coquilles d'huîtres

En Bretagne, tout un réseau s’est organise autour d’une usine spécialisée dans le recyclage de coquilles d’huîtres à Cléguer, dans le Morbihan. Chaque début janvier, les ordures ménagères débordent des restes de ces délicieux mets consommés pendant les fêtes de fin d’année. Quimperlé Communauté, dans le Finistère, vient de rejoindre le projet en pleine expansion.

Chaque fin d’année, pendant les fêtes de Noël et du nouvel an, les amateurs d’huîtres français sont très nombreux. Les 375 zones ostréicoles définies produisent en moyenne 160 000 tonnes d’huîtres par an, dont la moitié est consommée en décembre. Les consommateurs ont été moins nombreux cette année que les années précédentes, en cause l’interdiction temporaire de consommation prise pour raisons sanitaires dans le bassin d’Arcachon surtout en Gironde, dans le Calvados, dans la Manche et également au sud de la Loire-Atlantique où les huîtres ont été atteintes par un norovirus.

A contrario, les huîtres bretonnes, notamment celles du Golfe du Morbihan, ont été plus charnues et les meilleures offres du marché cette année, grâce à l’afflux de tempêtes et de pluie en automne 2023. En effet, quand la pluie tombe sur la terre, elle ruisselle et se charge en oligoéléments, ce qui est indispensable pour le développement du phytoplancton avec lequel se nourrit l’huître.

Pour autant, des tonnes de coquilles d’huîtres finissent à la poubelle avec les autres déchets pour être ensuite incinérées, un incinérateur qui de plus n’apprécie pas vraiment ces coquilles, car en grandes quantités, elles ont tendance à nuire à son fonctionnement !  Depuis quelques années, plusieurs communautés de communes bretonnes se sont lancées dans une expérimentation de recyclage des coquilles d’huîtres pour favoriser une économie circulaire et un développement durable.

coquilles d'huîtres

L’usine de Kervellerin à Cléguer dans le Morbihan, gérée par Martine Le Lu Mambrini, développe une gamme de produits à partir de ressources naturelles et notamment des écoproduits avec le recyclage des coquilles d’huîtres et de coquilles Saint-Jacques qui, jusqu’à quelques années, provenait uniquement des ostréiculteurs eux-mêmes. Aujourd’hui, toute une chaîne permet d’enrichir son entreprise grâce au soutien de plusieurs communautés de communes et de leurs administrés : elles ont installé dans leurs déchetteries ou sur d’autres sites des bennes spéciales ou des bacs permettant à leurs habitants de déposer leurs coquilles d’huîtres, plutôt que de les jeter à la poubelle. Tout le contenu de ces bacs revient ensuite à l’usine de Cléguer pour y être transformé.

La commune de Muzillac a été leader, rejointe par le Pays de Vannes, qui a organisé l’été dernier une collecte de coquilles d’huîtres pendant la Semaine du Golfe : elle a permis d’éviter à 800 kg de coquilles de se retrouver dans les ordures ménagères. Il y a aussi les communautés de communes de Lannion et de Guingamp-Paimpol dans les Côtes d’Armor qui s’ajoutent au mouvement. Quant au Pays de Lorient, il envisage également de rejoindre l’opération prochainement. Les initiatives se multiplient sur le territoire.

Le pays de Quimperlé dans le Finistère, bien connu pour son huître plate du Belon, et à seulement seize kilomètres de Cléguer, est le dernier en date à rejoindre cette initiative. Depuis le vendredi 22 décembre 2023 et jusqu’au lundi 15 janvier 2024, 17 bacs de collecte au total ont été répartis sur les 16 communes. Installés à proximité des mairies et au siège de Quimperlé Communauté, elles permettent aux habitants de déposer leurs coquilles d’huîtres vides débarrassées de tout autre chose, telles la rondelle de citron, la lingette d’essuie doigts ou d’autres coquilles de crustacés car aucun autre type de coquillage n’est accepté.

L’entreprise de Kervellerin est une entreprise familiale créée en 1985. Sa stratégie de développement a toujours été de travailler à partir de ressources naturelles issues localement. Le produit phare de l’entreprise est l’ostrecal, produit à partir des coquilles d’huîtres qui passent par plusieurs étapes : elles sont nettoyées, broyées et concassées. Elles sont ensuite transformées en poudre concentrée, utilisée dans différents domaines : pour l’amendement des sols en agriculture ; pour fabriquer des fertilisants naturels biologiques ; comme  complément à l’alimentation animale ; pour le traitement de l’eau ; pour la confection de cosmétiques : maquillages, actifs reminéralisants, dentifrices ; pour la fabrication de peintures servant au marquages au sol routier ; pour créer des plastiques et enduits biodégradables. La participation des habitants de ces communautés de communes permet de collecter et de détourner un volume important des ordures ménagères, tout en apportant à l’usine de Kervellerin, une matière première de qualité.

En France, elles ne sont que deux usines à transformer les coquilles d’huîtres : l’usine de Kervellerin à Quimperlé dans le Finistère et l’usine du Mourre-Blanc, à Mèze dans l’Hérault

coquille d'huîtres

INFOS PRATIQUES

Adresses pour la collecte de coquilles d’huîtres pour les communes de Quimperlé communauté

coquille d'huîtres
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Marjolaine Tanguy
Marjolaine Tanguy est correspondante de presse dans le Finistère

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