Caroline Calloc’h, telle une bonne fée armée d’un tube de colle magique, restaure la céramique : elle rend vie aux délicates porcelaines comme aux assiettes de Quimper et fait disparaître les marques de nos inconséquences. Très bonne nouvelle pour tous les maladroits, les malhabiles et autres brise-fer, les dommages que leur balourdise ne manquera jamais de produire pourront cette fois rester sans conséquence, ou presque.

Caroline Calloc'hC’est dans un petit atelier aux murs immaculés et étincelants de lumière que cette souriante magicienne nous a initiés aux premiers rudiments de son art. Le premier mot qui à lui seul résume toute sa démarche est « la patience ». C’est d’ailleurs de cette vertu dont elle a du faire preuve avant d’ouvrir en 2010 son propre atelier de restauration dans notre bonne capitale Bretonne. Phénomène pas vraiment curieux, comme beaucoup des artistes et des restaurateurs d’art que nous avons eu la chance de rencontrer, Caroline Calloc’h a toujours su ce qu’elle souhaitait faire et à l’instar des autres créateurs a pris pour cela des chemins de traverse. C’est vraiment le moins qui se puisse dire. Issue du lycée Saint-Vincent la Providence, ce pur produit local ne perd pas de temps et s’attelle, dès la fin de ses années lycée à une année préparatoire à LISAA, autrement dit l’institut supérieur des arts appliqués.

CAROLINE CALLOC'HC’est pourtant entre la mode et la communication que son cœur va balancer. Centre d’intérêt compréhensible pour une jeune femme et véritable pépinière de métiers passionnants, ces deux orientations n’occultent en rien le désir déjà existant d’apprendre le métier qui est maintenant le sien. Elle fait ses premières armes auprès de Anne-Françoise Girard dont l’atelier de restauration est installé boulevard de Verdun, puis confirme ses connaissances grâce à Agnès Rohmer-Kretz, toujours en activité et qui lui prodigue ses conseils expérimentés. Cet apprentissage, un peu en pointillé va s’étaler sur près de quatre années au cours desquelles elle s’initie au nettoyage minutieux des pièces avant restauration, à la suppression des collages approximatifs et très souvent mal à propos, puis peu à peu à la reconstitution, à la recréation des éléments manquants et enfin, pas vraiment le moment le plus aisé, la remise en peinture et la restauration des décors. CAROLINE CALLOC'HTout cela ne l’empêche pas de suivre en parallèle un cursus toujours axé sur la mode afin d’obtenir un diplôme supérieur des arts appliqués DSAA, à l’école supérieure des arts appliqués Duperré. Comme rien n’est jamais acquis, il lui faudra attendre le jour de la rentrée pour être repêchée « in extremis » puisqu’elle figure en tète de la liste d’attente. Elle entame alors de solides études techniques qui la conduisent à obtenir un BTS en design de mode, textile et environnement.

CAROLINE CALLOC'HSi le rapport avec la céramique ne s’impose pas comme une évidence, elle y acquiert cependant un regard plus aiguisé sur l’objet, ses couleurs, ses reflets, son mystère. Elle attire l’attention de ses professeurs par son opiniâtreté. À l’heure de l’ordinateur qui pense et exécute pour nous, elle préfère l’aridité de la feuille de papier, exigeante et sans concession, mais qui là encore, apporte une compréhension et une intimité incomparable avec l’objet. Cette posture lui vaut le surnom affectueux de « petit moine copiste ». Ce souci d’approche humble et artisanale de son métier est un véritable guide pour Caroline Calloc’h. Le résultat ne s’obtient que par le respect d’un véritable savoir-faire communiqué par ses devanciers.

Ces règles s’appliquent particulièrement pour la reprise des décors, étape ultime et fondamentale, au cours de laquelle, reprenant ses propres paroles, elle « doit savoir décomposer et interpréter les couleurs afin de les restituer le plus fidèlement ». Elle insiste également sur le fait que la finalité n’est pas de « faire du neuf », mais de respecter l’histoire et la vie de la pièce en cours de restauration. Ainsi, quelques bulles intempestives figurant sur la couverte d’une assiette de la compagnie des Indes, ne sont nullement à corriger puisqu’elles sont consubstantielles à l’élaboration de cette pièce, elles sont partie intégrante de son processus de fabrication… mais au XVIIIe siècle.

CAROLINE CALLOC'HSi sa clientèle se divise entre particuliers, professionnels et galeristes, l’étendue de son domaine d’intervention ne peut se limiter à la simple restauration, qui pour être « alimentaire », ne satisfait pas complètement son désir de création. Pour cela Caroline Calloc’h continue des formations avec l’espoir de nous présenter un jour ses propres productions. En attendant (et les photos le prouvent), elle réussit à nous stupéfier en transformant un tas informe de tessons en aiguières, coupe ajourée Louis Philippe, assiette de Quimper dessinée par Mathurin Méheut, charmants personnages de Saxe ou de Meissen. Nous vous l’avions dit, Caroline Calloc’h est une enchanteresse qui d’un coup de baguette magique (et d’aérographe) rend le sourire et efface nos maladresses.

Caroline Calloc’h est restauratrice de céramique à Rennes

Atelier Calloc’h Castel / Caroline Calloc’h
13 boulevard Franklin Roosevelt – Cité Pierre Louail – 35000 Rennes
Courriel : caro.calloc.h[@]gmail.com
Tél : 0663780016

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L’atelier de Caroline Calloc’h sera ouvert pour les Journées européennes des métiers d’art :

11h00 à 19h00 – Vendredi 31 mars 2017
11h00 à 19h00 – Samedi 1er avril 2017
11h00 à 19h00 – Dimanche 2 avril 2017

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