Après une édition quelque peu plombée par les relations diplomatiques entre la France et le Mexique, le festival Travelling revient cette année avec un millésime consacré à Bruxelles. Souhaitons que la montée en puissance du cinéma flamand et les récentes tensions linguistiques et corporatistes autour des élus des Magritte du cinéma ne viennent de nouveau le troubler. Au demeurant, le parti-pris du réalisme social qui oriente le festival de la Métropole rennaise trouve dans le cinéma belge contemporain une résonance familière.

En cette année de crise, Travelling propose de parcourir Bruxelles/Brussel à travers son temps et son espace cinématographiques. Pour l’y aider, des réalisateurs belges de renom viendront présenter leurs oeuvres :

  • Bouli Lanners et ses road-movies à l’humour noir. Un maître du paysage, naturel et social.
  • Domnique Abel et Fiona Gordon, le couple burlesque aux corps parlants, enfants spirituels de Tati et Keaton, qui rayonnent comme une berlue nostalgique sans jamais verser dans le réactionnaire.
  • Olivier Masset-Depasse chez qui réalisme social et subjectivité psychologique se lient habilement grâce à une image dédiée à l’errance et au blocage.
  • Jaco Van Dormael qui transfigure le tragique quotidien par un imaginaire puissant de déconstruction et d’évocation.
  • Jean-Pierre et Luc Dardenne, dont les films ont ouvert la voie belge d’un réalisme social à caractère militant, n’ont visiblement pas souhaité militer en faveur de leur propre production en se rendant à l’invitation de Travelling.

 Sont programmés 35 longs métrages. Ils sont encadrés par cinq réalisations qu’Unidivers recommande :

  • le plus ancien, Bossemans et Coppenolle de Gaston Schoukens (1938) (on regrettera l’absence d’Un soir de joie…),
  • le récent documentaire de Manuel Poutte, Fritkot (2011)
  • la récente fiction de Nicolas Provot, L’Envahisseur (2011)
  • et les deux derniers nominativement, HH Hilter à Holywood de Frédéric Sojcher et Pulsar d’Alex Stockman (réalisateur du Pressentiment en 2001).

Une petite trentaine de courts métrages sont en compétition, notamment, Badpakje 46 (Maillot de bain 46) de Wannes Destoop, Pour toi je ferai bataille de Rachel Lang, L’oeil du paon de Gerlando Infuso, Fugue de Vincent Bierrewaerts, The Extraordinary Life of Rocky de Kévin Meul.

On regrettera l’absence dans la programmation d’Amer d’Hélène Cattet (2011). Mais, on se félicite de la projection de Bullhead, un drame psychologique en forme de policier où la viande, la castration et les injections d’hormones brouillent les limites entre l’homme et la bête…

Enfin, on s’étonnera de l’absence de l’oeuvre remarquable d’André Delvaux. Sans doute, le partis-pris du réalisme social est-il réfractaire au réalisme magique… Pourtant, ne serait-ce dans la partie consacrée à l’histoire politique et sociale de la Belgique, on aurait aimé voir projeté Une nuit, un train. Quant à l’inédit qu’est Babel opéra, il aurait trouvé à Travelling une scène rêvée, comme un grand Commandeur…
Ah pardon, le maître belge est bien présent dans la programmation : à la dernière place en termes de durée avec 1001, un court-métrage de 7’40 tourné trois ans avant sa mort.

 Nicolas Roberti 

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Programmés et à écouter sans retenue :
An Pierlé,
la Tori Amos belge
Chapi Chapo
avec un PoPoPolska toujours aussi enchanteur

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Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

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