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Poste de garde, Meneham à Kerlouan dans le Finistère

Cet été 2023, la rédaction vous embarque avec elle dans ses bagages pour un tour en Bretagne. Site archéologique, cité de caractère ou enclos paroissial, le Finistère n’a pas dit son dernier mot en termes de lieux enchanteurs.

Au cœur de l’été, le soleil comme ami, la brise comme soutien, le temps est propice à des promenades en terres bretonnes. Il existe des endroits aux quatre coins des départements bretons où le temps est suspendu. Aucun n’a à rougir du patrimoine qu’il abrite, source d’émerveillement pour les voyageurs de passage, mais aussi pour les locaux. Nul besoin de quitter la région pour découvrir de véritables trésors architecturaux, des lieux nourris de légendes ou des sites remplis d’histoire. Après l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan, concentrons-nous sur le département du Finistère. La rédaction vous propose une sélection d’endroits à découvrir ou à revisiter au gré de vos pérégrinations estivales.

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Détail du calvaire de l’enclos paroissial de Guimiliau, Finistère

Pont-Aven, la cité des peintres

Pont-Aven est une petite commune finistérienne chargée d’histoire puisqu’elle a accueilli nombre d’artistes, français et étrangers, dès le milieu du XIXe siècle. À commencer par Paul Gauguin, maître de ce qui deviendra l’école de Pont-Aven. Encore aujourd’hui, les galeries d’art ne manquent pas. Elles habillent les rues comme les descendantes de cet héritage artistique qui a fait la renommée de la ville.

Comment décrire Pont-Aven ? C’est un de ces endroits fleuris, encadrés par la nature, qu’il est agréable de visiter quand les beaux jours sont là. Source d’inspiration inépuisable, la commune, ses lieux et ses alentours ont été rendus célèbres par la peinture, comme le Bois d’Amour dans le tableau Le Talisman, l’Aven au Bois d’Amour de Paul Sérusier ou le crucifix polychrome de la chapelle de Trémalo dans Le Christ jaune de Paul Gauguin. En flânant le long de la ria, en admirant l’Aven d’une passerelle ou en se promenant dans les ruelles aux maisons de pierres, il est facile d’imaginer les artistes, pinceaux à la main, inspirés par un tel paysage.

Pont-Aven possède aussi sa légende. On raconte que si la côte bretonne est si découpée, c’est à cause de Gargantua. Chaque fois que le géant se disputait avec sa femme, il tapait du pied sur Pont-Aven pour lui tenir tête et un morceau se détachait de la côte. C’est ce qui expliquerait la formation de si nombreuses îles et îlots. Aujourd’hui, à marée basse, sur la gauche de l’Aven, apparaît un rocher surnommé le « sabot de Gargantua » et rappelle cette histoire…

À découvrir actuellement l’exposition Artistes-Voyageuses, l’appel des lointains au musée de Pont-Aven. Une déambulation dans la collection permanente à la suite de la visite de l’exposition temporaire vous permettre ensuite, entre autres, de marcher au milieu des artistes de l’école de Pont-Aven.

pont aven finistère

Le village de Meneham

Le Pays Pagan, qui s’étire de Goulven à Plouguerneau, est l’écrin d’un bijou finistérien du nom de « Menez ham » en breton, signifiant « le hameau derrière le mont ». Un nom qui lui va à ravir puisque, sur la commune de Kerlouan, niché derrière de gros rochers repose un lieu-dit, ancien village de paysans-pêcheurs-goémoniers aujourd’hui dépeuplé.

Son histoire remonte à la fin du XVIIIe siècle. À 21 m de hauteur, entre les rochers, un corps de garde est construit vers 1756 dans le but de surveiller la mer et de prévenir des dangers. La maison offre une vue qui s’étend alors du phare de Pontusval en Plounéour-Brignogan-Plages jusqu’à celui de l’Île Vierge en Plouguerneau. Elle accueille aujourd’hui le public qui arrive, mais elle fut surtout à l’origine du village. Des maisons aux fours à pain et à goémon, en passant par le Lochen – petit abri en chaume permettait aux pêcheurs de ranger leur matériel -, visiter Meneham c’est voir le quotidien des Bretons du XIXe siècle.

Occupé par la milice pour entretenir le bâtiment, le corps de garde est à la fin du XVIIIe siècle, sous la surveillance des douaniers. Dans un premier temps logé dans le village d’à côté, ces derniers s’installent à partir de 1840 avec leurs familles dans la caserne de Meneham. En 1860, ils laissent leur place aux paysans, pêcheurs et goémoniers qui viennent travailler avec la mer et ses richesses. À son apogée, le village a compté jusqu’à 80 âmes et 14 maisons. Vidé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, le hameau retrouve petit à petit ses habitants, mais se dépeuple dès les années 1970. Le dernier habitant quitte le village en 2001.

Le Cairn de Barnenez

Pour certains, ce ne sont que des pierres, nichées sur une colline, au cœur de la baie de Morlaix. Pour autant, cet ensemble monumental raconte une partie de l’histoire de la Bretagne. Celle préhistorique, au temps du néolithique, quand les hommes se sédentarisent et deviennent agriculteurs-éleveurs. Dans la commune de Plouzeoc’h, sur la presqu’île de Kernelehen, repose le plus grand mausolée mégalithique après celui de Newgrange (Irlande) et, avec le cairn III de Guenno (Finistère), le plus vieux monument d’Europe.

Le Cairn de Barnenez, « Kerdi Bras » en breton, est en réalité composé de deux cairns à couloir : le premier date de 4700 avant J.- C et recouvre cinq dolmens, le second, relié au premier, fut construit en – 4300 et recouvre six dolmens. Transformé en carrière pendant un temps, l’ensemble aurait pu disparaître sans l’intervention d’urgence de l’archéologue Pierre Roland Giot en 1954. Après avoir empêché sa destruction, le préhistorien le fait classer monument historique (1956) et entame une campagne de restauration jusqu’en 1968. André Malraux surnommera le site: « Parthénon des Bretons ».

Les Cairns ont généralement une fonction funéraire et cultuelle, mais selon P. R. Giot, il est probable que les onze dolmens de Kerdi Bras n’étaient pas des caveaux familiaux juxtaposés et n’assumaient sans doute pas les mêmes fonctions. Chacune aurait été conçue pour un emploi spécifique, pouvant dépasser de beaucoup un simple rôle funéraire ou cultuel.

Dominant la mer, le cairn de Barnenez offre une vue imprenable de la baie de Morlaix. Et si vous souhaitez continuer la visite, rejoignez le sentier du GR34, il vous ouvrira la voie dans votre découverte de la baie.

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L’enclos paroissial de Guimiliau

Une visite au cœur du Finistère serait incomplète sans un arrêt dans une des innombrables enceintes paroissiales qui le peuplent. Parmi eux, l’enclos paroissial de Guimiliau construit aux XVI et XVIIe siècles. Il représente un des ensembles liturgiques les plus extraordinaires de Bretagne. Composé de l’église Saint-Miliau et de son clocher-tour, une chapelle funéraire, un calvaire et une porte triomphale, le site reflète un travail de la pierre …

On entre dans l’église Saint-Miliau, qui mêle éléments gothiques et vocabulaire Renaissance, par le porche des apôtres en kersanton (roche magmatique filonienne). Ce dernier est réalisé par deux sculpteurs : le Maître de Plougastel entre 1606 et 1617, puis Roland Doré. Impressionnants dans leur composition, le calvaire, parmi les plus grands de la région, et son autel sont quant à eux originaux en raison du mouvement endiablé de ses deux cents personnages dont nous ignorons le nom de leurs créateurs. La scène relate la vie du Christ, de l’Annonciation à la Résurrection. Et au second niveau, une représentation de l’Enfer dantesque avec une énorme goule qui avale “Katell Gollet”, personnage semi-légendaire de Bretagne.

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© Stuart Black

Le château de Tremazan

À 30 km au nord-ouest de Brest, sur les bords de l’anse de Portsall, est niché le château de Trémazan ou du moins ce qu’il en reste. Habitée par la nature qui a repris ses droits, la bâtisse méconnue n’est plus accessible aujourd’hui, à cause du risque d’éboulements, mais il est possible de l’observer du belvédère.

Propriété depuis toujours d’une des familles les plus influentes du Léon, la famille du Châtel, le château fut majoritairement construit aux XIIIe et XIVe siècles, mais il aurait été bâti sur les ruines d’un castellum existant déjà au VIe siècle. La famille y habita jusqu’au XVIIIe siècle, où il fut vendu comme bien national à la Révolution.

On raconte que le domaine porte encore les marques de la tragédie qui se déroula au VIe siècle et le souvenir de Gurguy et Haude de Trémazan. Après une dizaine d’années au service du roi de France, le premier rentra en Bretagne retrouver sa famille. Sa marâtre, qu’il vit en premier, lui donna des nouvelles, remplies de fiel et mensonge, de sa jeune sœur. Hors de lui, Gurpuy trancha la tête de Haude avec son épée à son arrivée avant de comprendre qu’on l’avait abusé. Plus tard, la défunte apparut à son père et son frère. Sa tête entre les mains, elle la reposa à sa place et tenta de révéler la traîtrise de sa marâtre. Cette dernière, niant les accusations, fut foudroyée par un éclair divin.

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Malgré le pardon de sa sœur, Gurguy demeura inconsolable et fit, sur les conseils de l’évêque saint Pol, quarante jours de jeûne qui le transformèrent. C’est auréolé d’une couronne de feu qu’il retrouva l’évêque. Ce dernier le rebaptisa Tanguy. Tanguy de Châtel mena par la suite une vie de saint Homme et fonda l’abbaye Saint-Mathieu à Plougonvelin.

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