Rue Maréchal Joffre, au pied d’un immeuble haussmannien, les vieux Rennais connaissent cette pharmacie à la devanture d’antan. Mais très peu prennent la peine de lire les panneaux situés derrière la vitrine. Écrits à la main, d’une écriture soignée, ils cachent pourtant des trésors de médecine naturelle. « J’ai toujours eu envie de les tester, » avoue un passant, Jean, un brin hypocondriaque.

Un conseil, Monsieur, prenez de l’épilobe pour soigner l’hypertrophie prostatique. En revanche, Madame aux règles douloureuses fera le bon choix en optant pour l’alchémille. On y croit ou on n’y croit pas. Mais, convenons-en, on aimerait avaler prestement de l’huile de foie de requin pour conforter son processus immunitaire ou encore croquer des pilules de griffonia pour réguler son humeur, son stress, sa mélancolie et ses fatigues psychiques.

Ce n’est pas tout. L’apothicaire conseillera encore de prendre de la Chlorella qui – aux dires de beaucoup – combat la fatigue chronique. Elle prescrira également de la quecertine contre les réactions allergiques et la survenue des troubles coronariens. Mais arrêtons là cet inventaire à la Prévert pour ne souhaiter qu’une seule chose : l’officine doit rester en l’état. Ne serait-ce que pour affronter les froids rugueux de l’hiver venu et se souvenir de ces pharmacopées.

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