Tizé. Un domaine flanqué d’un vieux manoir du XIIIe siècle à Thorigné-Fouillard, près de Cesson-Sévigné et de Rennes, sur les bords de la Vilaine. Bâti au cœur d’un écrin de verdure, la bâtisse aux portes en bois rouge est devenu un havre de paix artistique où évolue l’association Au Bout du Plongeoir, lieu de productions artistiques, d’idées et, depuis un mois, de réjouissances autour d’une guinguette. Après 10 ans de maturation du projet, the place to be est au Bout du plongeoir ! Vous souhaitez voir de vos propres yeux cet endroit atypique et enchanteur ? Venez le découvrir durant les Journées du Patrimoine les 19 et 20 septembre 2020 ou durant les portes ouvertes du 25 au 27 septembre 2020.

Plateforme de création artistique ouverte au public

Lieu propice aux promenades champêtres et à la détente, l’ancien château de plus de 1000 m2 abrite l’association Au Bout du Plongeoir depuis 2005. « Le projet Au bout du Plongeoir précède son installation au domaine de Tizé. Il a été initié en 2001 dans l’idée de venir enrichir le paysage culturel à une période où il manquait des lieux pour la création », souligne Fabienne Quéméneur, co-coordinatrice de l’association Au Bout du Plongeoir.

Les coordinateurs d’Au bout du plongeoir Fabienne Quéméneur et Dominique Chrétien

Fabrique d’art. Laboratoire d’idées et de rencontres. Site expérimental d’architectures. Des mots qui décrivent avec justesse les activités de l’association. Depuis quasi 20 ans, l’équipe accompagne les artistes, émergents ou expérimentés, dans leur création artistique et plus spécifiquement « dans les démarrages de projets. Ce moment particulier de l’écriture où l’on se pose les premières questions », précise t-elle. Comment vient-on commencer un projet ? Quelles sont les premières interrogations ? De quelle manière accompagner ces créateurs aux prémices de leur processus créatif ? Et comment l’association peut-elle faire écho à ces réflexions ? Des questions qui définissent la sensibilité particulière de l’association. « La spécificité du lieu est justement de ne pas être spécifique – s’amuse Fabienne Quéméneur. Nous ne fermons aucune porte artistique – théâtre, danse, arts plastiques, etc. Des paysagistes, designers et architectes viennent aussi au domaine expérimenter avec la possibilité de travailler à l’échelle 1. Ils peuvent ainsi faire de vrais tests sur les matériaux ou les démarches. » Le critère : que le projet résonne avec le lieu et sa philosophie.

Les débuts d’une création artistique sont un moment souvent fragiles, les artistes n’ont parfois pas envie de montrer d’étapes, mais d’autres ont a contrario besoin de la réaction du public afin d’avancer dans leur projet. « Comme ce lieu se concentre sur les embryons de projets, Au Bout du Plongeoir laisse une liberté aux artistes, mais on reste à l’écoute des besoins : on passe les voir afin de leur donner un retour s’ils le veulent, on les met en lien avec des partenaires ou personnes ressources s’ils se posent une question philosophique, scientifique ou technique. On a un contexte rêvé s’ils veulent montrer une étape de travail, mais ce n’est pas obligatoire. » Chacun reste libre de s’exprimer comme il le souhaite.

Actuellement, trois équipes ont investis les lieux : Paulo Duarte de la compagnie Mecanika pour le spectacle Bien dormir ; La Zamak Compagnie pour la pièce Fracassés, mise en scène par Delphine Battour ; Caroline Denos, danseuse, et François Joncour, musicien, travaillent ensemble au projet Larsen/Sans fond. « Venir déposer son bagage ici et se retrouver dans des endroits particuliers comme le bureau suspendu… les retours des artistes sont souvent assez forts sur ce côté cocon. »

Fabienne Quéméneur et le bureau suspendu d’Au Bout du Plongeoir

« Je suis habitante de Thorigné Fouillard donc je connais le lieu depuis longtemps. Je l’ai toujours trouvé magique. J’étais à la municipalité quand Au bout du Plongeoir est arrivé et j’ai toujours soutenu le projet autant que faire se peut. Ce n’est pas seulement le résultat qui compte dans une réalisation artistique. Le cheminement est tout aussi important », Françoise, bénévole depuis des années et membre du Conseil administratif depuis trois mois.

Au Bout du Plongeoir fait aujourd’hui partie des trois lieux reconnus d’intérêt métropolitain en Ille-et-Vilaine aux côtés de la Cité du Livre à Bécherel et le théâtre Dromesko. Une reconnaissance qui leur permet une visibilité et un champ d’actions plus large. « À l’origine, la commune Thorigné-Fouillard souhaitait créer un lieu dédié à la Culture, un lieu pour le public », précise la bénévole. « Les bâtiments sont la propriété de la commune de Thorigné Fouillard, mais Rennes Métropole assure aujourd’hui la gestion du site – complète la co-coordinatrice. La Métropole est notre premier interlocuteur et nous sommes soutenus par la DRAC, le Département et la Région. Au Bout du Plongeoir est un lieu conventionné, tenu par les tutelles, ce qui permet de structurer et d’accueillir une trentaine d’équipes en résidence par an. »

Réseau Itinéraires d’artiste[s] : « interrégional et structurant »

Dans la continuité de ces réflexions, Au Bout du Plongeoir a initié avec les Fabriques de Nantes le réseau interrégional Itinéraire d’artiste[s] en 2014. « Le réseau s’est élargi à la Chapelle Dérézo à Brest en 2017 et le Centre Dramatique National Rouen-Normandie rejoint l’aventure en 2020 », précise Dominique Chrétien, co-coordinateur de l’association. « Ce projet interrégional s’avère très structurant pour les artistes. On leur apporte des lieux et du réseau, mais également un budget afin de produire leurs spectacles puisque c’est un projet soutenu par les régions Bretagne et Pays de la Loire », termine Fabienne Quéméneur.

Offrant des espaces de recherche et d’expérimentation à des artistes de toutes disciplines, « chaque lieu apporte des idées de projets d’artiste intéressantes. Les créateurs vont alors travailler dans les différents lieux dans le but de créer du lien, un réseau ».

« Les Bons Jours ! » reportés et transformés

Le dernier week-end de septembre devait être l’occasion de découvrir au Domaine de Tizé le travail de nombreux artistes et autres créateurs venus séjourner en 2020 au sein de l’association Au bout du plongeoir. Ils devaient présenter leur travail dans tous les espaces du Domaine, extérieurs et intérieurs, à l’occasion de ce rendez-vous dénommé Les Bons Jours.

Une grande fréquentation de visiteurs et spectateurs était attendue (plus d’un millier de personnes l’an passé) pour ces « Grandes portes ouvertes ». Aussi dans le contexte sanitaire particulièrement difficile actuellement sur la métropole rennaise et ailleurs, il ne nous apparaît pas envisageable d’accueillir artistes, créateurs, visiteurs et spectateurs dans des conditions techniques et humaines qui soient en accord avec la philosophie de cette manifestation où l’esprit d’ouverture, de côtoiement, de rencontre, de croisement, de partage sont au cœur du projet.

Les Bons Jours changeront donc de format en 2020 pour se dérouler en plusieurs épisodes ! Ils démarreront cet automne et se poursuivront durant l’hiver, au Domaine de Tizé et/ou dans des lieux partenaires qui nous accueilleront pendant notre nomadisme hivernal.

Une cantine associative et prochainement, un potager !

Une architecture contemporaine accompagne depuis peu celle patrimoniale du manoir. « L’association occupe professionnellement les espaces, mais les promeneurs et les habitants sont aussi familiers du lieu. L’idée était d’ouvrir une cantine associative avec de la nourriture végétarienne et locale en y intégrant des ateliers de partage de savoir-faire. » Initiateur du projet, Benoit Gasnier, comédien et metteur en scène de la compagnie À l’envers, a rejoint l’équipe salariée afin de questionner la notion d’accueil au public. Construite par l’architecte bénévole Guénolé Jézéquel et mise en place à la sortie du confinement, la cantine est évolutive et fonctionne pour l’instant tous les derniers weekends du mois pendant la saison des beaux jours : du vendredi au dimanche jusqu’à la tombée du jour.

« Je suis venue plusieurs fois en tant que spectatrice et je connais particulièrement Benoit Gasnier. je suis venue l’aider à finir les travaux de la cantine. Cette expérience m’a donné envie de rester, car l’endroit est magnifique. J’arrive sur le site avec un sourire jusqu’aux oreilles. BenoIt s’est toujours interrogé sur le fait de rapprocher les gens et de créer du lien, des questions qui m’intéressent également. En plus, j’adore faire la cuisine et l’idée de créer un potager m’enthousiasme énormément ! », Karine, bénévole et membre du CA depuis trois mois.

Karine Autran aux commandes de la restauration de la guinguette. Après des études d’histoire de l’Art, plusieurs vies professionnelles, de commissaire d’exposition à décoratrice aujourd’hui, en passant par la musique, la fabrication de flight-cases, la brocante, son fil rouge : le beau, le geste, le faire.

Plus qu’un lieu culturel, l’équipe d’Au bout du Plongeoir tend à créer un endroit producteur de ressources qu’artistes et passants peuvent ensuite consommer. « Armelle, bénévole de l’association, nous a appris à préparer des sirops maison que l’on sert maintenant au bar. Il s’agit de se demander comment créer et partager un savoir-faire ». Toutes les réflexions de l’association tournent autour de ces questionnements dans l’air du temps, mais comment les mettre réellement en pratique ? De quelle manière être créateur à partir des ressources alentours ? « On se sert par exemple de plantes sauvages des alentours pour cuisiner », précise Katherine.

Des futurs hébergements pour les artistes verront le jour dans les deux ans à venir. Actuellement en résidence, Cécile Gaudoin, architecte et Julien Fazilleau, stagiaire, s’immergent dans le site et imagine les futurs habitats, première construction / expérimentation pérenne sur le domaine. « L’architecte est en train de recenser toutes les ressources de proximité – bois, pierre, etc. C’est un bois classé, mais l’association Des hommes et des bois est venue et il est possible d’utiliser le bois des arbres tombés. »

« Prochainement, nous allons développer un potager ». De ce projet, il n’y a pour l’instant qu’un amas de terre, mais il résonne symboliquement comme une promesse… « On a commencé à rêver de quel potager on aimerait créer en sachant que l’on se trouve sur un domaine public, spécificité qui est à prendre en compte. On se pose toujours la question de l’expérimental. Que pouvons-nous tester de nouveau ? Un apiculteur va également venir nous rendre visite. Il expérimente une façon de ré-ensauvager les abeilles et de recréer les habitats naturels, pas des ruches. On va essayer de lui trouver un petit coin… ». Prochainement, il se peut donc que les abeilles butinent en toute sérénité au Domaine de Tizé

Domaine de Tizé
35 235 Thorigné-Fouillard
0299830981 / 0677594640
plateforme@auboutduplongeoir.fr

VENIR EN AUTOMOBILE
Par la rocade, prendre la sortie n°17 « Porte de Tizé » (rocade Est) et suivre les panneaux « Domaine de Tizé »
Depuis Rennes, traverser le centre de Cesson-Sévigné et prendre la direction Thorigné-Fouillard.

Dans les deux cas, l’accès au Domaine de Tizé s’effectue en face de l’entrée du Lycée Ozanam à Cesson-Sévigné.
Sur un GPS, indiquer : « Rue du Manoir, Thorigné-Fouillard » et sur un téléphone : « Au bout du plongeoir »

EN BUS
Départ Rennes / République et descendre à « Village des collectivités » (l’accès au manoir se situe à 200 mètres sur votre gauche, en face l’entrée du lycée)

Départ Rennes, descendre à « Stade Dézerseul » le terminus. (Au stade Dézerseul, le manoir se situe à 200 mètres sur votre gauche en longeant l’étang)

Départ Rennes / République et descendre à « Bourgchevreuil » (et là, soit venir à pied jusqu’à Tizé quand on connaît le chemin en passant par la base de loisirs de Cesson, soit reprendre le 31 depuis ce même arrêt « Bourgchevreuil » et descendre à « Stade Dézerseul« . Une fois au Stade Dézerseul, le manoir se situe à 200 mètres sur votre gauche en longeant l’étang)

n°92 Départ centre de Thorigné-Fouillard et descendre à l’arrêt « Village des collectivités ».

Plusieurs chemins et sentiers accèdent au Domaine, en longeant la Vilaine depuis Rennes, Cesson-Sévigné et Acigné.

Et pour un itinéraire original en bicyclette : empruntez le parcours CyclArt qui dévoile l’art de la rue au gré de votre balade.

Rendez vous sur le site d’En roue libre à la page http://enrouelibre.eu/le-cyclart-le-projet et téléchargez le parcours en cliquant sur le cyclArt de l’Est.

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