Pasta i basta : des pâtes et c’est tout ! Dans le cadre des Dimanches à Rennes, en partie pilotés par les Tombées de la Nuit, cette aventure théâtro-culinaire aura lieu le 14 mai à Rennes sur le mail François Mitterrand. Un événement printanier à ne surtout pas manquer : le théâtre à l’envers, le metteur en scène Benoît Gasnier et le scénographe Guénolé Jézéquel se sont unis pour proposer un atelier de cuisine participatif doublé d’un banquet convivial. Buon appetito !

 

PASTA I BASTAPasta i basta, ou placer le spectateur au cœur du dispositif artistique. Pas étonnant que l’initiative vienne de Benoît Gasnier et du théâtre à l’envers. En effet, la scénographie s’en trouve complètement renversée. Le principe ? Installer une cuisine éphémère dans le quartier convivial du Mail François Mitterrand. « Une gestuelle se coordonne, les boules de farine circulent, les machines tournent, des dizaines de kilos de tagliatelles sèchent », peut-on lire dans la présentation. 400 convives sont attendus à partir de 20 heures pour un banquet. Réinventer le repas de quartier, tel est le but. Les participants sont invités à ramener de la nourriture, et s’ils le désirent, des tables. Nous avons rencontré Guénolé Jézéquel, le scénographe de cet événement.

PASTA I BASTAUnidivers : Comment est né le projet Pasta i basta ?

Guénolé Jézéquel : Pasta i basta est un projet de la compagnie de théâtre A l’envers. On l’a monté dans plusieurs villes de France : à Bordeaux dans le cadre du festival Chahut, à Mulhouse pour Scènes de rue et à Indre. Le projet a été créé à l’initiative de Benoît : il réfléchissait sur la manière de travailler avec la cuisine. Il voulait travailler autour de la pâte. On peut constituer un décor à partir de tagliatelles accumulées et, au final, trouver un moyen d’inviter les gens à manger ce décor.

Unidivers : Quel est le principe de Pasta i basta ?

PASTA I BASTAGuénolé Jézéquel : Nous disposons d’une cuisine installée comme une scène de théâtre. L’idée, c’est que tous les éléments qui font partie de la cuisine créent du jeu. Par exemple les ustensiles : on peut les éparpiller chez les commerçants tout autour. Il faut que la cuisine soit le cœur du dispositif. On ne présente pas ce projet comme du théâtre : il en devient un. On se situe entre le théâtre et la cuisine. Une cuisine qui produit du théâtre. On travaille beaucoup autour du corps. Accueillir 400 personnes est un exercice intense. Comment les accueille-t-on ? Comment on s’en amuse ? L’idée, c’est d’impliquer un groupe de gens, pendant douze heures, dans une aventure où il faut faire manger la ville.

Unidivers : Comment se déroulera la journée ?

PASTA I BASTAGuénolé Jézéquel : On constitue un groupe de 14 habitants. On travaille en amont avec eux pendant deux jours. On se donne des rôles, on crée une équipe. La journée s’articule en trois temps. D’abord, on fait les boules de pâtes : on est aligné à pétrir à partir de la farine et de l’eau. Après, on amène les boules à reposer, on les déplace chez un commerçant ou un habitant. Puis on les récupère pour faire des tagliatelles. Avec un beau geste, on les transforme, tout simplement. Sur de la musique italienne : Adriano Celentano et Dalida, notamment. La cuisine grossit donc au fur et à mesure. Ensuite, on doit se séparer en deux groupes, l’un en cuisine, l’autre en salle. On se fait beau. Le jeu commence : nous n’avons pas de tables. Les gens doivent en ramener : table basse ou à repasser, pourquoi pas ? On constitue un banquet le plus maladroit possible. La règle du jeu, c’est un chef d’équipe pour une table de dix personnes. Donc, 40 chefs de table. Le banquet est gratuit et ouvert à tous. Sauf les boissons, à la buvette.

Unidivers : Pourquoi avoir choisi le Mail François Mitterrand ?

PASTA I BASTAGuénolé Jézéquel : En concertation avec les Tombées de la Nuit. Le lieu s’y prête. Le Mail demande à être approprié. L’espace convient à un moment fédérateur. C’est un lieu de promenade : les gens passeront, dès 10 heures, et assisteront au spectacle. Il faut également 100 mètres de tables et ce n’est pas évident de trouver cette perspective à Rennes.

Unidivers : Quel est votre rôle en tant que scénographe ?

Guénolé Jézéquel : Mon travail est technique. On échange, avec Benoît. On écrit ensemble. Benoît est plus sur l’humain : comment on accueille les gens. Je travaille sur l’aspect technique et le design. Ce qui m’intéresse, c’est l’esthétique du quotidien. Comme dans un film de Tati. Comment susciter de l’extraordinaire à partir d’une tasse de café …

Pasta i basta, par la compagnie le Théâtre à l’envers, Rennes le 14 mai 2017 sur le mail François Mitterrand dans le cadre de Dimanche à Rennes

Pasta i Basta

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