La série O.J. Made in America est un film documentaire qui replonge vingt ans en arrière dans un procès-fleuve. Les 5 épisodes réalisés par Ezra Edelman sont diffusés lors de deux soirées spéciales les 7 et 8 juillet sur Arte. Oscar 2017 du meilleur documentaire, ce portrait de O.J. Simpson Made in America met à nu le destin d’une star déchue qui a cristallisé les démons de l’Amérique. En premier lieu la question raciale.

OJ SIMPSON
VINCE BUCCI/AFP/Getty Images)

Par une nuit de juin 1994, Nicole Brown Simpson, ex-épouse d’O. J. Simpson, champion de football américain immensément populaire reconverti en vedette de l’industrie des loisirs, est brutalement assassinée avec son ami Ronald Goldman dans sa maison de Los Angeles. Un fait divers tragique (« le crime du siècle » aux États-Unis) resté dans toutes les mémoires, de même que l’acquittement spectaculaire, quinze mois plus tard, au terme d’un procès médiatisé et commenté à outrance, du principal suspect, le mari violent et divorcé jaloux : Orenthal James Simpson, que les Américains appellent simplement « O. J. ».
Depuis l’enfance d’O. J. Simpson dans un ghetto déshérité de San Francisco jusqu’à sa
condamnation à trente-trois ans de prison en 2008, pour une affaire d’enlèvement et de vol à main armée, ce feuilleton documentaire tente de comprendre la forte dimension symbolique d’un procès qui a cristallisé la division raciale de l’Amérique – des millions d’Afro-Américains ont accueilli dans une explosion de joie la libération d’un des leurs, alors que l’immense majorité des Blancs jugeait l’accusé coupable. En mettant à nu le destin de la star déchue, mais aussi le contexte collectif dans lequel il s’inscrit, ce récit choral impressionnant de maîtrise et d’ampleur montre un concentré des démons de l’Amérique : la discrimination raciale, notamment à travers les violences policières, l’injustice sociale, mais aussi le culte de la célébrité et du spectacle…

OJ SIMPSON
Janvier 1980, Los Angeles avec Nicole Brown

Vendredi 7 juillet 20.50 Épisode 1 : Je ne suis pas noir, je suis O.J

En 1967, un jeune athlète noir devient la star de l’université USC de Los Angeles grâce à
sa capacité hors norme à percer les lignes ennemies sur un terrain de football américain.
L’année suivante, un nombre croissant de sportifs afro-américains mettent en danger leur
carrière pour s’engager dans le combat en faveur des droits civiques. Mais ce prodige aux
allures de gendre idéal s’en tient prudemment à distance, pour devenir le chouchou d’une
Amérique blanche pourtant encore ouvertement raciste. « Je ne suis pas noir, je suis O. J. »,
résume-t-il. À la fin des années 1970, O. J. Simpson, alias « The Juice » prend une retraite
précoce après plusieurs années de records au sein de l’équipe de Buffalo.

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Vendredi 7 juillet 22.25 Épisode 2

Dans cette ville de violences policières, le deuxième volet déroule, à travers les années 1980, le fil de deux cités nommées « Los Angeles » qui ne se rencontrent jamais. Dans la première, la célébrité est synonyme de pouvoir. La seconde, pauvre et noire, subit depuis des décennies une violence policière passée largement sous silence. Alors que l’acquittement des policiers agresseurs de Rodney King, un automobiliste noir en excès de vitesse, provoque des émeutes meurtrières dans la ville, O. J. Simpson, star adulée et voisin aimé de tous, vit un scénario exactement contraire. Rien ne semble ternir son image : qu’il triche au golf ou que sa jeune épouse terrifiée appelle la police, au premier jour de 1989, parce qu’il vient de la rouer de coups…

Samedi 8 juillet à 20.55 Épisode 3

Une défense sans scrupules. À l’annonce du double meurtre de l’ex-épouse d’O.J.Simpson, Nicole Brown, et de son nouveau compagnon Ronald Goldman, un lynchage médiatique est lancé contre l’ancien footballeur. C’est le début d’un chapitre marquant de l’histoire américaine, qui met à nu les réalités des rapports de pouvoir et de race à l’œuvre dans le pays, mais en dit aussi long sur son système judiciaire et médiatique.

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22.25 Épisode 4

Un gant tient le monde en haleine. Les nombreux témoins et protagonistes de l’affaire O.J. Simpson nous font revivre un procès surmédiatisé. Son plaidoyer final éclaire d’une lumière crue la réalité des enjeux en présence : il rend visible la discrimination que subissent les Noirs et l’existence d’une gigantesque fracture raciale – non seulement dans les quartiers pauvres de Los Angeles, mais dans la société américaine dans son ensemble.

 
23.55 Épisode 5

Un acquittement par étapes. À l’issue d’un long et épuisant procès, O.J. Simpson est finalement acquitté en octobre 1995. Pour la plupart des Américains blancs, il s’agit d’un verdict scandaleux, illustrant le pouvoir que confèrent l’argent et la célébrité aux États-Unis, mais démontrant aussi le caractère explosif de l’argument racial employé sans retenue par la défense. Dans une spectaculaire euphorie collective, l’immense majorité des Américains noirs, en revanche, fête la libération d’O.J. Simpson comme une victoire historique, au nom des innombrables victimes afro-américaines des violences policières comme de la justice.

O. J. Made in America, Série documentaire d’Ezra Edelman, diffusions Vendredi 7 juillet et samedi 8 juillet à 20.50 sur Arte

Production : RB, ESPN Films, Laylow Films (États-Unis, 2016, 5x1h30mn)
Meilleur documentaire, Oscars 2017
O.J.: Made in America, présenté au Festival du film de Sundance en janvier 2016, a été diffusée dans des cinémas de New York et de Los Angeles en mai 2016 et a été diffusé sur la chaîne ABC et ESPN par la suite. Le documentaire a été largement récompensé, dans les Guild Awards et de la critique, remportant notamment l’Oscar du meilleur film documentaire à la 89e cérémonie des Oscars, sans oublier un statut de grand favori à la 69e cérémonie des Primetime Creative Arts Emmy Awards. Avec sa durée proche des 8 heures, il serait le plus long film jamais nommé pour un Oscar.

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