Un dimanche après-midi ensoleillé a certainement favorisé l’affluence qu’a connue la 6e édition de Rue des Livres entre 14h30 et 17h30. Assez pour rattraper un samedi morose et un dimanche matin à l’avenant ? Sans doute non. Selon des estimations officieuses, cette nouvelle mouture accuserait un repli par rapport à l’année dernière, on parle de 8000 visiteurs. Les raisons ? Certes, les giboulées de samedi n’ont pas contribué à aiguiller les Rennais vers le quartier de Maurepas, rue Guy Ropartz, où se déroule l’événement. Mais l’argument météorologique ne saurait cacher des explications… climatiques.  

Tout le monde s’accorde à reconnaître que l’atmosphère du festival est sympathique. Un des invités-vedettes, Bernard Minier (voir nos articles ici et ), déclare « affectionner tout particulièrement ce petit festival de province, loin de l’ambiance impersonnelle, froide et quasi industrielle des grands salons comme celui de Versailles qui aura lieu du 22 au 25 mars ». « En revanche – nous confie l’un des autres écrivains non rennais présents aux dédicaces – certes, on sait que Rennes rime avec ‘cheap’, mais bon, appelez les salles du festival par les doux noms de ‘baraquements’ et ‘tentes’, cela n’engage pas trop les écrivains non locaux à venir à l’événement. Et, quand bien même l’équipe de l’organisation est pleine de bonne volonté, on nage en plein amateurisme : on se dirait plus dans une braderie de livres que dans un festival littéraire ».

Amateurisme, voilà sans doute l’un des qualificatifs qui revient le plus souvent dans la bouche des participants comme des visiteurs. De fait, il est patent que l’ensemble manque de… cohérence. Il suffit de lire en amont la présentation de la thématique de cette 6e édition pour s’en convaincre.

La thématique en 2013 : « Multitude (s) »

« Multitude(s) » est un terme ouvert et dynamique qui englobe toutes les composantes des agglomérations humaines. Les multitudes sont fondamentalement globales, tous les secteurs sont confondus. Si le peuple peut être personnifié, la multitude évoque obligatoirement une agrégation de singularités en capacité de faire ensemble. Ce terme est adapté à une post modernité qui crée collectivement des connaissances, des infos, des réseaux de communication, des relations sociales, etc. »

Une telle définition… générale pourrait être associée à tant et tant de termes : de pluralisme à diversité, en passant par mixité, intégration, urbanité(s), etc. Par ailleurs, « le peuple peut-être personnifié » sonne comme une invitation à une réflexion sur le concept de Nation et le rapport des élites dirigeantes avec les couches populaires… Une problématique qui n’a jamais été abordée dans ce salon, lequel se situe sur d’autres versants. Mais peut-on parler d’un salon ?

Où mène Rue des Livres ?

Le site internet l’affirme, « c’est un festival qui met en avant la place de la ville dans la littérature, et qui s’intéresse, plus particulièrement, aux relations qui s’établissent entre la ville et ses habitants. » Outre le caractère là encore bien général de cette mission, la réalité du festival apparaît tout autre. Dans des baraquements se presse un ensemble hétéroclite composé d’écrivains, éditeurs et libraires rennais et non rennais dont les préoccupations variées semblent souvent tout à fait étrangères à « la place de la ville dans la littérature ». Une fois pris acte que ce brouillon de salon littéraire ne correspond pas à sa thématique (qui trop embrasse mal étreint), où le bât blesse-t-il ?

Certes, les dysfonctionnements et autres couacs sont allés bon train, notamment dans l’organisation des tables rondes et autres conférences (bien qu’elles furent cette année autrement réussies que l’année dernière). Certes, les défections d’auteurs furent nombreuses. Mais le fond du problème ne repose pas dans cet amateurisme qui conduit l’un des libraires patentés de la place rennaise à cette interrogation lapidaire : « Ne serait-il pas temps de décider si, oui ou non, Rue des Livres est un salon professionnel ? » De fait, nombre de paramètres sont à revoir : le choix de la date, la gradation entre invités méconnus, connus ou célèbres, l’organisation de la manifestation, la scénographie des lieux et, peut-être, tout simplement, le lieu.

Deux solutions

Ce qui manque, ce qui manque cruellement à Rue des Livres, c’est une vision. Une fois mise de côté la sacro-sainte politique de médiation socio-culturelle qui a fait les beaux jours de la démagogie conceptuelle promue par nombre d’élus de gauche et de droite depuis des lustres, ce festival achoppe sur la question de son destin et de son ambition.

Première solution, Rue des Livres est un festival microlocal centré sur l’objet culturel littéraire dans son inscription rennaise, voire transurbaine (des livres, conférences, praticiens, éditeurs, etc. de France et de Navarre qui travaillent la dimension de l’hyperlocalité). Pourquoi pas ? Cela ne pourra qu’aider nombre de structures, notamment les librairies, qui sont – faut-il le rappeler – les commerces qui jouissent des marges les plus faibles. Rien que de promouvoir les acteurs départementaux, dont plusieurs étaient présents ce week-end, s’affirme un projet tout à fait louable. Les écrivains locaux sont nombreux, les libraires ont besoin d’être épaulés (voir les dernières fermetures à Rennes) et que dire de ces petits éditeurs qui font souvent un travail de bénédictin (par exemple, Folle avoine, La part commune, Les Penchants du Roseau ou, dans une autre mesure, la Rennaise d’édition) ? Il conviendrait alors d’éliminer la barbe à papa des participants disparates qui ne servent pas cet objectif.

Seconde solution, Rue des Livres désire rayonner comme un salon littéraire à vocation nationale, voire internationale. Autrement dit, devenir un événement culturel au service de la visibilité de Rennes, laquelle en manque cruellement, malgré les fonds dépensés par la Ville d’une façon parfois hasardeuse.

Bref. Soit Rue des Livres se redéploie comme un événement départemental qui promeut les acteurs territoriaux du livre. Un dessein honorable, mais qui demanderait que certains acteurs soient un peu plus actifs. Soit il s’agit de promouvoir un festival national avec une ligne cohérente conçue dans ce dessein.

Dans le cas contraire, le destin de Rue des Livres est de demeurer larvaire. Peut-il en être autrement compte tenu de la frilosité politique locale autour du livre et l’effacement des porteurs de projet ? Certains osent affirmer que le livre n’intéresse pas la Ville de Rennes, à part quand il parle d’elle. Plusieurs auteurs l’auraient bien compris…

Des propositions ?

Elles sont pléthores. Pour commencer, il conviendrait, en termes fonctionnels, de laisser les acteurs rennais concernés devenir réellement acteurs de cette manifestation au sein d’un comité de pilotage efficace. Ensuite, pourquoi, par exemple, ne pas dédier ce festival à l’activité littéraire (entendu au sens large) propre à notre région européenne ? Autrement dit, les pays celtiques. Des écrivains, éditeurs et libraires (voire des documentaristes, réalisateurs et reporters) originaires, vivant ou traitants de l’Écosse, du pays de Galles, d’Irlande, de Cornouailles, de Bretagne et même de l’île de Man, il y en a assez pour remplir quelques festivals !

Ce grand rendez-vous annuel celtique polyglotte n’est qu’une idée parmi tant d’autres susceptibles de conférer une vision féconde, de la lisibilité nationale et de la visibilité internationale, à cet objet culturel rennais actuellement mal défini. Bref, un territoire de destin à la mesure de Rennes : grand, mais pas démesuré. Des efforts importants à faire, mais réalisables.

Comment faire ?

 Une fois mise entre parenthèses la question – pourtant fondamentale – du manque d’ambition de Rennes qui, malgré nombre de bonnes volontés et de forces créatrices présentes sur son territoire, étrangement s’autocastre, certains suggèrent de limoger l’équipe qui pilote le festival. De fait, le salon bruissait ce dimanche de la rumeur : la direction serait en passe d’être désavouée. Est-ce la solution ? Est-ce la solution alors qu’aucun projet viable n’a été présenté à la place ? L’actuelle association, une fois étoffée par un comité de direction à hauteur de son ambition – d’un côté, organisationnel et, de l’autre, culturel et artistique – ne pourrait-elle pas y répondre efficacement ?

Bien sûr, on imagine déjà quelques sociétés se réjouir à la perspective de ramasser le marché. Les texto sont allés bon train aujourd’hui… Reste que le passage d’une association à une société privée va se solder par une facture autrement plus salée. 800 000, 900 000, 1 000 000 € ? Bien sûr, il suffirait de mettre fin à cette hyperbole bouffie – financière, intellectuelle et médiatique – que constitue le Forum Libération (voir notre article) pour récupérer les fonds nécessaires. Mais à Rennes, les subventions accordées par les élus ne favorisent pas toujours les projets de qualité. Encore moins les visionnaires.

Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

16 Commentaires

  1. Sans doute le salon Rue des Livres est un peu foutraque, hétéroclite, désordonné, manquant d’unité interne et de vision littéraire générale. Mais c’est aussi ce qui fait son charme et son attrait dans un quartier socialement déshérité. En tant que tout petit éditeur (Les Editions Le Temps Qui Passe), ce qui me fait le plus peur, c’est le pouvoir grandissant en terme de superficie des grandes librairies sur ce salon alors qu’un petit éditeur comme « Les penchants du roseau » de Christian Domec (http://domec.net) qui fait un travail remarquable de prospection littéraire n’a pas pu être accueilli, faute de place. Plus encore, ma crainte légitime, s’il y a une reprise en main de cet évènement culturel rennais par une structure professionnelle comme l’est actuellement le festival Les Etonnants Voyageurs, c’est que de tous petits éditeurs sans moyens pécuniers ni subventions ne puissent plus se présenter l’année prochaine parce que les frais d’inscription seront prohibitifs. Ce salon local de créativité polymorphe deviendra un espace de rencontre rendu fragile et stupidement standardisé s’il est confié à la voracité de décideurs « politiques » qui ne sont plus intéressés qu’à leur propre image narcissique ainsi qu’aux espèces sonnantes et trébuchantes.

    • Cher Pascal,

      Nous comprenons bien vos doutes qui nous semblent légitimes. Mais ils posent la question d’un comité de pilotage sérieux incluant les acteurs (petits et grands) rennais afin de dessiner un devenir. En ce qui concerne Christian Domec que nous apprécions beaucoup, sachez qu’il collabore régulièrement à Unidivers. Nous allons d’ailleurs parler de lui tout début avril. Quant aux éditeurs qui avaient réservés, mais qui n’avaient pas de place, comme ceux qui avaient réservés mais à qui le festival n’a jamais renvoyé de confirmation et qui ne sont donc pas venus, c’est plus que malheureux.
      En termes pécuniaires, pourquoi ne pas faire régler des frais moindres aux éditeurs locaux. Un soutien légitime aux acteurs de sa collectivité territoriale. Ainsi les plus petits côtoieront les plus grands (sachant qu’au paradis, les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers 🙂

      Bien cordialement,

      La rédaction

  2. C’est peut-être parce qu’il y a un peu d’amateurisme, de bluff, de provincialisme éhonté et de candeur, dans l’organisation que l’ensemble respire une certaine convivialité. Cet encore jeune festival attire des milliers de passionnés de livres, occasionne des rencontres, permet à des spécialistes de prendre la parole, etc. Alors quoi ? On aura par exemple beaucoup apprécié l’intervention d’Étienne BARILLIER, autour de P. K. Dick, dans l’amphi Guy Ropartz. En résumé, beaucoup de vertus, pour peu (voire pas) d’inconvénients. Que cet esprit perdure longtemps ! Et tant mieux si l’aura de Rue des Livres ne recouvre pas la superficie de l’espace Schengen. Ce n’est sûrement pas sa vocation. L’essentiel d’ailleurs n’a-t-il pas été atteint avec la venue de Louise Bourgoin qui a eu la gentillesse de ne pas se décommander ?

    • Cher Cléran,

      Nous comprenons et approuvons votre message à l’exception de sa fin. Que Caliope nous évite que le Festival Rue des Livres jamais ne ressemble à l’ouvrage de Louise Bourgoin ! Notre rédaction l’avait reçu en service de presse avant sa sa parution et s’est tristement amusé à la feuilleter.
      Une fois mise la ‘première vue’ typiquement muséale de côté, l’objet-libre s’avère d’une esthétique d’un classicisme médiocre, la conception formelle de l’ouvrage pêche par un manque évident de maîtrise, notamment dans la présentation des visuels (peu ou prou et différemment rognée, coupée, décadrée – étonnant d’ailleurs que le Musée d’Orsay ait donné son aval à une telle production). Quant au fond, franchement, on tutoie les sommets de la platitude érotico-artistique. Au final, à qui s’adresse ce livre marketing au contenu médiocre, à part les fans de Louise Bourgoin ?! A notre avis, il est tout à fait possible de faire de la bonne vulgarisation, du type dar d’art de Taddeï. Hélas, on est ici à mille lieux… de la ceinture. Certes, un ado pourra – peut-être – éprouver quelques émotions. Il regrettera cependant, dans son intelligence naissante, l’absence sidérale d’humour qui aurait pu relever le niveau.
      Bref, vous l’aurez compris, on rêve d’un autre avenir pour Rue des Livres.

      Bien cordialement,

      La rédaction

      • Vous rêvez d’un autre avenir pour Rue des Livres ?
        Encore une fois, la ligne du salon consiste à valoriser les acteurs littéraires locaux peu importe la qualité de leurs oeuvres. Il ne s’agit pas d’un salon indépendant ! (encore que la littérature underground/indépendante draine également son lot d’oeuvres de moins bonne qualité). Louise Bourgoin ne m’intéresse pas mais qu’elle soit invitée à Rue des livres rentre dans le cadre de la manifestation…

        (Dans le fond, votre problème principal avec Rue des livres réside dans la non conformité du salon avec vos attentes personnelles)

        • Bonjour Karine,

          Si la ligne du salon est de valoriser les acteurs locaux, pourquoi pas et tant mieux ! Mais, en ce cas, il y a beaucoup à rectifier : nombre d’écrivains non-locaux, nombre d’ouvrages qui n’ont rien à voir avec le thème ‘la place de la ville dans la littérature’. Il y a un problème patent de vision et de cohérence. Donc de présent et d’avenir.
          Que Louise Bourgroin soit invitée nous semble tout à fait normal. Cela ne nous empêche pas de souhaiter que le festival ne ressemble pas à son ouvrage.
          Par ailleurs, nous n’avons aucun problème avec Rue des Livres ni d’attente personnelle ! C’est pourquoi nous avons proposé dans cet article différentes solutions pour améliorer l’existant. Notre seule attente à la rigueur : que Rennes voit son activité et son rayonnement culturels s’amplifier fortement. Mais, peut-être, votre problème principal avec cette attente réside dans sa non conformité avec vos attentes personnelles…
          Enfin, quand un festival que l’on apprécie et dont on fait la publicité voit le nombre de son public stagner ou régresser, il est normal de poser des questions. D’autant plus quand il s’agit d’argent public.
          Il ne faut pas avoir peur de réfléchir sur la réalité et le devenir de sa ville à travers ses pratiques.

          Cordialement,

  3. Monsieur,

    En règle générale, la critique nourrit le débat et permet de progresser.
    Vous posez des questions nécessaires mais vous bâtissez un article généraliste sur des témoignages masqués. Les organisateurs du salon n’ont jamais prétendu autre chose que la création d’un salon littéraire de quartier ouvert à tous avec des éditeurs/libraires locaux et leurs auteurs du cru, délocalisés ou impliqués dans leur chiffre d’affaire. Pas de mensonge sur la marchandise !

    « C’est un festival qui met en avant la place de la ville dans la littérature, et qui s’intéresse, plus particulièrement, aux relations qui s’établissent entre la ville et ses habitants. » Outre le caractère là encore bien général de cette mission, la réalité du festival apparaît tout autre »

    La ville dans la littérature se développe des mois en amont dans le quartier à la faveur, notamment, d’un prix des lecteurs à la bibliothèque de Maurepas autour de la thématique choisie ainsi qu’un travail de fond sur le terrain. L’équipe organisatrice, motivée et compétente travaille sur le lieu et connaît les acteurs locaux. Pendant le salon, des photographes installés dans le quartier poursuivent leur travail de portraits (http://pamcabine.tumblr.com) et la bibliothèque de Maurepas propose une animation fédératrice, ainsi la réalité du festival se poursuit entre la ville et ses habitants. (Ce que vous appelez la démagogie du socio-culturel mais qui colle à la démarche du salon)

    Alors amateur oui mais dans le sens le plus respectable, parfois galvaudé entre vos lignes. Vous relayer ce genre d’argument : « certes, on sait que Rennes rime avec ‘cheap’, mais bon, appelez les salles du festival par les doux noms de ‘baraquements’ et ‘tentes’, cela n’engage pas trop les écrivains non locaux à venir à l’événement. » ?
    Les auteurs nationaux ne se déplaceraient pas lors de manifestations sous tentes et chapiteaux ? Mais qu’ils restent dans leur bulle en vase clos, tour d’argent, champagne, petits fours et poudre de perlimpinpin. « Cheap Rennes » selon votre témoin (qui reste anonyme). Vous confondez « gagne-petit » et convivialité. Où ajuster ses moyens à ses ambitions. Alors oui, pour citer un exemple, les invités mangeaient à la bonne franquette sous la tente des plats cuisinés par des femmes marocaines du quartier. Ces dernières furent applaudies au terme du dernier repas, votre témoin mécontent de cet accueil sous tente devait se mordiller la peau des ongles parmi ce parterre de gens heureux !

    « Amateurisme, voilà sans doute l’un des qualificatifs qui revient le plus souvent dans la bouche des participants comme des visiteurs. » Etrange là encore quand la plupart des auteurs/libraires ne cessent depuis dimanche soir d’envoyer des messages de remerciement sur les réseaux sociaux, ravis des rencontres et de l’ambiance du salon. Au hasard (je cite mes sources) Samuel Le Sage « Un grand merci pour ce sympathique week-end ! », David Khara « A Marion, Brigitte, Jean-Luc, André, et tous les bénévoles et habitants du quartier, merci de faire ce week-end un moment à part » Sandra Martinau « De retour du festival Rue des Livres ! J’ai revu des copains auteurs, en ai découvert de nouveaux et que de belles rencontre » etc. Je ne possède pas le point de vue des visiteurs mais au regard de la foule qui revient chaque année (notamment le dimanche), elle doit y trouver son compte !

    Bien entendu Rue des livres reste perfectible, une thématique évolutive pourrait se dégager chaque année toujours en lien avec la ville et le quartier. Ajouter comme argument à charge les annulations de dernière minute paraît fallacieux. Travelling (pour n’en prendre qu’un car il s’agit d’un problème récurrent), organisation professionnelle, a annulé cette année nombres de rencontres au motif d’invités absents. Les réalisateurs écossais, notamment, ne se sont pas déplacés. Ce genre d’incidents arrivent même aux plus rôdés et pourtant, le festival de cinéma a connu un franc succès et chacun fut ravi !

    A propos de « vos chiffres bilan demi-teinte de 8000 visiteurs », la version officielle annonce 10000 visiteurs. L’affaire attire les élus, pas de festival littéraire à Rennes depuis Plumes rebelles, belle « opportunité » de s’emparer de l’objet « clés en main « , la ville souhaiterait placer une ou deux personnes de son cru pour « aider » (cf Ouest-France lundi 18 mars). Pour le coup, finis le côté artisanal et l’amateurisme supplément d’âme mais dessine des craintes évoquées dans un commentaire plus haut sur l’identité du salon…

    Je terminerai sur une remarque. Monsieur, vous êtes rédacteur en chef, vous n’ignorez pas qu’un argumentaire ne peut se satisfaire des seuls « nous confie l’un des autres écrivains non rennais présents aux dédicaces », « on parle de 8000 visiteurs », « l’un des libraires patentés de la place rennaise », « le salon bruissait » etc. Sans sources, votre article tire à blanc.

    • Madame,

      Nous n’épiloguerons pas. Seule remarque en conclusion de votre cauda venenum : Article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme sur la Protection des sources d’information des journalistes. Il faut comprendre que des sources préfèrent ne pas être citées quand on voit le déchainement d’irritation qu’entraînent certains articles pondérés et aucunement malveillants qui osent donner à réfléchir. Mais chacun a le droit d’être sourd dans sa tour d’ivoire.

      Cordialement,

  4. A part les rares personnes qui viennent de s’exprimer et qui aiment les petits festivals mal foutus, dans lesquels les invités, voire les animateurs, sont mal accueillis, les éditeurs et libraires qui ont un peu plus d’envergure sans rouler sur l’or savent qu’il y a un problème et qui est en partie rennais. Quand on est petit, on aime bien taper sur les plus gros que soi, même s’ils sont indépendants. Tout le monde sait que ce festival n’a ni queue ni tête.

    Bonne continuation,

    Alain

  5. Je plussoie. Personne ne comprend quoi que ce soit à ce soi disant salon festival. Et puis faut arrêter den faire des caisses avec la sympathie
    1 ça fait pas tout 2 ya beaucoup d’autres salons sympas et plus sympas. 3. l’organisation n’est pas coolement foutraque, c’est un grand bordel sans respect pour le principal invité, le livre.

  6. Je ne connais pas énormément ce salon, j’y suis passé une fois croyant que c’était une grande braderie. Je ne me permettrai donc pas de juger ce festival/salon. Mais d’après ce que je peux avoir comme retour ici et là, cet événement est à l’image de la ville, certes « sympathique, convivial » mais sans aucune stratégie pour l’avenir et sans potentiel de rayonnement en dehors d’un rayon de 30km autour de Rennes.
    De plus, au vu de l’objectif principal communiqué par ce salon, il parait clair que Rennes n’est pas très associé et ne voit donc pas son activité et son rayonnement culturels s’amplifier fortement, comme à l’image de beaucoup de ces événements ou de ses non action en faveur du développement national et international à Rennes (Cf le Mensuel de Rennes de ce mois de mars).

    PS : Vos articles sont vraiment bien rédigés, on prend plaisir à les lire, même si l’on est pas toujours d’accord.

    • Merci cher Plouf pour votre commentaire ! Et merci pour sa bien plaisante conclusion. Quant à ne pas être toujours d’accord, tant mieux ! C’est en partageant des avis différents que nous nous enrichissons et ainsi rénovons à Rennes la culture du débat et de la proposition.

      Bien cordialement,

      Nicolas Roberti

  7. Ah, des stratégies……… waw.
    C’est marrant comme on veut tout d’un coup faire d’un truc qui s’est monté dans un quartier popu de Rennes un autre truc… stratégique. Vive la récupération.
    Le celtisme, voilà qui est vachement plus original, dites donc.

    Moi, j’aime bien Rue des Livres. Bye !

    Cordialement.

    • Cher Thomas,

      Notre réponse à votre aimable commentaire appelle les remarque suivantes. Vous pouvez tout à fait aimer et vouloir garder en l’état « ce truc qui s’est monté dans un quartier popu de Rennes », mais pas avec des centaines de milliers d’euros de subventions. Dès lors que Rue des Livres reçoit d’importantes subventions de la Ville, c’est l’argent du contribuable qui est en question, et tout le monde est légitimé à donner son avis. A Rennes, nous connaissons des dizaines d’associations de quartiers qui aimeraient bien toucher une telle manne pour organiser son festival. Bref, Libre à Rue des livres de faire ce qu’il fait mais pas avec autant d’argent eu égard à son piètre résultat.
      Quant à un grand salon international celtique, faudrait savoir : dans le peu de visibilité nationale et internationale de Rennes, une des rares choses markettées qui séduit c’est le celtisme et la galette-saucisse. Or, un festival international de la galette-saucisse parait moins valorisant qu’un salon littéraire et documentariste des pays européens de traditions celtiques. De fait, ce n’est pas original, mais c’est un créneau susceptible de porter la visibilité de la ville en la dotant d’un véritable festival international.
      Par ailleurs, les deux peuvent cohabiter. Mais les subventions de l’un devront aller à l’autre.
      Bien sûr, comme nous vous sentons plein d’esprit, bienveillant et animé de la meilleure volonté, nous aimerions lire vos propositions.

      Cordialement,

      La rédaction

  8. Bonjour Monsieur Roberti,

    Je ne souhaitais pas réagir à vos articles parus après le festival mais je viens de lire le dernier dans lequel vous abordez le coût du festival.
    Je suis extrêmement surpris que vous annonciez un coût de plusieurs centaines de milliers d’euros . D’où tenez-vous ces chiffres? Nous en sommes bien loin et vous seriez surpris de les connaitre.
    Cette affirmation est grave, vous avez laisser croire aux contribuables que ce festival coûte une fortune.
    Aux dires des spécialistes, ce festival serait un des moins cher de Bretagne, voir le moins cher.
    Certes, ce budget provient en partie de la ville, du conseil régional, conseil général, mais aussi des partenaires privés dont le montant valorisé pour certains n’est pas négligeable. ( sncf, mercure parlement, école lisaa, super u, ciné tnb, espacil, archipel habitat, crédit mutuel de bretagne, renault longschamps depuis cette année, pépinière lami, centre cial grand quartier, Star, Félix restaurant….

    cordialement,
    andré bouaissier
    relations partenaires

    • Cher Monsieur,

      Merci de votre commentaire. Toutefois, je ne vois pas de quel article vous parlez. En effet, je n’ai écrit en tout et pour tout qu’un seul article consacré à Rue des Livres. Et je n’aborde pas du tout l’aspect financier. Notamment, car les chiffres dont nous disposons sont contradictoires.
      Le montant le plus bas, mais absolument pas crédible, serait de 30000€ par année. Deux autres chiffres en provenance de deux sources administratives donnent 500000 et 80000€. Quatrième chiffre, 120000€. C’est à n’y rien comprendre.
      Mais c’est bien dans la logique de la Ville de Rennes qui est réfractaire à la transparence des chiffres comme des décisions. En fait, une spécialité locale consiste à abonder en plus du budget direct alloué des sommes ou des services sur d’autres lignes budgétaires en principe différentes. Cet artifice est utilisé depuis des années pour, par exemple, minorer le coût élevé de la communication de la mairie et de l’agglo.
      Bref, une fois pris en compte les subventions versées plus tous les avantages en nature offerts (par exemple, bâtiments, ingénierie, mobiliers, réduction sur tel ou tel coût, achat, service, par exemple sur la campagne de communication), la valeur absolue devrait (mais, encore une fois, elle est bien difficile à estimer, c’est pour cela que je n’ai pas du tout abordé cet aspect dans l’article) être comprise, selon nos différentes sources, entre 60000 et 120000€, soit depuis le début du festival il y a 6 ans, environ un demi-million d’euros. Est-ce que cette somme est justifiée au regard du résultat ? Je vous en laisse seul juge.

      Bien cordialement,

      Nicolas Roberti

      N.B. : Quitte à vous exprimer, nous serions heureux de lire vos réflexions sur les problèmes que nous avons soulevés et leurs possibles résolutions.

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