Orglez
après le relevage de l'orgue de Montfort-sur-Meu (35)

Pauline Freyburger et Gwennin L’haridon sont facteurs d’orgues à Forges-de-Lanouée dans le Morbihan. Le couple a créé Orglez, une société de fabrication et de restauration d’orgues, pour exercer ce métier en voie de disparition. Devenu pionnier de techniques peu connues et communes, le duo envisage aussi de développer une partie spécialisée, la tuyauterie.

L’existence de l’orgue est attestée depuis l’antiquité. Simple instrument à vent, il s’est perfectionné et diversifié techniquement et musicalement et a été adopté dès le Moyen en Europe occidentale, sous forme de mobilier transportable ou monumental intégré aux édifices religieux. Être facteur d’orgue, c’est contribuer à l’essor et à la pérennité de la musique dans les abbayes, les églises et les cathédrales.

L’orgue renaît et prospère grâce aux parfaites connaissances acquises par le facteur d’orgues, un artisan maîtrisant différentes disciplines : la mécanique, la soufflerie, l’acoustique, mais aussi le travail du cuir pour les soufflets, le formage des métaux pour les tuyaux, le travail du bois pour le buffet et les sculptures. C’est aussi reproduire des techniques de gravure sur des matériaux tel que le laiton, des techniques de peinture avec des pigments anciens, des techniques d’ébénisterie et de marqueterie. Le facteur d’orgue est répertorié parmi les métiers de l’artisanat d’art.

L’orgue n’est pas seulement un instrument de musique, il est aussi un parfait élément architectural qui doit s’intégrer de façon harmonieuse au bâtiment qui l’abrite et dont il est partie prenante.

Orglez
L’orgue de Médréac (35)

De nos jours, les facteurs d’orgues sont de moins en moins nombreux, car ces professionnels arrivent pour la plupart à l’âge de la retraite et ne trouvent pas de repreneurs. Le facteur d’orgues d’aujourd’hui doit maîtriser des savoir-faire précis et ancestraux. Parfois, il doit inventer ses propres outils ou procédés pour restaurer ou refabriquer des pièces vieilles de plusieurs siècles, tout en ayant des connaissances en électricité, électrotechnique et informatique. C’est à cette profession que se sont voués aujourd’hui Pauline et Gwennin…

Gwennin L’Haridon et Pauline Freyburger se sont rencontrés en Alsace au cours de leur cursus d’apprentissage. Elle, est Alsacienne, lui, Morbihannais. Tous les deux sont fascinés par les orgues, pourtant la passion leur arrive différemment : bien que Pauline joue de l’orgue au cours de son adolescence avec un professionnel, elle bifurque vers des études pour devenir assistante sociale. Elle travaille un an dans ce milieu et réalise alors qu’elle n’est pas à sa place. Pour retrouver sa passion, elle s’engage dans un apprentissage et suit un cursus classique de trois ans, puis ajoute deux années de spécialisation dans le métal pour gérer aussi les tuyaux. Quant à Gwennin, il découvre réellement sa vocation quand il est en classe de terminale, à l’occasion de la restauration du grand orgue de la basilique de Sainte-Anne-d’Auray dans le Morbihan. Après le bac, il part en apprentissage à Strasbourg et suit le cursus dans son intégralité.

Après leurs études, Pauline et Gwennin évoluent dans leur métier en responsabilité et en hiérarchie, voyagent dans le monde entier et installent des orgues dans les plus belles cathédrales de la planète. Gwennin se perfectionne notamment en Autriche sur la fabrication d’orgues neufs. Il a l’occasion, d’ailleurs, de travailler sur le plus imposant orgue de la cathédrale Stephansdom (Saint-Étienne) de Vienne.

Après ces brillantes carrières, le couple décide de lancer son propre atelier de facteur d’orgues en Bretagne afin de laisser libre cours à sa créativité. Les deux artisans recherchent la campagne, un cadre agréable et l’accès aux grands axes. Il trouve leur bonheur en 2020 à Forges-de-Lanouée dans le Morbihan, petite commune située  à proximité de Josselin, ville sympathique avec son château et son canal. Cela leur permet de rayonner sur l’ensemble de la Bretagne et jusqu’en Loire-Atlantique. Le couple achète l’ancienne menuiserie Delalande, ouvre son atelier en janvier 2021, qu’il baptise Orglez.

Pauline Freyburger et Gwennin L’haridon fournissent depuis, un travail de qualité avec le soin des matériaux : pour exemple, les cuirs sont sélectionnés selon les méthodes de tannage, pour qu’ils soient compatibles avec les éléments en laiton. L’entreprise a embauché des collaborateurs, car elle ne manque pas de travail : facteur d’orgues, tuyautier, harmoniste et menuisier. Le personnel est méticuleux et passionné. Il possède une envie d’apprendre, autant que l’amour de la musique, de l’art, et du travail parfait.

Orglez
l’équipe de Orglez

Après la restauration d’un grand orgue de la région parisienne arrivé dans leurs locaux, celui de l’église Saint-Patern de Vannes (56) et le relevage sur site de l’orgue de l’église de Montfort-sur-Meu (35), l’équipe travaille actuellement sur la restauration du grand orgue de la cathédrale Saint-Pierre de Vannes. Trois mois seront nécessaires pour le remontage.

Les chantiers en cours sont nombreux : Orglez gère, en partenariat avec une autre entreprise, la restauration du grand-orgue de la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux (14) ; la restauration de l’orgue de l’église de Paramé à Saint-Malo (35) s’achève en ce moment. L’entreprise travaille aussi sur les harmoniums et les instruments similaires à clavier et à anches libres métalliques, les pianos et les clavecins. Elle entretient aussi le projet de développer aussi une spécialisation : la tuyauterie. L’espace dédié à la fabrication de tuyauterie est en cours d’agrandissement afin d’optimiser et de moderniser l’atelier. La partie création de tuyauterie demeure une activité très très rare… 

INFOS PRATIQUES

La manufacture Bretonne d’Orgues Orglez se situe sur la route départementale 117, 12 La brousse, avant le bourg de Forges-de-Lanouée (56)

Contact: 02 97 73 47 87

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Martine Gatti
Martine Gatti est une jeune retraitée correspondante de presse locale dans le pays de Ploërmel depuis bien des années.

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