Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow : lisibilité de l’action et flan du Texas

    Zero Dark ThirtyZero Dark Thirty est un film cathartique cancéreux. Complètement malade. Bouffé jusqu’à l’os aussi bien par les idéologies dénoncées que par celles acquises.

    Techniquement parfait, le film construit indubitablement une esthétique (la fin dans la forteresse de Ben Laden est sidérante : des plans qui tendent vers l’écran noir, d’autres passés aux filtres verts et au sein desquels les personnages ont des rayons lasers qui leur sortent du crâne). Mais que raconte–t-il ? Que l’amitié et la patrie sont peut-être encore plus importantes que la foi ?

    Zero Dark ThirtyEt que dire, ici, des scènes de torture ? Elles sont hallucinantes de cruauté, presque insoutenables. Au service de quoi ? De quelques larmes versées par une jolie rousse au cœur de pierre, exilée tel Ulysse en terrain muslim mais sans Pénélope pour l’attendre ?

    Zero Dark ThirtyDans sa manière de mêler l’intime (parcimonieusement : à vrai dire Bigelow ne parle de l’intime que pour déplorer le fait qu’il n’existe pas) et le politique, la cinéaste atteint un degré de confusion ahurissant. Elle semble n’envisager la conscience que comme deuil, pitié ou retranchement. Pourtant, on voit chez elle ce qu’on ne voit nulle part ailleurs : la lisibilité de l’action. Dommage que, derrière cela, la pensée ait une gueule de gros flan du Texas.

    Zero Dark Thirty
    Date de sortie 23 janvier 2013 (2h29min)
    Réalisé par Kathryn Bigelow
    Avec Jessica Chastain, Jason Clarke, Joel Edgerton plus
    Genre Thriller , Action
    Nationalité Américain

    Un commentaire

    1. Et pourtant, je me suis ennuyé ferme. Sans doute, parce que j’en attendais autre chose, c’est vrai. Parce que les scènes de tortures, soit disant horribles, ne sont rien par rapport à ce que l’esprit humain peut inventer dans des films d’horreurs….et rien par rapport à la réalité des guerres.
      La froideur de façade de l' »héroine » n’aide pas, il est vrai, à donner du sentiment à ces deux blocs qui s’opposent : analystes et barbouzes. Et puis pour le marketing, il fallait vendre du Ben Laden…. Bilan, une Bygelow faiblarde à mon goût et qu’on commence vraiment à surcoter par rapport à ses qualités réelles.

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