Le musicien néerlandais Thomas Azier a mis 5 ans pour finaliser son premier album, Hylas. 5 années passées à Berlin, une ville qui l’a inspiré pour un album qui fait le buzz depuis qu’il a assuré les premières parties de Stromae.

 

Hylas est le fruit d’un travail progressif. Deux EP (extended Play en jargon musical soit un single et des bonus…) étaient sortis en 2012 et 2013 en préparation de ce travail de longue haleine. Entre electro, pop et ambient, il a exploré bien des pistes.

Thomas Azier, HylasOn retrouve immédiatement une efficacité dans une intro choeur-synthé où il pose sa voix. On retient d’ailleurs plus le son et les arrangements que la signature vocale, assez oubliable. C’est dans des sonorités volontiers rétro qui rappeleront la new wave des années 80 que l’on s’embarque. On pense même à Depeche Mode dans ce « Ghostcity ». Le refrain est catchy à souhait et en fait le premier hit en puissance de l’album.

« Verwandlung » est plus ambiancé, lent, avec une rythmique plus RnB, des samples qui installent l’ambiance dans la tonalité globale de l’album. Thomas Azier appuie sur ce point avec des couplets moins efficaces sur « Rukeli’s last dance », mais des refrains dansants et toujours un son très rétro qui installe l’album dans le style electro du moment (cf Kavinsky par exemple). La voix haut perchée, les lignes de synthés, les boites à rythmes, voilà qui crée immanquablement une impression de retour dans le Berlin foisonnant des années 80. « Red Eyes » en est un parfait exemple et on voit que le chanteur flirte intelligemment avec ses limites, ajoutant en fragilité. Parfois, il se masque derrière de grossiers effets synthétiques, comme dans « Angelene », pour mieux mettre en valeur les instruments. « How to disappear » est un pur titre pop, arrangé à la sauce du moment, qui aurait là encore pu apparaître dans « Driver », tant la similitude est criante. Mais Azier y ajout une ligne de synthé Dance dans un discret fond sonore, comme pour rappeler son origine hollandaise. Paradoxalement, le « futuresound » mêle à la fois un son qui se veut futuriste, mais rappelle le passé sur une mélodie pop plutôt sympathique.

Thomas Azier, HylasLes mélodies sont d’ailleurs le petit plus qui n’est pas toujours exploité à sa juste valeur. On s’étonne des breaks dans « Shadow of the sun » où cette fois le couplet est plus proche de la pop RnB US. On sent qu’il explore des idées, qu’il ne se contente pas de coller à une mode, mais se fait au plaisir. Il se fait plus incisif sur « Yearn Yearn » où il ne manque qu’un refrain à la hauteur des couplets plutôt inventifs. Il peut être aussi planant à force d’effets sur « Golden Wave ». Il cède aussi aux « Sirens of the citylight » où on se croirait revenu à l’époque de Wham avant d’entonner un refrain eurodance. Bref, on sent à la fois les chemins empruntés, les demi-tours, les regards vers le passé.

Si l’artiste se cherche encore, il y a un véritable talent dans des arrangements et des choix mélodiques. Tout cela paraît parfois hésitant, maladroit, mais captive par son ambiance. C’est peut-être finalement la force de l’album : rendre une atmosphère. Et on attend impatiemment la suite, autant comme interprète que comme producteur.

Hylas Thomas Azier (Vertigo 2014)

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