MÉTAMORPHÉES : L’ÉLOGE DU RÉVEIL EXPOSÉ DANS LES RUES DE RENNES

Du dimanche 21 mars au dimanche 4 avril 2021, les portraits d’Anne-Cécile Esteve sont exposés dans le centre-ville de Rennes. La photographe rennaise capture l’intimité du réveil à travers son objectif. L’esprit et le corps se rencontrent dans une série de photographies en noir et blanc. À découvrir dans l’exposition Métamorphées ou l’éloge de l’aube organisée par Les Tombées de la Nuit. De belles balades en ce printemps contraint.

Le projet Métamorphées est né il y a un an et demi, lorsque la photographe rennaise Anne-Cécile Esteve s’est amusée à photographier son entourage familial et amical au saut du lit. Sans aucune préparation en amont, les photographies figent les visages encore endormis. « Je photographiais avec mon IPhone les personnes qui passaient dormir à la maison afin de mettre leurs photos sur mes murs. Je me suis rendu compte qu’il était très compliqué de montrer cette image, car elle appartient à la sphère de l’intime et du privé. Je me suis dit qu’il serait intéressant de faire un travail photographique sur l’image de soi à travers des portraits au moment du réveil. »

Anne Cécile Esteve Métamorphées Expo
Anne-Cécile Esteve lors de la pose des portraits dans la ville de Rennes. © Benjamin Le Bellec

Métamorphées vient de la contraction entre Métamorphose et Morphée. Anne-Cécile Esteve fait enlacer symboliquement la transformation physique avec l’éveil spirituel. Une retrouvaille qui s’opère chaque matin, lorsque le corps rencontre l’esprit. Tirée de son sommeil, la personne mue devant l’objectif. « J’ai tout de suite imaginé des photos en noir et blanc pour donner un côté glamour qui pouvait trancher avec les visages crispés du matin. J’avais donc une idée plutôt caricaturale du réveil. Mais très vite, je m’en suis détachée pour chercher l’authenticité. Ce passage d’un état de conscience à un autre ne dure que quelques secondes. Pendant ce court instant, l’esprit n’est pas encore tout à fait là et le corps a le dessus. C’est un moment très sensuel car le corps s’étire, se touche et se cambre. »

Chaque portrait est réalisé sans mise en scène ni maquillage. Pour entrer dans la bulle de ses modèles, Anne-Cécile Esteve leur demande de ne pas la regarder. Grâce à cette absence de contact direct, les clichés ne perdent pas de leur immersion. La photographe réussit à retranscrire la grande fragilité de ceux qui acceptent de se confronter au regard d’autrui. « Dès qu’il y a un regard, la photographie n’est plus du tout la même. Il y a un lien qui se fait avec la personne et on perd la solitude du réveil. Je veux me glisser dans leur intimité. C’est très intrusif et ça peut aussi être violent pour la personne qui se fait prendre en photo. »

Pour réaliser les portraits, Anne-Cécile Esteve a pu compter sur du bouche à oreille. La photographe a ainsi rencontré des amis d’amis puis enfin Claude Guinard. Séduit par le projet Métamorphées, le directeur des Tombées de la Nuit a alors intensifié la diffusion du projet ainsi que les contacts. Désormais, le projet compte 49 portraits dont une trentaine d’inconnus ou presque. « Je ne serais jamais allée dormir chez ces personnes sans ce projet. La photo est presque devenue une excuse pour aller chez des inconnus. Nous nous retrouvions devant un café sans nous connaître puis quelques heures tard je photographiais leur intimité. Je suis devenue témoin du réveil de ces personnes que je connaissais peu. C’était des expériences humaines extrêmement fortes. Je suis allée chez des retraités, chez des agriculteurs ou encore dans des colocations étudiantes. Je me retrouvais à chaque fois dans des univers différents. »

Panneau Métamorphées Expo

JE VOYAGE HABITUELLEMENT BEAUCOUP ALORS C’est comme si je faisais un voyage humain à travers mes portraits. Pendant des semaines, je ne dormais pas chez moi. J’étais toujours chez quelqu’un, avec mon sac de couchage, mes chaussons et ma trousse de toilette.

Anne-Cécile Esteve

Depuis le 21 mars, ces portraits sont exposés sur des panneaux publicitaires dans différents lieux de la ville de Rennes. L’exposition Métamorphées a débuté symboliquement au début du printemps lorsque la nature se réveille. L’espace privé du lit rencontre l’espace public de la rue. Les scènes intimes s’ouvrent au regard extérieur des passants. « Nous avons rapidement évoqué l’idée d’une exposition, mais nous ne savions pas encore sous quelle forme. Nous devions organiser une installation à la salle de la cité pour le festival des Tombées de la Nuit en décembre dernier, mais cela a été annulé. Nous nous sommes donc dit qu’il fallait exposer dans la rue pour qu’elle soit accessible à tous. »

Panneau Métamorphées Expo

Exposition Métamorphées d’Anne-Cécile Esteve

Organisée par Les Tombées de la Nuit

Du dimanche 21 mars au dimanche 4 avril 2021 au centre-ville de Rennes

Depuis le 21 mars, ces 49 portraits grands formats sont parsemés, exposés dans différents lieux de la ville. Vous trouverez ci-dessous différents itinéraires vélo pour profiter de cette exposition dans l’espace public !

  • Itinéraire Jaune : 20mn
  • Itinéraire Orange : 20mn
  • Itinéraire Noir : 25mn
  • Itinéraire Violet : 30mn
  • Itinéraire Rouge : 30mn
  • Itinéraire Vert : 35mn

 
 

 

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