Efficace et drôle, très drôle, comme un coup de glaive barbare. Arnaud Aymard c’est le Monthy Python’s Circus à lui tout seul. L’histoire la plus ancienne de l’humanité est passée à la méchante moulinette de l’ironie, tranchante comme une épée rouillée. Les versions fantasystes de la B.D, de la télé ou des romans en prennent pour leur grade, les certitudes scientistes sur ces temps reculées aussi et il n’est pas jusqu’au sérieux du théâtre et de certains « spectacles » vivants qui en réchappe.

Absurde, décalé, acide l’acteur ne laisse pas une minute de répit à son public (ah si, lorsqu’il s’allonge sur la scène pour feuilleter son texte soit disant oublié…). Au milieu d’un decorum minimaliste et ringard (le sac poubelle noir comme pagne préhistorique est un must), le rythme et le ton sont aussi foutraques l’un que l’autre ; et Arnaud Aymard excelle dans le rôle du mauvais comédien blasé et pas convaincu, dans les pseudos improvisations et les interjections délirantes.

C’est presque du situationnisme, tant à travers l’épopée grotesque et branlante de Canoan le Cimmérien, tous les travers (et même ceux qui paraissent souvent les plus vertueux) de la société spectaculaire sont mis à mal. Le pseudo voyage spatio-temporel au service du rire préhistoriquement incorrect ! Un régal…

Thierry Jolif

La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l’ouvrage « Sur la route des plus belles légendes celtes » (Arthaud, 2013)
thierry.jolif [@] unidivers .fr

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