On les entend partout, au cinéma, à la télévision, dans le train, les métropolitains. Ils demeurent dans l’ombre, simplement crédités au générique. Le métier de voix off constitue un univers peu connu. Pourtant, il est indispensable sur plus d’un point. À ce niveau, la Bretagne semble particulièrement dynamique. La création du site voix-off-bretagne.fr le prouve, tout comme les sociétés de production indépendantes et les acteurs du métier.

 

voix off bretagnePour de nombreuses professions artistiques, Paris reste un lieu privilégié. En dehors de la capitale, on sait qu’il est difficile de vivre complètement de sa « voix ». Du reste, les grandes formations sont dispensées là-bas, à l’INA, à l’IMDA ou à Rhinocéros. En province, cette activité demeure le plus souvent cumulée avec une ou plusieurs autres. Au cinéma, par exemple, ou au théâtre. Le milieu s’avère précaire, puisque composé en majorité par des autoentrepreneurs ou des intermittents.

Rien ne prédisposait la Bretagne à posséder une forte attractivité en terme de voix off. Et pourtant, lorsqu’il revient de Paris en 2012, Eric Bouillon constate que ces métiers existent bel et bien dans la région, mais personne ne les fédère. Ce spécialiste de l’image et du son décide alors de créer une plate-forme et un annuaire pour les recenser. Le site voix-off-bretagne.fr voit alors le jour.

voix off bretagneIl regroupe désormais environ 50 voix. 80 % sont des professionnels, formés ou non. Afin d’accéder à l’annuaire, les voix off doivent envoyer une maquette ou bien passer un casting. Pour ce faire, Eric Bouillon possède une cabine de speak. Une fois acceptée, la personne doit s’inscrire. Car le site est financé, non sur une commission, mais sur inscription (entre 60 et 100 euros). Grâce à elle, l’inscrit dispose d’une page : un profil composé d’une photographie, de plusieurs enregistrements et d’une courte biographie. Par exemple, Philippe Maujard, : « chanteur, musicien, auteur, compositeur », spécialisé dans « le commentaire, le doublage, la pub, les textes littéraires, pour l’audiovisuel et la radio, mais également des génériques d’émission et des musiques de film ».

Car ce métier ne se résume pas à doubler Bruce Willis en français ou répéter un slogan publicitaire. Par exemple, l’audiodescription, en partie financée par le CSA, offre de nombreuses perspectives. D’autre part, le métier ne consiste pas seulement à transcrire d’une langue à une autre : les spécialistes connaissent souvent plusieurs langues. L’anglais, l’espagnol ou encore… le chinois. En outre, en plus d’une bonne diction, on demandera toujours à la personne de posséder un timbre particulier, une voix originale.

voix off bretagneLa Bretagne possède une culture régionale et une identité fortes. La traduction des films en langue bretonne, par exemple, a développé un marché certain, quoique restreint. L’association Dizale, basée à Plouharnel, œuvre à la promotion du cinéma en breton. En 2015, Dizale a doublé La Part des Anges, de Ken Loach, ou encore la série policière galloise Serr Noz. En outre, l’association a eu la chance de doubler des films cultes comme Appolo 13 ou Braveheart. Avis donc aux cinéastes à la recherche de voix, et vice et versa !

Voix Off Bretagne

Dizale 

Voix off : un site spécialisé pour un métier hors-champ was last modified: janvier 18th, 2016 by Thibault Boixiere

2 Commentaires

  1. Merci pour cet intéressant article. Vous écrivez : « D’autre part, le métier ne consiste pas seulement à transcrire d’une langue à une autre…  »

    Eh non. Ce n’est pas du tout le métier de comédien. Lorsque la version originale est étrangère, le comédien interprète un dialogue traduit au préalable par un traducteur-adaptateur. Quant à la transcription, elle consiste à mettre à l’écrit des voix entendue dans un documentaire. Elle est donc effectuée par un locuteur de la même langue que le film. La transcription sert de base à la traduction-adaptation.

    Bref, les comédiens ont de multiples talents mais on croit à tort que ce sont eux qui, dans la cabine de doublage, improvisent des dialogues en français. Quant aux comédiens de langue maternelle espagnole, chinoise ou autre, ils ne traduisent pas davantage. Ils jouent un texte rédigé ou traduit dans cette langue, c’est tout.

    J’espère que ce sera plus clair désormais, pour vous et pour vos lecteurs.
    Impossible d’entrer dans le détail ici mais pour plus de renseignements sur le métier de traducteur de l’audiovisuel, vous pouvez consulter :
    http://www.ataa.fr/
    C’est le site de l’ATAA (Association des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel). Laquelle ferait bien de définir les professions qu’elle représente et ce, dès sa page d’accueil, car elles restent encore trop méconnues ! 🙂

Laisser un commentaire