Copie, contrefaçon, manque d’imagination, snobisme tapageur, juste retour de bâton, effet pervers d’un secteur qui tourne en boucle jusqu’à ne plus que faire de la récup’ et détourner à défaut d’inventer ? La maison française Louis Vuitton vient de présenter sa copie du fameux cabasBarbès’. Ce sac vichy rose et blanc fut créé dans les années 50 par les magasins Tati. Aujourd’hui, symbole de Barbès, quartier populaire de Paris, l’objet est souvent accolé à l’image de l’immigré en chemin vers son pays pour les vacances.

 

C’est le créateur Marc Jacobs qui a eu l’idée de détourner ce symbole. Comme un retour à l’envoyeur : les nombreuses copies des sacs et accessoires de maroquinerie Vuitton en circulation à Barbès. Le prix ? 1200€. Un prix astronomique eu égard à l’absence de valeur-ajoutée créative, un niveau technique des plus simples et une toile guère beaucoup plus noble que l’original (vendu de 0,5 à 2€) !

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Quel objectif Marc Jacobs poursuit-il ?  S’approprier un objet tombé dans le domaine public en ouvrant une discussion ? Détourner un symbole pour parler contrefaçon ? Vuitton voudrait sensibiliser au fait que c’est Barbes qui le copie. Enfin, Barbes, c’est vite dit : le fameux sac vichy n’y est plus fabriqué depuis belle lurette. Qui plus est, le quartier n’est plus le  phare de la contrefaçon depuis des lustres.

Désormais aseptisé, presque pacifié, le quartier n’a plus grand-chose en commun avec  celui d’il y a 20  où le client trouvait à la sauvette des vendeurs de montres et autres produits de luxe. C’est pourquoi ce sac vichy-Tati-Barbès devient le symbole d’une coupure dramatique entre le monde du luxe et la vie réelle.

Louis Vuitton est issu d’une famille modeste et a gravi les échelons en décryptant intelligemment les tendances. Son entreprise a évolué, mais si le succès est toujours là commercialement, l’image de l’entreprise se connote négativement depuis quelque temps. Et si Marc Jacobs a conçu de bonnes et efficaces idées pour dépoussiérer cette vénérable entreprise, il commence lui aussi à oublier les fondamentaux du monde de la mode, du monde de la création, du monde tout court.

Didier Ackermann & Nicolas Roberti

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