Acclamé avec son second album « Tearing Sky » paru en 2006, Piers Faccini le chanteur/guitariste anglo-italien qui a élu domicile dans les Cévennes françaises revient cet automne avec son septième enregistrement produit par lui-même sur son label Beating Drum.

piers facciniPiers Faccini, en un peu plus d’une décennie, a fortement marqué le revival du courant folk. Se renouvelant à chaque disque, cet auteur compositeur jongle avec facilité entre les différents éléments constitutifs de cette musique. Qu’il s’agisse de blues, de guitare africaine, de folk indé, de musique traditionnelle italienne, le musicien y est autant à son aise que dans les différentes langues qu’il pratique : anglais, italien, français. L’amour des mots donc, de la poésie, des textes mis en musique. En effet, Piers Faccini a repris, depuis ses débuts, différents thèmes propres au courant folk intimiste dont la figure emblématique fut Nick Drake dans les années 70.

piers facciniÀ travers ses premiers opus, Piers développe une musique calme, apaisante, dont les textes introspectifs sont le reflet de tourments personnels dans lesquels peuvent se retrouver de nombreux contemporains. Une société qui évolue trop vite, la difficulté à entrer en relation, la complexité des liens familiaux, l’idéalisation adolescente, la difficile stabilité dans une réalité dont les contours apparaissent de plus en plus flous. Ne lorgnant jamais vers le nihilisme et toujours écrites de façon poétique, ces chansons peuvent donc nous accompagner amicalement dans nos cheminements personnels. « I Dreamed An Island » est quant à lui un disque qui brasse les différentes cultures musicales traditionnelles continuant en cela le tournant amorcé avec l’album « My Wilderness » sorti en 2011. Comme d’habitude, la guitare est très présente, mais on est assez éloigné du blues américain que l’on pouvait entendre sur certains titres de l’album « Tearing Sky ».

zampogna
zampogna

Les phrasés sonnent souvent orientaux, les voix reprennent parfois à l’unisson les mélodies instrumentales, l’inclusion d’instruments typiques traditionnels comme le zampogna (cornemuse italienne), le daf (tambour d’origine perse), le guembri (instrument à cordes africain, joué notamment par les Berbères et les Touaregs) et d’autres encore, convie l’auditeur à la contemplation de paysages sonores à la fois traditionnels et actuels grâce aux arrangements et instrumentations également modernes sur de nombreux titres. Le titre To Be Sky qui ouvre l’album est assez envoûtant : une batterie en retrait, mais affirmée sur les temps forts, des parties guitare mêlant plusieurs sonorités : africaine et orientale avec une touche de saturation renforçant ainsi l’atmosphère puissante et aérienne comme le titre de ce morceau l’indique.

piers facciniTo be sky mais From The ground chante le musicien comme il l’évoquait dans son album The Wilderness : « The roots go deep but the branches grow… » Ces vers résument assez bien un thème récurrent dans les compositions du chanteur, à savoir garder les pieds sur terre, s’accrocher à soi, au réel afin de pouvoir tutoyer les étoiles sans descente désagréable. Le titre Bring down the wall est peut-être le plus aboutit et esthétiquement le plus moderne de l’album; on retrouve Piers à l’harmonica posant son chant sur une section basse batterie penchant vers l’afro beat, puis la composition s’ouvre sur un passage agréablement surprenant, chanté en italien, introduisant une coda rythmiquement puissante menée par le batteur Simone Prattico qui rappelle le titre If I de l’album « Tearing Sky ». Pour l’écriture de cet album, Piers aura avec l’aide d’un luthier, élaboré un moyen de pouvoir jouer des quart de tons sur sa guitare en installant des mini frettes au milieu de la case sur la touche de son instrument. Pour les non-musiciens, les gammes les plus utilisées sont composées de tons et de demi tons et non pas de quart de tons. Avec cette astuce, il devient alors possible de jouer des sonorités arabes, berbères… Ce disque apparaît ainsi comme un brassage de musiques et de langues diverses; un melting pot musical à travers lequel l’artiste semble affirmer la nécessité de préservation des cultures folkloriques et de leur rencontre.

I dreamed an island est un album de Piers Faccini sorti en octobre 2016 sur son label Beating Drum

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La tournée 2016-2017 de Piers Faccini

93 À Pantin le vendredi 28 octobre 2016, La Menuiserie
26 À Portes les Valence le jeudi 3 novembre 2016, Train Theatre
26 À Romans sur Isere le vendredi 4 novembre 2016, Cite De La Musique
34 À Gignac le samedi 5 novembre 2016, Espace Culturel
50 À Saint Lo le samedi 12 novembre 2016, Theatre Roger Ferdinand
95 À Villiers le Bel le dimanche 20 novembre 2016, Eglise Saint Didier
78 À Houilles le vendredi 25 novembre 2016, Salle Rene Cassin
60 À Crepy en Valois le samedi 26 novembre 2016, Centre culturel MJC
49 À Saint Barthelemy d’Anjou le samedi 3 décembre 2016, Theatre De L’hotel De Ville
44 À Nantes le mardi 6 décembre 2016, Salle Paul Fort
75 À Paris 11ème le jeudi 8 décembre 2016, Cafe De La Danse
53 À Laval le dimanche 11 décembre 2016, 6 Par 4
35 À Rennes le vendredi 16 décembre 2016, L’antipode Mjc Rennes
29 À Quimper le samedi 17 décembre 2016, Le Novomax
93 À Les Lilas le jeudi 22 décembre 2016, Le Triton
83 À Hyeres le samedi 4 février 2017, Theatre Denis
75 À Paris 19ème du samedi 11 février 2017 au dimanche 12 février 2017, Philharmonie De Paris
92 À Meudon la Foret le vendredi 12 mai 2017, ECRD

I dreamed an island : nouvel album polymorphe de Piers Faccini was last modified: novembre 3rd, 2016 by Nils Arrec
Nils Arrec est un musicien ayant étudié à l'école nationale de guitare Ibanez de Rennes. Il partage son temps entre la composition de chansons folk, de morceaux blues, et la lecture de romans également.

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