Pour la première fois réunies en un seul volume, les Oeuvres essentielles de Sylvia Plath (1932-1963), auteur majeur de la poésie américaine de l’après-guerre, devenue l’objet d’une vénération qui ne faiblit pas, depuis sa mort prématurée et brutale à l’âge de trente ans. Les féministes voient dans son œuvre l’archétype du génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes, les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d’un suicide annoncé.

 Il y a des auteurs que l’on connait trop, d’autres que le grand public ne connait pas assez. Et comme vous êtes des lecteurs très brillants, vous devinez aisément que la jolie et brillante écrivaine dont il est question dans ce billet relève du second cas.

De la poésie, un roman sublime, des nouvelles et un joli journal. Le programme est autant alléchant que bienfaiteur. Et la liste des prix obtenus est une sorte un grand annuaire. D’aussi fort caractère que purement brillante, cette belle dame est un génie de l’écriture tant elle pétille dans sa façon de nous raconter ses joies, ses peines, ses rêves, ses désirs, ses espoirs. Elle nous embarque avec elle, elle nous intègre à sa vie. Elle se livre telle l’écorchée vive qu’elle est. Trop lucide pour se cacher, elle offre tout sans retenue.

Ariel, recueil sublime, raconte la toute première partie de sa vie. Sorte de condamnée-ressuscitée, elle retrouve la vie comme une sorte de météorite qui ne veut pas s’éteindre.

Son œuvre est un cri, une réaction face à ce monde qu’elle ne comprend pas toujours — un cri émouvant, touchant, poignant. Le style est précis, mais sans comparaison possible avec cette puissance qui fait que le contenu nous habite pendant et après la lecture. Cette force et cette causticité n’existent que dans son sens le plus positif : une sorte de message d’espoir pour tous.

La Cloche de verre, son seul roman est à lire pour s’imprégner et comprendre son Moi. Et aussi son Autre, cette partie d’elle qui ne s’explique pas. Le livre d’une innocente qui se savait probablement condamnée.

Une œuvre éclatante pour une personne qui ne l’était pas moins. Obligatoire de découvrir et redécouvrir une brillante écrivaine qui a produit une œuvre qui ne l’était pas moins.

Quarto. 1288 pages, 60 ill. – 29,00 €.  Parution : 8 septembre 2011.

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