L’une des personnalités les plus marquantes de l’Église médiévale d’Occident fut assurément Bernard de Clairvaux (1090-1153). C’est à lui que la revue Religions & Histoire vient de consacrer un numéro spécial fort documenté sans être trop spécialisé. Il apporte au lecteur un éclairage ni hagiographique ni iconoclaste sur le fondateur de l’ordre cistercien au travers des contributions de prêtres et d’universitaires. Digest par René Haudoix.

Après une chronologie couvrant la période de 1090 à… 1981 (cette dernière date correspondant au classement de l’abbaye de Clairvaux comme monument historique), une présentation générale et synthétique de la figure de saint Bernard est proposée par le professeur Guy Lobrichon. Elle introduit les lignes directrices de la carrière de ce personnage peu commun.

Né au sein d’une famille de la moyenne noblesse bourguignonne, Bernard a une enfance profondément marquée par l’influence de sa mère, Aleth de Montbard, femme de haute vertu. Les étapes de cette enfance, marquée à l’adolescence par la disparition de la mère, font l’objet du descriptif rédigé par Constance B. Bouchard à propos de l’environnement familial.

C’est à 22 ans, en avril 1112, que cette âme exigeante et soucieuse de se retirer du monde rejoint l’abbaye de Cîteaux, dans le Dijonnais. Bernard y entraîne avec lui une trentaine de compagnons. Trois ans plus tard, il est envoyé sur les bords de l’Aube afin de fonder l’abbaye de Clairvaux. Il en restera le pasteur principal durant toute sa vie. Cet aperçu de la vie monacale de saint Bernard, assorti de l’examen de son influence sur l’ordre cistercien, constitue la substance de l’article écrit par frère Denis Huerre.

Le moine-abbé Bernard, eu égard à l’ampleur de son intelligence et de son discernement, participe  à nombre des grands débats religieux et politiques de son temps. L’épisode fort instructif du « schisme d’Anaclet » (1130-1138) conduit d’ailleurs cet érudit à intervenir au degré le plus élevé de l’Église romaine, au lendemain de la mort du pape Honorius II.

Revenu à Clairvaux, il participe activement à la lutte théologique contre les thèses d’Abélard. Les progrès de l’hérésie cathare l’émeuvent aussi vivement et l’amènent à prêcher dans diverses villes de l’Ouest et du Midi de la France.

Ardent défenseur de la noblesse de la charge apostolique, Bernard fut un propagandiste aussi bien des théories grégoriennes que de la supériorité de l’autorité spirituelle sur le pouvoir temporel.

On ne peut manquer d’évoquer également l’intervention déterminante de saint Bernard dans l’entreprise majeure du douzième siècle que fut la croisade. Dispensateur de la règle de l’ordre naissant des Templiers, au travers du traité De laude novae militiae, il adressera, en 1148, non sans bien des hésitations antérieures, un appel vibrant aux prêtres et nobles réunis à Vézelay.

Tous les éléments biographiques ainsi sommairement évoqués font l’objet de traitements répartis au travers des différentes chroniques formant la trame de ce numéro spécial. Une bonne synthèse de la carrière, de l’influence de ce personnage à la valeur spirituelle exceptionnelle et à l’activité extraordinaire.

René Haudoix

[stextbox id= »info »]

(1) Religions & Histoire, hors série n° 6 :  « Saint Bernard de Clairvaux » – 74 pages – 8,50 €.

Sommaire : Chronologie indicative – Présentation générale de l’homme B. de Clairvaux– La famille de B. de Clairvaux– Saint Bernard moine  – St Bernard & l’emprise clairvallienne  – Cîteaux & la fondation de ses quatre premières filles par l’image  – L’amitié & sa fonction dans le cercle de B. de Clairvaux – St Bernard & les grandes affaires de son temps – La lutte contre l’hérésie – Le génie de l’écriture – B. de Clairvaux, une référence – Une canonisation difficile – L’iconographie de St Bernard dans l’art médiéval  – L’image d’un moine qui n’aimait pas les images – La postérité de St Bernard aux XVIIe et XVIIIe siècles – B. de Clairvaux au XXIe siècle – Bibliographie

[/stextbox]

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom