Ségolène Royal est revenue, malgré elle, sur le devant de la scène, depuis le début de la semaine. La présidente de la région Poitou-Charente est au coeur d’une lutte fratricide avec un socialiste déchu et la cible de la nouvelle compagne de son ex… Entre scènes de couple et guerre d’égo, voilà encore une image pitoyable de la classe et de la gestion politiques dont les Français se passeraient bien.

Pourtant, Ségolène Royal a fait longtemps preuve de retenue et de classe dans les épreuves qu’elle a subie depuis 2007 : dans la défaite, dans le « divorce », dans les primaires, en acceptant de participer à une campagne alors que la réciproque avait été fausse… Sa seule échappatoire pour « exister » avait été de négocier un poste futur pas trop gênant pour les éléphants : le perchoir à l’Assemblée.

Mais il y avait des « si », le premier étant de se faire élire député et ensuite que les députés socialistes élus acceptent de la voir à ce poste, ce qui est loin d’être gagné. La direction l’a donc « parachuté », si l’on reprend les termes de son adversaire, à La Rochelle, ville de Poitou Charente, justement. Et voilà les machos du coin qui trouve des excuses pour tirer à vue sur « La Royal ». Il faut dire que la direction du PS n’a vraiment pas fait de zèle pour négocier au mieux les candidatures des ténors, surtout pour celle qui aurait de l’être à sa tête.

Olivier Falorni se retranche derrière l’habituel argument de « la décision parisienne », loin du terrain. Son adversaire serait, à ses eyux comme à d’autres, « méprisante et narcissique ». Celui qui n’est que 4e adjoint a pourtant tout l’air d’un jeune loup aux dents longues, n’hésitant donc pas à piétiner la bienséance qui veut que le second candidat de gauche s’efface au bénéfice du premier dans une élection. Et avec 4% d’avance soient 2000 voix, il n’y a pas vraiment photo.

Ce même Olivier Falorni n’a pas hésité à clamer qu’il était soutenu par le nouveau président élu pendant une campagne où l’avenir de la cité de La Rochelle n’a pas été au centre des préoccupations. François Hollande aura attendu le résultat du premier tour pour enfin faire savoir son choix : Ségolène Royal. Mais voilà que la rivale voulue par la presse people Valérie Trierweiler, l’amante du compagnon volage, se prononce en faveur de Falorni sur twitter. On entre dans le grand n’importe quoi.

Que n’aura-t-on fait subir à Ségolène Royal après la tromperie, les insultes et moqueries machistes, les manipulations d’urnes, le pillage d’idées… Alors que Ségolène Royal ne s’est jamais immiscée au grand jour dans la nouvelle vie du couple Hollande-Trierweiler, voilà que celle-ci, toute journaliste qu’elle est, vient donner un avis que son métier et sa position (les sujets ne manquent pas en politique intérieure et extérieure pour que Valérie Trierweiler montre son professionnalisme) ne l’autorisent guère à donner. L’égo et la jalousie font bien la paire avec Falorni, il est vrai.

Après de telles informations, comment veut-on que les Français s’intéressent à la politique ? Madame Trierweiler ignore que la classe ne s’achète pas avec des toilettes et des chaussures hors de prix.  Monsieur Falorni, la politique, c’est aussi respecter ses concitoyens et ses électeurs. Et Monsieur Hollande a décidément bien mauvais goût en plus d’un sens de l’honneur plus que douteux.

Et si cet article monte en épingle ce tweet, c’est aussi pour montrer qu’il a des conséquences bien plus importantes, surtout celle de masquer les problèmes des français à travers des unes de journaux totalement absurdes. La principale concernée n’a rien demandé et doit se désoler d’être entrainée dans le terrain du people plutôt que de la politique et des problèmes de la région et de la ville de La Rochelle dont finalement on aura aussi peu parlé que pour Hénin-Beaumont.

Ces deux pôles auront été mis en avant dans la plus médiocre campagne législative de la Ve république juste pour des rivalités de personnes. À croire que ce serait pour masquer les vrais enjeux ? Et qu’on ne me dise pas que les médias n’ont pas eu un rôle à se recopier ainsi les uns les autres !

Ice

Quand on est loin d’être royal… on twitterweiler

Un commentaire

  1. Je ne vais pas redire ce que j’ai dis par ailleurs mais ceci est un faux débat. On haït trop le fait de pas pouvoir s’exprimer alors comment condamner quelqu’un qui s’exprime librement malgré les contraintes.
    Surtout qu’il n’est pas prouvé que cet acte soit totalement innocent

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