chance, dit-elle.

Dans l’industrie du cinéma, nous avons encore besoin de militer pour que les femmes aient les mêmes accès que les hommes aux moyens de production, aux sources de financement. Ces 25 dernières années, je n’ai pas noté de vrais changements allant dans ce sens, mais cela doit et peut évoluer. Pour A girl from Mogadishu, je suis toujours à la recherche d’une agence de distribution en France depuis l’avant-première au Festival de Dinard fin septembre. J’aimerais que mes interlocuteurs ou interlocutrices soient en phase avec le propos militant du film et mes propres engagementS au service des droits des femmes. Mary McGuckian

Mary McGuckian
Mary McGuckian, réalisatrice de A girl from Mogadishu et Ifrah Ahmed réunies à Dinard la veille de la sortie du film dans les salles au Royaume Uni Crédit photo Françoise Ramel

La réalisatrice autodidacte se dit plus volontiers écrivaine et se réjouit de voir que l’écriture redevient importante dans le processus de création. L’image doit être au service de l’écriture. Sans scénario, pas de film. Pourtant les réalisateurs hommes se considèrent ou acceptent facilement d’être considérés comme des monstres sacrés, au risque d’éclipser celles et ceux à qui ils doivent leur notoriété publique. C’est peut-être une des raisons, selon Mary McGuckian, pour lesquelles les femmes se comptent encore dans le cercle fermé des réalisateurs. « Ce n’est pas dans notre nature, avance-t-elle, de chercher à faire partie du sacro-saint dans le monde du cinéma, d’alimenter un mythe ».

Le 6 février est la journée mondiale de tolérance Zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, c’est la date retenue avec le 8 mars pour accompagner la plus large diffusion possible de A girl from Mogadishu sur tous les continents. En effet, cette campagne de lancement internationale vise à renforcer l’impact déjà constaté sur les gouvernements pour qu’ils oeuvrent activement à l’objectif fixé : éliminer toutes les pratiques d’excision à l’horizon 2030.

Mary McGuckian a aussi participé à la création de la Fondation Ifrah Ahmed aujourd’hui reconnue à l’international

Pour programmer le film de Mary McGuckian près de chez vous, il vous suffit de remplir un formulaire en ligne.

A noter : la présence à Bruz de la réalisatrice irlandaise coïncide avec la création d’une nouvelle émission hebdomadaire sur les ondes de Radio Breizh, « Femmes de caractères ». L’entretien avec Mary McGuckian sera diffusé le mardi 4 février à 12h et 18h sur Radio Bro Gwened.

Du samedi 18 janvier 2020 au samedi 25 janvier 2020, semaine du Cinéma Britannique au grand Logis à Bruz, 12e édition. En partenariat avec Dinard Film Festival.

 

ciné britannique bruz

La Semaine du Cinéma Britannique est devenue un rendez-vous incontournable pour les Bruzois. L’occasion de partager ensemble ce moment de plaisir, la découverte de cette production cinématographique d’Outre-Manche si foisonnante. Cette Semaine du Cinéma Britannique fera la part belle aux talents d’aujourd’hui et de demain à travers des films inédits et des avant-premières, soigneusement sélectionnés. Cet événement est le fruit d’une belle collaboration avec Hussam Hindi, directeur artistique du Dinard Film Festival.
Au programme : des rencontres avec des cinéastes et professionnels, des masterclass, les rendez-vous tea-time, l’attendue soirée short-cuts et d’autres surprises !

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