Ah les vacances d’été ! Période bénie pour les magasins de photo, les fabricants d’appareils de toutes sortes… Enfin, c’était avant, car nos pratiques ont bien changé depuis le vieil Instamatic de papy René (changez le prénom selon celui du vôtre).

Rien qu’avec ma dernière phrase, je viens de perdre 40 % du lectorat selon le dernier sondage Nicolas Roberti/Unidivers… Oui, qui se souvient encore de ces appareils d’un autre âge dans lesquels on mettait des rouleaux colorés dont il fallait dérouler précautionneusement la bande marron sombre du film ? Au pire, certains se souviennent des appareils jetables étanches que l’on prend sur la plage pour immortaliser des moments de farniente. Et après, il y avait l’attente du développement, bien avant les laboratoires « 1h automatique » qui ont fait la fortune de Fuji et de néophytes croyant que la photo se réduisait à mettre un film dans une machine dont il fallait juste changer les bains de réactifs. Allez, terminé tout ça ! Maintenant aussitôt arrivé à destination, aussitôt une photo diffusée.

La révolution Minilab a vécu
La révolution Minilab a vécu

Dernier cri des appareils photo, le WiFi directement intégré sur la carte SD ou même carrément un système Android similaire à celui de son smartphone. Avec cet équipement, l’utilisateur récupère ses données sur son ordinateur portable ou les envoie directement sur un site de partage ou dans « le nuage » (comme on dit en français pour cloud computing), c’est-à-dire sur un serveur d’un gentil hébergeur qui est souvent très copain avec la NSA (voir notre article sur PRISM). Mr Smith connaît tout de votre famille et de vos passions, mais ne répond jamais aux invitations que je lui lance. Il suffit de regarder qui est en tête des partages de photos dans le monde. C’est… Facebook. Une plateforme qui s’autorise le droit de faire bien des choses avec vos photos, puis Flickr qui appartient à Yahoo ou Picasaweb qui appartient à Google ou encore Pinterest, Tumblr, Instagram et autres réseaux plus ou moins sociaux.

Quelques exceptions tout de même : 500px, qui est plutôt orienté pro et créé par deux Russo-canadiens ; il rallie peu à peu les déçus de la nouvelle version de Flickr. Autres déçus, les utilisateurs de Photoshop depuis qu’Adobe a décidé de rendre son usage « à péage » et non plus en libre utilisation contre une ronde somme de départ. Une évolution qui s’accompagne de… devinez…. une offre d’hébergement des photos  ! Ainsi, après 2 ans d’utilisation, le produit est censé s’avérer plus rentable…pour l’éditeur.

Désormais, la retouche s’opère directement sur son smartphone, sa tablette ; avec des filtres. Et tout ça pour pas cher tandis que les pros deviennent un marché de niche dont les investissements doivent être lissés par des abonnements. Bref, vous l’aurez compris, collectionnez les anciennes versions des logiciels, ça vaudra bientôt de l’or.

Le scandale des pro : Le dernier photoshop
Le scandale des pro : Le dernier photoshop

Non, vraiment, il est loin le temps de la photo de mon enfance (tss, tss, ne me demandez pas mon âge) et même celui du début du numérique. De quoi se poser aussi des questions sur ce besoin de figer des instants du présent, un besoin qui explose avec la facilité de le faire. D’autres se posent des questions sur les limites de la photographie numérique et de l’art avec les possibilités de retouches, au point d’en faire un hors-série (voir le magazine Réponse Photo, disponible dans les meilleures pâtisseries).

Allez, je vais me commander quelques rouleaux de Kodachrome 64 et les envoyer en développement dans l’enveloppe jaune fournie. Quoi, ça n’existe plus ?!? Et  comment vais-je faire à la rentrée pour vous montrer mes photos de puces en vacances ?

Marie Darré

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