EXPO TAL COAT AU MUSÉE DE PONT-AVEN : TAL COAT COMPTE ENCORE !

Du 1er février au 10 juin 2019, l’artiste breton Tal Coat retrouve la terre de ses origines dans le cadre de l’exposition Tal Coat (1905-1985) – En devenir au Musée de Pont-Aven. Une exposition en collaboration avec le domaine départemental de Kerguéhennec. Présentation.

expo tal coat musee de pont aven
Jeudi 31 janvier 2019, en présence de la fille de l’artiste, la directrice et conservatrice du Musée de Pont-Aven, Estelle Guille des Buttes-Fresneau et le directeur artistique du domaine départemental de Kerguéhennec et commissaire d’exposition Olivier Delavallade ont inauguré Tal Coat (1905-1985) – En devenir. On aperçoit derrière eux le Portrait de Gertrude Stein de Pierre Tal-Coat, 1935.

Tal Coat (1905-1985), En devenir. L’œuvre doit continuer d’exister, d’être activée et ne pas être enfermée dans un musée comme dans un mausolée. Elle ne doit pas être réduite à une toile sur un mur et rester figée… C’est dans cette optique que le Musée de Pont-Aven et le Domaine de Kerguéhennec se sont réunis autour d’une exposition pas comme les autres. Alors que le domaine de Bignan (56) ouvrira une aile dédiée à l’artiste l’été prochain, le musée de Pont-Aven embarque le public dans une traversée de 60 ans de création.

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Trois autoportraits de Tal Coat présents dans l’exposition.

Tal Coat (1905-1985) – En devenir

Issu d’un milieu modeste et pupille de la Nation – son père étant mort sur le front d’Argonne en 1915 -, de son vrai nom Pierre, Louis, Corentin Jacob a développé et perfectionné son regard dans les musées. Olivier Delavallade le rappelle : « À l’image du Louvre, l’ouverture des musées était à l’origine destinée à l’apprentissage des artistes ».

L’ouverture colorée laisse présager une explosion de couleurs. Le Nu aux bas rouges (1934) à la facture expressionniste accueille le spectateur dans des teintes vertes, rouges et jaunes. Qui était Tal Coat ? Peintre encore trop méconnu en Bretagne et ailleurs, né à Clohars-Carnoët (Finistère), près de Pont-Aven, Tal Coat (« Front de bois » en breton) était semble-t-il un caméléon qui n’a eu de cesse d’interroger l’art. Des décennies de recherches plastiques qui l’ont conduit à considérer la peinture comme une expérience sensible.

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Nu aux bas rouges, huile sur toile (1934) H.130 ; l.163 cm . S.D.b.d Collection de Bueil & Ract-Madoux Paris.

« Humble, sensible… ». Les adjectifs du commissaire d’exposition ne tarissent pas d’éloges au sujet de Tal Coat. Sans pouvoir précisément mettre le doigt dessus, une atmosphère émouvante plane au-dessus de cette œuvre protéiforme. Peut-être est-ce dû à l’indifférence du monde de l’Art face à la perte de centaines de tableaux dans un incendie en 2006… « Tal Coat a toujours fait partie de la vie du musée. Ce peintre a compté et compte encore, il est de notre devoir de présenter et défendre son travail » souligne Estelle Guille des Buttes-Fresneau, conservatrice du musée de Pont-Aven et initiatrice du projet.

Tal Coat, un peintre de l’espace et du temps

Peinture, fusain, bronze, sculpture, paysage ou portait… à chaque salle, des influences différentes. Tal Coat, en devenir, une pratique sans cesse renouvelée et une découverte artistique pour un grand nombre. Dans un parcours chronologique et pédagogique affirmé, celui qui se sentait plus proche des artistes de la grotte de Lascaux que de ses contemporains dévoile toutes les possibilités de la peinture. L’exposition se décline en cinq parties et prolonge l’œuvre de Tal Coat afin d’interroger le métier d’artiste. Qu’est-ce qu’être peintre au final ?

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L’artiste a su puiser dans les relations avec ses plus proches amis et confrères des influences artistiques qui l’ont élevé au rang d’artiste libre. Ne se contentant pas d’un seul mouvement artistique, d’une simple figuration ou abstraction, sa peinture suit le prolongement de sa pensée et revient toujours aux sources afin de mieux les interroger.

Sa technique artistique évolue et s’enrichit au fil des rencontres et de ses déplacements en France, d’Aix-en-Provence à Vernon (où il a passé les dernières années de sa vie), du sculpteur italien Alberto Giacometti à l’écrivain Ernest Hemingway. De sa rencontre avec Pablo Picasso en 1936, Tal Coat gardera par exemple des formes simplifiées et géométriques.

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Massacres, huile sur contreplaqué (1936) H. 25 ; l. 35,5 cm S.d.b Collection particulière, Lyon (c) Pierre Aubert / ADAGP, Paris 2019.

La figuration de ses débuts – à l’image de la technique du portrait de Gertrude Stein (1935) – glisse ensuite vers une abstraction réfléchie. Des couleurs criardes de la série Massacres, réalisée en mémoire de la guerre d’Espagne et plus largement aux victimes de toutes les guerres, aux toiles abstraites résolument archéologiques comme Silex perdus (1959), la succession des couches de couleurs n’est destinée qu’à dévoiler les nuances de la lumière.

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Silex perdus, huile sur toile de jute (1959) H. 81 ; l. 100 cm M.b.d Fonds Tal Coat – Domaine de Kerguéhennec. Collection départementale du Morbihan (c) Illés Sarkantyu – département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019.

Dans cette diversité plastique se lit néanmoins une constante : la nature et le vivant sous toutes ses formes.

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Tal Coat, une peinture de la matière et du vivant

Dans les dernières années de sa vie, les petits formats de Tal Coat poursuivent cette réflexion pour une définition plus primaire de la peinture. « À l’âge de la retraite, Tal Coat n’a pas hésité à se remettre en question et à remettre en cause l’art. Il a continué son cheminement d’artiste au risque d’ébranler les plus fidèles…» souligne Olivier Delavallade.

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Certains pourraient définir ses dernières toiles comme des monochromes, mais ce ne serait pas connaître le travail de l’artiste breton. Les couches se superposent tout en nuances et le relief matérialise une figure. Minérale, végétale, animale ou humaine ? Peut-être tout à la fois, c’est avant tout le vivant dans toute sa splendeur qui l’intéressait.

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En apparence, l’œuvre de Tal Coat débouche sur une abstraction totale, il dira pourtant lui – même : « Je deviens de plus en plus figuratif. Ma démarche va toujours le plus possible vers le réel […] Le réel n’est pas l’idée. C’est le fait de vivre. Mais c’est toujours reporté et seul l’instant compte ». Il peint les colzas comme la nature les fabrique, passe du vert au jaune, couche par couche pour une teinte qui se rapproche de la couleur des champs de colzas dans l’idée de proposer une peinture de la matière, de l’espace et du temps, car après tout : « Chaque chose change perpétuellement comme un visage ».

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[JOURS ET HORAIRES D’OUVERTURE EN 2019]

FERME LE LUNDI (sauf juillet et août)

VACANCES SCOLAIRES toutes zones
Du mardi au dimanche de 10h à 18h

HORS VACANCES SCOLAIRE
Février, mars, novembre, décembre du mardi au dimanche de 14h à 17h30 – fermé le lundi
Avril, mai, juin, septembre et octobre du mardi au dimanche de 10h à 18h – fermé le lundi
Juillet et août 7 / 7 jours de 10h à 19h

[TARIFS 2019]
Si l’exposition temporaire est présentée :
> Tarif plein : 8 € / réduit : 6 €
> Tarif groupe (+ 10 personnes, gratuit pour l’accompagnateur) : 5 €

Si l’exposition temporaire n’est pas présentée :
> Tarif plein : 5 € / réduit : 3 €
> Tarif groupe (+ 10 personnes, gratuit pour l’accompagnateur) : 3 €

TARIFS RÉDUITS
Sur présentation d’un justificatif : jeunes de 18-26 ans, étudiants, détenteurs du Passeport culturel
CD29, enseignants, personnels du Ministère de la Culture, CNAS, CEZAM, amis du musée d’Orsay, musée de l’Orangerie et musée du Louvre à Paris, et sur présentation d’un billet tarif plein de l’année en cours du Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture
(Landerneau) et/ou du Musée de la Pêche à Concarneau.

GRATUITÉ
Sur présentation d’un justificatif : moins de 18 ans, demandeurs d’emplois (avec justificatifs de – 6 mois), journalistes, conservateurs du patrimoine, animateurs du patrimoine, guides-interprètes, guides-conférenciers, détenteurs des cartes «Bretagne musées» et ICOM
Conseil international des musées, adhérents aux Amis du Musée de Pont-Aven et/ou du Musée de la Pêche à Concarneau, personne en situation de handicap et son accompagnateur : sur présentation d’une carte d’invalidité.

OFFRE TARIFAIRE
Sur présentation du ticket, une entrée au Musée de Pont-Aven donne droit à une entrée à tarif réduit au Fonds Hélène & Edouard Leclerc, à Landerneau et au Musée de la Pêche, à Concarneau. Réduction valable durant l’année en cours.

Un commentaire

  1. Tal Coat, ou le chemin sans issue…
    Le musée de Pont Aven a la réputation de faire un beau travail de réhabilitation d’artistes ayant eu un rapport avec la région, soit par des attaches, de près ou de loin, dans le temps ou dans l’espace, soit qu’ils aient frayé avec la fameuse École. L’exposition qui vient d’ouvrir, consacrée à Tal Coat, natif d’un bourg voisin, aimerait nous en révéler le génie oublié. Une visite au Domaine de Kerguéhennec (qui détient un fond important) voici quelques années m’avait laissé perplexe. Je souhaitais donc en connaître plus, prêt à tous les efforts.

    L’accrochage chronologique démontre, malgré les cartels qui voudraient nous faire croire le contraire, la faiblesse de cette peinture et, ce qui est terrible, l’acharnement de toute une vie dans la médiocrité laborieuse. La première salle, figurative, est digne des pires salons amateurs (le Port de Doëlan est d’une naïveté frisant la niaiserie), mais on peut pardonner à la jeunesse. Le critique Olivier Cena, très admiratif (lors d’une chronique sur une exposition de 2017 à Aix-en-Provence), évoque la « recherche d’un trait primitif ». Mais non, il ne peut pas faire mieux que ce trait primaire, c’est tout. La suite n’arrange rien, malgré la rencontre avec des grands (Picasso, Giacometti). Au contraire, il imite sans discernement. Le même Cena, à propos du Portrait de Gertrude Stein, parle du style ingresque picassien, alors que cette toile n’est que lourdeur des masses et du trait. Tal Coat rencontre Gruber, et se met à peindre comme lui (les Massacres), et tout à l’avenant. Et au long des salles, on voit la peinture se vider encore, ce qui est une prouesse puisque initialement, elle ne contenait rien. Les critiques crient au génie, parlent de dépouillement, de l’abandon de la forme (effectivement fort encombrante !) pour aller vers la lumière. Et on devrait avaler ça ? Non, on est en droit de penser que les recherches de couleur et de matières ne valent pas mieux, monochromes pauvres, terreux, désertiques, stériles.

    Les cartels fourmillent de références oiseuses et devant la vacuité des œuvres se rabattent sur une description tautologique qui n’apporte rien d’autre que ce que la toile nous dit déjà, d’évidence.

    Mystères de l’amitié, sans doute : comment Maeght a-t-il pu croire en ce travail ? Comment Henri Maldiney a-t-il pu lui consacrer autant de littérature ? Une phrase de lui en épigraphe d’une salle affirme que l’œuvre de Tal Coat veut « mettre fin à l’antithèse aveugle du figuratif et du non-figuratif ». Je pense autrement (mais je n’ai pas l’intellect de Maldiney…) : le parcours de Tal Coat montre l’entêtement à la fois affligeant et poignant d’un homme qui s’est fourvoyé dans la peinture.

    Cette exposition se voudrait valorisante et bienveillante, elle est cruelle.

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