Organisé par l’ACEMS (Association Culturelle d’Etudes Maçonniques et Symboliques) avec le concours des obédiences présentes localement et sous l’égide de l’IMF (Institut Maçonnique de France), le 1er salon maçonnique du Livre et de la Culture de Rennes, intitulée « La franc-maçonnerie entre réalité et fiction », se déroulera du 29 au 30 octobre, de 10 à 18h à Saint-Jacques de la Lande. Entrée libre.

 

Depuis des siècles maintenant, la franc-maçonnerie ne cesse de questionner, d’interpeller, de troubler ou fasciner parfois, sans jamais vraiment laisser indifférent. Mettre le thème des francs-maçons en Une d’un magazine est l’assurance d’un accroissement de ventes (la récurrence de ces fameux « marronniers » en est la preuve). De plus en plus d’oeuvres romanesques ou thrillers dits ésotériques (jusqu’à Dan Brown qui s’en est emparé de singulière manière) en font la trame de leurs narrations. Mais quelle image réelle est-elle restituée de la maçonnerie ? Que veut cette dernière ? Comment est-elle vécue par ses membres ? À quoi sert-elle ? Quel est son impact réel dans la société ? Début de réponse avec Pierre-Henri Morin qui a bien voulu répondre à quelques questions.

Unidivers – Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie ?

Pierre-Henri Morin – Avant toute chose, je tiens à préciser que cette vision est personnelle et que ces propos n’engagent que moi. La Franc-maçonnerie contemporaine est l’une des dernières structures initiatiques encore vivantes en Occident. En fait : un ordre initiatique c’est-à-dire une organisation humaine qui requière une certaine hiérarchie et une éthique librement reconnues et consenties.  Par une méthode rigoureuse et progressive, incluant réflexions personnelles et échanges collectifs, elle vise l’éveil des hommes et des femmes par une construction et une structuration de la pensée, pour plus de conscience. La Franc-maçonnerie est donc une « école » de spiritualité, c’est-à-dire de ce qui a trait à la vie de l’esprit, et d’humanisme, dont le but est d’élever l’homme au-dessus de son « animalité » pour qu’il puisse mieux se connaître, mieux connaître les autres et, progressivement, se mettre en harmonie avec lui-même et avec le Monde.
La démarche initiatique, aussi vieille que la conscience humaine, est donc une démarche essentiellement tournée vers la connaissance de l’homme, son émancipation et, par extension, vers le bien-être matériel et le perfectionnement de l’humanité. Recherche de compréhension et de sens, elle se situe en dehors de tout domaine politique et religieux, laissant à chacun le libre choix de ses opinions.

Pierre-Henri Morin, président de l’Association culturelle d’études maçonniques et symboliques, organisatrice du premier salon maçonnique du livre et de la culture.

On entend souvent parler de plusieurs tendances ou sensibilités. Qu’en est-il ?

Toute démarche initiatique s’enracine dans une tradition, en d’autres termes : ce qui mérite d’être retenue. La tradition judéo-chrétienne est la trame de Franc-maçonnerie, courant de pensée essentiellement occidental qui, empruntant aux opératifs bâtisseurs de cathédrales, s’est officiellement structuré, à Londres, en 1723, avec la publication des Constitutions remaniées par le pasteur Anderson, l’un des textes fondateurs. Mais il est évident que, de la Renaissance au Siècle des Lumières et jusqu’à nos jours, les découvertes scientifiques, les différents courants philosophiques et autres ont transformé la manière de voir le monde, de raisonner et donc de penser. Sans renier le passé, la tradition s’écrit au quotidien. Ce qui était reconnu pour vrai hier ne l’est plus aujourd’hui ou qu’en partie. La pensée maçonnique n’échappe pas à la règle. À partir d’un tronc commun, des sensibilités différentes se sont greffées trouvant leur expression dans la pratique de Rites différents. Certains privilégient la construction de la dimension spirituelle de l’homme, d’autres son rôle social et sa place dans l’émancipation de l’Humanité. Tous sont respectables.

En quoi la Franc-maçonnerie peut-elle être une réponse aux aspirations de nos contemporains ?

Oubliant le sens de la Parole de leurs livres sacrés, des religions, imposent leur dogme, parfois en sérieux décalage avec les valeurs qu’elles sont sensées enseigner ou les réalités de la vie. Les systèmes politiques et, encore plus, économiques, oublient l’homme. La démarche initiatique le replace au centre débat. Elle n’impose rien. Elle propose de découvrir. Quitte, ensuite, à chacun de s’approprier et de faire sien sous la seule condition du respect de valeurs qui fondent l’humain. En conduisant l’adepte vers une certaine sagesse, l’initiation change le regard que l’homme porte sur lui-même et sur le monde. Elle peut, aussi, apporter une réponse à ses interrogations métaphysiques.

Vous organisez un salon maçonnique du livre et de la culture le samedi 29 et dimanche 30 octobre. À quel public ce salon s’adresse-t-il ?

Se voulant un lieu de rencontre entre l’Institution et toutes les personnes intéressées par la démarche maçonnique, qui ne recèle aucun secret, ce premier salon maçonnique du livre et de la culture est donc ouvert, gratuitement, à tout public. Comme l’exprime son intitulé : « La Franc-maçonnerie entre réalité et fiction », au travers d’une littérature abondante et variée, de conférences et de tables rondes, de rencontres avec des « Sœurs » et des « Frères », il a pour objectif de faire connaître l’Institution, de démystifier les à priori et fantasmes que suscite une société discrète. Tout un chacun pourra découvrir ce qu’est la réalité de la Franc-maçonnerie, la démarche qu’elle propose, et se renseigner sur les différentes Obédiences présentes.

Ces rencontres maçonniques culturo-littéraires du grand Ouest à Rennes sont l’occasion de rencontrer des auteurs, des personnalités de la galaxie maçonnique, mais aussi des frères et des soeurs heureux de partager leur vécu. Plusieurs tables rondes et conférences permettront notamment d’aborder les thèmes de « la franc-maçonnerie en Bretagne », « Fiction et franc-maçonnerie », « le maçon au travail », « la franc-maçonnerie, ses ombres et ses lumières »…

Parmi les intervenants : Denise Oberlin (Grande Maitresse de la GLFF), Alain Graesel (ancien Grand Maître de la GLDF), Christophe Bourseiller (Un maçon franc…, chargé de cours à l’institut d’études politiques de Paris, comédien, spécialiste des mouvements radicaux), Willy Vassaux (Les Colonnes de Salomon, dessinateur-scénariste BD), Jacques Fontaine (Le savoir maçonnique: un chemin de clarté; 1,2,3, planchez, psychopédagogue), Jissey (C’est au pied du maçon qu’on voit le mieux le mur ; 1,2,3, planchez; consultant en communication, journaliste, dessinateur d’humour), Stéphane François (L’Esotérisme, la « tradition » et l’initiation, universitaire, politologue et historien des idées, spécialiste des subcultures), Daniel Kerjan (Rennes : Les Francs-Maçons du Grand Orient de France – 1748-1998: 250 ans dans la ville), Béatrix Ulysse (Le manuscrit de la voie lactée) Christian Joucquand (La Franc-maçonnerie à Saint-Malo & sur la côte d’émeraude), Jean-Claude Cappelli (Les chemins de Folles pensée, entretiens avec un druide; Les origines païennes de la franc-maçonnerie), Yann Laflèche (La Prophétie du 5e règne), Thomas Dalet (Le chevalier Coen ou le mystère de la parole perdue, Arkangelus) Francis Moray (La franc-maçonnerie rendue intelligible aux lecteurs de Dan Brown), Jacques Rolland (Les Templiers du 3e cercle, Des Templiers aux francs-maçons), Bruno Gandois (ancien Grand Maître de la GLSF)…

Propos recueillis par Nicolas Roberti

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A Rennes, 1er salon du livre maçonnique | 29-30/10

Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

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