Clémence est une petite fille qui semble s’épanouir au sein de ses parents. La petite fille idéale, calme, gentille, en totale fusion avec son père, bonne copine avec sa maman. Même si on brocarde parfois sa rousseur, elle s’en moque, elle vit son enfance à l’aise avec des parents un peu fantaisistes qui s’entendent bien et qui l’aiment d’un amour simple, mais profond. Clémence est un peu rêveuse, mais elle goûte son innocence jusqu’au bout de ce qu’autorise le temps trop court de l’enfance, Mais tout à coup …

« Leur mensonge préféré aux parents, ils viennent le soir vous dire au revoir, on est à moitié endormi et eux vous murmurent je serai toujours là, mon délice, mon ange de la joie douce, merveille de l’amour enchanté, ils caressent votre front, que ça rentre bien dans votre tête. Ce doit être pour cela que ça fait si mal le jour où ce n’est plus vrai, où la main d’un père ou d’une mère ne se posera plus sur le front d’un enfant que l’on n’est plus depuis longtemps. Et si cela arrive vraiment trop tôt, on est fauché net. On peut mourir et vivre longtemps. »

… ce bonheur qui semble constant se trouve entaché. À jamais. Que s’est-il donc passé dans l’enfance de cette gamine attachante pour que son destin et du coup celui de ses parents bascule ? Le pire semble toujours à venir… Peut-être… Certainement.

Desesquelles

Avec une poésie constante, au cœur même d’un drame qui touche plus d’une famille autour de chacun d’entre nous, Isabelle Desesquelles nous emmène visiter les vaisseaux du cœur de ces trois-là, de ces trois personnes attachantes, des parents, leur enfant. Unique. Page après page, on prend conscience combien le Bonheur est parfois illusoire, combien les liens qui unissent sont fragiles et forts à la fois. Combien le souvenir est important et fort même quand tout vacille, même quand on pense que tout est perdu.
Par son omniprésence, Clémence tient ses parents debout, vivants, quand on les devinerait totalement à terre.

Et si la vie triomphait parfois de la mort ? Je voudrais que la nuit me prenne est un roman d’une force tellurique, qui bouleverse par la puissance des émotions qu’il dégage.

Je voudrais que la nuit me prenne un roman d’Isabelle Desesquelles. Éditions Belfond. 205 pages. Parution : août 2018. 18,00 €

Couverture : © Anton Lenoir – Image de couverture © Julia Margaret Cameron
Photo Isabelle Desesquelles © DR

 

Un commentaire

  1. Merci pour ce conseil de lecture, cher Christophe : J’en suis au milieu et je suis absolument époustouflé et bouleversé !!!

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