Pontrieux, petite bourgade d’environ 1000 âmes, fait partie depuis 1986 de l’association des Petites Cités de Caractère de Bretagne (créée en 1977, elle regroupe 21 petites agglomérations bretonnes). Un héritage patrimonial qu’il s’agit non seulement de sauvegarder, mais de rendre accessible au public. Les lavoirs de Pontrieux représentent une partie importante de ce patrimoine qui nous rappelle qu’autrefois laver son linge n’était pas une mince affaire ! En 1991, Yves Piriou et Guy Le Tacon créent l’association Nos Lavoirs ; ainsi commence la restauration progressive des lavoirs bordant les berges du Trieux.

PONTRIEUX

La fête des lavoirs à Pontrieux c’est une occasion unique de se plonger dans l’histoire, avant l’invention de la machine à laver : l’histoire de ces énergiques « laveuses » (le terme « lavandière » étant plus approprié au sud de la France avec l’usage de la lavande) qui s’usaient à assurer la propreté du linge de leur famille dans les lavoirs publics et parfois aussi celui des familles les plus aisées dans les lavoirs privés.

PONTRIEUX

Pontrieux tire son origine d’un pont placé sur le Trieux (du breton « pontrev »), entre les paroisses de Ploëzal et de Quemper-Guézennec. La ville fut, du XVe siècle au XIXe siècle, une ville commerciale très active grâce notamment à son emplacement stratégique pour le commerce : il s’y échangeait notamment des céréales, des toiles, de lin principalement, et des chevaux. Jusqu’au XIXe siècle, le pont Saint-Yves de Pontrieux était le seul, entre Guingamp et la mer, qui permettait de franchir le Trieux et de passer ainsi du Trégor sur la rive gauche, au Goëlo sur la rive droite. Pontrieux devint le port de Guingamp, mais perd sa fonction de passage obligé après la construction du pont de Lézardrieux en 1840. L’arrivée du chemin de fer à la fin du XIXe siècle permet le développement d’une activité industrielle basée sur le bois, le carton et le lin. Cette production, expédiée par voie maritime dans l’Europe entière, dynamise le port où les goélettes danoises et anglaises côtoient celles en partance pour la pêche en Islande. En outre une cartonnerie se rendit célèbre en imprimant les premiers tickets du métro de Paris. Vers la fin du 19e et au début du 20e siècle, Pontrieux est donc une ville particulièrement prospère et ses notables ont de nombreux domestiques, dont les fameuses laveuses.

PONTRIEUX
Pontrieux, années 20. Collection Musée de Bretagne

Pontrieux dénombrait cinq lavoirs publics, mais les riches commerçants et notables ne souhaitaient pas que leur linge soit lavé en public ni que leurs laveuses réunies dans un lavoir public dévoilent les secrets de famille. Les notables de Pontrieux firent ainsi construire leurs propres lavoirs, protégés par des murs de pierre à l’abri des regards, sur les bords du Trieux à l’extrémité de leur propriété (au fond du jardin). Le déclin commercial et industriel de la ville ainsi que l’arrivée du lave-linge (années 50/60) met un terme à l’utilisation des lavoirs. Ceux-ci tombent dans l’oubli et se font envahir par les ronces rendant leur accès difficile, voire impossible.

LAVOIRS PONTRIEUX

L’architecture des lavoirs est différente de celle d’autres lavoirs connus : en effet il n’existe pas de plan sur lequel la laveuse pouvait battre le linge devant elle. À Pontrieux, les lavoirs sont construits de la façon suivante : murs en pierre, charpente en bois, couverture en ardoise, sol dallé, porte permettant l’accès au jardin, cheminée et foyer dans certains lavoirs. Une succession de marches permettait à la laveuse de battre son linge en fonction du niveau de l’eau (fluctuation au gré des marées et des précipitations). Il faut donc imaginer la pénibilité de la position des laveuses qui travaillaient à genou, parallèlement au fleuve. Certains lavoirs étaient surmontés d’un étage (servant de salon de thé ou de logement pour le personnel).

LAVOIRS PONTRIEUX

 

L’extrême pénibilité du travail des laveuses comportait de nombreuses étapes : mettre le linge dans une manne d’osier et apporter le linge sale dans une brouette au lavoir, tremper le linge dans la rivière, le savonner, le battre (avec le battoir) et le brosser, allumer le foyer dans les cheminées ou sous le trépied, faire bouillir l’eau dans les lessiveuses en y incorporant un pochon de toile rempli de cendre de bois (sauf la cendre de chêne qui teinte le linge), rincer le linge, le frapper à nouveau puis le tordre, transporter le linge lavé dans la brouette pour aller l’étendre (sur l’herbe, sur un fil…). Le fait d’étendre son linge aux rayons de la lune permettait également de le blanchir.

PONTRIEUX

Pendant longtemps à l’abandon, les 50 lavoirs privés et quatre publics ont été restaurés grâce aux efforts de l’association Nos Lavoirs en partenariat avec la mairie. Les lavoirs sont accessibles par le Trieux : des promenades en barque commentées sont organisées les mercredis, vendredis et dimanches, de mai à septembre. Le 15 août, une grande fête réunit de nombreux bénévoles et plusieurs milliers de spectateurs, c’est la fête des Lavoirs qui dure toute la journée.

PONTRIEUX

La fête des lavoirs de Pontrieux a lieu le 15 août toute la journée.

 

Association Les lavoirs : 06 80 88 00 23
Site Internet : www.association-nos-lavoirs.fr

Renseignements : contacter Le Bureau d’Informations Touristiques (02 96 95 14 03) ou la Mairie (02 96 95 60 31).

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Les petites Cités de Caractère de Bretagne, label breton créé en 1977, regroupent aujourd’hui 21 communes en Bretagne. Oeuvrant pour l’entretien, la mise en valeur et l’animation de leur patrimoine, elles constituent des pôles importants, voire indispensables, de l’économie touristique et culturelle de la Bretagne. La preuve en est que cette idée, originale en France et en Europe, s’est exportée dans une douzaine de régions et de départements français.
En Bretagne, ces cités sont au nombre de 21 :
– dans les Côtes-d’Armor (22) : Pontrieux, Chatelaudren, Jugon-les-Lacs, La Roche-Derrien, Léhon, Moncontour, Quintin, Tréguier;
– en Ille-et-Vilaine (35) : Bazouges-la-Pérouse, Bécherel, Chateaugiron, Combourg;
– dans le Finistère (29) : Guerlesquin, Le Faou, Locronan, Pont-Croix, Roscoff;
– dans le Morbihan (56) : Josselin, La Roche-Bernard, Malestroit, Rochefort-en-Terre;
Les flux de tourisme créés par l’ensemble des PCC sont évalués à 6 millions de visiteurs/an.

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Les Lavoirs de Pontrieux en photos (Photos : Caroline Morice) :

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Les animations durant la fête des lavoirs :

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Photos anciennes, coiffes de Pontrieux, collection Musée de Bretagne :

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Anciennes publicités pour les machines à laver :

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2 Commentaires

  1. Bonjour, bravo et merci à tous pour ce bon moment lors de cette fête. L’histoire, la mémoire, la famille, convivialité, une très belle journée
    Sophie

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