lun 17 janvier 2022

SAINT-MALO. DE NOUVEAUX BRISE-LAMES SUR LA PLAGE DU SILLON

La semaine dernière, un chantier exceptionnel a débuté sur la plage du Sillon à Saint-Malo qui a suscité la curiosité des passants. Il s’agit du remplacement des brise-lames malouins vieux de 200 ans, dont la mise en place minutieuse a été confiée au groupe Merceron. Entièrement financé par l’État à hauteur d’1,7 millions d’euros, ce chantier est nécessaire à la préservation de la plage du Sillon, l’une des plus belles d’Europe.  

Cela fait maintenant quelques jours que le chantier exceptionnel des emblématiques brise-lames, vieux de 200 ans, a débuté à St-Malo pour une durée de 7 mois. Cette opération de remplacement, sur la plage du Sillon, avait suscité de nombreuses réactions de la part de certains Malouins lors de son annonce au printemps dernier. Ces habitants, qui y étaient fortement attachés, se sont inquiétés de voir disparaître un morceau du paysage maritime auquel ils étaient tant habitués. La mise en place d’une pétition pour la conservation de ces brise-lames avait récolté jusqu’à 1000 signatures.

Cependant, comme le confirme la chargée de mission Direction Départementale des Territoires et de la Mer Sandrine Mary, ce chantier est nécessaire à la protection de la digue : « On voit bien que les joints des pierres sautent à l’endroit où les brise-lames ne font plus leur travail. Si on n’intervient pas, la digue pourrait s’affaisser ».

Ce changement de décor est loin d’être dérangeant pour tout le monde. En effet, nombreux sont les passants qui s’arrêtent afin d’assister à ce spectacle curieux et inhabituel : « On se demande comment nos anciens ont réussi à faire ça sans autant de machines. C’est curieux et c’est un hasard, mais je suis content d’être là pour voir ça », exprime un passant.

Au total, 1000 pieux seront retirés et 500 remplacés par l’équipe du groupe Merceron, qui a mis au point une structure en acier afin de planter les nouveaux brise-lames. Le procédé de remplacement consiste à retirer les pieux usés et planter de nouveaux troncs dans des tranchées profondes de plus de 2 mètres avant de les remblayer. L’équipe en charge du chantier doit également s’adapter au rythme des marées, ce qui tend à ralentir l’avancée de la mission.

Ce processus éreintant et d’une grande précision n’empêche pas Ronan Ménard, chauffeur d’engin pour Merceron TP, d’effectuer cette manœuvre avec enthousiasme : « Il y a vraiment beaucoup de boulot. Si on en fait 30 par jour, ce sera bien. Ce qui est compliqué, c’est d’être vraiment vigilant parce qu’il n’y a vraiment pas beaucoup de place. Sinon, tout est vraiment sympa à faire sur le chantier, ça sort vraiment de l’ordinaire », confie-t-il à TVR.

« Le patrimoine revient au patrimoine »

Gilles Lurton, Maire de St-Malo

Le choix des nouveaux troncs a été minutieusement étudié. En chêne issu de la forêt du grand-ouest, ils ont été choisis pour leur esthétisme et leur capacité à former des pieux brogneux et légèrement tortueux nécessaires à leur incrustation dans le sol, comme l’explique Sandrine Mary : « On s’est rendu dans la forêt de Laval, qui fait partie de la société forestière et on a validé certains points du cahier des charges. Cela a permis d’avoir des pieux qui sont brogneux, c’est-à-dire avec beaucoup de nœuds et légèrement tortueux, mais pas trop non plus car il faut pouvoir les incruster dans les trémies ».

Avis aux nostalgiques, les brise-lames usés seront vendus à la ville de St-Malo pour 1 euro symbolique et réutilisés dans l’architecture urbaine. Ces symboles maritimes, pourront même être vendus à certains Malouins, nombreux à en faire la demande, dans certaines conditions. Il tient également à cœur du maire de St-Malo, Gilles Lurton, à ce que ce changement profite au patrimoine malouin : « Ça fait partie des accords que nous avons passés avec l’État à condition que le bénéfice que nous pourrons en tirer aille sur des éléments de restauration du patrimoine de St Malo. Je trouve que c’est une bonne chose finalement. Le patrimoine revient au patrimoine. », déclare-t-il.

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La semaine dernière, un chantier exceptionnel a débuté sur la plage du Sillon à Saint-Malo qui a suscité la curiosité des passants. Il s’agit du remplacement des brise-lames malouins vieux de 200 ans, dont la mise en place minutieuse a été confiée au groupe Merceron. Entièrement financé par l’État à hauteur d'1,7 millions d’euros, ce chantier est nécessaire à la préservation de la plage du Sillon, l’une des plus belles d’Europe.  

Cela fait maintenant quelques jours que le chantier exceptionnel des emblématiques brise-lames, vieux de 200 ans, a débuté à St-Malo pour une durée de 7 mois. Cette opération de remplacement, sur la plage du Sillon, avait suscité de nombreuses réactions de la part de certains Malouins lors de son annonce au printemps dernier. Ces habitants, qui y étaient fortement attachés, se sont inquiétés de voir disparaître un morceau du paysage maritime auquel ils étaient tant habitués. La mise en place d’une pétition pour la conservation de ces brise-lames avait récolté jusqu’à 1000 signatures.

Cependant, comme le confirme la chargée de mission Direction Départementale des Territoires et de la Mer Sandrine Mary, ce chantier est nécessaire à la protection de la digue : « On voit bien que les joints des pierres sautent à l’endroit où les brise-lames ne font plus leur travail. Si on n’intervient pas, la digue pourrait s’affaisser ».

Ce changement de décor est loin d’être dérangeant pour tout le monde. En effet, nombreux sont les passants qui s'arrêtent afin d'assister à ce spectacle curieux et inhabituel : « On se demande comment nos anciens ont réussi à faire ça sans autant de machines. C’est curieux et c’est un hasard, mais je suis content d’être là pour voir ça », exprime un passant.

Au total, 1000 pieux seront retirés et 500 remplacés par l'équipe du groupe Merceron, qui a mis au point une structure en acier afin de planter les nouveaux brise-lames. Le procédé de remplacement consiste à retirer les pieux usés et planter de nouveaux troncs dans des tranchées profondes de plus de 2 mètres avant de les remblayer. L’équipe en charge du chantier doit également s’adapter au rythme des marées, ce qui tend à ralentir l’avancée de la mission.

Ce processus éreintant et d’une grande précision n’empêche pas Ronan Ménard, chauffeur d’engin pour Merceron TP, d’effectuer cette manœuvre avec enthousiasme : « Il y a vraiment beaucoup de boulot. Si on en fait 30 par jour, ce sera bien. Ce qui est compliqué, c’est d’être vraiment vigilant parce qu’il n’y a vraiment pas beaucoup de place. Sinon, tout est vraiment sympa à faire sur le chantier, ça sort vraiment de l’ordinaire », confie-t-il à TVR.

« Le patrimoine revient au patrimoine »

Gilles Lurton, Maire de St-Malo

Le choix des nouveaux troncs a été minutieusement étudié. En chêne issu de la forêt du grand-ouest, ils ont été choisis pour leur esthétisme et leur capacité à former des pieux brogneux et légèrement tortueux nécessaires à leur incrustation dans le sol, comme l’explique Sandrine Mary : « On s’est rendu dans la forêt de Laval, qui fait partie de la société forestière et on a validé certains points du cahier des charges. Cela a permis d’avoir des pieux qui sont brogneux, c’est-à-dire avec beaucoup de nœuds et légèrement tortueux, mais pas trop non plus car il faut pouvoir les incruster dans les trémies ».

Avis aux nostalgiques, les brise-lames usés seront vendus à la ville de St-Malo pour 1 euro symbolique et réutilisés dans l’architecture urbaine. Ces symboles maritimes, pourront même être vendus à certains Malouins, nombreux à en faire la demande, dans certaines conditions. Il tient également à cœur du maire de St-Malo, Gilles Lurton, à ce que ce changement profite au patrimoine malouin : « Ça fait partie des accords que nous avons passés avec l’État à condition que le bénéfice que nous pourrons en tirer aille sur des éléments de restauration du patrimoine de St Malo. Je trouve que c’est une bonne chose finalement. Le patrimoine revient au patrimoine. », déclare-t-il.