Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.

cinéma, film unidivers, critique, information, magazine, journal, spiritualité, moviesRidley Scott revient à l’origine des temps. Mais aussi de sa carrière : Prometheus est censé être avant la saga Alien. Attendu au tournant par les critiques comme le monstre attendait Ripley dans le Nostromo,  le film vaut-il le détour ? Tout à fait selon Ice.

Alien et ses suites faisaient partie des films de genre où un monstre veut la peau de quelques humains dans un environnement clos. Prometheus développe un peu plus d’ambition. Comme Jean-Pierre Jeunet avait tenté de le faire dans Alien 4. Pour le coup, Ridley Scott aborde à la fois le Space Opera – entre 2001, l’odyssée de l’Espace et Star Wars – et le film de monstre dans une grosse machinerie façon Block Buster. Au plan visuel, disons-le d’emblée, on a pour son argent, 3D ou non. Très inspirés de l’oeuvre d’Hans Ruedi Giger (le dessinateur d’Alien), les décors sont impressionnants et efficaces.

Efficace, voilà le mot qui résume ce film. Efficace par ses acteurs, Noomi Rapace (Millenium) en tête. Son charisme ténébreux s’oppose à celui de la glaciale Charlize Theron, hélas sous-employée dans ce film. À noter aussi le très bon Michael Fassbender dans le rôle du mystérieux androïde. Efficace par son ambiance et la trame de son scénario qui reste proche des Aliens. On y retrouve évidemment les mêmes incohérences typiques du genre : mais pourquoi font-ils entrer le monstre à cet endroit-là, pourquoi oublient-ils de prendre une arme à ce moment-là ?…

Bref, on ne s’ennuie pas. D’autant que l’ambiance est moins pesante que dans l’opus précédent grâce au déploiement de pistes métaphysiques et philosophiques. Rien de bien complexe, mais le spectateur sent que le réalisateur s’attache à dire quelque chose.

Sans en dire trop, on notera une forte présence sous-jacente de la religion chrétienne. Aucune lecture créationniste américaine, le darwinisme est même présent (à travers l’évolution des ingénieurs) ; la réflexion sur la génétique et la poursuite de la vie éternelle domine. À ce sujet, on se demande bien pourquoi Scott a été maquiller Guy Pearce en vieillard ridicule alors qu’il aurait pu prendre n’importe quel acteur senior pour cela ! A moins qu’une surprise nous attende dans une suite à venir ?

De fait, le film se prête à une nouvelle saga. Non seulement par sa fin, mais par les pistes déjà évoquées. Finalement, au regard de toute la tétralogie, il s’affirme comme le meilleur épisode, mais décevra les amateurs de Space Opera pur ou de scènes sanguinolents qui n’apprécieront sans doute pas les différents niveaux de lecture.

Prometheus se bonifiera avec le temps lorsque l’on évoquera la carrière de Ridley Scott.

cinéma, film unidivers, critique, information, magazine, journal, spiritualité, moviesCe film est quand même assez particulier il faut bien le reconnaitre. Sublime esthétiquement, magistral dans son action, il déroute. Il déroute par une dualité que certains trouveront artificielle : se remémorer des souvenirs de naissance tout en se projetant vers un nouveau monde. Certains apprécieront que moyennement selon David.

La réalisation est le signe d’un professionnalisme évident de la part de Ridley SCOTT. De toute façon, comment ne pas s’entendre à du lourd de la part du créateur d’Alien et de Blade Runner ? De la science-fiction splendide à la verve puissante et radicale. La tension dramatique qui s’installe au fur et à mesure de l’œuvre est d’une belle technicité.

Néanmoins on ne qualifiera pas de chef d’œuvre ce film. Malgré des qualités certaines, il agace aussi. On regrettera l’étroitesse de l’aspect réflexif. On regrettera aussi une complexité où se perd parfois le spectateur.

En termes de surprises, rien de surprenant. Le plus regrettable : s’il existe un lien entre Alien et Prometheus, il tient par un fil bien artificiel.

Oui, pour la beauté esthétique, mais la maitrise des éléments ne peut faire oublier le manque de profondeur, le traitement trop calculé et des personnages fades.

30 mai 2012 (2h 3min)
Réalisé par
Ridley Scott
Avec
Michael Fassbender, Charlize Theron, Noomi Rapace
Genre
Science fiction, Thriller
Nationalité
Américain

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