Vieilles Charrues, samedi 16 juillet : récit d’un microcosme

dans la rubrique Brest, Musique.

Vieilles Charrues

Publié le 20 Juil 2016

Vieilles Charrues, samedi 16 juillet 2016, troisième jour. Et des poussières sur le site de Kerampuilh ensoleillé ! Les joues se creusent et les cernes s’allongent. Pour son quart de siècle, le festival a prévu du lourd : Ibrahim Maalouf, Souchon et Voulzy, The Libertines, Louise Attaque, Fakear, Suede, Danger, Flavien Berger… À ce rythme-là, que donnera le centenaire ?

 

Vieilles Charrues samediC’est un paradoxe, d’être dans une bulle à Carhaix. Et pourtant, le festival des Vieilles Charrues constitue un monde en soi. Le site de Kerampuilh a tout d’un microcosme. L’édition, pour son quart de siècle, a battu des records de fréquentation : 278 000 festivaliers. Soit l’équivalent de la République de Vanuatu, un archipel de l’océan Pacifique. Au festival des Vieilles Charrues, on pouvait donc dormir : soit sur le camping gratuit, « 17 hectares et des pâquerettes » de toiles multicolores la plupart estampillées Quechua, soit au Wood Camp, une alternative pour dormir en tipi ou dans une cabane en bois. D’en haut, cela ressemble à un vaste camp de réfugiés à ciel ouvert. Du reste, l’association Utopia 56, en partenariat avec le festival, a lancé une opération pour venir en aide aux réfugiés du camp de la Linière, à Grande-Synthe (Nord) : les campeurs pourront laisser, et donc offrir, leur tente pour aider le projet.

Vieilles Charrues samediGéographiquement, le site de Kerampuilh forme une sorte d’amphithéâtre naturel. À l’intérieur, l’organisation subdivise le lieu en quartiers, exactement comme dans une ville. Nous trouvons les villages partenaires, presse et VIP, les coulisses où se préparent les concerts, les quatre scènes du festival, les tavernes, les toilettes, les fontaines à eau. Bref, tout est pensé de manière quasiment urbanistique à des fins de sécurité et de fluidité. Pour ce faire, et pour la deuxième année consécutive, les Vieilles Charrues utilisent Moneiz, un moyen de paiement dématérialisé. Chaque festivalier est invité à charger sur son bracelet, muni d’une puce électronique, de l’argent dans un des points consacrés à Moneiz. À la suite de quoi il lui suffit de présenter la puce pour régler ses consommations.

Vieilles Charrues samediOn y mange aussi. Comme tous les goûts sont dans la nature, fut-elle finistérienne, en plus des galettes saucisses, crêpes au caramel et autres bretonnes bouffetances, le spectateur pouvait se sustenter de glaces, salades, kebabs, tartiflettes, ribs et sandwichs. Et puisqu’on a le pain, en plus de la musique, il fallait aussi des jeux pour que Kerampuilh devienne lui aussi un village comme planétaire. Quoi de mieux que le thème du jeu vidéo pour rendre cette édition des plus ludiques ? La foule prenait d’ailleurs des airs de Super Mario Bros avec tous ces festivaliers déguisés comme le plombier le plus célèbre du monde et ses compères Toad ou Luigi. Près de la scène Gwernig, des bornes d’arcade étaient mises à disposition des gamers. Plus impressionnant, des pratiquants de gouren (lutte bretonne) s’affrontaient en plein soleil.

Vieilles Charrues samediPour s’amuser, le festival pouvait compter sur ses partenaires. Pour se financer aussi, au passage. Les Vieilles Charrues bénéficient de peu de subventions publiques et s’autofinancent en grande partie, grâce à des partenaires (Kronenbourg, CMB, Deezer, Décathlon, pour n’en citer que certains). Mais aussi grâce à plus de 6000 bénévoles et diverses associations. De fait, notamment au Village Camping, les partenaires proposaient des animations pour se faire connaître. Ainsi du Crédit Mutuel de Bretagne avec sa grande roue, de Deezer et son atelier « SOS batterie » pour les portables, des Opticiens Mutualistes pour les lunettes cassées. Ou même de Décathlon et son stand pour les campeurs. À fond la forme, donc, mais qu’en est-il du contenu ?

Vieilles Charrues samediSur la scène Glenmor, la plus grande et emblématique du festival, tout a commencé avec le trompettiste Ibrahim Maalouf. Lors de la conférence de presse, le musicien franco-libanais avoue sa gratitude : « Jouer de la musique instrumentale face à un public aussi vaste est une chance ». En milieu d’après-midi, il présente aux festivaliers son dernier album, Red and Black Light, ainsi que de plus anciennes compositions. Viendront après lui, en duo et dans un registre vraiment différent, les chanteurs Laurent Voulzy et Alain Souchon, pour des chansons reprises en chœur et par cœur par le public : Le pouvoir des fleurs, Foule sentimentale, La ballade de Jim. Plus rock, le retour des Libertines ! Pete Doherty et Carl Bârat sont revenus avec Vieilles Charrues samedidiffusion, forcément symbolique, du tube des Beatles All you need is love, dont les premières notes reprennent la Marseillaise. La soirée s’est terminée avec The Aveners sur une électro dansante et hautement référencée.

Scène Kerouac, Calypso Rose, à 75 ans, a accompagné le soleil sur Kerampuilh pour une ambiance tropicale et festive sur fond… de musique calypso, courant métissé à mi-chemin entre Afrique et Europe. Plus tard au même endroit survenait le retour de Suede, groupe de rock alternatif de Londres mené par le chanteur Brett Anderson. Et après ? Après, c’est Louise qui attaque avec un nouvel album, Anomalie. Succès garanti.

Les Vieilles Charrues, Carhaix-Plouguer, Finistère, juillet 2016

Voir notre article sur la première journée des Vieilles Charrues

Voir notre article sur la deuxième journée des Vieilles Charrues

 

 

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Vieilles Charrues, samedi 16 juillet : récit d’un microcosme was last modified: juillet 20th, 2016 by Thibault Boixiere