Dyslexie ne rentre pas en contradiction avec lecture. C’est le premier message passé par ces deux journées d’étude organisées par Livre et Lecture en Bretagne en partenariat avec la bibliothèque des Champs Libres. Le 9 et 10 novembre 2016, de nombreux acteurs du livre comme de l’enseignement se sont réunis pour parler du phénomène de la dyslexie.

 

Dyslexie Champs LibresLivre et Lecture en Bretagne (voir notre article) entend balayer le spectre de toutes les lectures. Avec les Champs Libres, ils « ont fait le constat partagé d’un nombre important et croissant de sollicitations en bibliothèque et dans les autres lieux du livre autour de la dyslexie ». Car, pourquoi le « Dys » ne serait-il pas lui-même lecteur ? Les structures bretonnes du livre sont-elles préparées à accueillir ce public et à lui offrir un fond adapté ? Du reste, que désigne précisément la dyslexie ? Environ 10 % de la population française serait dyslexique, intelligence préservée et handicap invisible. Ce trouble, longtemps dissocié de l’exercice de la lecture, couvre des réalités diverses ; il peut intervenir en lisant, en écrivant, en comptant, en parlant, en s’organisant, en se concentrant. Cette journée permet de mettre en lumière ce phénomène, mais surtout de donner la parole aux principaux concernés.

Dyslexie Champs LibresPour aborder le sujet de la dyslexie sur un périmètre régional, il convenait de faire intervenir tous les acteurs de la chaîne du livre. En effet, la demande en la matière exige aussi des maisons d’édition qu’elles produisent un contenu adapté à la dyslexie. Les expériences menées sur ce phénomène ont conclu que les dyslexiques pouvaient être dérangés par la justification, la taille de la police ou la place de l’illustration par rapport au texte. De même, il s’agit pour les librairies comme pour les bibliothèques de posséder un fond adapté et multi-support (tablettes numériques, lecteurs mp4, livres audio, livres grand caractère). Pendant ces deux jours, on trouvait donc des acteurs divers pour traiter de ce phénomène : Gaëlle Pingault, auteure et orthophoniste, l’association AAPEDYS 35 (Association d’adultes et de parents d’enfants dys d’Ille-et-Vilaine), les Ateliers Art Terre, les éditions Goater ainsi que de nombreux intervenants des médiathèques et collèges de Bretagne.

Dyslexie Champs LibresUn retour sur une expérimentation au collège Jean Moulin de Saint-Jacques-de-la-Lande a été réalisé le jeudi 10 novembre. En partenariat avec la médiathèque Lucien Herr, cette expérience a commencé en 2015-2016 et se poursuit actuellement. Son but ? Réunir les élèves dyslexiques volontaires, discuter et tester les ressources. Frédéric Paillard, enseignant au collège Jean Moulin, revient sur l’expérimentation avec certains des élèves concernés. Pour lui, il convient de « déconstruire l’image sacralisée du livre ». Les « Dys » en viennent à détester la lecture (au point de parler d’autodafé). Au-delà de la création d’un groupe de parole, cette expérience œuvre à apporter une connaissance sur la dyslexie et à trouver des moyens pour amener les élèves à la lecture. Les intervenants s’interrogent également, en amont, sur les intelligences multiples (pas seulement logique, mais aussi musicale ou naturaliste) ou sur la capacité du cerveau à assumer une opération comme la lecture. Car, le problème dépasse le cercle de l’école. On sait que la dyslexie touche aussi les adultes, par exemple dans le cadre du travail. L’intervention s’est terminée sur une surprise : le slam de Constance, dyslexique et à l’aise avec les mots.

Lecture et Dyslexie est une journée d’étude organisée par Livre et Lecture en Bretagne et les Champs Libres les 9 et 10 novembre 2016.

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