Depuis le 29 août, les jeux paralympiques sont ouverts à Londres, dans l’indifférence quasi générale… en France. Et pourtant, si c’était eux, les jeux, les vrais ?

 Vrais pourquoi ? Pour l’esprit du sport, du dépassement de soi, pour la beauté du sport, sa pureté, pourrait-on dire, à l’heure où les Jeux olympiques ne sont devenus qu’une gigantesque machine à fric, avec sa cohorte de sponsors délocalisés et son habitude de la corruption. Le mot sport ne signifie-t-il pas « divertissement, plaisir physique ou de l’esprit » ? Mais les athlètes handisport participants n’auront certainement pas la gloire de leurs collègues vus il y a quelques semaines. Et en France, la télévision d’État ne daigne même pas diffuser en direct les épreuves, reléguant cette activité à la modeste TV8 Mont Blanc (accessible sur l’ADSL). Le journal l’Équipe relègue les résultats dans quelques entrefilets bien au fond du quotidien. Quant aux sites internet de sport, ils les inscrivent dans une rubrique JO, mais gardent le titre tout en bas de la première page, préférant titrer sur les derniers coups (coûts) du mercato footballistique.

Pourtant, avec 148 pays, et plus de 4200 athlètes face aux 200 pays et plus de 10000 athlètes des jeux olympiques tout court, les paralympiques ne déméritent pas. Les performances sont tout aussi impressionnantes et les sports riches : athlétisme, basket, équitation, tir ou… rugby ! Ce sont près de 500 épreuves qui ont lieu contre 302 aux « autres » jeux, pour 20 sports contre 26. Mais, surtout, ils mettent en lumière des pays différents, des pays du sud notamment. Ainsi, le Vietnam attend beaucoup de médailles aujourd’hui alors qu’il n’avait que peu de chance avec 7 athlètes il y a quelques semaines.

Cette grande fête du sport est une occasion en or de parler des handicaps. Tous les handicaps puisque 2012 est aussi le retour des handicapés mentaux dans le cadre des jeux avec une « classification » améliorée dans ses critères de sélection. Si l’on a beaucoup parlé d’Oscar Pistorius et de ses prothèses, il faut aussi parler des aveugles et mal voyants, des athlètes en fauteuil et des autres types d’amputés. En effet, on a parlé un peu moins de la participation aux JO « classiques » de la pongiste amputée d’un bras, Natalia Partyka, ou de la nageuse en eau vive Natalie Du Toit, privée elle d’une jambe.

Au-delà de la fatalité, ces sportifs nous donnent souvent des leçons de courage, mais aussi de respect. Ce n’est pas la guerre, ce n’est pas l’expression d’un quelconque nationalisme, mais juste des efforts, de la souffrance, de l’espoir, de beaux gestes, de la fraternité… La victoire à tout prix n’a heureusement pas encore cours ici et l’on parle peu (pas ?) de dopage dans ce domaine. Il n’y a pas encore de professionnalisation dans l’handisport. Les sponsors sont peu nombreux, il est vrai.

Didier Ackermann

 

 

 

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