Le département d’Ille-et-Vilaine accompagne depuis de nombreuses années les communes dans leur effort de sauvegarde de leur église. Il a décidé de valoriser cette politique patrimoniale en publiant un bilan de ses actions en faveur de la restauration des édifices et de leur mobilier : « Églises d’Ille-et-Vilaine, Vingt années de restauration » afin de faire découvrir le patrimoine religieux d’Ille-et-Vilaine et les actions pour le restaurer. Depuis vingt ans, plus de 300 communes ont été concernées, pour un investissement dépassant les 40 millions d’euros.

20 ANNEES DE RESTAURATION EGLISES

L’ouvrage Églises d’Ille-et-Vilaine, Vingt années de restauration s’intéresse au patrimoine cultuel dont la restauration a été soutenue par la collectivité départementale : édifices, mobilier sacré, vitraux, retables, etc. Il nous permet de (re)découvrir ce patrimoine, d’en comprendre l’histoire et les enjeux de sa valorisation.

ABBAYE PAIMPONT
Photo : Benoît Boulanger

Exemple de L’abbaye de Paimpont

L’une des plus anciennes mentions de « Notre-Dame du désert de Penpont », dépendance de Saint-Méen, remonte au XIe siècle. L’abbaye fut fondée à la fin du siècle suivant ; elle abritait des chanoines réguliers de Saint Augustin. Elle fêta d’ailleurs ses 800 ans en 1999. L’église fut reconstruite au XIIIe siècle, dans un style gothique assez épuré ; elle fut remaniée au XVe et agrandie d’une galerie au sud au XVIIe siècle, époque à laquelle furent reconstruits les bâtiments conventuels qui pouvaient abriter une vingtaine de moines. Une mention particulière pour la statue du XVIe siècle en bois polychrome de Notre-Dame de Paimpont, ainsi que pour le trésor, installé dans la sacristie en 1970, qui renferme des pièces exceptionnelles, telles que le Bras-reliquaire de saint Judicaël (XVe siècle) et un magnifique Christ en ivoire, postérieur.

L’abbaye de Paimpont s’élève sur les berges d’un vaste étang alimenté par des cours d’eau venant de la forêt de Brocéliande. Ce site naturel, propriété départementale depuis 1986, est agrémenté d’un sentier de découverte qui permet d’en faire le tour et d’apercevoir, à l’arrière-plan, l’ensemble abbatial dans toute sa beauté. Le montant des travaux envisagés pour l’opération de mise en valeur intérieure décidée en 1999 s’élevait à 1 067 000 € ; la commune comptait alors 1 657 habitants. Les partenaires décidèrent d’intervenir de manière exceptionnelle en majorant leurs taux de financement habituels : 45 % pour la Région, 32,5 % au lieu des 25 % habituels pour le Département et 12,5 % pour l’État, ce qui ne laissait à la commune qu’une participation à hauteur de 10 %. Pour cette opération, le Conseil général apporta à la commune un concours financier de 347 000 €. Entre 1996 et 2009, Paimpont a bénéficié d’un soutien financier constant du Département pour l’entretien et la restauration de son abbaye. 24 autres dossiers (dont une dizaine concernaient des travaux de couverture) furent instruits et presque 130 000 € de subventions ont été attribués à la commune de Paimpont pour l’entretien et la restauration de telle ou telle partie de ce superbe ensemble patrimonial.

RESTAURATION EGLISES BRETAGNE

Un ouvrage magnifiquement documenté

En plus des trois auteurs principaux, Pascale Tumoine, Denis Chambet et le père Roger Blot, dix-huit autres contributeurs ont participé à cet ouvrage riche de 232 pages et de plus de 200 illustrations. Avec les quatre parties qui constituent « Églises d’Ille-et-Vilaine, Vingt années de restauration », le lecteur découvre l’évolution de la politique patrimoniale du département depuis 20 ans.

RESTAURATION EGLISES BRETAGNE

C’est un voyage de 1 000 ans dans l’histoire des églises, une découverte des chantiers de restauration et de la valorisation de ce patrimoine par le Département sur les deux dernières décennies. En 2003 était lancée la série de dépliants Églises à découvrir, dont l’objectif est de faire connaître le patrimoine cultuel du département. À suivi, en 2005, l’inventaire des orgues d’Ille-et-Vilaine.

Quelques années plus tard, en 2011, c’est l’architecte Arthur Regnault qui était mis à l’honneur, à travers un ouvrage retraçant sa longue et féconde carrière en Ille-et-Vilaine. Au fil des années, des églises originales, parfois surprenantes, toutes sorties de son imagination, ont peuplé les campagnes. Aujourd’hui, c’est plus largement au patrimoine cultuel dont la restauration a été subventionnée par le département que s’intéresse le présent ouvrage : édifices, mobilier sacré, vitraux, retables, etc.

Restauration église de Pacé
Restauration de l’église de Pacé

Préserver notre patrimoine cultuel, c’est avant tout chercher à le comprendre. Nul doute que les approches patrimoniales, historiques et cultuelles développées dans cette publication y contribueront. Le restaurer, c’est convoquer à son chevet des savoir-faire précieux, croiser les regards des professionnels et des décideurs – propriétaires et affectataires des lieux. Ce livre présente aussi les aspects administratifs et budgétaires, incontournables, tout en décrivant l’action conduite par le Département depuis plus de vingt ans : schéma du patrimoine, dispositifs d’accompagnement, financements dédiés sont autant de moyens d’intervention en faveur de ce patrimoine et en direction des territoires. Le présent ouvrage a pour ambition de faire connaître mieux encore le patrimoine cultuel d’Ille-et-Vilaine.

Il est aussi un témoignage de reconnaissance envers celles et ceux qui œuvrent jour après jour à sa sauvegarde. « Cet ouvrage sur les églises d’Ille-et-Vilaine constitue un formidable écrin pour présenter et mettre en lumière la richesse et la beauté du patrimoine ecclésiastique présent sur notre territoire. L’été qui est déjà installé depuis quelques semaines sera, j’en suis sûr, l’occasion pour bon nombre de Brétilliens de partir à la découverte de ces sites magnifiques et chargés de notre histoire collective. Notre département a souhaité soutenir ce projet d’édition qui participe pleinement à la valorisation du patrimoine de l’Ille-et-Vilaine » indique Jean-Luc Chenut, Président du Département d’Ille-et-Vilaine.

RESTAURATION EGLISES
Restauration de l’église de Pacé

Comme tous les endroits d’Europe, l’Ille-et-Vilaine n’a pas manqué d’accumuler un immense patrimoine spirituel et artistique, lié à son ancrage chrétien. Trois cathédrales, de grandes églises abbatiales, des collégiales, des couvents, 400 églises, plus encore de chapelles, des croix n’en parlons pas ! C’est de la pierre, certes, mais aussi du bois et du verre, traversés encore par la petite rumeur des siècles. C’est de l’architecture bien sûr, mais c’est toujours le mobilier qui lui a donné vie : autels de toutes formes, statues, peintures, orfèvrerie, dans l’envol des orgues ou le silence habité.

Pour chaque période abordée, une liste de lieux et d’édifices à (re)découvrir est proposée. L’un des premiers réflexes de tout visiteur d’un bourg, d’un centre-ville, est de chercher la porte de l’église pour y découvrir le beau, le silence, l’art sacré, etc. C’est parce que, de génération en génération, les élus ont toujours respecté ces réflexes, qu’ils se sont attachés à préserver une ligne d’interventions en faveur du patrimoine des églises d’Ille-et-Vilaine. En 20 ans, cette politique a beaucoup évolué, au gré des changements institutionnels, des contraintes financières et des évolutions des relations entre les communes, les intercommunalités et le Département qui a attribué au cours de cette période plus de 41 millions d’euros de subventions pour la restauration des églises et des chapelles d’Ille-et-Vilaine, mobilier compris.

Plus de 1 700 dossiers ont été instruits ! Depuis 1908 dans chaque département, la conservation des antiquités et objets d’art contribue à la connaissance et à la protection des objets les plus remarquables. Aujourd’hui, le conservateur des antiquités et objets d’art est présent sur le terrain aussi pour conseiller les propriétaires sur les mesures à prendre pour conserver, mettre en valeur ou sécuriser les objets du patrimoine.

En France, depuis 1905, les communes ont la charge d’entretenir et de faire restaurer les églises paroissiales et le patrimoine qu’elles conservent. Dès lors, la question de la protection juridique de l’édifice et de son mobilier se pose. L’église concernée par une étude ou des travaux bénéficie-t-elle d’une protection ou non ? La réponse à cette question oriente le projet de la commune, car les procédures de travaux et les soutiens financiers en découlent. Un chapitre proposera de découvrir quelques exemples de chantiers de restauration d’édifices monuments historiques remarquables, d’églises non protégées et d’objets in situ.

Le patrimoine cultuel, comme le lecteur pourra le découvrir dans l’ouvrage, fut le principal bénéficiaire de cette volonté de valorisation. Une place particulière a été faite à l’opération d’inventaire du patrimoine brétillien, fortement accompagnée jusqu’en 2012. Plusieurs temps forts ont aussi rythmé cette volonté de valorisation. Par exemple, la politique affirmée en faveur des orgues du département ou bien encore l’édition toujours d’actualité d’une collection monographique de dépliants sur des églises restaurées. On peut aussi rappeler la présentation de plusieurs expositions patrimoniales et, surtout, la proposition, en 2011, d’une année consacrée à l’architecte Arthur Regnault, fameux bâtisseur d’Ille-et-Vilaine .

L’ouvrage Églises d’Ille-et-Vilaine : vingt années de restauration est disponible auprès des Archives départementales au prix de 20 €

Photos de restauration : Atelier Régional de Restauration.

Photo de Une : L’abbaye de Paimpont vue par Emmanuel Berthier, Tourisme Brocéliande.

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