Laurence Arzel-Nadal est l’invitée du Carré VIP (VieillePie), l’émission de radio dédiée aux femmes de plus de 50 ans (mais pas exclusivement !). Codiffusée par RCF Radio Alpha et Unidivers.fr, retrouvez Marie-Christine Biet et ses invitées deux fois par mois à la radio et sur le web.

 

La VIP du 15 novembre est Laurence Nadal Arzel. Originaire du Finistère, venue à Rennes il y a 35 ans pour faire ses études, elle y exerce depuis 25 ans comme psychanalyste. Parmi ses nombreuses recherches, elle a publié un texte sur Françoise Dolto (éd. Deboeck université). Aujourd’hui, elle parle de ses intérêts pour l’écriture et l’art. Elle pratique la gravure et s’est lancée dans la pratique du livre d’artiste. L’année dernière, elle a repris des études universitaires (master 2 métier du livre et de l’édition et licence d’histoire de l’art).Parmi ses ouvrages bibliophiliques – rencontres entre un poète et un artiste – citons son dernier avec Armelle Gapihan. Elle a aussi lancé une édition contemporaine, « la Cale ». « C’est une édition amusante, car très minimaliste: un recto verso que l’on peut glisser dans sa poche et qui peut servir de cale pour une table ou une chaise si besoin ! L’art comme cale, c’est assez conceptuel ! » Le premier numéro a été réalisé avec Jacques Villeglé.
Laurence Nadal Arzel considère l’art si précieux qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale ! Elle a participé à l’aventure de Place Publique et écrit des notes de lecture pour les Archives de la critique d’art, dans Bretagne actuelle …On peut voir son travail sur internet en tapant lna-lisuel.
Considérant que « l’avenir dure longtemps », elle se lance sur de nouveaux chemins, avec toujours le désir « de rencontrer ceux qui œuvrent leurs vie ».

Sa déclaration d’affection va à Hélène Bartoccioni, une amie de 30 ans, pour sa constance et son soutien dans les dures épreuves de la vie et pour sa créativité, « une glaneuse à la Varda ». Laissons la se présenter :
« Aujourd’hui, je suis mosaïste. Bien que tombée dedans toute petite pour avoir joué dans les tas de petits carreaux de grès livrés sur le trottoir du voisin carreleur mosaïste d’origine italienne, j’ai attendu ma troisième vie professionnelle pour m’y livrer en totalité… J’ai d’abord été infirmière puis en raison d’incompatibilité avec les horaires de cette profession, j’ai repris des études pour devenir assistante sociale en milieu hospitalier. C’est là que j’ai connu Marie-Edith puis Laurence, la stagiaire psycho qui ne laissait personne parler à sa place…et beaucoup d’autres !
Il y a un rapport évident entre toute mes professions ! L’infirmière a développé une habileté manuelle, le travailleur social a développé la créativité et une inventivité à toute épreuve pour répondre à la nécessaire individualisation des prises en charge… C’est aussi le travailleur social qui a reçu toute l’incroyable richesse et l’énergie que procure le travail d’équipe. Je crois que c’est ce que j’ai reçu là qui m’a donné confiance en moi et m’a permis d’oser créer…avec des matériaux que j’accumulais de tout temps ! J’aimerais aussi parler de ma sœur, qui a fait les beaux-arts et m’a tout à la fois initiée et encouragée dans mes premières pratiques créatives et étouffée par son talent inaccessible pour moi… De nos récoltes de coquillages et de nos collages parfaits pour les siens et désespérément baveux pour les miens… De nos expériences de bijoux avec le petit four à émaux qui faisait sauter les plombs de la maison.
J’aimerais parler de ma mère qui courrait les salles de ventes, nous rapportant d’improbables et fascinants objets trouvés dans des lots – bateaux en verre filé, perles, boites vases et piécettes…
J’aimerais aussi parler de mon père abonné à Connaissances des Arts et qui livrait à notre bon vouloir ses magazines que nous revisitions avec diverses techniques dont ma préférée, le frottement des couleurs au dissolvant…
J’ai donc quitté un peu prématurément ma fonction hospitalière pour relever le défi de la création avant qu’il ne soit trop tard et que l’arthrose devienne mon principal sujet de préoccupation !
Aujourd’hui ma recherche se résume en quelques mots : trouver la cohérence entre les matériaux, les supports, les couleurs et le thème traité – le fil conducteur qui tisse le dialogue entre la forme et le fond. Souvent quand je crée, je me raconte une histoire qui va me permettre de faire mes choix et j’essaye de ne pas me limiter à un genre. Je suis plutôt attirée par la mosaïque contemporaine abstraite mais je peux aussi revenir à du figuratif version humoristique ou fantastique ou insister sur la symbolique des formes. Concrètement je travaille à partir d’émaux et de pâte de verre artisanale que j’achète en région parisienne, chez Albertini (le seul fabricant de France) mais aussi avec du verre à vitrail, des perles, de la nacre, des bijoux recyclés, des pierres, de l’ardoise, du verre ordinaire, des pâtes de verre industrielles et autres bricoles ! Mes productions peuvent avoir la forme de tableaux, fresques, vases, crédence, sculptures et bijoux.
Je n’ai pas de show room et je ne participe pas aux expositions.. …pour l’instant il se peut que ça vienne un jour, je ne désespère pas ! Je vends donc uniquement sur commande et par le bouche à oreille. Je songe également à créer un site internet, dès que j’en aurai fini avec la création de mon book…mais ça c’est une autre histoire, un autre challenge pour moi !
Finalement l’idée c’est de se donner le maximum de liberté ! »

Le coup de cœur de Laurence va à Marie-Edith Pinel. Psychomotricienne, elle a fait sa carrière en milieu hospitalier et a en commun avec Laurence le goût des chemins de traverse. « J’ai pratiqué pendant de longues années le théâtre amateur, une expérience fondatrice pour moi. Ce n’est pas la seule, je voudrais citer aussi :
– la sophrologie comme un outil complémentaire à ma pratique
– la formation en milieu soignant pour enseigner et partager l’importance du prendre soin de soi
– l’écriture : articles, interventions lors de congrès, participation à ouvrages professionnels
– le milieu associatif en présidant la société de sophrologie de l’ouest (rencontres professionnelles et week-ends)
En regardant derrière moi je mesure combien ces chemins de traverse et les personnes que j’y ai rencontrées ont nourri mon enthousiasme, mon désir de participer à la vie de groupe, de partager des outils, des pratiques, des questions, et au fil des années, observer la solidité des liens et des amitiés.
Quand l’heure de la retraite sonne, même si certains chemins perdurent, il y a un temps de pause et comme dit la chanson : « Maintenant que vais je faire ? »
C’est là qu’au détour d’un chemin plus personnel, j’ai rencontré le milieu des EHPAD. J’ai observé ces lieux, les groupes qui déambulent, qui s ‘assoient, qui repartent . « Du lit à la fenêtre, du lit au fauteuil, puis du lit au lit ».

J’ai commencé à tricoter des liens dans les couloirs, à m’asseoir à côté d’eux, regarder ensemble par la fenêtre le monde de l’autre côté, parler, recevoir des morceaux choisis de leur vie d’avant, nostalgiques, heureux , tristes…
Redonner du sens à leurs paroles, par l’écoute, les faire rire et sourire en racontant des histoires.
Et mon regard a changé sur les personnes âgées.
J’ai observé la bienveillance des équipes dans le prendre soin de nos aînés.
J’ai rejoint l’association Bénévolages, une équipe formidable de bénévoles très investie à Noyal-sur-Vilaine (cours de gym douce, accompagnement à des visites à « l’extérieur », visites aux personnes esseulées, participation au conseil de la vie sociale et familiale de l’établissement…)
C’est un nouveau chemin emprunté, d’une richesse que je ne soupçonnais pas”.

Les musiques choisies par la VIP et ses invitées nous emmènent en Espagne et en Italie
– Danza Espagnola, numéro 5 d’Enrique Granada avec Anne Gastinel au violoncelle et Pablo Marques à la guitare
– Una notte a Napoli, de Pink Martini
Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de passer A la belle saison d’Anna Prucnal, mais on vous recommande chaleureusement son écoute :

A savoir encore
Pour sa dernière échappée de 2017, le Carré VIP propose de découvrir
– le magnifique travail de reliure d’art d’Annie Robine dans son atelier rennais, 16 rue Lesage (entre la Barre Saint-Just et la place Hoche) autour d’un thé, à 17 h 30.
– le délicieux kig ha farz de Laurence, à la Quincaillerie générale, 15 rue Paul Bert, à 19h30. Coût: 16€. Ajoutez à cela le vin (autour de 2,50€ le verre et éventuellement un dessert – pour les grosses gourmandes! 4,30€).
Comme à chaque fois, les 3 coups seront frappés (de coeur, de pouce, de jeune…).

Inscription au plus tôt (nombre de places limité) sur la page Facebook Carré VIP – Vieilles pies ou par mail à marie.c.biet@gmail.com
Précision: les propositions du Carré VIP s’adressent aux femmes, mais les hommes ne sont pas interdits!

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Architecte de formation, Marie-Christine Biet a fait le tour du monde avant de revenir à Rennes où elle a travaillé à la radio, presse écrite et télé. Elle se consacre actuellement à l'écriture (presse et édition), à l'enseignement (culture générale à l'ESRA, journalisme à Rennes 2) et au conseil artistique. Elle a été présidente du Club de la Presse de Rennes.

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