En Ille-et-vilaine élections départementales riment cette année avec le renouvellement non des conseillers généraux mais des conseillers départementaux. Elles se dérouleront les 22 et 29 mars 2015, notamment à Rennes, Saint-Malo, Fougères et Vitré. Présentation d’une élection locale sans véritable enjeu et d’un échelon administratif régulièrement critiqué. Et tous les résultats du 2nd tour du 29 mars sont ici.

 

Sauf importantes mais peu probables nouveautés instaurées par la réforme territoriale qui est en cours de discussion au Parlement, les domaines de compétences des Conseils départementaux sont relativement réduits. Ils ont principalement trait à l’Action sociale (logement social, soutien aux familles et générations, RSA), l’Éducation à travers l’administration des collèges, le Transport interurbain par la gestion du réseau routier départemental et la modernisation des transports. En pratique, toutes ces compétences pourraient être administrées par d’autres entités locales et régionales. Ce qui explique les critiques régulières à l’encontre de cet échelon politico-administratif. (De fait, les Conseils régionaux gèrent déjà les lycées et les routes régionales, pourquoi ne géreraient-ils pas les collèges et les routes départementales ? Quant à l’action sociale, elle pourrait être gérée par les villes principales des départements.)

En pratique, les conseilles départementaux (désormais des binômes homme-femme afin d’assurer une représentation égale des genres) sont élus pour 6 ans et peuvent être réélus sans limites. Le montant des indemnités – cumulables avec d’autres charges électives – est calculé en fonction de la population : entre 1520 à 2661 euros bruts mensuels. À ces indemnités, s’ajoute une majoration de 10 % pour les membres d’une commission permanente et de 40 % pour les vice-présidents dépositaires d’une délégation. Les présidents peuvent percevoir, quant à eux, une indemnité majorée jusqu’à 40 %, soit 5512 euros bruts (4522 euros nets). Indemnités qui peuvent être cumulées aux indemnités d’autres mandats. Pourtant, comme Unidivers l’a déjà écrit maintes fois : un élu peut bien cumuler des mandats, il ne peut pas pour autant être en deux, trois ou quatre lieux à la fois et travailler 70h ou 105h par semaine ;  il ne devrait donc percevoir qu’une seule rémunération globale.

Pour le Conseil départemental 35, quelques mois avant son élection au Sénat le 29 septembre 2014, l’actuel président PS Jean-Louis Tourenne avait annoncé qu’il ne se représenterait pas. À noter également qu’Europe Écologie Les Verts ne partira pas au premier tour avec le Parti socialiste. Le Front National, emmené par Gilles Pennelle, présente des binômes dans la plupart des cantons. La droite et le centre-droit partent en bataillon resserré. Au final, 54 conseillers départementaux seront élus le 29 mars.

Étant donné la constante remise en question de l’utilité réelle des Conseils généraux/départementaux ainsi que l’important niveau de volatilité du rapport des citoyens à la politique et aux politiques, il est bien difficile d’émettre quelques pronostics quant aux résultats finaux du 29 mars. Certains élus de la majorité s’éclipseront-ils sous la déferlante d’une grande marée de droite et centre-droit ? Va-t-on assister dans le département d’Ille-et-Vilaine aux élections du siècle ? En réalité, le vrai changement interviendra en 2017. Année qui verra l’entrée en vigueur de la loi contre le cumul des mandats. À moins que la majorité cumularde de la classe politique française trouve un nouveau moyen pour en reculer l’application.

Résultats du 1er tour de l’élection du 22 mars

Le taux de participation aux élections départementales à Rennes test de 49% comme dans l’Ille-et-Vilaine. Un résultat légèrement inférieur à la moyenne nationale : 50 %. Pour se maintenir au 2nd tour, chaque binôme doit réunir 12,5% des inscrits au 1er tour, soit environ 25% des votants (pour une abstention à 50%).
Résultats des élections à l’échelon national :  UMP-UDI-Modem 30% ;  FN : 26% ; PS : 21,3% ; Divers droite 7,7 ;  Divers gauche 6,4% ; Front de gauche 6% ; Europe-Ecologie-Verts 1,3%, Autres 1,3% (111 binômes élus dès le 1er tour à droite, 36 à gauche)

Résultats en Ille-et-Vilaine (sous réserve de confirmation par la Préfecture) :

Poussée réelle du FN. Poussée modérée de la droite et du centre droit. Repli relatif de la gauche. Les six cantons rennais demeurent marqués à gauche. A Vitré, Isabelle Le Callennec est élue dès le premier tour.

1 Canton d’Antrain : Divers gauche 33,11% ; Union de la Droite 32,67% ; FN 24,05% ; Ecologie 10,16%
2 Canton de Bain-de-Bretagne : UMP 36,19 ;  FN 26,7 ; PS 36,19 ; Divers gauche 12,30
3 Canton de Betton : PS 39,27 ; Union de la Droite 35,65 ; Ecologie 12,49 ; FN 10,97
4 Canton de Bruz : PS 38,02 ; UDI 32,06 ; FN 16,90 ;
5 Canton de Châteaugiron : Divers droite 42,98 ; Union de la Gauche 29,70 ; FN 16,21 ; Ecologie 11,11
6 Canton de Combourg : Divers gauche 42,33 ; divers droite : 29,15 ; FN 19,21
7 Canton de Dol-de-Bretagne : Divers droite 47,39 ; Front National 23,73 ; Divers gauche 19,06 ; Divers gauche 9,82
8 Canton de Fougères-1 : UDI 48,36 ; Divers gauche 23,99 ; FN 19,39 ; Divers gauche 8,25
9 Canton de Fougères-2 : Divers droite 47,29 ; PS 22,53 ; FN 22,00 ; Divers gauche 8,18
10 Canton de La Guerche-de-Bretagne : UMP 37,82 ; FN 23,94 ; Union Centre 23,06 ; PS 15,17
11 Canton de Guichen : Union de la Gauche 24,94 ; FN 22,25 ; PRG 21,30 ; Union de la Droite 21,12 ; Ecologie 10,38
12 Canton de Janzé : PS 43,76 ; Union Centre 36,06 ; Front National 20,18
13 Canton de Liffré : PS 36,44 ; Union de la droite 24,14 ; FN 14,73 ; Ecologie 12,60
14 Canton de Melesse : Parti Socialiste 36,45 ; Divers droite 26,91 ; Front National 19,98 ; Divers gauche 16,66
15 Canton de Montauban-de-Bretagne : Divers droite 32,52 ; Union de la Gauche 30,15 ; UDI 18,99 ; FN 18,35
16 Canton de Montfort-sur-Meu : Union de la gauche  44,46 ; FN 21 ; Union de la Droite 20,28 ; Divers 14,25
17 Canton de Redon : PS 35,53 ; UDI 31,26 ; FN 24,06 ; Ecologie 9,15
18 Canton de Rennes -1 : PS 36,18 ; Union de la Droite 31,85 ; Ecologie 12,77 ; FN 10,58
19 Canton de Rennes -2 : PS 39,27 ; Union de la droite 35,65 ; Ecologie 12,49 ; FN 10,97
20 Canton de Rennes -3 PS 37,01 ; Divers droite 22,76 ; FN 15,41 ; Ecologie 9,38 ; Divers gauche 6,91 ; Front de Gauche 6,60
21 Canton de Rennes -4 : PS 35,28 ; UMP 31,79 ; Ecologie 15,53 ; FN 10,21 ; Front de gauche 7,19
22 Canton de Rennes -5 : PS 40,75 ; UMP 23,34 ; FN 16,70 ; Divers gauche 15,57 ; Divers 3,64
23 Canton de Rennes -6 : PS 35,85 ; UMP 32,00 ; FN 12,26 ; Ecologie 12,09
24 Canton du Rheu : PS 44,74 ; Divers droite 23,71 ; FN 17,61 ; Ecologie 13,9
25 Canton de Saint-Malo -1 : Union de la Droite 26,40 ; Divers gauche 27,25 ; Divers 22,89 ; Front National 18,70
26 Canton de Saint-Malo -2 : Union de la Gauche 40,58 ; Union de la Droite 38,23 ; Front National 21,19
27 Canton de Vitré : Isabelle Le Callennec et Thierry Travers, Union de la droite et du centre, élus au 1er tour avec 58%

Rendez-vous le 29 mars ici-même pour le second tour des ces élections !

élections départementales 2015

Répartition actuelle jusqu’au 29 mars 2015
Majorité (35 sièges)
Parti socialiste PS 22
Divers gauche DVG 8
Parti radical de gauche PRG 5

Opposition (18 sièges)
Union pour un mouvement populaire UMP 6
Union des démocrates et indépendants UDI 6
Divers droite DVD 4
Mouvement démocrate MoDem 2

Président du Conseil Général
Jean-Louis Tourenne (PS)

En Ille-et-Vilaine Elections départementales 2015 : éclipse et grandes marées

Texte : Nicolas Roberti
Dessin : Michel Heffe

4 Commentaires

  1. Les domaines de compétence du département 35 sont, je suppose, les mêmes que dans les autres départements. Dire qu’ils sont réduits, alors qu’ils touchent l’action sociale, c’est un peu méprisant pour tous ceux qui bénéficient de cette action, ce qui fait beaucoup de monde, mais sans doute pas le public visé par Unidivers.
    Ces petits barons locaux, vous avez raison, je crois, d’en dénoncer (entre les lignes) les abus sinon l’existence. Mais vous évoquez soudain les Conseils généraux, alors qu’il va s’agir de Conseils départementaux. On s’y perd.
    Sans doute est-il vrai que 2017 sera le vrai rendez-vous, mais il ne faudrait manquer de le regretter. Notre démocratie bavarde ne serait-elle qu’un élément de discours camouflant un ordre bien réel de type médiéval, aujourd’hui comme hier ? Dans les départements comme ailleurs.
    Je remarque qu’il est fort difficile d’avoir des informations concernant ces élections, j’habite dans le nouveau canton Centre-Sud, je ne sais qui s’y présente, quels sont les enjeux propres à ce canton. Pas moyens de trouver de telles infos de terrain sur la toile ni dans la presse. Curieux, non ?

    • Bonjour Monsieur,

      Ne voyez pas de mépris où il n’y en a pas, ce qui vous évitera de vous monter hautain en sus d’être malhonnête.

      D’une part, vous ne connaissez pas notre public qui, pour le coup, est très divers. D’autre part, il est écrit noir sur blanc dans notre article que les « domaines de compétences » sont « relativement réduits » et non que « l’action sociale » ne serait pas importante.

      Ouin on peut légitimement s’interroger sur la raison d’être des Conseils départementaux. Qui plus est, même si la République les gardait, on peut se demander ce que signifie d’élire des élus pour y siéger sachant que ce sont plus des structures de gestion administrative que des instances de choix et de vision politiques (c’est bien pour cela que vous ne trouvez aucune information et propagande sur ces élections !).

      Enfin, sur la question de la dénonciation du féodalisme des baronnies locales avec son lot de clientélisme et du favoritisme, vous êtes bien tombé chez nous ! Unidivers fait partie des rares périodiques de presse encore libres et indépendants qui osent le souligner.

      Cordialement et bon vote,

  2. Depuis un bon siècle, des mondialistes de tous horizons s’acharnent à détruire les Nations. Outre les politiques d’élargissement du sous-prolétariat très décriées, les réseaux mondialistes exigent des « adaptations » institutionnelles : l’apparition des échelons métropolitains en Europe, dans les années 90-2000, est le fruit de cette réflexion.

    Comparez ainsi :
    – Rapport 2008 de Jacques Attali : « renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en 10 ans l’échelon départemental »
    – novembre 2014, Manuel Valls : « je suis pour la suppression des départements à l’horizon 2021 »

    L’accusation de « millefeuille territorial » est pour le moins hypocrite venant de ceux qui ont imposé des métropoles derrière le dos du peuple. Et bien évidemment sans aucun gage de démocratie : l’objectif est de remplacer le gouvernement par des « gouvernances », un mot qui masque mal le fait que désormais on fait semblant de décider. En fait, tout est déjà décidé à l’avance : il s’agit d’appliquer le plan mondialiste, qui exige de brasser beaucoup d’argent.

    Le département étant populaire, on l’a peu à peu vidé de ses compétences. On va même l’étrangler financièrement.

    Mine de rien, on va se retrouver dans un véritable « paradis démocratique » (…orwellien). Il ne restera plus pour la « gouvernance » que :
    – des conseillers métropolitains, qu’on élit presque sans savoir, sans débat idoine ni règles claires, alors que ce sont eux qui ont les plus grands pouvoirs (!)
    – des conseillers régionaux, élus lointains et fatalement technocratiques, quand on pense à la forme des Poitou-Charentes-Limousin-Centre

    J’espère avoir rétabli quelques vérités.

    • Bonjour Patrick,

      Je ne vous cache pas que je ne partage pas votre point de vue qui me semble simpliste et général. Sans entrer dans le détail, je rappellerai seulement que vous oubliez de mentionner les élus… municipaux. Or, des personnes (jeunes ou âgées) peuvent bien plus facilement vous citer quel est le maire de leur ville et le nom de deux ou trois adjoints que le nom du président de leur conseil départemental et citer le nom deux élus départementaux. En réalité, le conseil département est populaire, connu et représentatif auprès de très très peu de personnes. La suppression du conseil départemental n’entrainerait donc bien peu de perte ‘populaire’ et permettrait d’un peu moins dépenser et de ‘brasser d’argent’. En outre, il est tout à fait possible de garder une administration départementale sans pour autant avoir des élus. Bref, oui, les conseils généraux et, certainement, les conseils départementaux sous un mode électif existent en grande partie désormais pour permettre à quelques élus de cumuler les rémunérations.
      J’espère avoir participé à l’information dans sa tendance vers l’objectivité.
      Cordialement,
      NR

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