Foucault va au cinéma
Foucault va au cinéma

Après Deleuze, Rancière ou Badiou qui ont commis leur livre sur le cinéma, la ciné-philosophie est décidément à la mode. C’est Foucault qui est convoqué cette fois. Pas évident de prime abord, car si la rencontre de l’auteur Des mots et des choses avec le cinéma est méconnue, c’est qu’il n’a jamais réellement écrit sur ce médium. Reste une dizaine de textes et d’entretiens disséminés dans les Dits et Ecrits.

De larges extraits sont rassemblés dans cet ouvrage : un détour par les Cahiers du cinéma, une conférence sur Duras en compagnie d’Hélène Cixous, une analyse du cinéma de Pasolini. Foucault tourne autour de cet univers image et son.  Il n’émet aucune vérité théorisant ou en surplomb ; mais il trouve, dans certains métrages, une manière d’aborder des problèmes qu’il travaille par ailleurs en philosophe et en historien.

Ainsi, le cinéma devient l’occasion d’élaborer un nouveau concept d’événement ; d’explorer un corps délesté de son organicité ; de saisir une histoire sans victime ni héros, à partir de micro-procédures dont nous ne sommes pas nécessairement conscients et qui décident pourtant de changements profonds dans la compréhension que nous pouvons avoir de nous-mêmes. Penser autrement pour voir autrement, et voir autrement pour penser autrement.

À lire dans une salle noire en attendant le début du film…

Foucault va au cinéma de Patrice Maniglier et Dork Zabunyan, 20 janvier 2011, Bayart, 164 pages, 21€

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