Les télés locales bretonnes ne vont pas très fort. Ty Télé est placée en redressement judiciaire et TVR (TV Rennes) perd la moitié de sa subvention du département. Rien de grave pour l’instant, mais dans un secteur en crise et ultra concurrentiel, leur avenir pose question…

TVR (Rennes) est fragilisée depuis quelques semaines. Elle doit récupérer une somme de 387 000 euros auprès de Ty Télé, elle-même en difficulté. Elle perdra en outre une somme de 700 000 euros sur trois ans jusque là versée par le conseil général d’Ille-et-Vilaine.

Le directeur général de la Chaine, Dominique Hannedouche, se défend dans les colonnes du site Le Mensuel de Rennes : « Ce qui va nous manquer, c’est une socle financier. Nous avons un besoin d’un financement de base qui jusqu’à présent était fourni par le département. » Il a beau ajouterque « le chiffre d’affaires a connu une forte hausse de 30 %(1) », la chaîne aux 55 000 spectateurs par jour (cf. les chiffres de maville.com de février 2011) sera obligée de revoir sa stratégie éditoriale et politique. « Nous allons nous positionner sur de plus en plus d’événements, » confirme-t-il.

N’empêche, les bilans publiés sur société.com laissent apparaître un résultat au 31 décembre 2010 de moins 204 311 euros. La somme est loin d’être anodine…dans un contexte où les subventions sont à la baisse. Quel sera le résultat à la prochaine clôture de leur bilan au 31 décembre 2011 ? Leur déficit sera-t-il encore plus important ou bien la télé aura-t-elle redressé la barre ? Car, rappelons-le, en 2010, au vu de leur EBE (chiffre d’affaires moins leurs charges de personnel et d’exploitation), la télé avait réduit son train de vie.

D’après le site Wikipédia, ses actionnaires principaux sont la ville de Rennes (26%), Rennes métropole (20%), le Conseil général d’Ille-et-Vilaine (5%) le Groupe SIPA – Ouest-France (12%), le Crédit mutuel de Bretagne (4%), et la société fondatrice de la chaîne, Rennes Cité Média. Cet attelage bien connu à Rennes finance environ 20% du budget du fonctionnement de la chaîne. Les ressources commerciales seules sont encore insuffisantes pour soutenir ce projet : les revenus publicitaires n’atteignant en effet que 20% du budget nécessaire. C’est pourquoi TV Rennes 35 fait appel aux subventions publiques (Rennes, Rennes Métropole, Conseil général et Région) pour compenser son manque à gagner (60% du budget !). A combien se chiffre le total des subventions données à TV Rennes, ses 40 employés et ses 55 000 spectateurs ? Difficile de le savoir, mais, au minimum, largement plus du million d’euros.

Comme on peut le voir, sans un soutien financier public, la télévision ne pourrait pas survivre… Imaginerait-on aujourd’hui dans notre monde une entreprise en telle difficulté être aidée de la sorte ? En réduisant sa subvention, le département (de couleur rose) prend une juste décision en ne réinjectant pas de l’argent dans une société qui en perd autant… Dès lors, les dirigeants de TVR vont être contraints d’analyser la structure même de leur entreprise, voire de remettre en cause leur ligne éditoriale.

A l’heure où France soir passe au Net et où la presse traverse des difficultés, les journalistes de télés locales, au demeurant amoureux de leur ville et sans doute compétents, ont-ils à craindre pour leur emploi ? Les salaires des cadres, des dirigeants et des techniciens doivent-ils être revus à la baisse ? Les moyens de production doivent-ils être également remis en cause ? TVR existe depuis 1987, mais a-t-elle su séduire le public rennais et, aujourd’hui, breton ? Sa ligne éditoriale et son traitement de l’information ont-ils su bien rendre compte de la diversité et de la pluralité de ces territoires ? Là est peut-être la vraie question.

(1) Le site Société.com laisse apparaître un chiffre d’affaires de 1 451 710 euros au 31 décembre 2010 contre 1 278 031 euros au 31 décembre 2009, soit une augmentation de 13,59 %. On est tout de même loin des 30 %.

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