mar 17 mai 2022

RENNES. EARL NEST AUX INOUÏS DU PRINTEMPS DE BOURGES

Earl Nest est candidat aux Inouïs du Printemps de Bourges à l’Antipode de Rennes le 29 janvier 2022. Multi-instrumentiste et producteur de musique électronique, le jeune homme originaire de Dinan s’est fait sa place sur la scène locale depuis une dizaine d’années grâce à des sorties régulières et à ses prestations live en constante évolution. Pour son passage aux auditions des Inouïs, il présentera même un live audiovisuel, à la croisée de la musique et du jeu vidéo.

Earl Nest est le projet musical de Charles Genestoux, jeune homme de 30 ans originaire de Dinan et arrivé à Rennes il y a une dizaine d’années pour ses études. Prolifique en autoproduction, le musicien a aussi signé sur plusieurs petits labels locaux, sous cet alias ou avec son side project Lightbulbs (Gnosticuts, Physalie, M.E.S Music, Interval). Il est également membre du collectif rennais Mikrokosm. Son live, un éternel work in progress dans lequel il convoque de plus en plus d’instruments, c’est dans les rave parties qu’il l’a rodé. Son passage aux Inouïs du Printemps de Bourges samedi 29 janvier 2022, sur la scène de l’Antipode de Rennes, sera l’opportunité pour lui de présenter son travail dans des conditions de concert. Il sera rejoint pour l’occasion de YMCA, collectif de VJing et de mapping avec lequel il a conçu un live audiovisuel.

earl nest
© Cony Photography

Avant de devenir producteur de musique électronique, Charles est avant tout un musicien multi-instrumentiste. Bercé de rock et de punk, c’est en ponçant un live de Nirvana gravé sur cassette, et avec les encouragements d’un ami guitariste, que l’envie de faire de la musique naît chez lui. Ce sera d’abord la basse, puis la guitare. Les jams entre copains, puis un premier projet folk indie avec une amie chanteuse. Au départ plutôt réfractaire aux musiques électroniques, c’est au détour d’un album de Gui Boratto, Take My Breath Away (Kompakt, 2009) que Charles y prend goût. Puis, en rejoignant le groupe Dub Sailors, à la basse et au clavier. « J’avais un vieux synthé à piles sur lequel je mettais une pédale de basse. En triturant ça se rapprochait de la drum & bass et du dubstep. C’étaient mes débuts dans la musique électronique », raconte-t-il.

Arrivé à Rennes, Charles découvre l’ensemble du spectre des musiques électroniques, la culture rave, la musique de teuf. Il fréquente religieusement les soirées de l’Élaboratoire, squat artistique alors très actif, et tombe amoureux de sa première boîte à rythmes : une Korg Electribe. En décembre 2013, à force de l’entendre bidouiller des morceaux déjà prometteurs, son colocataire de l’époque lui trouve une première date au Combi Bar, établissement rennais connu pour faire jouer les jeunes artistes et les nouveaux collectifs. Earl Nest était né. Il n’a cessé de grandir depuis.

« Au départ, ça se rapprochait de la mouvance The Hacker, Gesaffelstein, de la techno qui tabasse, limite post-punk. Après avoir découvert Rone, une révélation, j’ai essayé de faire plus mélodique », décrit Charles. Dans ses dernières productions, Earl Nest renoue aussi avec les styles basés sur le break, associés peu ou prou à la scène anglaise — drum & bass, dubstep, footwork, trip hop — très inspiré par des artistes comme Clark, Djrum, ou les podcasts de Vision Radio du groupe Noisia. Il signait d’ailleurs récemment un EP sur le label rennais Interval, Six Generations, pensé comme un mini-panorama de ses influences.

Au-delà de la production, Earl Nest est surtout un instrumentiste et un musicien live. Dès le début, il ne se ferme aucune porte et souhaite « faire des passerelles avec différents styles, que ce soit rock, dub, funk ou autre. Tout a été inventé ou presque, c’est dans l’hybridation que tu peux faire de nouvelles choses ». S’accompagnant à l’occasion de musiciens dans son parcours, d’une amie chanteuse aussi, il finit par intégrer sa basse à la formule, puis un mélodica, et désormais sa voix. Homme orchestre, il y a dans sa démarche, pour partie, l’envie de défaire certains préjugés envers la musique électronique. Celle-ci n’est pas préfaite en boîte, mais le résultat d’une performance live, sur des machines qui sont le prolongement des instruments classiques avec lesquels elles peuvent parfaitement fusionner, alliage de l’ancien et du nouveau finalement assez courant, voire salutaire. Encouragé par ses dernières collaborations avec le groupe du musicien alençonnais Tomi Marx, Charles envisage de convier des instrumentistes pour ses prochains live.

Pour l’heure, c’est seul qu’il se présentera sur la scène de l’Antipode samedi 29 janvier 2022. Toutefois, ayant plus d’un tour dans son flight case, Earl Nest sera accompagné de Erwan Tehel et Quentin Brard, du collectif de mapping et VJing YMCA pour proposer un live audiovisuel spécialement conçu pour l’occasion. Il s’agit en fait d’une variation de leur précédente collaboration pour le projet Lightbulbs de Charles. En utilisant le logiciel Smode, des éléments musicaux sont liés à des éléments visuels générés en temps réel et qui forment un décor projeté sur scène, dans lequel les deux artistes visuels promènent à leur gré une caméra, une vue subjective évoquant le jeu vidéo. L’ensemble s’inspire du film documentaire expérimental Koyaanisqatsi (Godfrey Reggio, 1982) et de sa bande originale culte signée Phillip Glass.

Et musicalement alors ? Avec Earl Nest, c’est toujours un peu la surprise. Il annonce un set composé d’inédits, « énervé mais lumineux ». « Je suis allé chercher du côté de la footwork et drum and bass, mais aussi de mes racines post-punk », précise-t-il. Dans la continuité de ses derniers morceaux, il y aura beaucoup de chant, en français. C’est donc un spectacle bien complet que présentera Earl Nest sur la scène de l’Antipode.

https://www.youtube.com/watch?v=N718LTKYGos

Venez soutenir Earl Nest lors des auditions régionales Inouïs du Printemps de Bourges, à Rennes. Si vous voulez faire partie du public et soutenir votre artiste favori, rendez-vous le samedi 29 janvier 2022 à l’Antipode ! Réservations ici.

inouis printemps bourges

Depuis 1985, les Inouïs du Printemps de Bourges constituent un festival tremplin pour les artistes de musiques actuelles. Cette année, 3000 candidatures ont été examinées par 350 professionnels de la musique. 136 artistes ou groupes ont été retenus, répartis sur 28 antennes territoriales. En plus d’une visibilité donnée à de jeunes projets, les lauréat·e·s des différents prix se verront programmés à plusieurs festivals, dont le fameux Printemps de Bourges, qui se tient cette année du 19 au 24 avril. Les concerts d’audition ont lieu entre le 6 janvier et le 5 février 2022. À Rennes, rendez-vous le 29 janvier à 20h à l’Antipode. Au programme : Earl Nest, FauxX, Jeanne Bonjour, Lowdy Williams, Niteroy et Tallou.

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Jean Gueguen
Jean Gueguenhttps://www.unidivers.fr
J'aime ma littérature télévisée, ma musique électronique, et ma culture festive !

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Earl Nest est candidat aux Inouïs du Printemps de Bourges à l’Antipode de Rennes le 29 janvier 2022. Multi-instrumentiste et producteur de musique électronique, le jeune homme originaire de Dinan s’est fait sa place sur la scène locale depuis une dizaine d’années grâce à des sorties régulières et à ses prestations live en constante évolution. Pour son passage aux auditions des Inouïs, il présentera même un live audiovisuel, à la croisée de la musique et du jeu vidéo.

Earl Nest est le projet musical de Charles Genestoux, jeune homme de 30 ans originaire de Dinan et arrivé à Rennes il y a une dizaine d’années pour ses études. Prolifique en autoproduction, le musicien a aussi signé sur plusieurs petits labels locaux, sous cet alias ou avec son side project Lightbulbs (Gnosticuts, Physalie, M.E.S Music, Interval). Il est également membre du collectif rennais Mikrokosm. Son live, un éternel work in progress dans lequel il convoque de plus en plus d’instruments, c’est dans les rave parties qu’il l’a rodé. Son passage aux Inouïs du Printemps de Bourges samedi 29 janvier 2022, sur la scène de l’Antipode de Rennes, sera l’opportunité pour lui de présenter son travail dans des conditions de concert. Il sera rejoint pour l’occasion de YMCA, collectif de VJing et de mapping avec lequel il a conçu un live audiovisuel.

earl nest
© Cony Photography

Avant de devenir producteur de musique électronique, Charles est avant tout un musicien multi-instrumentiste. Bercé de rock et de punk, c’est en ponçant un live de Nirvana gravé sur cassette, et avec les encouragements d’un ami guitariste, que l’envie de faire de la musique naît chez lui. Ce sera d’abord la basse, puis la guitare. Les jams entre copains, puis un premier projet folk indie avec une amie chanteuse. Au départ plutôt réfractaire aux musiques électroniques, c’est au détour d’un album de Gui Boratto, Take My Breath Away (Kompakt, 2009) que Charles y prend goût. Puis, en rejoignant le groupe Dub Sailors, à la basse et au clavier. « J’avais un vieux synthé à piles sur lequel je mettais une pédale de basse. En triturant ça se rapprochait de la drum & bass et du dubstep. C’étaient mes débuts dans la musique électronique », raconte-t-il.

Arrivé à Rennes, Charles découvre l’ensemble du spectre des musiques électroniques, la culture rave, la musique de teuf. Il fréquente religieusement les soirées de l’Élaboratoire, squat artistique alors très actif, et tombe amoureux de sa première boîte à rythmes : une Korg Electribe. En décembre 2013, à force de l’entendre bidouiller des morceaux déjà prometteurs, son colocataire de l’époque lui trouve une première date au Combi Bar, établissement rennais connu pour faire jouer les jeunes artistes et les nouveaux collectifs. Earl Nest était né. Il n’a cessé de grandir depuis.

https://www.youtube.com/watch?v=taeIjYPEx7g

« Au départ, ça se rapprochait de la mouvance The Hacker, Gesaffelstein, de la techno qui tabasse, limite post-punk. Après avoir découvert Rone, une révélation, j’ai essayé de faire plus mélodique », décrit Charles. Dans ses dernières productions, Earl Nest renoue aussi avec les styles basés sur le break, associés peu ou prou à la scène anglaise — drum & bass, dubstep, footwork, trip hop — très inspiré par des artistes comme Clark, Djrum, ou les podcasts de Vision Radio du groupe Noisia. Il signait d’ailleurs récemment un EP sur le label rennais Interval, Six Generations, pensé comme un mini-panorama de ses influences.

Au-delà de la production, Earl Nest est surtout un instrumentiste et un musicien live. Dès le début, il ne se ferme aucune porte et souhaite « faire des passerelles avec différents styles, que ce soit rock, dub, funk ou autre. Tout a été inventé ou presque, c’est dans l’hybridation que tu peux faire de nouvelles choses ». S’accompagnant à l’occasion de musiciens dans son parcours, d’une amie chanteuse aussi, il finit par intégrer sa basse à la formule, puis un mélodica, et désormais sa voix. Homme orchestre, il y a dans sa démarche, pour partie, l’envie de défaire certains préjugés envers la musique électronique. Celle-ci n’est pas préfaite en boîte, mais le résultat d’une performance live, sur des machines qui sont le prolongement des instruments classiques avec lesquels elles peuvent parfaitement fusionner, alliage de l’ancien et du nouveau finalement assez courant, voire salutaire. Encouragé par ses dernières collaborations avec le groupe du musicien alençonnais Tomi Marx, Charles envisage de convier des instrumentistes pour ses prochains live.

https://www.youtube.com/watch?v=HXz60cBKaEA

Pour l’heure, c’est seul qu’il se présentera sur la scène de l’Antipode samedi 29 janvier 2022. Toutefois, ayant plus d’un tour dans son flight case, Earl Nest sera accompagné de Erwan Tehel et Quentin Brard, du collectif de mapping et VJing YMCA pour proposer un live audiovisuel spécialement conçu pour l’occasion. Il s’agit en fait d’une variation de leur précédente collaboration pour le projet Lightbulbs de Charles. En utilisant le logiciel Smode, des éléments musicaux sont liés à des éléments visuels générés en temps réel et qui forment un décor projeté sur scène, dans lequel les deux artistes visuels promènent à leur gré une caméra, une vue subjective évoquant le jeu vidéo. L’ensemble s’inspire du film documentaire expérimental Koyaanisqatsi (Godfrey Reggio, 1982) et de sa bande originale culte signée Phillip Glass.

Et musicalement alors ? Avec Earl Nest, c’est toujours un peu la surprise. Il annonce un set composé d’inédits, « énervé mais lumineux ». « Je suis allé chercher du côté de la footwork et drum and bass, mais aussi de mes racines post-punk », précise-t-il. Dans la continuité de ses derniers morceaux, il y aura beaucoup de chant, en français. C’est donc un spectacle bien complet que présentera Earl Nest sur la scène de l’Antipode.

https://www.youtube.com/watch?v=N718LTKYGos

Venez soutenir Earl Nest lors des auditions régionales Inouïs du Printemps de Bourges, à Rennes. Si vous voulez faire partie du public et soutenir votre artiste favori, rendez-vous le samedi 29 janvier 2022 à l'Antipode ! Réservations ici.

inouis printemps bourges

Depuis 1985, les Inouïs du Printemps de Bourges constituent un festival tremplin pour les artistes de musiques actuelles. Cette année, 3000 candidatures ont été examinées par 350 professionnels de la musique. 136 artistes ou groupes ont été retenus, répartis sur 28 antennes territoriales. En plus d’une visibilité donnée à de jeunes projets, les lauréat·e·s des différents prix se verront programmés à plusieurs festivals, dont le fameux Printemps de Bourges, qui se tient cette année du 19 au 24 avril. Les concerts d’audition ont lieu entre le 6 janvier et le 5 février 2022. À Rennes, rendez-vous le 29 janvier à 20h à l'Antipode. Au programme : Earl Nest, FauxX, Jeanne Bonjour, Lowdy Williams, Niteroy et Tallou.

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