cinéma, film unidivers, critique, information, magazine, journal, spiritualité, moviesHerrie, jeune provinciale, rencontre Drew, garçon de la ville, sur le Sunset Strip, alors qu’ils tentent de percer à Hollywood. Rock Forever raconte leur histoire d’amour à travers les tubes de Def Leppard, Foreigner, Journey, Poison, REO Speedwagon, et Twisted Sister… Adaptation d’un spectacle musical de Broadway et Londres, Rock forever (Rock of Ages en VO) est un prétexte pour nous emmener dans les années Hard FM à Los Angeles.

Prétexte, car, comme souvent dans l’exercice du spectacle musical réunissant des hits, l’histoire importe peu. Il faut surtout parvenir à recréer une ambiance, un état d’esprit. Pour ceux qui ont vu le mythique documentaire « Decline of Western Civilization » de Penelope Spheeris, le film semblera plutôt cohérent avec le Los Angeles de l’époque. Pour les autres, allez vite vous rattraper et voir ce docu ou à défaut ce film.

Prétexte aussi pour réunir deux héros dans la grande tradition de la girl et du boy next door. Une voix claire, plutôt dénuée de charisme, et une histoire d’amour d’un classicisme éprouvé pour ne pas dire éculé. Après tout, beaucoup de scénarios de comédies musicales des années 40 n’auront pas laissé de traces vivaces. Mais le film vaut évidemment par son alliance de numéros musicaux réunissant de grands hits de l’époque rock et hard FM. Le chorégraphe Adam Shankman se colle donc à la réalisation après Hairspray (autre adaptation de Broadway) et quelques épisodes de Glee. Hasard ou pas, l’hymne du film est le même que celui de cette série TV musicale : Don’t stop Believin de Journey. Question hits, le film est riche avec de nombreux Mash Up (mélange de morceaux) dont voici la liste :

  • « Sister Christian » (Night Ranger)/ « Just Like Paradise »(David Lee Roth) / « Nothin’ but a Good Time »(Poison)
    « Juke Box Hero » (Foreigner) / « I Love Rock ‘n’ Roll » (Joan Jett)
    « Hit Me with Your Best Shot » (Pat Benatar)
    « Waiting for a Girl Like You » (Foreigner)
    « More Than Words » (Extreme) / « Heaven » (Warrant)
    « Wanted Dead or Alive » (Bon Jovi)
    « I Want to Know What Love Is » (Foreigner)
    « I Wanna Rock » (Twisted Sister)
    « Pour Some Sugar on Me » (Def Leppard)
    « Harden My Heart » (Quarterflash)
    « Shadows of the Night » (Pat Benatar) / « Harden My Heart »
    « Here I Go Again » (Whitesnake)
    « Can’t Fight This Feeling » (REO Speedwagon)
    « Any Way You Want It » (Journey)
    « Undercover Love » (Disco Freak)
    « Every Rose Has Its Thorn » (Poison)
    « We Built This City » (Starship) / « We’re Not Gonna Take It » (Twisted sister)
    « Don’t Stop Believin’ » (Journey)
    « Paradise City » (end credits) (Guns n roses)
    « Rock You Like a Hurricane » (end credits) (Scorpions)
    Les titres originaux suivants sont utilisés :« I Remember You » (Skid Row)
    « Everybody Wants Some!! » (Van Halen)
    « Rock of Ages » (Def Leppard)
    « Bringin’ on the Heartbreak » (Def Leppard)
    « Talk Dirty to Me » (Poison)
    « No One Like You » (Scorpions)
    « Cum on Feel the Noize » (Quiet Riot)

En dehors de Kiss ou de Motley Crue, il ne manque pas grand-chose pour le bonheur d’un fan de hard. Évidemment, les titres sont « mainstream », plutôt orientés balades pour rendre l’ensemble accessible au grand public mais forment surtout de véritables invitations à chanter. Dans les théâtres de Londres et Broadway, les spectateurs sont debouts et chantent comme dans un concert alors qu’au cinéma, le spectateur est assis. Pourtant, voir la belle Catherine Zeta Jones danser avec ses copines sur le très suggestif « Hit me with your best shot » suffit à rendre le film culte pour une génération de trentenaires et quarantenaires. Malgré des héros insipides vocalement, le film bénéficie d’une galerie de seconds rôles de haute volée : Catherine Zeta-Jones rappelant sa prestation de Chicago, Tom Cruise bluffant en star mystique sur le déclin, Paul Giamatti tordant en manager avide de dollars, Russel Brand totalement crédible en homme à tout faire de la boîte d’Alec Baldwin, le Bourbon Room, sorte de mélange des mythiques Whisky-a-go-go, Viper Room ou autres boites de l’époque. Les dialogues sont cinglants, bien que peu nombreux, avec un humour très second degré.

Ce film n’est surtout pas à prendre au premier degré, comme le hard FM ne l’était pas lui même. Il s’agit, comme l’univers musical qu’il dépeint, de prendre une bonne dose de fun, de délire et de musique pendant 2h. Et là, on en a pour son argent. On en oublie les faiblesses de l’histoire et autres défauts pour simplement « prendre son pied » avec ce voyage dans le temps, un temps où la musique devenait définitivement une industrie (voir la scène des grands pontes des maisons de disque), mais conservait encore de l’authenticité. Les fans de cette musique ressortiront avec un sourire aux lèvres. Échec probable à sa sortie en France, ce film gagnera, sans nul doute, ses galons au fil du temps, quand les acheteurs de vinyles des Tower Records et Virgin Megastore ressentiront encore plus cette nostalgie de leur jeunesse et quand leurs enfants voudront comprendre ce qu’était cette époque charnière. So ‘Cum on Feel the Noize of Rock’n Roll… Forever !

Ice

cinéma, film unidivers, critique, information, magazine, journal, spiritualité, moviesMon Dieu, que ce film est neuneu ! Franchement, il faut vraiment chercher pour trouver quelques ingrédients de qualité.

Le plus frappant reste qu’il est assez rigolo de regarder quelques acteurs illustres dans des rôles totalement décalés. Tom Cruise en rocker, Alec Baldwin en patron de cabaret et Catherine Zeta-Johnes dans son rôle de femme coincée qui jure et qui crache. Malin Akerman n’est pas mal non plus dans son rôle de journaliste, remarque d’autant plus vraie quand il joue sa partition en duo avec Tom Cruise.
Pour le reste, c’est une vaste armada de clichés à faire déborder n’importe quel océan.  Le scénario n’étant pourtant pas mal construit avec sa proposition de faire deux films en un. Mais cela ne fonctionne pas.
Bref, oui pour les interprètes décalés et foufous, mais non pour l’histoire ennuyeuse. Si vous aimez l’autodérision, l’expérience peut être à tenter. De ce point de vue, Tom Cruise remporte un satisfecit.  La BO également.
Un film trop formaté qui trouvera certainement son public.  Lecteur, vous en faites peut-être partie.

David Norgeot

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