Le 5 juin 2015 au soir à Rennes, la foule s’est pressée, nombreuse et enthousiaste, malgré une température peu motivante pour un mois de juin, pour assister à la Cenerentola. Il ne faudrait pour autant pas oublier le succès également recueilli dans l’après-midi lors de la présentation par différents intervenants de réalisations autour du numérique. Bienvenue au Lab’Fab ! Ou quand Géo Trouvetout rencontre le docteur Maboul chez les Zinzins de l’espace…

 

labfab rennesLaissez-nous être votre guide et accompagnez-nous dans cette déambulation dans le monde des techniques d’avant garde… La visite commence par le stand d’un des principaux partenaires de l’opéra avec Orange labs en association avec l’Université Rennes 2. Le thème de leur recherche est… la TV immersive. Ne froncez pas le sourcil devant l’âpreté du mot ! Essayez plutôt de vous faire une idée du résultat après l’explication qui va vous être donnée. Présentation.

L’idée est simple et intéressante. En divers points stratégiques de la scène sont placées des caméras qui filment l’ensemble du spectacle sous différents angles. À ces caméras sont adjointes des tètes équipées de deux micros, exactement comme des êtres humains qui vont capter le son comme le feraient des oreilles. Vous pourrez ensuite, grâclabfab rennes 2eà une tablette tactile qui vous propose un menu des différentes captations, projeter celles-ci sur grand écran. Résultat : à l’aide du casque audio, vous avez la sensation de vous déplacer d’un côté à l’autre comme le feraient les chanteurs. Vous savez désormais ce qu’est le son « binaural ».

Mais ce n’est pas tout ! Avec Artefacto, il vous suffira de télécharger une application et de placer votre smartphone dans une curieuse petite boite en carton appelée « cartboard » qui rappelle les stéréoscopes de notre (lointaine) enfance. Dès lors, vous pourrez visiter l’opéra des loges à la salle de spectacle. Il vous suffit pour cela de placer un petit indice mobile sur des flèches fixes disposées aux lieux stratégiques de l’opéra et vous vous déplacez du parvis à la fosse d’orchestre sans bouger du hall d’accueil simplement en tournant la tête… Bluffant !

une jolie idéeAu milieu des différentes approches, celle de la société « Une jolie idée » nous a laissés totalement ébahis. C’est aussi amusant qu’un manège à la foire ! Assis sur un confortable siège, vous vous trouvez coiffé d’un casque audio et d’un casque vidéo ; et, grâce à une captation à 360 degrés, vous êtes totalement immergé dans la salle d’opéra. Tournant la tête à droite, vous voyez le public, idem à gauche. En face de vous : la scène où interagissent les chanteurs et autres figurants. Mais le plus impressionnant : en vous penchant en avant vous vous trouvez placé exactement au-dessus de l’orchestre et vous voyez les musiciens répondant aux ordres du chef d’orchestre ! Stupéfiant ! Nous avons même ressenti un bref moment de vertige… Cédric Barbey et Pascal Roigneau, directeurs d’Une jolie idée, s’amusent à juste titre de notre étonnement ; avec patience et courtoisie, ils répondent à toutes nos questions.

Avec « La fabrique du spectacle », portail numérique, c’est le processus même de une jolie idéecréation qui est observé, analysé et décomposé en vue d’une meilleure compréhension. Dans le cas de la Cenerentola à Rennes, ce sont des images de l’intérieur de l’opéra, des extraits de la générale ainsi que des photos qui sont mis à la disposition de tous afin d’explorer la genèse d’un spectacle de ce type. C’est pour la fabrique du spectacle une première expérience, alors que 5 spectacles du TNB ont déjà été observés et décortiqués. Il s’agit d’une commande des enseignants de l’Université Rennes 2.

Avec « LabFab », Laboratoire de fabrication francophone hébergé à Rennes à l’école des Beaux-Arts, nous tombons franchement dans le monde des Géo Trouvetou, des professeurs Maboul et des zinzins de l’espace ! On s’amuse franchement de toutes les trouvailles folles et géniales dont des chercheurs de tout âge et de toutes conditions font l’offrande à ceux auxquels cela plabfab rennesourrait être utile.

En effet la recherche du profit n’est pas le moteur de cette entité, mais bien de laisser à ceux qui ont une bonne idée la possibilité de s’exprimer. On y trouve aussi bien Romain Coulomb, en deuxième année de l’École des Beaux-Arts, que Baptiste Labarbe, en Master d’art et technologie numérique, nous faisant découvrir une imprimante qui réagit aux sons. Hugues Aubin, un des fondateurs décrira avec humour le LabFab, comme une ‘usinette’ à fabriquer tout et n’importe quoi : du distributeur de croquettes pour chiens au système de navigation d’un dirigeable de 34 mètres….

En face d’eux, des étudiants nous font découvrir une ingénieuse malle pédagogique dont les différents composants permettent d’expliquer à de jeunes élèves comment fonctionne un opéra et quels en sont les dessous. C’est bien conçu et assez ludique pour retenir l’attention d’un public ne se sentant labfab rennespas nécessairement concerné par la musique classique.

Avec la société Technicolor, nous découvrons le système HDR, autrement dit Hight Dynamic Range qui permet une très sensible amélioration de l’image, particulièrement lorsque la captation est faite dans des lieux peu lumineux. La différence de précision est saisissante.

C’est en compagnie de France Musique et le « Nouvoson » que nous terminerons notre exploration du monde sonore avec une captation du son destinée à une écoute au casque qui permet une diffusion spatialisée et une impression de source à 360 degrés.

Voilà que s’achève notre périple technologique, qui fut à la fois passionnant et étonnant. Cela étant, il convient de ne pas occulter que toute cette recherche n’a d’autre destination que de se mettre au service de la musique. Derrière le succès des techniques numériques, le nom à ne pas oublier est celui de… Rossini. À bientôt pour le programme de la saison 2015-2016 !

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