Unidivers – Gilles Paris, vous avez été tour à tour fonctionnaire au ministère de la Jeunesse et des Sports au service de documentation, journaliste dans le domaine du cinéma et de la musique dans la presse populaire puis attaché de presse dans l’édition, d’abord chez Jean-Claude Lattès et Plon. Quels rôles ont joués ces différentes expériences dans votre entrée en littérature ainsi que dans la formation de votre style ?

Gilles Paris – J’ai commencé à écrire des nouvelles dès l’âge de 12 ans, d’où sont partis mes deux premiers romans Papa et maman sont morts et Autobiographie d’une Courgette. Mes expériences professionnelles n’ont en rien influencé mon écriture ni mes sujets, plutôt ma vie en dehors du travail ! Et même quand j’ai commencé à travailler dans l’édition, j’ai tardé à montrer mes nouvelles par un manque sérieux de confiance en soi.

Vous connaissez le succès avec Autobiographie d’une Courgette qui est traduit en 14 langues et vendu à plus de 150 000 exemplaires. « Depuis tout petit, je veux tuer le ciel ». Ainsi commence l’histoire racontée par Icare, un petit garçon naïf et inculte, surnommé Courgette. Votre nouvel opus, Au pays des kangourous, confirme l’aspect essentiel de la dimension de l’enfance dans votre travail. Quelle est la part biographique, quelle est la part rêvée, quelle est la part résiliente dans votre écriture ?

Il n’y a rien d’autobiographique dans mes deux premiers romans, enfin rien de visible. J’ai eu une enfance plutôt heureuse, dans un milieu social plutôt favorisé. Mes deux parents vivent toujours. Mais je pense que l’écriture répare et panse d’autres blessures que l’enfant de neuf ans exprime au travers de ma voix. Peut-être suis-je un peu chacun des personnages de mes trois romans, certainement sous certains aspects plus ou moins inconscients. Je m’en rends compte en me relisant, quand je travaille mes manuscrits avant de les rendre à l’éditeur. Ensuite je cesse de me relire. Peut-être pour ne pas trouver d’autres aspects autobiographiques… Au pays des kangourous est mon roman le plus autobiographique puisque j’ai vécu trois dépressions graves toutes suivies d’hospitalisation. Ce que vit Paul (le père de Simon), ce qu’il fait, je l’ai vécu. Lola, la grand-mère fantasque est ma grand-mère paternelle. La part rêvée est celle qui brouille les pistes et donne une dimension onirique à l’histoire, forcément plus satisfaisante que la réalité. Quant à la résilience, elle est ce que l’on fait de ses épreuves. Peu importe qui on est, ce qui s’est passé comme épreuves, ou comme drame dans une vie. Le plus important, j’insiste, c’est que l’on en fait dans sa vie.

Quels seront le sujet et le thème de votre prochain roman ?

Une comédie familiale, le temps d’un été, dans le sud de la France. Un enfant de 9 ans, Victor, va vivre des vacances pas comme les autres et ne les oubliera jamais. Il sera question d’un étrange sentier des douaniers, de deux jumeaux de 15 ans, d’une mère libraire, d’un père photographe, d’un secret enfoui, et d’un incendie qui se répète à trente ans d’intervalle au cours d’un été particulièrement caniculaire.

Propos recueillis par Nicolas Roberti

Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

Un commentaire

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom